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 L'Ere des Ombres - Chapitres

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Décalia
Prêtresse de l'Orthographe
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:25

Chapitre 14 : La Marche vers Alur


Partie 3 : Le Dossier de Naruto



Eolia, la Cité des Tempêtes, couloir Nord, une heure après le début des délibérations.

-Décalia ? Puis-je entrer ?
-Qui est-ce ?
-Shadowind.

Décalia ouvrit la porte de sa chambre. Elle tenait entre les mains la lettre de Naruto et la seconde enveloppe. En l’apercevant, elle sourit.

-Je savais que tu viendrais… Je t’attendais pour l’ouvrir.
-Near m’a mis au courant.
-Sa Majesté a-t-elle déjà annoncé le verdict ?
-Malheureusement, non, pas encore.
-Bien. Entre donc.

Elle s’effaça pour le laisser passer. Deux chaises se faisaient face, à proximité d’une table ronde. L’Esprit-Vent s’installa en silence. Décalia ferma la porte et le rejoignit. Son visage portait la marque d’une peine profonde. Elle s’assit en face de lui, décacheta l’enveloppe avec soin et en sortit une liasse de feuilles. Shadowind retint un sifflement de surprise, tant le dossier lui semblait long. Alors, la Prêtresse déplia lentement le dossier et commença à lire.

-« Moi, Naruto Arnueri, prêtre au Temple de l’Orthographe d’Auréole, ancien Dragon de Lumière mais toujours des leurs par le cœur, possesseur d’une Pierre de niveau six, déclare en ce jour que l’intégralité de ce dossier ne contient que des informations vérifiées, tirées des textes anciens découverts au Temple d’Ushayr et au Sanctuaire d’Umell. La lecture est autorisée à Décalia Erechnya, Prêtresse de l’Orthographe, Maire d’Auréole, sur-promue d’Hokiseki et chef incontesté des Dragons de Lumière, ainsi qu’à Shadowind, dragon aérien, membre de l’alliance des Dragons de Lumière, roi provisoire de Khary et Esprit-Vent de ce même pays. Toute divinité qui tentera de lire ce document ne trouvera que pages blanches à contempler. Tout autre lecteur que ceux nommés ci-dessus seront brûlés vifs par les sorts de protection qui entourent ce dossier. Quiconque autre que Décalia, Shadowind ou une divinité qui tentera de le détruire subira le même sort. Il appartient aux sur-promus d’Hokiseki et de Khary de divulguer s’ils le souhaitent les informations de ce dossier, de vive voix ou par traces écrites. Néanmoins, je ne puis garantir la sécurité de ce dernier moyen, qui pourrait déclencher d’autres sorts que j’ai été contraint de mettre en place. »

Ce passage était suivi d’une date et de la signature de Naruto. Les regards se croisèrent, et la même marque d’étonnement se peignit sur les visages.

-Naruto était un homme prudent, ajouta Décalia.
-Il faut dire que je ne le voyais pas ainsi, après notre brève rencontre dans la capitale… Je le croyais moins sérieux.
-Quelles informations peut bien contenir ce dossier pour nécessiter des protections aussi importantes ?
-Pour le savoir, il faut poursuivre.

La Prêtresse acquiesça lentement, puis tourna la page. Un titre annonçait le sujet du dossier : « Etude de la mythologie et des légendes précédant la Guerre du Langage et de leur implication dans la situation moderne. »

-« Shadowind. Je ne te connais pas vraiment. Je sais juste que tu n’es pas fait pour les armes, n’est-ce pas ? En réalité, la plupart des choses que je sais de toi me viennent de commentaires émanant de personnages avisés. Toutefois, je connais bien ton peuple, dont j’ai appris quelques coutumes. Votre longévité fait de vous la mémoire du continent. Vous êtes également bien plus proches des divinités que nous. Je ne suis qu’un humain, et les informations que je possède ne sont rien par rapport à la connaissance des évènements que ton peuple et toi pouvez apporter. C’est pourquoi j’espère pouvoir compter sur toi pour compléter ce dossier. »

« Ce récit débute quelque temps avant la Guerre du Langage, dont nous avons tous étudié les mouvements principaux en histoire ou en cours de stratégie. Il démontrera à ceux qui l’ignoraient que ce conflit avait un impact cosmique autant que terrestre. Il s’agissait, en réalité, plus d’un conflit entre divinités qu’entre peuples. Je tenterai d’exposer ici tous les points utiles à aborder pour la guerre à venir –si elle n’est pas déjà en cours. »

« À cette époque, la cosmogonie était bien différente de celle que nous connaissons actuellement. L’ancien souverain des morts, estimant avoir fait son temps à la tête des dieux, avait pris la décision de se retirer au royaume qu’il avait longtemps dirigé. Sa succession posa des problèmes inattendus. En effet, tous pouvaient prétendre au titre suprême, mais en règle générale et depuis des siècles et des siècles, un candidat était choisi par l’ancien souverain. Or, ce dernier avait pris la décision de les laisser décider par eux-mêmes. S’en suivirent des conflits mineurs entre divinités. On créa des alliances, on soutint tel ou tel prétendant. Et enfin, deux dieux parvinrent à réunir un nombre de soutiens suffisants pour s’imposer. Le premier, Targalok, avait hérité grâce à son rang de prince de tous les attributs de son père excepté celui-ci, qu’il comptait bien ravir en faisant valoir sa filiation. L’autre était tout aussi puissant, et nul aujourd’hui ne pourrait deviner qu’il ait pu être un jour d’une telle force. Ce second dieu était Ryû. »

« Pour Targalok, tous les dieux avaient un point faible. Il s’était déjà rendu maître en matière de complots et autres actions peu respectueuses. Ryû n’échappait pas à la règle, et sa faiblesse était plus qu’évidente. Le dieu des morts s’empressa de l’utiliser pour être certain de parvenir à ses fins. Ce point faible avait un nom. Sarya. Déesse de la beauté et femme de Ryû. Si vous le permettez, je vais revenir brièvement sur l’histoire de cette déesse, qui est fort peu commune. »

« Sarya avait été un mauvais exemple pour toutes les divinités. Mortels et dieux la désiraient, car elle possédait un charme formidable, et elle se plaisait à les manipuler avant de leur briser le cœur, car aucun ne faisait naître l’amour en elle… Seuls quatre mortels eurent la (mal)chance de lui plaire un peu plus que les autres. En quatre ans, elle eut un fils de chacun d’entre eux. Le père de Targalok, faisant valoir la loi divine interdisant ce genre de relations entre divinités et mortels, lui demanda de choisir entre ses pouvoirs et la vie de ses amants et enfants. Mais malheureusement pour lui, personne ne pouvait résister longtemps au charme formidable de la déesse. »

« Elle avait donc eu quatre fils, des demi-dieux qu’elle envoya sur terre afin de répandre des valeurs morales et de maintenir la paix. On les connaît sous les noms des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Ce surnom ne fut pas donné au hasard. L’étymologie de ce mot est « levée du voile ». Les fils de Sarya avaient le pouvoir de révéler ce qui était caché, y compris certains secrets des dieux. Ce pouvoir est formidable. Leurs armes sont elles aussi très connues, car elles leur furent remises à leur naissance par des divinités. »

« Le premier était le Comte de la Mort, le fondateur de l’Amira, dont la faux noire et rouge avait été forgée à partir de son propre sang. Plus lourde que toutes les armes jamais fabriquées, l’Yrethanàh, offerte par Targalok, ne pouvait être manipulée que par ce demi-dieu… Le second avait le titre de Souffle d'Acier. Il demeure aujourd’hui le plus grand de tous les bretteurs, et il maniait la lame verte forgée par Ryû, la Seldan’àh, avec une aisance digne de cet honneur… Le troisième était le Charmeur de Brises, le plus grand des sages. Il commandait aux forces aériennes grâce à l’Hòvelinàh, le plus puissant des sorts de cette nature, offert par Elfarniel, le dieu de Phenis. Enfin, le cadet, le Messager des Âmes, n’était pas le moins puissant, au contraire. Il était aussi connu pour son talent que pour son grand cœur, et ne se battait jamais sans une raison profonde. Son arme existait sous la forme d'un don offert par Faute d'Orthographe : celui de dialoguer avec les esprits. »

« On dit que lorsque le Rinhan sera traversé par une armée en déroute, les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse renaîtront en leurs descendants, et ce jour-là débutera l’Ere des Ombres. Une nouvelle guerre aura lieu, et les secrets des dieux seront peu à peu révélés. Le voile se déchirera. Les nouveaux Cavaliers devront faire face aux pires adversaires… Ce détail est particulièrement important. En effet, nous savons tous qu’un conflit monumental se prépare. Les Cavaliers sont un nouvel espoir de vaincre Erliban, car je suis convaincu qu’ils renaîtront de notre côté. J’ai reconstitué un des quatre arbres généalogiques. Ayant entendu parler de cette légende, je fus interpellé par les dons incontestables d'Homasa. L’arbre du Souffle d'Acier aboutit à son nom –ce qui, honnêtement, ne m’étonne pas le moins du monde ! Mais revenons à notre récit… »

« Toujours est-il qu’après ces évènements, Sarya s’était tournée vers les dieux et avait choisi d’épouser Ryû. Ce fut l’un des plus beaux jours de la vie du dieu des dragons… Ensorcelé, comme les autres, par sa beauté incroyable. »

« Mais Sarya était jalousée par deux déesses que tout le monde connaît mais dont les noms ne vous diraient rien. Il s’agissait de Sahytha et Darkdana. Sahytha avait –et a toujours !- l’ambition de devenir reine, et la déesse de la Beauté venait de lui bloquer l’une des voies possibles pour atteindre cet objectif. Quant à Darkdana, déesse des Volutes Obscures, elle aimait Ryû d’un amour véritable et profond, et avait eu le cœur brisé de voir sa meilleure amie s’emparer de lui… Et qui ignore le danger qu’il court à briser le cœur d’un dieu ? Vous les avez sans doute reconnues : il s’agit de la maîtresse du SMS et de celle de l’Orthographe. »

« Sahytha et Darkdana se détestaient également. A elles trois, elles formaient un triangle de haine. Jusque là, elles n’avaient pas eu la témérité de se déclarer la guerre ouvertement, mais les regards noirs qu’elles se lançaient ne passaient pas inaperçus. Aucune ne parvenait à surpasser l’autre, et elles auraient été condamnées à feindre l’indifférence si Targalok ne s’en était pas mêlé. Il avait le choix entre deux déesses pour briser son rival, et il jeta son dévolu sur Darkdana. »

Décalia arrêta aussitôt sa lecture.

-Je ne parviens pas à y croire… Sa Sainteté ne m’en a jamais parlé.
-Vraiment ?
-Je n’avais même jamais entendu le nom de Darkdana. Et ces Cavaliers de l’Apocalypse… Quels rôles auront-ils à jouer ?
-Et si cela avait un rapport avec cette guerre ? Avec notre quête ? La survie de nos peuples ? Les luttes divines comme terrestres ?

Elle dut reconnaître que cette interprétation avait le mérite d’être crédible, mais elle l’inquiétait profondément. Sainte Orthographe lui avait brièvement parlé de l’Apocalypse, et cela avait suffi à la terroriser.

-Qui sait… Poursuivons.

« …et il jeta son dévolu sur Darkdana. La déesse, particulièrement candide à l’époque, crut les mensonges du dieu des Morts. Toutefois, l’amour qu’elle éprouvait toujours lui criait de ne rien accomplir contre Sarya. Elle connaissait la douleur qu’il sentirait, et cette idée seule l’horrifiait. « Tout, sauf briser le cœur de Ryû », annonça-t-elle peu après à Targalok. »

« Or, elle avait tout de même une dette envers lui. On en ignore la nature, mais le sens de l’honneur étant aussi développé chez les dieux que leurs émotions, elle aurait tout fait pour la réparer. Tout, sauf briser le cœur de Ryû. »

« Il accepta sans problème, car il avait encore une carte sous la main, en la personne de Sahytha. Toutefois, soucieux de parvenir à ses fins, il demanda à Darkdana de créer des sceaux si puissants qu’ils rapprocheraient les mortels des dieux. Deux sceaux pour un être par dieu et donc par pays. Des sceaux de sur-promotion. »

Décalia se tut, réalisant soudain l’étendue des secrets qu’elle ignorait jusqu’alors sur la déesse. Quinze ans étirés passés sous sa tutelle à étudier la magie, à étendre ses pouvoirs et à se préparer à son destin ne lui avaient jamais révélé autant de détails sur elle. Avait-il été vraiment nécessaire que la déesse étire le temps pour elle si c’était pour apprendre ce genre de choses si tard ? Shadowind lui-même semblait abasourdi.

-Je n’en savais rien. J’ai vécu plus de mille ans, et j’ai une excellente mémoire comme tous les dragons. On m’a enseigné la mythologie, j’ai vécu à l’époque de ces faits… Et pourtant, il y a encore quelques minutes, j’ignorais que Darkdana et Sainte Orthographe étaient une seule et même personne, et qu’elle était à l’origine de nos pouvoirs ! Comment ai-je pu passer à côté de ces informations ?
-Je l’ignorais autant que toi. Et je suis sa propre fille.
-Mais c’est naturel, tu es jeune. Trop jeune pour avoir pris connaissance de cela.

« A moins que », se dit-il en posant le regard sur cette petite étincelle qui, dans les yeux de Décalia, clamait le contraire. Elle révélait un âge étonnant pour un être humain… Mais elle n’en était pas vraiment un, si elle était fille de déesse. Mais Sainte Orthographe pouvait mentir. Pas l’étincelle.

-C’est faux. J’ai vécu quinze années, mais Sa Sainteté a étiré le temps pour moi. J’ai mille ans moi aussi, Shadowind…

Il accusa le coup avec difficulté. Si la déesse avait menti, elle l’avait fait jusqu’au bout… Décalia ne lui laissa toutefois pas le temps de faire une remarque, car elle reprit :

-« Mais le dieu des Morts ajouta une condition. Pour s’assurer de la loyauté de Darkdana, il lui demanda de lier son propre sur-promu, l’escroc-diable, au sien, le prêtre sacré, par une puissante magie inconnue des mortels. Il lui demanda également d’imprégner les sceaux confiés à Ryû de magie noire. Ainsi, l’Esprit des Eléments serait éternellement le serviteur de l'Escroc-Diable. Trop heureuse de pouvoir payer sa dette et pensant que ce projet allait dans l’intérêt de chacun, la déesse s’exécuta. »

« J’ignore comment les sur-promus d’Hokiseki et Erliban sont liés, ni en quoi et dans quelle mesure celui de Khary doit obéir à l’Escroc-Diable, mais je vous conseille d’y prendre garde. Ce qu’un dieu a fait ne peut être défait que par lui. Sa Sainteté a tenté maintes fois de revenir en arrière, mais il était déjà trop tard à ce moment-là. Les sceaux étaient déjà en marche. »

« Une fois la promesse faite (les dieux sont forcés de tenir leur parole en raison de leur sens incroyable de l’honneur), Targalok se désintéressa de Darkdana pour se tourner vers Sahytha. En habile manipulateur et à la grande surprise de tous, il la demanda en mariage. Elle accepta, certainement moins par amour que par avidité, et la fête eut un goût amer pour leurs adversaires. Ils savaient que les difficultés allaient commencer, et ils avaient raison. »

« Targalok refusa d’attendre l’arrivée des sceaux promis par Darkdana. Sahytha et lui préparèrent ce qui deviendrait la plus grande guerre de tous les temps en une seule journée. Le lendemain, sans déclaration de guerre, Galnéa et Erliban attaquèrent Balnas, pays de Sarya, situé dans l’actuel désert du sud-ouest. Cette région, peuplée de nomades très pieux et fort instruits, fut vidée de ses habitants en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Ce pays était décrit comme le plus fertile qui ait jamais existé. Aujourd’hui, il n’est plus que sable, dunes et sècheresse. Ces catastrophes sont à la mesure de ce qui arriva à Sarya. Les divinités ne survivent pas à la destruction de leurs terres, à l’image des sur-promus (une conséquence du rapprochement effectué par les sceaux ?). La déesse de la Beauté ne fit pas exception. Elle agonisa trois jours entiers avant de périr. »

« La puissance de Targalok et Sahytha semblait sans limites, Ryû était effondré, plus rien ne pouvait les empêcher de prendre le pouvoir par la force… »

« C’était compter sans Darkdana. »

« La déesse, émue et détruite par la tristesse de Ryû, changea du tout au tout, et lorsqu’elle prit conscience qu’elle avait été manipulée, ce changement s’accéléra. Elle abandonna ses croyances, ses attributs et convictions les plus profondes, portée par sa colère. De déesse de l’ombre, elle devint déesse de la lumière. Elle qui ne portait que du noir ne se vêtit que de blanc, elle dont l’apparence s’apparentait plus à celle de Faute d’Orthographe prit celle que nous connaissons, elle qui soutenait Targalok soutint Ryû de tout son cœur et de toute son âme. »

« Celui-ci prit conscience que l’amour qu’il avait éprouvé pour Sarya était en réalité l’effet de son charme envoûteur. Avec Darkdana, il connut le véritable amour réciproque. Malheureusement, leur bonheur fut de courte durée… »

« A l’époque, Darkdana possédait uniquement l’île du sud d’Hokiseki, la région du Temple. Le territoire actuel d’Hokiseki faisait partie de Khary. La déesse sut que ce maigre territoire ne suffirait pas pour gagner. Les autres nations affirmèrent leur neutralité, sauf une. Une nation située au sein de l’Empire actuel : Eden. Cette région vénérait le Chaos, force destructrice. Et le dieu du Chaos n’était autre que le propre fils de Ryû et Sarya… Lâar. »

« Lâar ressemblait beaucoup à Sahytha. Avide de pouvoir et de puissance. Il n’hésita pas une seule seconde à s’opposer à son père en rejoignant le camp qui lui semblait le plus à même de vaincre. Heureusement, Darkdana n’avait pas conçu de sceaux pour lui. Qui sait ce qu’il en aurait fait… »

« Afin d’avoir une chance de vaincre, la déesse offrit ses sceaux à son peuple et ceux de Ryû aux dragons. Apparurent alors le premier prêtre sacré, Byen, et la première des Esprits des Eléments, Yu, l’Esprit-Flamme. Sahytha parvint néanmoins à voler les sceaux restants. On vit apparaître le premier Druide Obscur et le premier Escroc-Diable. »

« Toutefois, il manquait quelque chose à ce dernier, car Darkdana n’avait pas eu le temps d’achever ses sceaux. Une forme d’agilité et de surpuissance lui manquait. Et Targalok voulait posséder le plus puissant des sur-promus… Il y parviendrait plus tard. »

« Sahytha, elle aussi, avait changé. Son cœur s’était obscurci. Elle devint la déesse de l’ombre et introduisit à Webb un langage qui deviendrait le fléau du monde connu… Le langage SMS. Elle prit alors le nom de Faute d’Orthographe et forma ses fidèles à l’utilisation de sa langue. Darkdana s’opposa aussitôt à elle et créa une communauté formée sur la justesse de l’écriture. Il ne fallut que peu de temps pour qu’elle change de nom à son tour pour devenir la Sainte Orthographe que nous connaissons. »

« Mais le langage SMS se révéla bien plus dangereux que ne le pensaient Ryû et Sa Sainteté. Il apparut que les dragons ne supportaient pas cette langue. Les moins touchés, les dracozombies, ne ressentaient qu’un faible mal de tête ; les dragons de lumière, eux, pouvaient périr après seulement quelques phrases. Les troupes de Faute d’Orthographe n’avaient pas besoin de se battre pour vaincre : les dragons reculaient à leur seule vue, et les corps des plus courageux jonchèrent ces champs de bataille éclair. Certains d’entre eux, partis en espionnage ou en mission à l’intérieur des terres ennemies restèrent bloqués en plein pays adverse. Yu, l’Esprit-Flamme, était de ceux-là. Encerclée au Temple d’Umell, elle fut découverte par l’escroc-diable et le Druide Obscur qui attendirent la fin de la guerre pour la tuer. Ainsi, Ryû, privé durant tout le conflit de son unité surpuissante, perdit énormément de terrain. »

« Les dragons furent exilés dans les caves par Lâar. Leur dieu ne dut son salut qu’à la survie in extremis de son peuple. Sainte Orthographe récupéra les lambeaux qui restaient du territoire d’Hokiseki (elle ne parvint à le fédérer qu’à la naissance de notre patrie bien-aimée). Targalok, Faute d’Orthographe et Lâar progressaient… »

« C’est alors que Ryû, fou de rage contre son fils, lâcha tout ce qui lui restait de puissance sur Eden. Le pays fut rayé des cartes. Père et fils s’affrontèrent. Lâar fut banni dans le monde du Chaos, son monde, tandis que Ryû, écarté à jamais du conflit, était rongé par la culpabilité. »

« Le bannissement de Lâar ne suffit pas à renverser le cours de la bataille. Targalok réussit, peu de temps après, à enfermer un démon inconnu, de force égale à celle d’un dieu, dans le dernier sceau de sur-promotion de son Escroc-Diable. Alors, il réalisa son souhait : posséder l’unité la plus puissante de tout le continent. Sainte Orthographe et Ryû perdirent la Guerre du Langage. »

« Aujourd’hui, l’arrivée de la Pierre d’Ohren dans la balance modifie la donne. Les dieux, alliés ou neutres, n’ont pas d’autre choix que de recommencer la guerre pour permettre à leurs peuples de survivre et ainsi continuer à subsister. Nous en sommes les pions. Au fond, les dieux cherchent à se sauver eux-mêmes. Nous n’avons aucune importance pour eux, nous ne sommes là que pour leur permettre de poursuivre leurs agissements. Nous leur conférons leur pouvoir. J’ai lu que certains dieux comme Maldànâ et Danmar font des concours : c’est à celui qui a le plus de mortels à son service, et le perdant paie l’hydromel… Ils ont oublié qu’ils parlent de vies et non de friandises. Nous sommes le jouet malheureux de ces paris idiots et égoïstes… »

« Le passé nous apprend ce que ce genre d’agissements a produit. Les habitants de Balnas et Eden ont péri. Le bilan humain est dramatique. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes si nous voulons perdurer. A vous d’utiliser ces informations pour rendre le futur meilleur et permettre que les conflits des plans célestes n’aient pas de conséquences dramatiques pour les mortels. Je compte sur vous… »

Le dossier s’achevait ainsi.
Décalia resta un moment sans voix. Quant à Shadowind, il était perdu dans ses pensées depuis que le dossier avait fait mention de la mort de Yu. Elle et son époux, Tharyune, avaient été comme des parents pour lui. Tharyune avait survécu, et savait depuis longtemps pourquoi Yu n’avait pas pu le rejoindre dans les caves. Elle était partie. Il saurait bientôt comment.
Mais en ce qui concernait Luyarha… Le sort frappait bien durement cette famille.
Il voulut en informer la Prêtresse, mais la cloche d’alarme ne lui en laissa pas le temps.

-Rassemblement ! criait une voix amplifiée par un haut-parleur. Le tribunal est sur le point de rendre son verdict !

Les sur-promus échangèrent un regard à la fois impatient et inquiet.

-Allons-y.
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Décalia
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:25

Chapitre 14 : La Marche vers Alur


Partie 4 : A la rencontre du destin


Eolia, la Cité des Tempêtes, tribunal souterrain.

Arcanos : La cour va désormais rendre son verdict.
Ondorus : Très belle phrase, Votre Majesté. =) *note*
HectoRammstein : *chuchote* Elle est dans le code, imbécile… x_x
Briante : :p
Near : u_u’
Laura : =’S
Arcanos : A la question : “L’accusé est-il coupable de trahison envers son pays”, la cour répond oui.
Anathos : Oo
Laura : =o
Briante : =D
Near : ><
Arcanos : A la question : « L’accusé est-il coupable de trahison volontaire », la cour répond non à l’unanimité.
Briante : QUOI ? X_X
Near : =D C’est fini, tu as perdu, Briante.
Laura : Alors Naruto est innocenté ? =’)
Arcanos : La cour déclare que le prévenu est reconnu innocent. L’audience est levée. *sort*
Ondorus : *note toujours*
Arcanos : ONDORUS !!
Ondorus : *sursaute, renverse son pot d’encre et casse sa plume* Me voici, Votre Majesté ! =S *sort en courant et en semant des parchemins*
Briante : Mais vous n’avez pas le droit ! Je suis la justice personnifiée ! Je…
Near : *claque des doigts* Soldats, conduisez madame le procureur à sa chambre. Le procès a dû l’épuiser.

Des soldats arrivent et emmènent Briante.

Briante : *depuis le couloir* Mais vous n’avez pas le droit ! Lâchez-moi, espèces de brutes, ou je vous traînerai devant la justice ! Et la justice, c’est moi ! Lâchez-moi ! Criminels !
Décalia : Sacrée Briante…
Kirua : Enfin, j’ai terminé mon article ! =D Ce procès va faire les gros titres de la Gazette ! « Naruto Arnueri innocenté ! Hier, à Eolia, s’est tenu le plus grand procès de tous les temps suite au meurtre et à la trahison de Naruto Arnu-… Suite en page 2. »
Décalia : Puis-je lire ? *o*
Kirua : Bien entendu, Ma Dame !
Trunkfutur : *descend de sa place de juré à toute vitesse* KIRUA ! C’était à moi de faire cet article ! è_é
Kirua : Et comment aurais-tu fait, Trunk ? Tu étais juré ! Comment aurais-tu…

Une alarme retentit.

Voix amplifiée par un haut-parleur dernier cri (c’est mon texte ça ? Oo) : Une armée attaque le château ! Tout le monde à son poste !
Arcanos : *revient en courant, suivi d’Ondorus qui sème toujours des parchemins* Une armée ? DEJÀ ? Oo Near ! Branle-bas de combat ! Décalia !
Ondorus : Je dois noter ça aussi ? =S
Arcanos : è_é Tu…
Ondorus : C’est bon, j’ai compris !! n_n’ Le procès est fini !
Décalia : Tout de suite, Votre Majesté ! è_é *dégaine ses Samirnàhs d’un seul mouvement* Celui qui m’empêchera de lire un article pareil n’est pas encore né ! Je pars les retenir ! *s’en va*
Trunkfutur : u_u’ Et dire que normalement, c’aurait été MON article…
Shadowind, Kirua, Lilian, Aetheria, Setsuna : Je ne resterai pas à l’écart ! Je viens ! *suivent Décalia*

Un peu plus tôt, aux portes de la cité…

Mage : Debout, soldat de Sparta ! On ne s’endort pas pendant la garde ! è_é Sont-ce là les manières de votre alliance ?
Pirate : Ce n’est pas toi qui es parti en patrouille à minuit, pauvre petit Eolien ! x_x
Mage : Ah oui d’accord Oo Ils ont vraiment d’étranges coutumes chez les Gladiateurs…
Pirate : Maintenant, je suis réveillé, alors tant pis pour ma sieste. u_u Attends ! *regarde au loin* C’est quoi, là-bas ? Un nuage de poussière ? Oo
Mage : Un cavalier ! Tu crois que c’est l’éclaireur des armées d’Erliban ?
Pirate : Qui veux-tu que ce soit d’autre ? è_é Les Eoliens sont tous des incapables, décidément ! *attrape un haut-parleur dernier cri* Une armée attaque le château ! Tout le monde à son poste !
Mage : …
Pirate : …

_-_-_

Décalia : *passe les portes de la cité* Où sont-ils ? OÙ ? è_é
Shadowind : Un cavalier… Seul ?
Lilian : On nous a dérangés pour un seul cavalier ? A MORT !!
Aetheria : Attendez, c’est un nomade… Oo
Kirua : *est en train d’écrire son article* Un manque cruel d’organisation… A la ligne. On a pu remarquer hier à Eolia un manque flagrant d’organisation et de cohésion entre les soldats des différentes cités chargés de garder la ville. En effet, les sur-promus et la totalité des armées ont été mobilisées en raison de l’arrivée d’un unique cavalier, qui se trouve être un no-Suite en page 4 dans la rubrique Faits divers.
Lilian : Un nomade ou un cavalier, qu’est-ce que ça change ?
Décalia : Pour Aetheria ça change tout ! n_n
Aetheria : *o* Géniaaaaaaal ! *lance son cheval au triple galop*
Lilian : Mais qu’est-ce qu’elle fait ? é_è

Aetheria s’approche du nomade, ils discutent un moment puis reviennent main dans la main.

Aetheria : =D Les amis, je vous présente Aurön !
Lilian : C’est LUI, Aurön ? Oo Je pensais qu’il était plus beau que ça x_x
Aurön : Moi aussi, je suis enchanté de vous rencontrer… >_>
Aetheria : Nous nous sommes rencontrés il y a deux ans, et c’est l’amour fou entre nous ! *o* Nous communiquons par lettres, mais comme il est nomade…
Aurön : …je ne recevais pas les siennes x_x Mais maintenant, rien ne pourra nous séparer.
Décalia : n_n
Setsuna : Laissez-moi chanter quelque chose pour fêter ça ! =)
Tous sauf Aurön : NoOoOoOoOoOoOoOoOoOoN !! é_è
Setsuna : *sort sa guitare et commence à jouer*
Je t’aiiiiiiiiiiiiiiime…
Je t’aiiiiiiii-aiiiiime,
Comme un fou, comme un soldat,
Comme une star de Loh-Limpia,
Tu vois, je t’aime comme çaaaaaaa !

Aurön : x)
Lilian : Crocro commence à me manquer sérieusement… x_x

Pendant ce temps, à Auréole, justement…

Crocro : Aelar, ton épée !
Aelar : Quoi ? Non mais non ! è_é
Crocro : *sort son Holsety* Tu es sûr ?
Aelar : Oo Heu… u_u Tiens.
Crocro : *prend l’épée* Merci. n_n Ervarvàn ? Viens !

Le cheval d’argent s’approche.

Crocro : Tiens, ma Sœur. *tend l’épée*

Ervarvàn avale l’épée tout rond.

Aelar : Oo (Un sur-promu qui prend son cheval pour sa sœur, un cheval qui a plus l’air d’un tas d’armes que d’un cheval…) X_X (Mais qu’est-ce que je fais encore dans cette alliance de fous ?!)
Ervarvàn : *par télépathie* Moi aussi, je me le demande, Aelar… Moi aussi.
Aelar : Oo *s’évanouit*
_-_-_

Mage : J’ai mal entendu ou tu as dit que les Eoliens étaient des incapables ?
Pirate : C’est la vérité, non ?
Mage : Tu sais où tu es, misérable spartiate ?
Pirate : Peu m’importe le lieu où je me trouve, ni même votre nombre ! Un Gladiateur est capable de vaincre à lui seul toute une légion de vos troupes ! :p
Mage : …
Pirate : Mais nos armées n’osent pas vous faire la peau tellement vous êtes pitoyables ! =D
Mage : … Ce qui prouve une fois encore que les Gladiateurs ont un petit pois dans le cerveau. u_u
Pirate : …
Mage : Heureusement que les Eoliens sont là pour remonter le niveau, sinon la guerre serait perdue d’avance !
Pirate : Répète un peu ça pour voir ! è_é
Mage : Heureusement que les Eoliens sont là pour remonter le niveau, sinon la guerre ser…
Pirate : *sort sa hache* Ah bon ? Je vais venger mon alliance et me payer ce service avec tes dents ! Numérote tes abattis !
Mage : … Cette hache… >_>
Pirate : Qu’est-ce qu’elle a ma hache ? Tu veux la voir de plus près ? Si c’est le cas, je peux te la coller dans la figure…
Mage : Elle est en bois… u_u
Pirate : Et alors ?
Mage : Vous n’avez pas les moyens de vous payer des Swanchikas ? Comme c’est pitoyable. *sort un Holsety*
Pirate : Oo … De toute façon, tu ne fais pas le poids contre moi !
Mage : Tu veux le vérifier ? =)

_-_-_

Eolia, la Cité des Tempêtes, boutique des Trois Eoliens.

Nessiah : Tiens, voilà ta commande. Comme tu es une bonne cliente, je t’ai fait une réduction d’un kili.
Lilian : Merci, Nessiah ! *part vers ses appartements avec une boîte en carton*
Nessiah : Ouf n_n Elle vient de me débarrasser de la dernière bestiole gênante du magasin. J’aurais presque payé pour les virer… Et elle me les achète ! n_n En plus, ça rapporte ! n_n La vie est belle ! *retourne derrière le comptoir avec un gros sac de pièces d’or sur le dos*

Un peu plus loin dans le couloir…

Qarneb : Oo La voilà ! Vite, me cacher !... Non, je dois lui dire ce que j’ai au fond du cœur. Elle doit tout savoir… Qarneb, c’est le moment de te prendre en main !
Lilian : Ah, tiens, Qarneb !
Qarneb : Votre Luminosité de mes jours et de mes nuits, je… *aperçoit le colis* OH NON ! Oo
Lilian : *ouvre le colis et en sort un chaton noir des oreilles à la queue* Oh, qu’il est chou, qu’il est mignon !
Qarneb : Et ça recommence… u_u
Lilian : Je l’appellerai Chaton Mignon Mignon ! =D
Qarneb : Vous permettez, Votre Luminosité de mes jours et de mes nuits ?
Lilian : *caresse son chaton* Quoi encore ? è_é
Qarneb : Ce n’est pas un peu long, comme nom, pour un si petit chat ?
Lilian : Hum… Vous avez peut-être raison.
Qarneb : Oo (Je rêve ou elle me donne vraiment raison ?)
Lilian : Dans ce cas, ce sera… Félix le chat ! =D Et toi, pour m’avoir contredite, tu feras la vaisselle pendant deux mois ! >=)
Qarneb : u_u (Je me disais bien…) Pour toute la cité ?
Lilian : Pour toute la cité ! n_n
Félix : Miaaaaa-ou ! ^o^
Qarneb : n_n Très bien, Votre Luminosité de mes jours et de mes nuits ! (Cela aurait pu être pire…)
Lilian : …Et avec la langue ! >=)
Qarneb : X_X

_-_-_

Pirate : Quand tu veux ! >=D
Moine : Oo Mes frères, ne vous battez pas ainsi en bafouant les commandements de Sa Majesté dans le giron de la paix, mais faites front commun pour lutter contre …
Pirate : … Tu vois ce que je vois, l’Eolien ?
Mage : … Pour sûr, le Spartiate! :p
Moine : Mais que… é_è
Pirate : … Un Auréolien…
Mage : … Et un moine en plus… Pouah !
Pirate : On se le fait ? >=D
Mage : Ouaiiiiis ! >=D
Moine : Mais… Attendez, je…

Pirate a attaqué et a infligé 16 dégâts à Moine.
Pirate gagne 7 d’expérience !

Mage a attaqué et a infligé 36 dégâts à Moine.
Sous les coups de son adversaire, Moine tombe KO.
Mage gagne 15 d’expérience !

Moine : x_x Au moins, ils font front commun, même si ce n’est pas contre Erliban x_x
Pirate : Pourquoi c’est toi qui as pris la plus grande expérience ? è_é
Mage : Tu pourrais être content, je t’ai laissé le frapper :p
Pirate : è_é C’est la guerre !!
Mage : Ouaiiiiis !! è_é
Moine : x_x’

_-_-_

Bureau de Near.

Ewok : Near ! On a un autre problème !
Near : Encore Décalia ? Huhuhuhuhu !
Ewok : Non, cette fois, c’est Qarneb ! Il est en train de faire la vaisselle de toute la cité avec la langue sur ordre de Lilian ! Que fait-on ?
Near : On le laisse faire ! Huhuhuhuhu ! *pleure de rire* HUHUHUHUHU ! C’est trop ! Huhuhuhuhu !
Ewok : >_<’

FIN DU CHAPITRE 14

Qui seront les nouveaux Cavaliers de l’Apocalypse ?

Lilian (la vraie) : Je peux en être ? S’il te plaît s’il te plaît s’il te plaît !! é_è

…u_u
Quels secrets cache Sainte Orthographe ?
Setsuna parviendra-t-il à chanter correctement ?
Où en est exactement le projet secret de Setsuna ? (Et surtout, qu’est-ce ? Oo)

Décalia : J’adore les paroles *o*
Setsuna : Ravi que cela vous plaise…

Ah non, pas une chanson, pitié !! X_X
Quels carnages causera Félix ?
Qarneb s’en sortira-t-il avec la vaisselle ?

Qarneb : Tout va bien, j’ai trouvé une machine formidable ! n_n On appelle ça un lave-vaisselle…
Lilian : QARNEB ! è_é
Qarneb : Oups x_x

D’où vient le rire si particulier de Near ? Oo

Fumika : Mon unité de soldats est enfin en place ! >=D Huhuhuhuhu !

A priori, ça vient du Temple…
ET SURTOUT… Quand Arcanos se décidera-t-il à attaquer Alur ? (La bataille ! La bataille !! è_é)

Arcanos : Bon, si les armées sont mobilisées, autant que ce ne soit pas pour rien. u_u
HectoRammstein : Ce qui veut dire que… =D
Arcanos : A L’ATTAQUE ! EN MARCHE ! Et que les dieux soient avec nous ! =)

Ne manquez pas le prochain chapitre qui achèvera le premier arc : Le Choc des Armées !
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Décalia
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:26

Chapitre 14x : Les Trois Voies


Cieux.

-BYEN !!

L’appel de Sainte Orthographe résonna jusqu’au fond des cieux. Elle convoquait une âme perdue dans les profondeurs du Royaume des Morts. Son premier serviteur, le premier Prêtre Sacré. Byen.
Celui-ci se prépara à rejoindre la déesse en soupirant. En effet, ce n’était pas vraiment le moment idéal pour lui pour se faire convoquer aux cieux. Le hasard voulait qu’il avait oublié dans sa machine à laver le linge blanc de ses robes de prêtre un mouchoir rouge… Qui avait évidemment déteint. Toutes ses tenues avaient viré au rose. Il avait la manie de tout oublier, sauf ses souvenirs lointains.
Depuis presque mille ans, il s’était établi loin des siens, à la frontière du Royaume des Morts. Seul. A jamais au service de Sa Sainteté. Durant mille ans, il avait été professeur de magie pour tous ceux qui avaient prétendu au titre de Prêtre Sacré. Il avait vu passer dans ses classes des dizaines de milliers d’élèves… Dont Décalia. C’était à son propos qu’on l’appelait, et il le savait.
Il lui suffit d’une pensée pour se trouver en face de la déesse. Il s’inclina promptement en priant pour qu’elle ne remarque pas la couleur de sa tenue.

-Votre Sainteté.
-Byen, ôtez-moi d’un doute. Vous…

Ses yeux se posèrent sur le professeur.

-Byen, qu’est-ce que c’est que cette couleur ?
-Du… Du rose, Votre Sainteté. Un mouchoir oublié dans une poche.
-Comme d’habitude… Réglez-moi ça sans tarder.
-Oui, Votre Sainteté.
-Bien. Mais ce n’est pas au sujet de vos étourderies que je vous ai convoqué.

Elle se retourna un instant pour observer son pays de sa loupe.

-C’est à propos de Lulu, n’est-ce pas ?
-Lulu… Qu’est-ce que c’est que ce surnom ridicule ?!

Depuis longtemps, Byen ne craignait plus d’être franc à ce propos. La déesse savait qu’elle avait tort, et rien ne pouvait empêcher l’ancien sur-promu d’enfoncer le clou.

-Vous n’auriez jamais dû lui mentir.
-Je l’ai fait pour son bien…
-Mensonge !
-Je l’avais choisie ! N’est-il pas mieux pour elle qu’elle ne sache rien ?
-Pour vous, oui. Pour elle, non. C’est cette longue tromperie qui vous a empêchée de prendre les bons choix. Si vous n’aviez pas menti, Tora serait sur-promue et Lulu vivrait en paix.
-J’ai menti pour faire d’elle une sur-promue. Parce que sa Pierre d’Orthographe ne peut pas être aussi sombre que celles des autres.
-Vous n’en savez rien. Il faut qu’elles rentrent en contact direct pour cela, et comme elle n’est au courant de rien…
-Si je n’avais pas menti, elle serait morte !
-Je l’aurais retrouvée à temps et vous le savez très bien. Une fois de plus, tout est de votre faute. Si vous ne m’aviez pas rappelé si tôt, j’aurais pu agir et sauver Lulu.
-Vous avez toujours refusé de l’appeler Décalia…

Byen hésita un instant, puis se résigna à poursuivre. Quitte à être franc, autant l’être jusqu’au bout.

-Car, contrairement à vous, j’ai refusé le mensonge.

Cette simple phrase révolta la déesse. Laissant sa colère prendre le dessus, elle enchaîna :

-Pour mieux choisir la trahison ensuite ?
-Comment ?!

Byen recula comme frappé par la foudre. Servir la déesse était toute sa vie, et même toute sa mort. Comment aurait-il pu la trahir, après tant d’années passées auprès d’elle ?

-Pouvez-vous m’expliquer ce que vous me reprochez, Votre Sainteté ?
-J’espère sincèrement que vous pourrez me rassurer…

Elle s’avança et plongea son regard dans le sien. Le prêtre vit les flammes de l’inquiétude briller dans ses yeux. Jamais elle ne lui avait fait paraître ses sentiments, et cette confiance soudaine le surprit autant qu’elle le terrorisa. Il ne valait mieux pas entrer dans les confidences des sphères célestes pour un mortel… même déjà mort.

-Avez-vous enseigné le sens des Trois Voies à Décalia ?
-Bien entendu ! Cette notion prend la majeure partie du programme… Pourquoi donc ?
-Parce qu’elle vient de quitter la Voie du Pouvoir.

_ _ _FLASHBACK_ _ _

Byen : Mes enfants… Je vous ai déjà expliqué que chacun suit sa propre voie. Toutefois, elles peuvent se ranger en trois catégories qu’on appelle les Trois Voies.
Laura : Lesquelles, Maître Byen ? =)
Byen : Tout d’abord, la Voie de l’Oubli. C’est celle que suivent la plupart des mortels. Leur seul désir est de se fondre dans la masse tels des moutons et ainsi de se faire oublier. Ceux-là sont ignorés des dieux.
Tora : Maître, certaines Voies attireraient-elle leur attention ? *o*
Byen : En effet. Ensuite, il y a la Voie du Pouvoir…
Décalia : Celle que nous devons suivre, n’est-ce pas, Maître ?
Byen : Exact, Décalia. Ceux qui la suivent aspirent de tout leur être à l’acquisition du pouvoir. Pouvoir magique, force physique, royauté… Ses formes sont nombreuses. C’est en suivant la Voie du Pouvoir que vous aurez la puissance nécessaire pour vaincre l’Escroc-Diable.
Tora : Et la troisième Voie ?
Byen : Celle-ci est à éviter à tout prix ! C’est la Voie de l’Amour… Ceux qui la suivent s’attachent trop aux autres, se créent des amis, tombent amoureux et fondent une famille. Ce n’est absolument pas la chose à faire pour un Prêtre Sacré.
Décalia : Et pourquoi donc ? Oo
Byen : Parce que le Prêtre Sacré entouré de ses amis ou d’une famille est vulnérable. Ce sont eux que l’Escroc-Diable visera en premier, exploitant la faiblesse sans bornes de son adversaire.
Laura : Entendu, Maître. n_n
Byen : C’est la fin du cours. Nous reprendrons après la pause.

Tous les élèves sortent sauf Décalia.

Décalia : Maître…
Byen : Oui, Lulu ? ^^
Décalia : J’ai deux questions à vous poser. Voici la première. Pourquoi, lorsque les autres sont présents, vous m’appelez par mon prénom, et lorsque nous ne sommes que deux, par cet étrange surnom ? é_è
Byen : Parce que je connais ton nom…
Décalia : …Me le révèlerez-vous un jour ?
Byen : Lorsque tu quitteras cet établissement, en effet. ^^
Décalia : Cela risque d’être encore très long… u_u’
Byen : N’avais-tu pas une autre question ?
Décalia : Si. Maître, peut-on passer d’une Voie à l’autre ?
Byen : Oui… Souvent pour rejoindre celle de l’Amour, c’est pourquoi il faut faire attention de ne pas céder.
Décalia : Un Prêtre Sacré n’est-il pas assez fort, assez ingénieux, pour vaincre l’Escroc-Diable et suivre la Voie de l’Amour ?
Byen : Non.
Décalia : Bien. Merci pour vos conseils. *sort*
Byen : De rien, Lulu…
Décalia : *reparaît* Maître ?
Byen : Oui ?
Décalia : Un jour, je suivrai la Voie de l’Amour.
Byen : Je ne l’espère pas pour toi.
Décalia : Sauf mon respect, Maître Byen, vous avez tort. *s’en va*
Byen : Oo Oh non…

_ _ _ FIN DU FLASHBACK _ _ _

-Votre Sainteté… Ne me dites pas qu’elle suit désormais la Voie de l’Amour ?

La déesse eut un petit rire nerveux.

-Son cœur ne m’appartient plus, désormais.
-Elle est… tombée amoureuse ?
-Oui.

Byen sentit ses jambes se dérober sous lui, mais tint bon.

-Mais il y a pire.
-Qu’est-ce qui peut être pire que cela ?
-Cet amour… Est réciproque.

Cette fois, Byen s’installa sur une anfractuosité du nuage et se mit la tête dans les mains.

-Ce qui signifie que…
-…tous les Hokisekiens, Kharyotes, Amirans, Lyarvais et Laghans sont condamnés.

FIN DU CHAPITRE 14X
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:27

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 1 : Face à face


Décalia réajusta rapidement ses Samirnàhs dans son dos. Une large lame et un arc, présents d’Aetheria, étaient venus compléter sa panoplie : un tome de Lumière, une fiole de liqueur de dragon et un petit cadeau de la part de Sainte Orthographe. Face à elle, Roy ne pourrait rien. Vraiment rien ? Son regard glacial, planté vers l’horizon, ne laissa paraître aucun de ses doutes.
Deux jours étaient passés depuis le procès post-mortem de Naruto et le départ d’Eolia. Deux jours de chevauchée vers Alur, de tensions entre alliances rivales et de douleur. La pensée que ses amis pourraient mourir venait d’atteindre son esprit… Ainsi que celui qu’elle aimait. Elle repoussait depuis quelque temps cette idée. L’amour était un sentiment rejeté par Sa Sainteté, contraire à son devoir de Prêtresse Sacrée, la Voie à éviter à tout prix… Mais à présent, la peur était revenue, et ses sentiments qui n’avaient cessé de croître l’accentuaient.
Au loin, signe avant-coureur de la catastrophe à venir, l’éclaireur Erlibanais fit demi-tour.
Arcanos sentit son sang se glacer. Perché sur son dragon, entouré d’une immense armée, il ne pouvait s’empêcher de frémir comme les autres. Erliban, empire réputé pour sa puissance guerrière, était un adversaire de taille, et Surodon avait vu juste. Zelphiar ne l’avait pas attendu pour mobiliser ses troupes. La forteresse n’était pas encore en vue, le soleil déclinait lentement, et les troupes, harassées par le voyage, n’étaient pas en excellente forme. Et c’était à l’instant où il allait donner l’ordre de monter le camp que les éclaireurs pégases avaient annoncé l’arrivée d’une armée immense. L’armée d’Erliban… En très bonne forme, semblait-il. Le roi espérait seulement que Lyarvas s’en trouverait soulagé. Il ne préférait pas penser à ce qu’il se passerait si ce n’était pas le cas.
Shadowind, un tome de Holsety flambant neuf à la main, parcourait les rangs des dragons, retrouvant des connaissances et s’entretenant avec leurs maîtres. Il fut ravi de constater que toutes les espèces de dragons avaient une voie libre vers la liberté.
Soudain, son regard noir étincelant croisa celui, bleu, d’un dragon de Lumière monté par Briante.

-Mais… Tharyune !!

L’avocate ne comprit pas et prit ces paroles pour une exclamation d’admiration.

-Tu as vu, petit mage, comme je parviens à le maîtriser ? Ce n’est pas toi qui pourrais te payer un joujou pareil, hein, gros poulet ?

Shadowind vit rouge.

-Ce n’est pas un jouet, ni un esclave ! C’est Tharyune !! Rendez-lui sa Pierre immédiatement !
-Quel idiot. Comme si j’allais le laisser s’enfuir ! Et puis d’abord, qui es-tu ? Tu ne m’as pas l’air très costaud… Tu sers un débutant ou tu es un mercenaire de Phenis ?

Mais Near avait tout entendu. Vêtu de son armure immaculée de Templier, sa longue lance attachée dans le dos, il était encore plus impressionnant que dans son costume d’avocat –ce qui n’est pas peu dire.

-Briante, obéis au souverain de Khary.
-Le souve… Tout de suite, Votre Majesté !

Elle descendit à toute vitesse du dos du dragon et sortit de sa poche une gemme blanche. L’imposant dragon fit place à un homme d’environ quarante ans, de haute stature. Son visage portait les traces du temps, et ses yeux d’une profondeur et d’un sérieux inégalé révélaient son âge véritable : trois mille ans. Ses traits se durcirent lorsqu’il regarda Briante, mais cette colère s’évanouit dès qu’il reconnut Shadowind. Les deux dragons s’étreignirent avec émotion.

-Mon filleul ! Comme je suis heureux de te revoir !
-Moi aussi, Tharyune, dit-il, les yeux embués de larmes. Moi aussi…
-J’ai appris ce qui est arrivé à tes parents durant la guerre. Je ne remplacerai jamais ton père, mais sache que tu peux compter sur moi.
-Merci du fond du cœur…
-Tu m’avais promis quelque chose, te souviens-tu ?

Shadowind reprit son sérieux.

-J’ai réussi.
-Qu’as-tu réussi ?
-J’ai accompli les deux missions que tu m’avais confiées.

Tharyune ouvrit des yeux ronds, puis demanda :

-Qu’est-il arrivé à Yu ?
-Morte. Encerclée au Temple d’Umell et assassinée à la fin de la guerre par l’escroc-diable et le Druide Obscur de l’époque. Le Prêtre Sacré est décédé avant d’avoir pu lui porter secours.

Le dragon de Lumière acquiesça. Depuis longtemps, il avait accepté le fait que sa femme ait pu mourir. Pourtant, une meilleure nouvelle l’attendait peut-être. Une nouvelle qui ne tenait qu’à l’Esprit-Vent.

-Et… Ensuite ?
-J’ai retrouvé ce que tu m’as demandé de chercher. Je t’en dirai plus dès que cette bataille sera terminée.

Le visage de Tharyune s’éclaira, il retrouva le sourire et dit d’une voix forte :

-Dans ce cas, laisse-moi être à tes côtés au cours de ce conflit. Je consens à protéger cette Briante jusqu’à ce que tout soit réglé.
-Merci… Ah, au fait, appelle-moi Shadowind, à présent.

Pendant qu’ils devisaient, Arcanos vérifiait les derniers détails de l’orchestre censé jouer les hymnes des cités… Et eut la surprise de trouver Setsuna dans le rôle du chef d’orchestre. Kirua, Homasa et Akiro se préparaient ensemble pour la bataille. Aetheria et Aurön fixaient l’horizon, main dans la main. Azalia et Gaétan profitaient des derniers instants de répit pour s’embrasser comme si chaque baiser échangé était le dernier. Geese les contemplait avec envie, se demandant s’il rencontrerait un jour la femme de sa vie, tout en aiguisant sa hache. Décalia, imperturbable, fixait la plaine.

-Ortimon.

Le dieu accourut aussitôt, un large sourire sur le visage.

-Ma sœur ?
-Peux-tu voler au-dessus de l’ennemi et me dire où est Roy ?

Elle savait que l’issue de la bataille dépendrait certainement de cette information. Où se placer au bon moment. Cette problématique était la clé de la victoire dans une bataille de cette envergure. Elle avait conscience du danger auquel elle exposait Ortimon, mais les autres chevaliers pégases avaient moins de ressources que lui, et c’était la seule solution valable qui lui soit venue à l’esprit.

-Tout de suite, Décalia !

Sur ce, ravi de pouvoir rendre service, Ortimon lança son pégase vers les cieux.
Setsuna, en bon chef d’orchestre, tapota trois fois son pupitre de sa baguette. Heureusement, il n’avait pas à chanter. L’orchestre entonna les hymnes des cités : Erdecomba, Eolia, Golyndel, Sparta… Lorsque vint le tour d’Auréole, Décalia fit signe à tous ses citoyens. La main sur le cœur, ils entonnèrent ensemble l’Hymne de leur cité : l’Auréolienne.

L’Auréolienne

Dans la fiction : Composition et paroles par Setsuna sur une commande de Décalia.
Dans la réalité : Composition et paroles par Rouget de Lisle, paroles modifiées pour la fiction par Décalia.

Allons enfants de l’Orthographe,
Le jour de gloire est arrivé !
Sans introduction ni paraphe,
L’étendard brillant est levé ! (bis)
Entendez-vous sur nos terres
Mugir ces serviteurs de l’Ombre ?
Ils viennent, ces combattants sombres,
Détrôner la divine lumière !

Aux armes, Auréoliens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons,
Qu’un sang obscur abreuve nos sillons !

Amour sacré d’Hokiseki,
Conduis, soutiens notre magie !
Orthographe, orthographe chérie,
Combats avec tes walkyries ! (bis)
Sous nos rayons, que la victoire
Accoure à tes doux sentiments !
Que tes ennemis expirants
Voient ta lumière et notre gloire !

Aux armes, Auréoliens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons,
Qu’un sang obscur abreuve nos sillons !


Lorsque la dernière note eut fini de résonner, Décalia, la larme à l’œil, se détourna enfin de l’horizon pour se planter devant le chanteur. Elle bafouilla un instant, incapable d’exprimer sa gratitude, avant de s’incliner profondément. Sa manière personnelle de montrer qu’elle avait une dette envers lui. Setsuna, poli, s’inclina à son tour, et ce n’est qu’au moment où il se prépara à rejoindre les rangs des soldats qu’il comprit à quel point.
Aetheria avait elle aussi la larme à l’œil, Lilian se mouchait bruyamment, soldats et stratèges avaient des étoiles dans les yeux… Même Kirua, pourtant très strict en ce qui concernait la presse, avait cessé de rédiger son article, la vue brouillée. Alors que, très embarrassé, le compositeur rentrait dans les rangs, un cri sortit de la ligne des pégases.

-Ils arrivent !

La première ligne des armées d’Erliban apparut au sommet de la colline voisine. Ils étaient bien plus nombreux que prévu : Hokiseki se battrait à un contre trois. Zelphiar n’avait pas fait les choses à moitié. De plus, on ignorait si Roy ou le Druide Obscur se trouvaient dans ces lignes de soldats qui semblaient ne pas en finir. Near et HectoRammstein donnèrent des ordres, et tous les stratèges prirent place en première ligne avec leurs dragons. Chevaliers pégases et wyverns s’envolèrent, si nombreux qu’ils cachèrent un instant la lumière du soleil. Les archers encochèrent leurs flèches, les dragons concentrèrent leurs souffles, les magiciens récitèrent leurs premières incantations, les guerriers dégainèrent leurs armes…
Ortimon revenait.

-Aucune trace de Roy, ma sœur, ni de qui que ce soit qui puisse ressembler à un Druide Obscur.

Cette phrase acheva d’inquiéter la Prêtresse. Roy n’aurait pas pu passer à côté d’une occasion pareille de la tuer. Il était urgent de le repérer, car plus vite ils le retrouveraient, plus Hokiseki aurait de chances de vaincre.

-Bien. Demande à Arcanos si tu peux être son garde du corps. Mais n’oublie pas de répondre à mes appels.
-Tu peux compter sur moi !

Il descendit de son pégase et vint trouver le roi, qui venait de sortir (on ne savait trop comment) plusieurs tomes de Loputousu de sa manche. Il s’inclina profondément.

-Mes respectueuses salutations, Votre Majesté.
-Qui es-tu, enfant, et que fais-tu ici ? Une bataille se prépare. Vas te mettre à l’abri.
-Mon nom est Ortimon. Je suis le fils de Sainte Orthographe et de Ryû.
-Le fils de…

Arcanos chercha ses mots, puis abandonna et demanda sans y croire vraiment :

-Vous seriez un dieu ?
-Exact, même si je n’ai pas terminé mon apprentissage terrestre. Mais tutoyez-moi et nommez-moi par mon prénom, je vous en prie.
-…Et que me vaut l’honneur de cette visite ?
-Ma sœur Décalia m’a chargé de votre protection durant cette bataille. Me feriez-vous la joie et l’honneur de me compter parmi vos gardes personnels ?
-Bien entendu, annonça-t-il avec un sourire. Si tu as quelque expérience du combat.
-Malheureusement, je ne suis pas vraiment habitué à me battre. Je me débrouille avec une lance, et j’ai des pouvoirs que les autres ne possèdent pas. Il m’est impossible d’en prévoir les effets. D’autre part, je ne pourrai rien faire en ce qui concerne Roy ou quelque autre sur-promu. Je devrai également vous quitter de temps à autre afin de venir en aide à Décalia. Je ne pourrai donc assurer votre protection que temporairement.
-Personnellement, cela ne me pose aucun problème majeur. Je suis ravi et fier de te compter parmi les miens.

Puis il fit un clin d’œil et s’adressa aux troupes.

-Je compte sur vous pour donner le meilleur de vous-mêmes, que vous soyez soldats ou stratèges, dragons ou humains, mages ou guerriers, que vous fassiez partie d’une alliance ou d’une autre ! Vous êtes avant tout Hokisekiens ! Oubliez vos différences, et battez-vous comme un seul être, pour Hokiseki !

Les stratèges se préparèrent, armes et tomes à la main. Un cercle de soldats s’était formé dans les premières lignes, autour de deux des plus grandes personnalités du pays.
Near et Teddy se faisaient face. Les deux rivaux de toujours se toisaient dans un silence royal. Qu’un seul geste douteux soit effectué et Gladiateurs, Eoliens, Kisekiens et Golyndois oublieraient tout pour s’affronter entre eux. Finalement, alors que les premières flèches sifflaient déjà au-dessus des têtes, Near tendit une main à Teddy qui la serra sans hésitation.

-Trêve ?
-Trêve !

Les acclamations des soldats de tous camps furent couvertes par l’ordre d’Arcanos.

-EN AVANT !!

Soldats, stratèges et dragons s’élancèrent vers l’ennemi.
Le combat débutait.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:28

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 2 : Lames au clair


Une volée de flèches, si nombreuses qu’elles obscurcirent le ciel, fondit sur les Hokisekiens. Heureusement, Arcanos avait tout prévu. Elles rencontrèrent un gigantesque mur d’air comprimé avant d’atteindre les troupes, résultat d’un sort lancé par une majorité de mages d’Eolia, et retombèrent à la verticale. Les archers Kisekiens, les meilleurs du pays, saisirent leurs arcs et lancèrent à leur tour une pluie mortelle sur l’adversaire. Un sort aérien en arrêta la plupart, mais des brèches subsistèrent, suffisantes pour causer des dégâts mineurs aux Erlibanais.
Near put ainsi évaluer la quantité de mages présents dans cette armée. Les mettre hors d’état de nuire était une priorité dans un combat d’une telle envergure. Il apparaissait clairement que l’Empereur avait décidé de privilégier la puissance brute à la force magique. Il relaya l’information jusqu’à Teddy qui mobilisa sans attendre ses mages de foudre. Les nuages noirs s’accumulèrent au-dessus des troupes, et les éclairs ne tardèrent pas à fondre sur leurs adversaires. Des cris d’horreur et de douleur retentirent dans leurs rangs.
Mais ils poursuivirent leur avancée fulgurante.
Les premières lignes de cavaliers étaient déjà presque sur eux. Les archers décochaient flèche sur flèche, mais rien n’y faisait. Des initiatives isolées, comme celle d'Ondorus, qui utilisa des pieux de glace pour bloquer leur avancée, eurent un effet impressionnant, mais ridicule à l’échelle du combat entier. Lorsqu'Arcanos envoya l’ordre de l’imiter aux autres mages Kisekiens, il était trop tard.
Homasa leva son sabre et poussa un cri de guerre bientôt repris par tous les bretteurs d’Eolia qui avaient été placés sous ses ordres. Les cavaliers étaient rapides, très rapides. Il n’en fallait pas plus pour attiser chez le Saint des Lames sa soif de batailles et de victoires.
Alors que le premier d’entre eux, lance levée, s’avançait dans l’intention de lui trancher la gorge, il se jeta en avant. L’arme n’effleura même pas sa chevelure verte. Plus souple et plus leste qu’un courant d’air, il glissa sur le côté. Son coup de sabre, simple et précis, toucha au but. La faille des armures de cavaliers. Le corps du soldat chuta du dos de sa monture et roula au sol. Mort. Aurön attrapa le cheval par la bride et lui sauta sur le dos d’un seul mouvement avant de remercier Homasa d’un signe de tête et de tirer son épée courte.
Cette première escarmouche ne causa que peu de dégâts aux Hokisekiens, mais réduisit considérablement le nombre de cavaliers adverses. Cependant, Arcanos savait que ce n’était qu’un échauffement. La véritable puissance de l’Empire ne tarda pas à le démontrer.
Du haut de la colline surgirent un nombre incalculable de fantassins surentraînés et habitués aux combats sanglants. Devant eux, en première ligne, une dizaine de leurs généraux en chef les menaient. Chacun s’était illustré au cours de nombreuses batailles, et la rumeur prétendait qu’il fallait vingt hommes pour venir à bout d’un seul d’entre eux. Ayant fort à faire avec les cavaliers survivants, la plupart des soldats des Quatre Cités ne remarquèrent pas immédiatement le changement de tactique que leur imposait l’ennemi. Drafiel évalua brièvement la situation. Les mages d'anima étaient occupés à repousser les offensives de plusieurs cohortes. Les moines des Dragons de Lumière, quant à eux, avaient déjà commencé à frapper les fantassins de leurs rayons lumineux, mais les affrontements de la première ligne ne leur permettaient qu’une faible marge de manœuvre, et ils n’avaient pas toujours d’occasion de viser convenablement leur cible. Dans une telle masse, les sorts touchaient toujours un but, mais il n’était pas forcément celui que l’on souhaitait…
Le roi se tourna vers Décalia, certainement la seule à pouvoir intervenir.

-Nous devons nous débarrasser de ces généraux.
-Je m’en charge ! fit une voix forte, derrière eux.

Ils se retournèrent brièvement, le temps de voir Kirua, monté sur son propre dragon, leur faire un bref signe. Il n’avait pas cessé d’écrire, et laissait à sa monture le soin d’éventrer tous les ennemis qui passaient à sa portée. Alors que les fantassins n’étaient plus qu’à deux cents mètres, il relut son article sans se presser, sembla le trouver bon, rangea son calepin et brandit un magnifique arc d’Auréole. Il encocha une flèche, testa la corde du bout de son doigt, puis visa un général. Décalia se demanda s’il était fou ou simplement téméraire, car les armures de généraux étaient réputées pour ne pas avoir de failles. En trouver une à cette distance relevait du miracle. Pourtant, il tira. Sa flèche, trait de lumière sous les nuages noirs, vestiges du sort commun de foudre, décrivit un arc de cercle parfait avant de se ficher dans un minuscule interstice situé juste sous la gorge du général. Il s'effondra dans un râle. Les Hokisekiens virent nettement les troupes qu'il commandait se désorganiser un instant, puis reprendre leur marche inexorable.
Kirua reproduisit son exploit avec toutes ses flèches, les unes après les autres, puis, lorsque son carquois fut vide et que les fantassins étaient sur le point de rencontrer les premières lignes, il sortit à nouveau son calepin pour noter quelques mots avant de se jeter dans la mêlée, lame au clair. Avec un sourire éclatant, Décalia tira ses Samirnàhs, jugea de leur équilibre en les faisant tournoyer brièvement, puis suivit son exemple.
La véritable bataille, celle qui se jouait au corps à corps, venait de commencer.

_-_-_

Aetheria examina les différents groupes qui s’étaient spontanément constitués. Elle faisait équipe avec Aurön, le nomade des plaines. Leurs deux arcs et lames associés étaient dévastateurs. Le courant passait particulièrement bien entre eux, et le fait de le regarder tendre la corde avec adresse lui faisait parfois oublier qu’elle était en pleine bataille.
A leurs côtés, Qarneb, Lilian et Akiestoy formaient un groupe de trois. Lances et épées perçaient à tout va tandis que l’arc du Franc-tireur faisait de grands dommages.
Plus loin, Homasa et Kirua formaient un duo d’épée formidable. Dos à dos, entourés d’adversaires, ils se défendaient mutuellement sans jamais que leur défense ne faiblisse. Leurs attaques touchaient toujours au but.
Au centre, Décalia ne faisait équipe avec personne, mais ses attaques étaient impressionnantes, dignes d’une sur-promue. Les deux Samirnàhs tournaient si vite qu’il était impossible de les distinguer clairement. Tous les ennemis qui approchaient à moins de deux mètres n’avaient pas plus d’une seconde à vivre. Les lances sacrées tournaient si vite que la Prêtresse n’avait pas besoin d’utiliser une stratégie de combat. La partie lance tranchait les chairs sans la moindre difficulté, et la partie bâton fendait les crânes, brisait les armes et venait en aide aux alliés en leur rendant leurs forces. La Tornade Décalia était à l’origine de la plupart des sauvetages de dernière minute et autres percées fulgurantes dans la défense adverse.
Un peu plus loin, Near et Ewok faisaient équipe. Les Holsetys fusaient de tous côtés, lames de vent immenses et tranchantes. Shadowind, resté légèrement en retrait, achevait les rares ennemis qui subsistaient après leur passage. Hrîvyr leur venait en aide grâce à ses souffles puissants.
A leurs côtés, Asca, monté sur Liavyne, abusait lui aussi des sorts divins. Sa dragonne, ravie de participer à une bataille de cette envergure aux côtés de son maître, redoublait de vitesse et d’agilité.
Briante, montée sur Tharyune, tranchait à tout va, et les rayons de lumière de son dragon la ravissaient. Son Narga à la main, utilisant le plus possible le sort sacré, elle chantonnait l’air que lui avait écrit Setsuna :

-Qui vit dans un temple dans le ciel ?
Le Narga carré !
Qui comptait bien y faire carrière ?
Le Narga carré !
Si vous avez besoin d’aide, qui faut-il appeler ?
Le Narga carré !
Qui n’a pas peur des grands méchants démons ?
Le Narga carré !
Ohhhhhhhh ! Le Narga carréééééééé !


Un peu plus loin, Lysandre et Eliwood tranchaient à tout va, sous les flammes de leurs dragons. La chance de la première n’avait visiblement pas de failles : les adversaires rataient des coups qui auraient dû être mortels, ce qui sauva leurs gardes rapprochés à plusieurs reprises.
Teddy et Akiro faisaient équipe. La lourde hache du Gladiateur faisait des ravages, et les sorts de magie noire du Druide Noir touchaient alternativement alliés et ennemis, avec une préférence pour les Erlibanais.
Trunkfutur continuait la rédaction de l’article de Kirua, juché sur son dragon. De temps à autres, il quittait la plume pour décocher une flèche qui faisait mouche à chaque fois.
Azalia, Tora et Gaétan formaient une équipe soudée et très efficace. Les soins bienfaisants de la Prêtresse permettaient au couple de reprendre des forces pour se replonger avec plus d’énergie encore dans leur combat. Parfois, la jeune Prêtresse de l'Orthographe rejoignait Laura et Anathos pour joindre sa Samirnàh aux leurs.
Au milieu du champ de bataille, Arcanos, juché sur un imposant dragon de glace, lançait des Loputousu à une distance formidable, sous le regard bienveillant d’Ortimon. Le jeune chevalier pégase s’interposait entre le roi et ses adversaires, et sa défense restait inébranlable. Bien des chevaliers échouèrent face à cet enfant aux pouvoirs surnaturels. Il élevait des barrières magiques impressionnantes, mais restait en extase devant ses créations. Il ne connaissait pas le dixième de ses pouvoirs, et s’émerveillait à chaque fois qu’il parvenait à en utiliser puis à en maîtriser un nouveau.
Non loin d’eux, HectoRammstein et Ondorus formaient un duo atypique. Alors que le premier tranchait les têtes sans aucun remords, le second ne pouvait s’empêcher de s’excuser auprès de tous ceux qu’il tuait ou blessait.
Plus loin encore, un dénommé Shaikan tomba, la poitrine percée d’une lance. Aetheria le crut mort, mais il se releva quelques secondes plus tard, toute trace de blessure évanouie, pour trancher la gorge d’un soldat qui tentait de s’en prendre à une femme Gladiateur du nom d’Ellana, avec laquelle il faisait équipe. Elle tournoyait, perçant les armures de sa rapière, noyant ses adversaires sous un chapelet de jurons plus recherchés les uns que les autres.
La rôdeuse fut tirée de ses réflexions par un cri de guerre d’Aurön. Les yeux brillants, Aetheria reprit son exclamation et partit à la rencontre de l’ennemi.

_-_-_

Décalia éventra un nouvel adversaire. Ses deux armes tournoyaient sans cesse, prenant au piège quiconque se risquait à sa rencontre. Néanmoins, une pensée insidieuse interrompit ce mouvement dévastateur : où était Roy ? En effet, aucun des chevaliers pégase qu’elle avait recrutés ne l’avaient avertie…

-ORTIMON ! cria-t-elle par-dessus les râles et sons métalliques qui se multipliaient. J’ai besoin de toi !

Le jeune dieu accourut à une vitesse phénoménale.

-Oui, très chère sœur ?
-Je dois prendre un peu de hauteur… Y aurait-il une place pour moi sur ton pégase ?
-Mais bien entendu !

Il s’écarta légèrement, et la Prêtresse prit place à l’arrière. Le pégase décolla aussitôt.
Décalia observa le champ de bataille d’un œil expert. Sous le soleil couchant, les troupes hokisekiennes reculaient imperceptiblement face aux Erlibanais, plus nombreux et mieux entraînés. Le pays méritait sa réputation de génie militaire. Et nulle trace de Roy n’était visible. S’il s’était mêlé à la bataille, il serait facilement reconnaissable. Les Hokisekiens avaient ordre de signaler sa présence à qui de droit dès son apparition. Et dans les rangs adverses, les rares généraux qui avaient survécu à l’exploit de Kirua ne lui ressemblaient pas le moins du monde.
A cet instant, elle aperçut sur le flanc droit un recul soudain des troupes adverses.

-Ortimon, rapproche-toi, je te prie. Il se passe quelque chose.
-Tout de suite !

Le pégase vira à une vitesse folle. Son cavalier étant extraordinaire, il était normal que ce soit un animal extraordinaire également.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:29

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 3 : Sur le « chant » de bataille


En bas, Aurön avait découvert une nouvelle arme. Les Erlibanais reculaient en courant face à Setsuna et aux troupes d’Auréole munies de persil dans les oreilles. Dressé tel une statue sur une colline, le troubadour entonnait des mélodies à la guitare d’une voix plus désagréable que jamais.

-Les gens d’Alur, c’est mes z’amis,
Et Trunkfutur, c’est mon n’ami,
Et Kirua, c’est mon n’ami,
Et Near Fala, c’est mon n’ami,
Et puis Shaikan, c’est mon n’ami,
Aussi Lilian, c’est mon n’amie !
Décalia, c’est mon n’amie,
Aetheria, c’est mon n’amie,
Ewok aussi, c’est mon n’ami,
Et puis Odi, c’est mon n’ami,
Hecto, Nessiah, c’est mes z’amis,
Et même Arca, c’est mon n’ami !...

A ses côtés, Aurön haranguait les troupes avec un plaisir évident :

-Allez, en avant, pas de quartier ! Et vive Setsuna ! N’arrête pas de chanter, troubadour, ça marche !

Les soldats ne pouvaient entendre ses conseils, en raison du persil, mais ce fut tout comme. La percée auditive se poursuivit, et le combat tourna alors, sur ce flanc, à l’avantage d’Hokiseki.
Pourtant, au bout de quelques minutes, quelque chose se produisit dans les lignes d’Erliban. Les soldats se précipitaient en ligne arrière puis reparaissaient, eux aussi armés de persil dans les oreilles. Les troupes Auréoliennes et Eoliennes, surprises par cette manœuvre imprévue, reprirent leur lent et progressif recul.
Aurön eut alors une idée de génie. Il s’approcha d’un chevalier pégase et lui souffla quelques mots, puis invita Setsuna à y prendre place.

-Vu que tu fais un carton, pourquoi ne pas en faire profiter le flanc gauche ?
-Excellente idée ! Mon talent sera enfin reconnu par tous… Tu veux que je te chante quelque chose pour te remercier ?
-Heu… Non, merci. Epate ces Erlibanais ! Si ça se trouve, ils vont même te proposer de faire une tournée !
-Ah, ce serait génial ! Aurön, à partir de maintenant, tu es mon manager !

Le pégase décolla, emportant le troubadour.
Aurön fit signe à tous de retirer le persil de leurs oreilles, et profitèrent de la surdité provisoire de leurs adversaires pour miner leur organisation. Eoliens et Auréoliens bloquèrent l’ennemi, qui, incapable de définir une stratégie, se fit massacrer. Toutefois, ce triomphe ne dura que peu de temps, car les lignes arrière ne tardèrent pas à remplacer les sourds. Sur le flanc gauche, Setsuna reproduisit son exploit, semant la panique partout où il passait, et très vite, le combat redevint à peu près équitable. La force des soldats d’Erliban ne leur servait plus à grand-chose sans leur stratégie légendaire. Les Hokisekiens, moins puissants mais mieux organisés, perçaient les défenses adverses avec aisance.
Setsuna changeant régulièrement de position, les Erlibanais ne pouvaient plus se permettre de retirer le persil de leurs oreilles, ce qui, évidemment, était une aubaine pour les troupes Hokisekiennes.
Tout allait pour le mieux, Hokiseki reprenait le dessus, jusqu’au moment où arriva l’un des plus grands désastres de la bataille.

-Non, Setsuna, ne me dis pas que tu es devenu APHONE ?
-Si, répondit celui-ci avec une voix qui s’apparentait à un murmure étouffé. Je ne me suis pas assez échauffé la voix avant la bataille, je ne pensais pas que je rencontrerais un tel succès…
-Et quand penses-tu que cela s’arrangera ?
-Demain, je pense.

Aurön tomba des nues. Leur stratégie révolutionnaire prenait fin avec les chants de Setsuna. Paradoxalement, l’évènement qu’ils attendaient tous en permanence était survenu au seul moment où l’on espérait tout le contraire.
Après quelques minutes, les soldats d’Erliban prirent conscience de l’absence du troubadour et retirèrent le persil. Dès lors, ils reprirent l’avantage. Du moins, en partie, car, de l'autre côté du champ de bataille, le groupe de Near rencontrait une facilité inattendue.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:29

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 4 : Une aide bienvenue


Near : Tiens, c’est étrange, j’ai l’impression que nos adversaires sont moins forts, tout à coup…
Ewok : Tu as raison ! Je n’ai même plus besoin d’utiliser mon Holsety ! Oo
Shadowind : Et moi, je bats mes adversaires d’un seul coup ! Mais que leur arrive-t-il ? Ils envoient des débutants au combat ? é_è
Near : Attendez, regardez leur blason…
Ewok : Ce n’est pas celui d’Erliban ! Il me semble l’avoir déjà vu quelque part…

Un peu plus loin…

Lormar : Allons, mercenaires de la Compagnie Noire ! Nous avons été engagés par Erliban. J’ignore qui sont nos adversaires, mais nous allons les massacrer et obtenir une rémunération en conséquence. Nous aurons le dragon et l’argent du dragon ! Alors pas de quartiers ! =)
Mercenaires : OUAIIIIIIIS !! =D
Karuki : Hum, Lormar, nos premières lignes sont en train de se faire enfoncer… é_è Ne serait-il pas plus judicieux de se retirer ?
Lormar : Quoi ? è_é La Compagnie Noire, la dernière des Compagnies franches de Khatovar, se rendre ? Karuki, tu n’es qu’un lâche ! A la charge !! *fonce sur l’ennemi, l’épée à la main*
Karuki : ><

Du côté de Near, Ewok et Shadowind…

Near : C’est la Compagnie Noire ! Oo
Ewok : Je croyais qu’ils s’étaient dissous…
Shadowind : *se sent exclu de la conversation* u_u
Near : Mais alors, Lormar ne doit pas être loin…
Lormar : A l’attaque ! *se jette sur Ewok*
Near : X_X (Quand on parle du loup…)
Ewok : Lormar, arrête, c’est moi ! Ewok !
Lormar : Ewok ? Oo Mais que fais-tu dans les rangs de mes ennemis ?
Near : Nous affrontons Erliban.
Lormar : Dans ce cas, laissez-nous vous prêter main-forte ! =D
Ewok : C’est-à-dire que…
Shadowind : Merci beaucoup ! =)
Lormar : …La Compagnie Noire ne change pas de camp gratuitement… =D
Near : *chuchote à l’oreille de Shadowind* Il fallait attendre que nous ayons négocié leur rémunération, espèce de…
Shadowind : é_è Désolé, je ne savais pas…
Near : *tend une bourse pleine à Lormar* Tiens, mais ce sera tout.
Lormar : *o* Nos services sont à vous ! =) Compagnie, demi-tour… Droite !

Les mercenaires ne pensèrent même pas à protester. Ils se retournèrent d'un même mouvement et agressèrent les Erlibanais qui se pensaient en sécurité. Leurs cris de terreur emplirent un instant l'atmosphère. L'effet de surprise permit de tourner la bataille à leur avantage.

-Vous croyez qu'ils vont influencer le sort de ce combat ? demanda Shadowind en regardant la défense de l'Empire répliquer et prendre l'ascendant sur les mercenaires.
-Je ne sais pas, lui répondit Nöth avec un soupir de désespoir, mais au moins, cela nous fera gagner du temps…

L'Esprit-Vent le fixa avec incompréhension, mais le Maire adjoint d'Eolia avait bel et bien raison. La surprise passée, le niveau des hommes de Lormar n'ayant pas augmenté avec leur changement de camp, ils se firent proprement massacrer. Au bout de quelques minutes à peine, seuls le chef et son second étaient encore debout. Si la Compagnie Noire n'était pas dissoute avant la bataille, celle-ci venait de sonner sa fin définitive.

_-_-_

Au centre de la ligne de front, la situation empirait peu à peu. Les mages et sorciers de l'Empire étaient entrés en jeu, et les sorts fusaient dans tous les coins. D'immenses éclairs jaillissaient du ciel et se faisaient rapidement intercepter par des murs d'air. Des torrents de flammes luttaient contre des murs d'eau. Les victimes de ces affrontements se comptèrent par dizaines, car même s'il était possible de répliquer à l'Anima par l'Anima, la magie noire ne pouvait être contrée par cette même technique. Tout un groupe de Golden Emblem tomba, la gorge tranchée par leurs propres épées maniées par leurs ombres. Des sphères de nuit pure traversaient les boucliers pour frapper les magiciens qui s'effondraient sans un cri.
HectoRammstein évita d'un fil celle qui visait son cœur et lança un juron sonore. Sa lame ne pouvait lutter contre la magie, seul ennemi impossible à trancher. Il se sentait impuissant, et cela éveillait en lui une rage incontrôlable. Près de lui, Ondorus commençait, mine de rien, à fatiguer. Son bras devenait moins vif, et lorsqu’une lame passa outre sa garde, habituellement infaillible, sans toutefois lui faire de dommages, il comprit que son heure approchait. Bientôt, il tomberait, et c’en serait fini d’Ondorus le Conseiller.
Une ombre passa au-dessus de lui, le couvrant de sa fraîcheur. D'ordinaire, en temps de paix, il aurait apprécié cet air frais qui soulageait un peu son épuisement. Mais cela signifiait le pire durant un combat. Sa trace s'était retournée contre lui. D'ici quelques secondes, il ne sentirait plus rien, ni épuisement ni souffrance. La Mort venait le chercher.
L'ombre s'en alla toutefois. Le doute s'installa dans son esprit. N'était-ce pas simplement Akiro qui s'était trompé de cible ? Lorsqu'elle revint, il se décida enfin à lever les yeux. Et vit qu'il se trompait sur toute la ligne.
D'immenses formes colorées, écailleuses et brillantes arrivaient depuis l'est. Leurs ailes battant à intervalles réguliers, les dragons de Khary étaient venus leur prêter main forte. Leurs flammes ardentes fondirent sur les Erlibanais qui ne s'attendaient absolument pas à cette offensive aérienne et se firent donc carboniser dans leurs armures sans comprendre. L'un d'eux, un dragon de glace, atterrit entre le Conseiller et ses adversaires qui restèrent médusés de stupeur. Son poids provoqua une secousse telle que Surodon tomba sur son séant, roula dans la poussière et se retrouva dans une position qui ne convenait absolument pas à un dignitaire de son rang. Le cou bleuté du dragon s'arqua et son souffle les anéantit en moins de temps qu'il n'en fallait pour l'écrire. D'un geste presque négligeant de la queue, il écarta les corps brûlés et rugit de toute sa puissance.
Les Erlibanais se concertèrent un instant puis foncèrent sur lui en hurlant, mais il avait disparu. A sa place se tenait désormais une superbe jeune femme à la longue chevelure bleue bouclée et aux grands yeux orangés, sauvages. Sa robe piquée de saphirs rehaussait encore sa beauté naturelle. Dans ses doigts fins, elle tenait une pierre de dragon en forme de goutte de pluie. La charge adverse ralentit un instant. Cela suffit aux Holusekiens pour se reprendre et pour les faire reculer suffisamment pour que Surodon se trouve hors de danger.
La femme se retourna vers ce dernier et lui tendit une main.

-Besoin d’aide ?
-Alya ?!

Il avait imaginé des dizaines de fois le moment où il la reverrait pour s'excuser, mais jamais il n'aurait pu croire qu'elle serait si belle et si gracieuse, et moins encore qu'il serait aussi ridicule, sa cape pleine de poussière… C'était pire que tout ce qu'il avait jamais pu penser. Elle ricana.

-Bien sûr que c’est moi, "Maître Ondorus", espèce de roi des abrutis ! Qui veux-tu que ce soit d’autre ?
-Le roi des abrutis ? répéta-t-il, incapable de trouver autre chose à répliquer.
-Allez, prends ma main, gros bêta. Tu ne vas pas rester là, couché dans l'herbe !

Il hésita un instant, puis obtempéra. Elle l'aida à se relever, et il épousseta rapidement ses vêtements avant d'oser demander :

-Mais que fais-tu ici ?
-J'ai entendu dire que tu t'étais une fois de plus rendu ridicule, alors je ne voulais pas manquer ça…

Devant sa stupeur, elle éclata de rire.

-Non, je plaisante, le rassura-t-elle. J'ai appris que vous alliez vous lancer à l'assaut d'un trop gros morceau pour vous. Alors j'ai appelé quelques amis.

Il jeta un œil alentour. L'aide des dragons avait déjà fait son effet. Les Hokisekiens avaient repris de l'aplomb et recouvré leurs esprits. Des moines des Dragons de Lumière étaient venus en renfort et détruisaient les ombres révoltées grâce à leurs rayons lumineux, et une bonne partie des mages adverses avait été balayée par l'offensive Kharyote. La chance avait tourné.
Alya se retransforma et lui fit signe de monter sur son dos, comme le faisaient la plupart des stratèges.

-Mais, tu n'y penses pas ! Jamais je n'oserais…

Elle lui montra les crocs et grogna de façon menaçante. Apeuré, il se précipita vers elle, mais malgré ses efforts, il ne parvint pas à l'escalader, les écailles étaient beaucoup trop glissantes, et le poids de son armure le gênait considérablement. La dragonne eut une sorte de soupir, puis elle prit sa cape entre ses dents et le jeta sans ménagement entre ses deux ailes. Il grogna sous le choc et s'efforça de prendre une position plus décente avant de sortir de sa sacoche un grimoire de Blizzard.
Ensemble, ils rejoignirent les premières lignes où HectoRammstein, privé d'équipier, commençait à faiblir à son tour. En les apercevant, il sentit étrangement ses forces lui revenir et se jeta dans la bataille avec plus d'énergie encore qu'à son début.
Shadowind avait lui aussi été témoin de l'arrivée providentielle des membres de son peuple. Ils en rassembla la plupart, soit une dizaine, et prit le commandement de leurs lignes. Il leur souffla des stratégies de combat à adopter, puis il poussa un cri de guerre en pointant les ennemis de la pointe de sa lame d'or. Il fut repris par dix rugissements puissants qui firent trembler la terre. Durant toute cette opération, Near l'avait observé du coin de l'œil, et lorsqu'il le rejoignit enfin, il lui donna l'accolade.

-Alors, ça y est, tu es devenu général, maintenant ?

Le dragon de vent sourit.

-Je l'ai toujours été.

Et il retourna dans la mêlée, son grimoire à la main. Le Templier le regarda réciter ses incantations en silence sans oser lui demander ce que signifiait sa dernière phrase. Au fond, cela lui importait peu.
Shadowind était à nouveau heureux. Et cela lui suffisait.

_-_-_

Décalia descendit du pégase d’Ortimon et le remercia chaleureusement avant de reprendre sa place dans la bataille. Utilisant pour modèle la stratégie d’Aurön, elle changea régulièrement de position, venant en aide aux troupes en difficulté. Mais elle n’avait pas la tête à se battre : l’absence de Roy la perturbait.
Sur fond de ciel rougeoyant, les chevaliers pégases et wyverns s’affrontaient. Une forme allongée, d’un vert turquoise, chuta dans les rangs adverses, et la Prêtresse comprit qu’ils venaient de perdre l’un de leurs dragons. A ses côtés, Shaikan encourageait sa propre dragonne de lumière, une aile brisée par une arme quelconque.

-Allez, Kisara ! Ne t’en fais pas… Ça va aller, ma belle.

La dragonne feula de douleur.

-Ah, ces –CENSURE- de –CENSURE- d’Erlibanais ! criait Ellana. Je vais tous les crever ! On ne touche pas à Kisara ! –CENSURE- !! Compris, espèces de –CENSURE- ?!

La bretteuse mettait toute son énergie débordante dans le combat, et ses jurons ne faisaient, semblait-il, qu’accroître son efficacité. Décalia abandonna l’idée de lui reprocher la médiocrité de son langage et partit secourir la dragonne avec un sourire. Lorsqu’elle sembla s’être remise, la Prêtresse rejoignit Ellana et submergea ses adversaires sous des jets de lumière.
Elle n’avait pas remarqué le regard étonné de Kisara.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:30

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 5 : Le wyvern déchu


Lilian pesta. Elle venait de s’apercevoir que les troupes ennemies de l’arrière se rassemblaient en vue de contourner les Hokisekiens et ainsi bénéficier d’un effet de surprise. Ses ordres claquèrent aussitôt.

-Qarneb, Aki, moines d’Auréole, avec moi ! Ae, tu peux tenir la position, le temps qu’on règle un détail ?
-Pas de problème, Lilou ! s’exclama la rôdeuse, aux prises avec trois adversaires armés jusqu’aux dents. Aurön, rameute les mercenaires, on a du boulot !

Akiestoy choisit cet instant pour arriver, monté sur son fidèle wyvern.

-Que doit-on faire, Lil ? Tu as un plan ?

Il se prit aussitôt un grand coup de bâton dans le ventre, à l’endroit exact où se terminait son armure.

-Tu as oublié mon titre ! Repends-toi, avant que je t’envoie aux cachots !
-Je vous demande pardon, Maîtresse vénérée.
-Tu as eu de la chance. Encore un coup insolent de ce genre et je te donne à manger à Félix !

Le teint d’Akiestoy passa au blanc et ses yeux se posèrent par réflexe sur le minuscule matou qui dormait dans la bourse de Lilian. Pour rien au monde il n’aurait voulu le réveiller…
Qarneb arriva à son tour.

-Quels sont les ordres, Maîtresse Vénérée ?
-Votre attention, tout le monde ! L’ennemi va tenter de nous déborder par le flanc gauche ! Je vous propose de les devancer, de contourner les troupes et de les trucider ! Est-ce que c’est assez clair, ou vous préférez servir de repas à mon Félix chéri d’amour ?

Mais Akiestoy n’était pas de cet avis.

-Vous, vous êtes à pied. Moi, j’ai mon wyvern. Je vais passer par-dessus !
-Aki, je t’ai donné un ordre !
-Tu n’as pas à me donner d’ordres ! Je n’ai d’instructions à recevoir que de Sa Majesté et de mon nouveau chef d’alliance !

Et, sans plus attendre, Akiestoy talonna son wyvern qui décolla, survolant les troupes adverses. Lilian détourna le regard.

-En avant.

Elle ne devait jamais le revoir vivant.

_-_-_

Le maître wyvern ruminait sa colère tout en lançant sa monture à l’assaut des vents.

-Des ordres, et puis quoi encore ? Je lui en donnerai, moi, des ordres !

Il passa au-dessus des premières lignes ennemies avec facilité, mais un détail l’interpella. Sur le flanc gauche, une silhouette reconnaissable entre mille se dirigeait, seule, vers Tora et Laura en contournant les troupes… tandis que le groupe repéré par Lilian accourait vers le flanc droit, laissé quasiment sans défense. Et en dessous de lui…
Roy avait prévu la manœuvre. Des dizaines d’archers, de snipers, de rôdeurs et autres utilisateurs d’arcs le visaient avec professionnalisme.
Il sut qu’il n’en réchapperait pas avant même que la volée de flèches ne l’atteigne.
Le cri de la bête, le corps percé d’une vingtaine de flèches, se répercuta dans toute la vallée. Son cavalier considéra les six flèches qui perçaient sa poitrine. Ce fut sa dernière vision.
Akiestoy et son wyvern chutèrent ensemble.
Une larme roula sur la joue de Décalia qui avait assisté à la scène, impuissante, depuis le pégase d’Ortimon où elle venait de reprendre place.

-Aki… Jamais je ne t’oublierai.
-Tout va bien, ma sœur ? En cas de problème, vous avez le droit de vous retirer…
-Pas question.

Son regard était devenu plus froid que jamais.

-Nous devons vaincre. L’issue de ce combat passe avant nos vies à tous. Ortimon ?
-Oui ?
-Je crois que j’en ai assez vu pour l’instant. J’aimerais retourner auprès de mes amis avant qu’ils ne périssent à leur tour.

Le jeune dieu n’insista pas et demanda à sa monture d’amorcer la descente.
Décalia n’avait pas vu le danger.

_-_-_

Ortimon comprit ce que signifiait le mot mort, et pourquoi les mortels la craignaient. La mort. Le départ pour le royaume de Targalok.
La bataille ne durait que depuis peu de temps, mais il en avait déjà vu beaucoup tomber pour ne plus se relever. Il en avait vu souffrir tant que plus rien ne leur importait d’autre que ce départ. Mais pour une raison inexpliquée, le Passeur ne les embarquait pas… Et les abandonnait dans un océan de douleur.
Il apprenait. Quelque chose venait de changer en lui. Quelque chose de profond.
Il n’était déjà plus vraiment un enfant.
Son esprit avait grandi, plus que jamais.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:30

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 6 : Lâar


Elles étaient deux. Virevoltant l’une à côté de l’autre, se soignant mutuellement de leurs Samirnàhs tachées de sang. Tora et Laura, Prêtresses de l’Orthographe. Elles empêchaient tout débordement de l’ennemi par le flanc gauche, tranchant et taillant à tout va. Autour d’elles, les ennemis tombaient dans un mouvement régulier, rapide, parfait, tandis qu’elles, gracieuses et insaisissables, semblaient danser au milieu des adversaires. Leurs mouvements fluides touchaient au but à chaque fois, calculés au millimètre près. Elles n’étaient pas des sur-promues, ni même des utilisatrices de lances, mais Sainte Orthographe leur avait offert le don de manier la Samirnàh. Présent divin, si utile à cet instant précis.
Leur ballet mortel aurait continué jusqu’à la fin du combat si un messager pégase d’Auréole n’était venu souffler quelques mots à Tora.

-Laura, quelqu’un essaie de nous contourner.

Ses yeux étincelèrent. Elle voyait parfaitement où son amie voulait en venir.

-Allons-y.

_-_-_

Roy : *arrive par le flanc gauche, une chaise pliante sous le bras et une tasse de thé à la main* Ah, quelle belle journée. n_n Tiens, je crois que je vais me poser là. *déplie sa chaise et s’installe*
Roy… Tu as le pouvoir de faire tourner cette bataille à l’avantage d’Erliban. Pourquoi ne t’en mêles-tu pas ? Tu compromets ma stratégie !
Roy : Je me fiche de ta stratégie. J’en respecte l’essentiel, non ? Alors ne commence pas à me casser les pieds.
Je te demande pardon, mais tu vas trop loin !
Roy : Ah bon ? Je te rappelle à tout hasard que c’est MOI le sur-promu.
Et je te rappelle à tout hasard que c’est de MOI que tu tiens tes pouvoirs… Ne me provoque pas. Je peux très bien te les reprendre, tu sais…
Roy : >< Ça, au moins, c’est clair. Quel est ton plan ?
Tu viens de le ruiner, ce plan… Je t’avais dit de te mêler aux troupes et de te battre en changeant sans cesse de position… Laisse-moi y réfléchir.
Roy : Prends tout ton temps, je ne suis pas pressé. n_n *s’installe confortablement et observe la bataille*
Moi, si.
Roy : Tu m’exaspères. u_u Quand as-tu pris l’air pour la dernière fois ?
Il y a trois heures.
Roy : Voilà, il ne faut pas chercher plus loin ! Tu prends goût à la liberté, Lâarinou. Ça va passer. *souffle sur son thé brûlant* Moi, à ta place, je me tiendrais à carreaux. :p
C’est noté.
Roy : Ne le prends pas mal…
Je ne le prends pas mal.
Roy : Tant mieux. *ferme les yeux*

Une silhouette approche par le sud.

Une femme approche.
Roy : *profite du soleil* Qui ?
Tu la connais, il me semble. Son nom est Briante.
Roy : *ouvre les yeux* Briante ? On va rire.
Briante : *arrive d’un pas militaire* Roy ! Au nom de la loi, c’est-à-dire du mien, tu es en état d’arrestation ! >=D Remets tes armes entre les mains de la justice !
Roy : (Qu’est-ce que je disais XD) Lâar, tu crois que mon thé est suffisamment froid ? =)
Très certainement.
Briante : Attention, tout ce que tu diras sera retenu contre toi pour ton procès ! Tu as le droit d’appeler ton avocat. Maintenant, suis-moi !
Roy : J’en ai rien à taper. *goûte son thé* Encore un peu chaud.
Briante : Mais… Oo
Elle va finir par s’énerver.
Roy : Puisque je te dis que j’en ai rien à taper.
Briante : *sort son épée* Puisque tu refuses de t’en remettre à la justice…
Roy : Cette fille est une vraie plaie.
Elle m’empêche de réfléchir.
Briante : Outrage à la personne suprême de la justice ! Oo Un chef d’accusation supplémentaire ! Je demanderai la peine de mort !
Roy : Ça aussi, j’en ai rien à taper. *goûte à nouveau son thé et agite le petit doigt*

Un sort de Flux sorti de nulle part percute Briante de plein fouet.

Briante : Oo
Roy : Pile à la bonne température. *boit son thé*
Briante : *s’effondre* Argh… Targalok, dieu des morts, si tu oses m’envoyer aux enfers, je te traînerai devant la justice… et la justice… c’est… moi… *meurt*
Roy : Enfin la tranquillité ! ^^ *finit son thé et s’allonge confortablement*
J’ai un plan, ça y est.
Roy : >< J’ai parlé trop vite…
Par contre, je ne vais pas avoir le temps de te l’expliquer. Il faut faire vite. Puis-je prendre ta place ?
Roy : D’accord, je te la laisse tant que tu voudras ! n_n
Juré ?
Roy : Juré.
Sur les Six Sphères du Chaos ?
Roy : C’est quoi ce serment à la noix ? X_X
Jure !
Roy : Bon, d’accord, sur les Six Sphères du Chaos. On peut y aller, maintenant ?
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:31

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 7 : La fin d’une histoire


Lilian : Ah, ça y est, je vois quelqu’un ! n_n A l’attaque !
Moine : Mais… Maîtresse Vénérée, il est seul !
Lilian : Comme dit le proverbe : un guerrier peut en cacher mille autres, surtout si c’est un éclaireur ! Alors pas de quartier ! >=D
Qarneb : Que dois-je faire, Maîtresse Vénérée ?
Lilian : Tu restes avec moi sur cette colline et tu la ferme ! n_n
Qarneb : é_è Et qu’en sera-t-il de Félix, Maîtresse Vénérée ?
Lilian : Il dort, le pauvre petit chou ! *o* On ne va pas le réveiller pour ça, quand même !
Qarneb : ><
Moines : A L’ATTAQUE !!! =D
??? : … *sort une lame noire*

Les moines lancèrent des sorts de RexWhite, les uns à la suite des autres, submergeant l’inconnu. Pourtant, les rayons de lumière déviaient inexplicablement à quelques centimètres de lui, sans lui faire le moindre dommage.

-Incapables ! Imbéciles ! s’écria Lilian. Tuez-moi cet homme sur-le-champ !

A cet instant précis, leur adversaire se servit de sa lame. Dix moines tombèrent en même temps, la gorge déchirée par l’épée obscure. Pris de panique, les survivants tentèrent de s’enfuir, mais il était déjà trop tard pour eux. Quelques secondes plus tard, ils étaient à terre, morts avant même d’avoir touché le sol. L’inconnu les avait tous éliminés avec une vitesse surprenante.

-Mais… Mais il n’est pas humain !
-Exact, petite chevalière wyvern.

Il s’approcha lentement d’eux. Qarneb voulut fuir, mais les sabots de son cheval comme ses pieds restèrent fermement accrochés au sol. Lilian comprit qu’il s’agissait d’un sort qui lui était étranger… et reconnut enfin l’homme.

-Roy…

Elle ne l’avait rencontré qu’une fois, avant son bannissement, mais il lui avait fait une si forte impression qu’elle se souvenait encore exactement de son visage. Une seule chose avait changé : ses yeux… Qui étaient devenus plus rouges encore que lors de la conversation du Miroir du Chaos.

-En effet, mentit Lâar avec un sourire. Toi, tu dois être Lilian. Oui, je me souviens de toi, la petite peste… Une bonne amie de Décalia, il me semble.

Il leva lentement sa lame tachée de sang. La stratège, incapable de bouger, tremblait de peur.

-Ta mort lui fera mal, ajouta-t-il d’une voix doucereuse. Très mal…
-Ne touchez pas à Dame Lilian !!

Lâar pivota vers Qarneb, qui le fixait avec une rage non dissimulée.

-Tu as eu de la chance que j’aie besoin d’un messager pour m’annoncer, sinon, je t’aurais déjà passé au fil de mon épée.
-Peu m’importe désormais. Que vous soyez sur-promu ou simple apprenti, je m’en fiche comme de ma première flèche ! Si vous osez toucher à un seul cheveu de ma Dame…

Il ne réfléchissait plus. Les mots lui vinrent aux lèvres sans même qu’il n’y pense. Il semblait sur le point d’exploser, et ce fut d’une voix de plus en plus forte qu’il continua :

-…Je vous poursuivrais jusqu’au bout du monde, et je vous réduirais en granulés pour canari parce que je tiens à elle plus qu’à ma propre vie !!

Lilian ouvrit des yeux plus grands que des soucoupes.

-Qarneb ?!

Mais ce dernier n’avait pas achevé sa tirade.

-Si vous la tuez, vous serez obligé de me tuer aussi !

Même si l’Escroc-Diable ne l’avait pas immobilisée par un sort, la chevalière wyvern aurait été incapable de faire le moindre mouvement. Elle ne parvenait pas à croire à ce qu’elle venait d’entendre, son esprit fut parcouru de questions… pendant que Lâar applaudissait avec une lenteur exagérée.

-Très belle prestation, mon garçon, mais tu ne fais pas le poids.
-Je vous l’ai dit, cela est totalement dérisoire.
-Dois-je comprendre que tu m’obligerais à te tuer pour pouvoir mener mes affaires à bien ?
-Exact.

Lilian ne put se retenir.

-Qarneb, non ! Ne fais pas ça…

Le Franc-tireur semblait soudain en paix. Il était enfin parvenu à exprimer ses sentiments. La tension accumulée durant tout ce temps venait de se relâcher d’un coup. Il tourna la tête vers Lilian et répondit :

-Ma Dame, vous devez vivre. Moi, je ne suis qu’un soldat comme un autre, un pion dans les jeux des puissants. Ma vie n’a aucune importance pour notre patrie. Mais vous, vous êtes une stratège. Vous aurez votre rôle à jouer, et il se peut qu’il soit déterminant.
-Qarneb… Je vous en supplie, ne partez pas.

-Roy, qu’en penses-tu ?
-Très efficace. Tora et Laura sont mortes. Notre Prêtresse préférée aura du mal à s’en remettre.


-Tout, plutôt que de vous voir partir alors que j’aurais pu l’éviter.

Lilian comprit alors qu’il lui posait une question muette, une de celles qu’on ne peut dire à haute voix. Quelque chose sembla se débloquer en elle, une sensation étrange parcourut tout son corps… Elle venait d’accepter un fait qu’elle n’avait jamais voulu reconnaître. Elle savait désormais ce qu’elle allait répondre à sa question. Elle aurait souhaité avoir plus de temps. Mais ce temps lui manquait.

-Tu peux tuer l’homme et laisser Lilian partir.
-D’accord, je m’en charge.


-… Moi aussi, Qarneb.

Le Franc-tireur ne saisit pas de premier abord. Puis, il comprit le présent infiniment beau et cruel à la fois que lui offrait la vie, et ses yeux s’emplirent de larmes. Il aurait voulu lui dire tant de choses encore, mais Lâar ne lui en laissa pas le temps.

-J’accepte ton marché.

Il agita rapidement la main droite, et Lilian se retrouva libre de ses mouvements.

-Toi, vas dire à Décalia ce que tu as vu. Tout ce que tu as vu. Et n’oublie surtout pas les détails. Je veux voir la douleur sur son visage quand elle viendra à moi. Dis-lui aussi que j’ai tué Tora et Laura… Tu peux partir quand tu le souhaiteras, mais plus tu resteras, plus l’agonie de ton ami sera longue. A toi de choisir.

Lilian tituba un instant sous l’effet du sort qui s’estompait, se reprit, et, dans un élan de désespoir infini, se jeta au cou de Qarneb et l’embrassa. Il répondit à son baiser avec tout l’amour qu’il n’avait jamais osé lui révéler au grand jour. Ils avaient tous deux conscience qu’il serait leur premier et leur dernier baiser à la fois. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, il lui murmura ce qu’il avait toujours rêvé de lui dire à l’oreille toute sa vie.

-Je t’aime, Lilian.
-Moi aussi, je t’aime, Qarneb. Plus que je n’ai jamais aimé personne.

Il la serra un instant contre lui, puis la lâcha à contrecoeur.

-Fuis. Fuis et sois heureuse. Tu mérites mille fois mieux que moi.
-C’est toi que j’aime, maintenant et à jamais.

Une autre barrière se brisa en lui.

-Je voudrais que cet instant dure éternellement.
-Tu souffrirais…
-J’ai l’habitude, depuis que tu es à Auréole…

Cette phrase lui fit l’effet d’un poignard dans le cœur. Elle savait bien que c’était la stricte vérité et qu’elle l’avait fait énormément souffrir. Toutes ces persécutions dont elle ne se rappelait déjà plus la cause. Pourtant, après tout ce qu’elle lui avait fait subir, il l’aimait encore, et elle avait toujours refusé de le voir. Elle se rendit compte alors de la gravité des erreurs qu’elle avait pu commettre tout au long de son séjour à Auréole.
Qarneb la repoussa lentement de lui.

-Tu es la seule à pouvoir empêcher le massacre. Vas-t-en… Vas-t-en et oublie-moi.
-Jamais, tu m’entends ? JAMAIS ! s’écria-t-elle en pleurant.
-Vas-t-en !!

Elle recula de quelques pas, puis, le cœur brisé, monta sur son wyvern et s’en fut sans se retourner. Dans sa tête, au-delà du murmure du vent, Qarneb continuait de crier : "Vas-t-en ! Vas-t-en !"… Autant de coups de couteau en pleine poitrine. Et le vent soufflait de plus en plus fort sous l’effet de la vitesse. Il acheva de déchirer son cœur, et repoussa ses larmes vers celui qu’elle aimait et qu’elle ne reverrait plus jamais…
Lâar fit disparaître sa lame d’un geste de la main, la faisant retourner dans son monde d’origine : celui du Chaos. Ravi, le dieu déchu contempla les corps immobiles qui faisaient cercle autour de lui. Il savait que Décalia serait profondément blessée par ces décès et qu’elle ne serait certainement pas indifférente à la douleur d’une amie. Roy et Lâar éclatèrent de rire ensemble, comme un être unique, leurs voix mêlées pour n’en former plus qu’une infiniment plus inquiétante…
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:31

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 8 : Vers le dénouement


-QUOI ?!

Les yeux de Décalia ne portaient pas de larmes. Dans ces circonstances, elles étaient parfaitement inutiles. Et la tristesse ne passait plus au premier plan.
Une Lilian en état de choc venait de lui annoncer le pire évènement de la bataille.
Un brasier alimenté par une colère soudaine venait de s’allumer en elle, consumant tous ses autres sentiments sous cette chaleur implacable. Une explosion de fureur l’envahit dans tout son être, les flammes dans ses yeux augmentèrent subitement de volume et une sorte d’aura de puissance destructrice semblait saturer l’air autour d’elle. A cet instant, elle semblait presque plus maléfique que Roy.

-Il paiera ses crimes ! Par le sang qu’il a versé ! Je ne peux pas le laisser en vie alors qu’il massacre peut-être d’autres innocents à cet instant précis !
-Je t’accompagne ! s’écria Shadowind, qui n’avait pas manqué une miette de la conversation.

Décalia lui décocha un regard noir empli des ténèbres de la vengeance. Il comprit trop tard qu’il aurait dû attendre quelques secondes au moins avant de parler.

-Pas question que qui que ce soit se mette encore en danger inutilement à ma place !
-Je suis Esprit-Vent. Mon devoir est de t’assister.
-Si tu veux m’aider, reste ici !!

Elle voulut se retourner pour s’en aller vers son destin, mais il la prit par l’épaule et la força à le regarder dans les yeux. Dans ceux du dragon brillaient deux petites lueurs dorées, inhabituelles.

-Je dois me racheter…
-Laisse-moi !
-Ça suffit ! Ecoute-moi ! MAINTENANT !!

Elle s’arrêta immédiatement, et les flammes semblèrent faiblir dans ses prunelles de glace. Autour d’eux, la bataille faisait rage, et ce fut au milieu des bruits du combat qu’il dit :

-Je suis impliqué dans le déclenchement de cette guerre, Décalia. Voilà pourquoi, entre autres, je cache mon identité. Parce que c’est de ma faute. Tous ces morts, tout ce qui arrive. Le simple fait que j’existe encore est une aberration. Même si, à chaque seconde, je faisais une bonne action, cela ne suffirait pas à effacer cette dette que j’ai contractée envers tous ces gens qui meurent, qui sont morts et qui mourront encore par ma faute si rien n’est fait. Je veux sauver ce qui peut encore l’être. Si tu ne me laisses pas t’accompagner maintenant, plus jamais je n’oserais paraître aux yeux de quiconque. Emmène-moi.

Elle hésita un instant. Shadowind voulait l’accompagner, ou plutôt il le devait. Mais il pourrait mourir. Il avait accepté ce fait. Elle ne pouvait que l’imiter. Le suivre. Il avait raison.

-Très bien. Allons-y.
-Je vais quérir des destriers.
-Pas le temps !

Elle lança une sphère lumineuse au-dessus d’elle. Ortimon se précipita aussitôt pour la rejoindre. Ce signal n’était utilisé qu’en cas d’urgence extrême. Il se posa et sauta de son pégase.

-Ma sœur.
-Ortimon, nous avons besoin de ce pégase. Immédiatement.
-Je comprends. Roy. Partez. Mes pensées vous accompagnent.

Décalia s’inclina légèrement puis enfourcha le cheval ailé, bientôt suivie par Shadowind. Elle talonna l’animal, et il s’éleva aussitôt dans les airs.
Ortimon les suivit un moment du regard. Il savait ce que sa sœur comptait faire. Lorsqu’il se fut assuré qu’elle avait bien pris le contrôle du pégase, il reporta son attention sur Arcanos… et poussa un cri horrifié.
Le roi d’Hokiseki avait été très remarqué durant tous les instants de la bataille. On avait observé son plus puissant défenseur. A peine ce dernier était-il parti que Sa Majesté, privé de sa protection la plus efficace, avait reçu une longue flèche dans la région du cœur et perdait beaucoup de sang. Son dragon tentait de gagner du temps pendant que plusieurs évêques se précipitaient vers le roi. Alors que le jeune dieu n’était plus très loin d’eux, il entendit le cri apeuré des soigneurs :

-Il va mourir… Le roi Arcanos se meurt !
-NON !

Ortimon bouscula les prêtres et s’agenouilla auprès d’Arcanos. Indifférent aux protestations et aux menaces, il demanda :

-Lesquels d’entre vous viennent d’Auréole ?

Deux évêques s’avancèrent.

-Me faites-vous confiance ?
-Bien entendu, Sire Ortimon.
-Alors écoutez-moi et exécutez mes instructions sans poser de questions. Arcanos n’est pas mort, mais il le sera bientôt si je n’ai pas la liberté d’intervenir. Je vais ôter la flèche en utilisant des pouvoirs inconnus de vous. Il vous faudra ensuite concentrer vos pouvoirs au maximum, sinon il ne survivra pas.
-Nous le ferons.

Ortimon se concentra profondément et observa la plaie grâce à ses sens divins. La flèche s’était fichée profondément dans la poitrine en touchant gravement la région des poumons. Il commença par refermer les plus graves blessures internes d’un geste, puis utilisa ses facultés. La pointe de la flèche changea de forme. Comme s’il avait été remodelé, l’acier fondit sans produire la moindre chaleur et vint recouvrir d’une couche mince la tige de bois. La pointe n’existait plus : le tout ressemblait désormais une sorte de bâton d’acier bien plus facile à retirer.

-Maintenant.

Et il retira la flèche d’un coup sec, arrachant un léger gémissement au roi. Aussitôt, les deux évêques arrêtèrent le flot de sang qui menaçait de s’écouler, mais ne parvinrent pas à refermer la plaie…
Le jeune dieu sentit le froid envahir Arcanos. Il le sentait partir lentement vers le royaume de Targalok. Alors, usant de ses pouvoirs, Ortimon l’arracha des mains de la Mort. Tous les prêtres s’étaient joints à la manœuvre, ce qui permit enfin à la plaie de cicatriser.
Troublé, le fils de Ryû se releva.

-Tout ira bien, à présent. Il a juste besoin de repos. Que quelques uns d’entre vous le transportent à l’arrière.
-Oui, messire.
-Merci d’avoir sauvé Sa Majesté. Sans lui, tout aurait été perdu.

Soudain, le dragon de glace ouvrit une brèche aux Erlibanais. Ortimon se précipita à leur rencontre en faisant apparaître son bouclier d’énergie.

_-_-_

Kirua : …
Near : …
Asca : …
Ewok : …
Lilian : … *enveloppe son pégase dans une épaisse couche de bandages*
Aetheria : …
Near : Je les suis !
Aetheria : Moi aussi !
Lilian : Et moi, alors, on m’oublie ? é_è
Ewok : Pas question que je vous attende en me rongeant les sangs ! Je viens !
Kirua : Une occasion d’écrire un article pareil, ça ne se manque pas ! =)
Asca : *les voit partir* Oo Hé, attendez-moiiiiiii !!
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:32

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 9 : L’Escroc-Diable d’Erliban


Shadowind s’inquiétait de plus en plus. Pour commencer, le stress de Décalia semblait augmenter de minute en minute, ce qui n’était pas le fait le plus rassurant à constater. Ensuite, ils volaient presque en rase-mottes, à moins d’un mètre du sol et à une vitesse si grande que le paysage en devenait flou… Et pourtant, leur monture parvenait à éviter les nombreux arbres qui se dressaient en travers de leur route. A tel point qu’il se demandait si c’était la Prêtresse ou le pégase qui maîtrisait le plus la situation.
Pour remettre sa vie entre les mains de Décalia, il n’avait aucun problème : il la lui offrait toute entière.
La confier à un pégase, c’était une toute autre affaire.
Et puis, voilà qu’elle s’était mise debout sur la selle, droite comme si elle n’était nullement affectée par la vitesse. Elle avait lâché les rênes. S’il ne la connaissait pas aussi bien, l’Esprit-Vent aurait pensé qu’elle faisait une tentative de suicide où il risquait lui aussi de trépasser.
Il n’en était rien.

-Dans quelques secondes, il faudra sauter.

Ses soupçons se confirmaient.

-Sauter d’un pégase en vol ?! Décalia, tu veux nous tuer ?
-Tu es un sur-promu, oui ou non ?
-Bien sûr !
-Alors saute ! MAINTENANT !

Il obtempéra sans réfléchir. Dans un même mouvement, ils bondirent. Leurs réflexes si particuliers de sur-promus se mirent aussitôt en marche. La vitesse n’avait plus de prise sur eux, de même que la gravité. Ils devenaient maîtres des éléments pour quelques instants. Ils retrouvèrent l’équilibre en même temps, quelques secondes avant de toucher le sol. Sans qu’il ne comprenne comment il y était parvenu, il se retrouva avec un genou à terre sans la moindre égratignure.
La Prêtresse avait bien calculé la manœuvre.
En face d’eux, Roy les attendait. Et il souriait.
Elle se releva lentement. Dans ses yeux brillait l’étincelle de la bataille finale. Son regard semblait éclairé de l’intérieur par deux chandelles bleu glacier. Si lumineuses, si bleues. Etincelles de glace… Auprès d’elle, Shadowind se releva à son tour. Dans ses yeux de nuit profonde luisaient deux pointes d’or, inhabituelles. Des flammes obscures luisaient dans ses prunelles. Frénésie, rage du combattant, flammes du dragon, noirceur rétablissant le fragile équilibre. Et en face d’eux, les yeux sanglants animés par une forme de "vie" s’apparentant plus aux gouffres sans fin de la mort, Roy les fixait avec un sourire si noir, si sadique, si ironique… Ce regard de feu pur, de ténèbres ensanglantées, n’était pas celui qu’ils connaissaient. Infiniment plus féroce, plus puissant, plus destructeur. Des yeux qui transperçaient les âmes pour ne laisser que leurs ombres… Nulle trace des prunelles noires animées par une étincelle de malice et d’ironie, pétillante, si vivantes…
Décalia comprit qui était la mystérieuse personne qui était intervenue dans la conversation enregistrée dans le miroir du Chaos. Roy lui-même. A moins que ce ne soit pas vraiment lui… Elle hésita. Quelque chose d’anormal s’était produit. Il flottait autour de Roy une aura de puissance formidable, presque inquiétante. La force inimaginable d’un être surréaliste. Deux secondes suffirent à la Prêtresse pour comprendre qu’elle se tenait soit en face d’un inconnu - ce qui l’effrayait au plus haut point -, soit en face d’une autre personnalité de son rival… qui la dépassait en puissance, et qu’elle ne pourrait certainement jamais vaincre. Elle tenta de maîtriser sa voix avant de lancer une brève question dans le silence terrifiant.

-Qui êtes-vous ?
-… Plus perspicace que je ne l’imaginais, sur-promue d’Hokiseki.

Il s’avança vers eux d’une démarche qui n’avait rien de naturel. Chacun de ses gestes était effectué avec une vitesse hors du commun, même pour un sur-promu, et ses bottes ne semblaient qu’effleurer le sol, comme s’il flottait à demi dans les airs. Sa cape, à l’instar de celle de Faute d’Orthographe, s’agitait sous l’effet de courants aériens venus d’un autre monde.

-Mon nom est Lâar.

Devant leurs mines stupéfaites et terrifiées, son sourire s’élargit.

-Je vois que vous savez à qui vous avez affaire…
-Qu’avez-vous fait de Roy ?

Lâar ricana en entendant ce nom.

-Il est toujours là, bien évidemment. Je n’ai rien contre lui. D’ailleurs, il est temps de lui laisser la place. Mon rôle est terminé… pour l’instant.

-Roy, c’est à toi. Servis sur un plateau d’argent.
-Merci. Efficace, ton plan.
-Je suis flatté. A présent, prends ton épée et tue-les. Nous n’avons que trop perdu de temps.


Les iris de Roy repassèrent lentement du rouge au noir. Sa cape retomba lentement alors qu’une onde de choc traversait l’air. L’Escroc-Diable était de retour, et son expression était plus sadique et plus sombre encore que celle de Lâar. Même si elle ne possédait pas sa puissance, elle demeurait tout aussi terrifiante.

_-_-_

Décalia : è_é Roy, tu… C’est toi ? é_è
Roy : Bien sûr que c’est moi ! Tu m’as bien regardé ? :p
Shadowind : u_u’ (Je sens que je vais avoir du mal avec lui, je ne supporte pas son humour x_x)
Décalia : (Son aura de puissance s’est affaiblie, il a retrouvé son humour pourri… Pas de doute, cette fois, c’est bien Roy.) Pourquoi avoir accueilli au sein de ton esprit de démon du Chaos, ce dieu déchu, ce… Cette ordure ?! è_é
Roy : Un dieu déchu ?! Oo (Lâar, j’exige des explications !)
Lâar : …
Roy : (C’est vrai ? Tu es un dieu déchu ?)
Lâar : Je suis la divinité du Chaos, en effet.
Roy : Oo Oo Oo (Et tu ne m’as rien dit ?!)
Décalia : Tu l’ignorais ? x_x
Shadowind : u_u’ (Décidément, je ne le supporte pas.)
Lâar : Je voulais attendre. Tu ne me semblais pas prêt à l’accepter.
Roy : Oo (Alors mes pouvoirs seraient… divins ?)
Lâar : Une partie, en effet.
Roy : *_* (Vrai de vrai ?)
Lâar : Je le jure par les Six Sphères du Chaos. n_n
Roy : *o* (Par tes foutues Sphères de Machin ! Je n’arrive pas à y croire !!)
Lâar : …Hé, je te signale que tes deux pires ennemis attendent une réponse ! è_é
Roy : x_x (Heu… C’était quoi la question ? ‘n_n)
Lâar : Tu es pitoyable. ><
Roy : Heu… Bien sûr que si, je le savais ! ‘n_n
Lâar : u_u’ Hum, hum. Repassons aux choses sérieuses.

_-_-_

Roy sembla reprendre ses esprits. Il toussota un instant, puis dit :

-Ainsi, tu es venue à mon rendez-vous, Décalia. Mon invitation était plutôt originale, n’est-ce pas ?
-Originale, dis-tu ? C’est MONSTRUEUX, tu veux dire ! Qarneb mort, Lilian traumatisée…
-J’ai le pouvoir. Et posséder… ce que j’ai… me permet tout. En particulier de rendre mes invitations plus… persuasives.

Impuissante, Décalia serra les poings. Elle mourait d’envie de lui mettre une flèche dans la gorge, mais se retint à temps. Il fallait attendre. Gagner quelques précieuses minutes pour que son plan fonctionne… Et ainsi prendre le risque de perdre des dizaines de soldats supplémentaires.

-Assez, Roy. Il est temps d’en finir.
-En finir ? demanda-t-il d’une voix faussement ébahie. Mais nous venons à peine de commencer. Pourquoi ne pas… nous amuser un peu avant ?

L’instant d’après, il avait disparu. Shadowind jura et marmonna quelque chose à propos de l’humour de l’Escroc-Diable en tirant son Holsety de sa cape. Quant à la Prêtresse, une Samirnàh dans chaque main, elle sondait les alentours du regard en maudissant sa propre naïveté.

FLASHBACK

Byen : Mes enfants, deux choses caractérisent l’Escroc-Diable. Tout d’abord, son sadisme. On en ignore la raison, mais cet être a toujours un goût prononcé pour les mauvaises plaisanteries, la méchanceté gratuite et tout ce qui s’y rapporte. Il adore faire souffrir ses adversaires, que ce soit dans leur chair ou dans leur esprit. Ensuite, il est le plus puissant, le plus rapide, le plus résistant… Tout simplement le sur-promu qui se rapproche le plus de la perfection. Sa vitesse est hors du commun, tout comme sa force, ce qui en fait un adversaire qui peut tout se permettre. Or, comme dit précédemment, il aura tendance à se permettre le pire… Ne le perdez jamais des yeux, ou il se pourrait très bien que ce soit votre dernière action ! Et dans ce cas, le monde sombrera dans les ténèbres !!
Tora : *lève frénétiquement le doigt*
Byen : Oui, Tora ?
Tora : *baisse le doigt* Mais, maître, ne peut-on pas le contrer ?
Laura : Utiliser ce sadisme, cette force, cette vitesse… Contre lui ?
Byen : *réfléchit* Pour cela il faudrait… Soit être soi-même Escroc-Diable, ce que je ne souhaite à aucun d’entre vous, soit avoir le rang de Théosage. Mais même le Théosage ne peut vaincre l’Escroc-Diable. C’est la tâche du Prêtre Sacré. Comme dit Sa Sainteté…
Tous : *en chœur* Seul le Prêtre Sacré peut vaincre l’Escroc-Diable ! Seul le Prêtre Sacré importe ! Seul le Prêtre Sacré doit vivre, pour que vive la Patrie ! Les autres vies peuvent et doivent être sacrifiées pour que perdure la nation d’Hokiseki !
Décalia : *serre les lèvres* (Balivernes…)

FIN DU FLASHBACK

Elle avait perdu Roy des yeux, bafouant ainsi l’une des premières instructions de Byen qu’elle connaissait par cœur à force de l’avoir entendue durant un millénaire environ. Elle n’avait rien retenu de ces leçons pourtant répétitives. Mais le pire était qu’elle ignorait comment le repérer.
A peine avait-elle fait un pas qu’il était revenu à sa place d’origine. Sans un bruit, sans un frémissement, sans qu’elle ne l’ait vu apparaître. Un sourire sadique sur le visage, il tira une épée courte de sa ceinture et la mit en travers de la gorge de…

-SHADOWIND !
-Un pas de plus, et il est mort. Malheureusement pour toi, ce n’est que le début…
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:33

Chapitre 15 : Le choc des armées


Partie 10 : Un sort divin


-Alors, Décalia… Vas-tu sacrifier ton ami l’Esprit-Vent comme tu as abandonné presque toutes tes troupes ?

La Prêtresse tenta de faire le vide dans son esprit afin de réfléchir quelque peu. Le commandement de Sainte Orthographe était clair. Il fallait tout sacrifier pour permettre le mort de l’Escroc-Diable…
Décalia baissa les yeux.
Elle avait déjà fait son choix.

-Faisons un échange. Sa vie… contre la mienne. Cela te convient-il ?
-DECALIA, NON !

Shadowind n’était pas le seul à avoir crié ces mots. De multiples silhouettes vinrent se ranger aux côtés de la Prêtresse.
Near. Son armure blanche de Templier ternie par la poussière, son visage serein mais décidé, sa cape à moitié déchiquetée et son éternel Holsety.
Ewok. Son Holsety, sa chevelure ébouriffée, son armure légère fissurée, ses yeux pétillants et sa nouvelle balafre à moitié cicatrisée.
Asca. Son Holsety encore et toujours, son air éternellement sérieux et sa cape miraculeusement intacte.
Kirua. Son calepin dans une main, sa lame dans l’autre, son armure ensanglantée et les yeux rivés sur ses notes.
Aetheria. Son éternel sourire, son Chukonu flambant neuf, son bouclier couvert d’impacts de flèches et son fidèle destrier.
Lilian. Son pégase à moitié momifié, son air nouvellement mélancolique, sa lance presque tranchée en deux, son regard absent… et son chaton noir sur les talons.

-Décalia, ne fais pas ça !
-Sans toi, nous allons perdre ! Nous allons TOUS perdre !

La Prêtresse pesta. Les leçons de Byen n’avaient visiblement eu aucun effet. Ses amis, en voulant lui venir en aide, se mettaient eux-mêmes en danger critique. Et, comme son professeur l’avait prévu, elle ne pouvait pas le supporter. La Voie Interdite… Elle pensa à Shadowind, à la merci de son adversaire, et à tous ceux qui l’avaient rejointe. Elle ne pouvait plus faire marche arrière. Son destin était scellé.

-Une Prêtresse de l’Orthographe ne revient jamais sur sa parole.
-Déca, s’écria Aetheria, tu vas arrêter ton cirque immédiatement !
-Parce que tu veux que Shadowind meure ? lui rétorqua-t-elle sans cesser de fixer Roy des yeux.

Elle avait déjà fait cette erreur une fois. Hors de question que cela recommence.
Le silence revint, et la sur-promue s’adressa à nouveau à Roy, qui souriait toujours. Devant lui, la figure du dragon était blanche comme neige.

-Alors ?
-D’accord, répondit l’Escroc-Diable avec un sourire sadique. Tu sais très bien que c’est toi que je veux. Le reste viendra plus tard.
-Décalia, souffla Shadowind, je t’en supplie, ne fais pas ça.

Elle plongea ses yeux dans les siens.

-Tu vaux mille fois mieux que moi.
-Mais… Tu…

Il ne savait plus que dire pour la convaincre. Lorsqu’il trouva enfin quelque chose à lui répondre, elle s’était déjà détournée de lui pour fixer Roy.

-Near, Ewok, Asca, Kirua, Ae et Lil, derrière moi. Ne faites plus un geste. Cette affaire ne vous concerne pas.

Le journaliste s’apprêtait à protester lorsque Near le retint.

-Très bien.
-Mais, Near, tu ne vas pas la laisser faire une chose pareille !
-Regarde-la, Kirua. Elle sait très bien ce qu’elle fait. A sa place, j’aurais agi exactement de la même manière.

Il dut admettre que le Premier Conseiller avait une fois de plus raison. Il recula donc, comme les autres, en ajoutant rapidement quelques notes sur son calepin. Enfin, Décalia s’avança lentement vers l’Escroc-Diable et s’arrêta à quelques pas de lui.

-Lâche-le, à présent.
-Avance encore.

Elle obtempéra sans discuter. Alors Roy poussa violemment Shadowind dans le dos. Il s’écrasa dans l’herbe, face contre terre, et se releva avec difficulté. Un mince filet de sang coulait de son cou, à l’endroit où la lame de l’Escroc-Diable avait entaillé sa peau.

-Prends ma vie, Roy. Je ne bougerai pas. Parole de Prêtresse.

Derrière elle, le silence était total.

-J’ai toujours rêvé de cet instant !
-Tue-la… Tue-la, Roy !


Roy bondit sans réfléchir, et sa lame étincela, rougie par les rayons flamboyants du soleil couchant. Instinctivement, Shadowind recula tandis que Décalia, soudainement très sereine, sortait un tome de magie blanche de sa cape. Sur la couverture, le symbole forgé dans l’or pur ne ressemblait à rien de connu, et il s’illuminait par moments comme si toute l’énergie qu’il contenait ne demandait qu’à se libérer.

-LUX ETERNALI ! s’écria Décalia. Par le pouvoir des Lumières Divines ! Je t’appelle à moi…

"Roy, recule ! RECULE !" hurla Lâar dans l’esprit de l’Escroc-Diable. En plus du ton doucereux habituel, une pointe de dureté était apparue. Ce n’était plus un conseil, mais un ordre. Pourtant, Roy n’en avait cure. Il abattit sa lame vers la Prêtresse.

-…LUX DRACO !!

L’incantation tonna dans l’air. Des rayons de lumière fulgurants sortirent de la main tendue de la sur-promue et convergèrent vers un point situé au-dessus de sa tête. Une sphère étincelante se forma, qu’un frémissement imperceptible parcourut avant de changer de forme. Des filins lumineux descendirent alors de ce point vers le sol en tournoyant. Surpris, Roy parvint de justesse à dévier son mouvement d’épée…
…qui ne fit qu’effleurer la coupole lumineuse apparue autour des deux sur-promus et de leurs amis.

"Cet écrin les protège", fit Lâar d’un ton qui ne disait rien qui vaille. "Tu as tout fait rater !"

-Mais que…

Shadowind considéra avec étonnement les filins de lumière qui formaient le dôme protecteur. Le tout ressemblait à un filet étincelant, dont certaines mailles luisaient plus que d’autres, déployé au-dessus d’eux.

-Qu’est-ce que c’est que ce sort ?
-Le Lux Draco… L’héritage des Prêtres Sacrés.

Near examinait en silence les minces volutes blanches, s’enhardissant même à les toucher. A sa grande surprise, elles lui parurent plus dures que la pierre et étonnamment chaudes.

-Non !!

De l’autre côté de la coupole, Roy pointait Décalia d’un doigt accusateur.

-Tu avais…
-Si tu avais lu le Saint Livre du Dictionnaire, le coupa-t-elle avec un large sourire, tu aurais su que le verbe "bouger" a de nombreux sens, dont faire un mouvement, ou changer de position. En un sens, je n’ai pas bougé. Tu as perdu, Roy.

Une onde de choc se répandit dans l’air et Roy fit place à Lâar.

-C’est faux. L’armée d’Erliban a écrasé la vôtre. Tes soldats ne se comptent plus que sur les doigts de la main. Et surtout, mes sincères condoléances pour Sa Majesté.
-QUOI ?!

Ils se regardèrent avec étonnement tandis que le dieu déchu, radieux, annonçait :

-Je retourne à Maj-Thor. Enfin, nous y retournons. Il nous reste quelques affaires à régler avant de préparer la Pierre d’Ohren. Enterrez vos morts, pleurez la ruine de vos armées… tant que vous le pouvez encore, car je prendrai vos vies, les unes après les autres.

A la seconde suivante, celui qui était deux êtres à la fois avait disparu.
Décalia fit disparaître la coupole de lumière d’un geste et se précipita vers Shadowind.

-Tout va bien, tu n’es pas blessé ?
-J’ai connu pire. J’ai eu plus de peur que de mal.
-Laisse-moi soigner cela.
-Décalia, intervint le Premier Conseiller, nous avons peut-être mieux à faire. Si ce qu’a dit Roy est vrai…

La Prêtresse eut un frisson de peur.

-Allons-y. Nous n’avons que trop perdu de temps.

Le groupe fila vers le champ de bataille. Kirua hésita à les suivre, luttant entre son désir de suivre ses amis et celui d’achever son article. Enfin, il jeta son calepin par-dessus son épaule et courut les rattraper.
Une pluie fine se mit à tomber, mêlant l’eau au sang et à l’encre des récits de combats, lavant les visages de ceux qui ne verraient plus jamais.
C’était terminé.

Sur une colline avoisinante, Odiséus contemplait les débris de l’armée avec un pincement au cœur. Le flanc droit n’avait pas résisté longtemps aux troupes arrière d’Erliban qui l’avaient encerclé. Privés de leur souverain, les Hokisekiens n’avaient eu d’autre choix que de battre en retraite. L’espion était arrivé trop tard pour les prévenir de la manœuvre.
Il avait échoué.
Il décrocha son insigne et l’observa longuement. Jusqu’à présent, il n’avait pas eu l’impression de le mériter. Il songea alors à ce que dirait le roi s’il abandonnait. Alors, à contrecoeur, il le fourra dans sa poche et partit, la mort dans l’âme, vers Arcanos.

FIN DU CHAPITRE 15
Fin du premier Arc : Les Sceaux de Pouvoir

A bientôt pour la suite de la fiction, mes amis…
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:34

Deuxième Arc : Le Voile d'Apocalypse
Chapitre 16 : La Chute


Partie 1 : Une patrie brisée


Near : En avant ! (espérons qu’il ne soit pas trop tard…)
Décalia : … Shadowind ?
Shadowind : Oui, Décalia ?
Décalia : Crois-tu que nous devions leur dire… Pour Lâar ?
Shadowind : Non, cela risquerait de les effrayer. Gardons cela pour nous…
Décalia : Tu as raison. ^^ Merci.
Shadowind : … (Arriverai-je un jour à lui dévoiler mes sentiments ? é_è)

_-_-_

-Pitié, rassure-moi.
-Arrête de me secouer, Hecto ! Je ne suis peut-être pas en sucre, mais ce n’est pas une raison !

La Prêtresse avait à peine rejoint le reste des troupes qu’HectoRammstein l’avait prise à part. Les yeux du Conseiller reflétaient une inquiétude sans nom. Son visage était blême, aussi blanc qu’une feuille de papier.

-Je t’en supplie, dis-moi que Roy est mort.
-Non, il court toujours… Quelque chose ne va pas ?

Ses mains tremblaient. A l’annonce de la nouvelle, il s’appuya sur son cheval pour ne pas tomber. Décalia remarqua alors la longue cicatrice qui courait le long de sa jambe, à l’endroit où une arme avait transpercé armure et tissu pour se ficher dans la chair. Ses bras étaient couverts de cloques, certainement dues à un puissant sort de feu, et il grimaçait à chacun de ses mouvements.

-Alors tout est perdu, souffla-t-il avec un grand désespoir dans la voix.
-Que s’est-il passé, exactement ?

Elle croisa à nouveau son regard plein de détresse. Lui qui semblait si calme et assuré d’ordinaire…

-Tout a empiré juste après ton départ. Ils sont parvenus à nous contourner malgré nos efforts. Setsuna aphone, toi sur la colline, nos troupes épuisées… Nous avons cédé. Les pertes ont été terribles. Sur les deux mille soldats mobilisés pour cette bataille, stratèges et dragons exclus, il n’en reste même pas une centaine. Ce sont principalement des GoR et des Gladiateurs. Nous avons usé tous les bâtons de soin qu’il nous restait pour tenter de soigner les survivants… Il n’y en a pas eu assez pour tous.

Elle frissonna.

-Et les stratèges ?
-La plupart s’en sont sortis avec plus ou moins de dégâts. Les plus chanceux s’en tirent comme moi, avec une douleur passagère, ou des blessures qui finiront par se refermer. Les autres, par contre… Ondorus s’en est tiré de justesse, car il a bénéficié des soins parmi les derniers. Mais Teddy…

Il baissa le regard, les yeux humides.

-Tu comprends, nous n’avons pas fait de distinction entre les rangs. De simples soldats sont passés avant des stratèges. L’amitié ne compte pas. Teddy est entre la vie et la mort. Même avec des bâtons de rechange, on ne pourrait plus rien faire pour lui. Je ne sais vraiment pas comment il peut être encore en vie. S’il s’en sort, ce sera un vrai miracle. Je ne l’ai jamais vraiment apprécié, mais je dois reconnaître qu’il avait de belles qualités. Ça… fait bizarre de penser qu’il va sûrement partir, comme ça. Après le départ de Lex… Cette fois, les Gladiateurs sont vraiment orphelins.

Il releva la tête et la fixa droit dans les yeux.

-Bien sûr, certains sont tombés. Briante, Akiestoy et Laura…
-LAURA EST MORTE ?!

Décalia eut le sentiment que le monde venait de s’écrouler. Laura avait étudié pendant presque deux ans en sa compagnie. Elles avaient rapidement tissé des liens inaltérables.
Et voilà que c’était terminé.
Comme ça.
Tout simplement.
Elle se fit violence afin de conserver son masque.

-Oui, répondit HectoRammstein, que cette nouvelle n’avait pas laissé de marbre non plus. Le Conseil va devoir nommer un nouveau membre. Penses-tu poser ta candidature ?

Elle grimaça.

-J’ai déjà un poste tout ce qu’il y a de moins amusant, merci bien.
-Je m’en doutais.

Il soupira et se retourna vers le reste du convoi qui progressait lentement. Ils rentraient à Eolia la mort dans l’âme. Comparée à l’armée vaillante qui avait quitté le siège des GoR, celle qui restait s’apparentait à un corps blessé, éclopé, brisé. La fière guerrière était tombée, et s’appuyait pitoyablement sur une béquille. Les visages étaient fermés, peinés, inondés de larmes de douleur mentale et physique. Les survivants avaient perdu tant de frères d’armes qu’ils se demandaient comment ils pouvaient encore être en vie, continuer à respirer, et la honte de n’avoir pas péri à leurs côtés en déchirait plus d’un. Ils avaient conscience qu’ils s’étaient peut-être battus inutilement, que leurs frères et amis étaient tombés pour rien. La douleur étouffait la révolte. Pour l’instant. Et tout cela se lisait dans leurs yeux.

-Je vais retrouver les miens… Ce qu’il reste des Dragons de Lumière.
-Tu as raison. Tiens bon.

Elle acquiesça.

-Je n’ai ni le droit ni l’intention de flancher pour cela.

Et elle enfourcha le pégase d’Ortimon avant de s’envoler au-dessus des maigres troupes. Elle ne mit pas longtemps à les retrouver.

-Azalia ! Gaétan ! Ortimon !

Les trois amis levèrent la tête dans un même mouvement.

-Décalia !!
-Mon pégase ! s’exclama Ortimon avec un large sourire.
-Ça fait plaisir de voir que votre petit frère vous aime, fit-elle, mi-vexée, mi-amusée.

Elle atterrit le plus rapidement qu’elle put, et il se jeta à son cou.

-Je t’aime, ma chère sœur.
-C’est bon, j’ai compris, je te laisse ton pégase !

Sa plaisanterie détendit quelque peu l’atmosphère, mais la Prêtresse finit par croiser le regard d’Azalia. Aussitôt, elle comprit que quelque chose n’allait pas.

-Azou, où est Tora ?

L’ensorceleuse ne répondit pas. Gaétan intervint à sa place.

-Ma Dame, nous sommes les trois derniers soldats d’Auréole.

Les yeux de Décalia s’agrandirent de surprise puis d’horreur lorsqu’elle comprit ce que cela impliquait.

-Les moines… Les chevaliers pégases… Les mercenaires de Phenis… Le commandant Qarneb ?... Tora ?!

Azalia fondit en larmes, Ortimon baissa les yeux, Gaétan acquiesça lentement.
Décalia se sentit mal. La tête lui tournait, le paysage devint flou, ses forces l’abandonnèrent…
Et elle s’évanouit.

_-_-_

Chariots-hôpitaux.

Kirua : Akiro, réveille-toi, je t’en prie… é_è
Homasa : *resserre son bandage au bras* Ne t’en fais pas, il a déjà fait ça si souvent…
Kirua : Que lui est-il arrivé ?
Homasa : C’est un peu compliqué… =S

FLASHBACK

Akiro : Tiens, prends ça, sale Erlibanais ! è_é
Teddy : Ouah, je rêve ! Oo Akiro a réussi un sort ! Là, c’est sûr, on va gagner.
Homasa : Pourquoi dis-tu ça ?
Teddy : Un miracle en attire d’autres ! =D
Homasa : XD
Akiro : Et voilà, il est mort ! =)
Homasa : Oo
Teddy : Oo
Akiro : Hé bien, que vous arrive-t-il ? Vous avez vu Lilian ou quoi ? =)
Teddy : Akiro, je rêve ou tu es guéri ?
Akiro : Parce que j’étais malade ? ê_è
Homasa : C’est un miracle ! =D Tu l’avais dit, Teddy ! =D *fait une ronde avec Teddy*
Akiro : u_u’ Mais qu’est-ce que vous avez au juste ?
Teddy et Homasa : *dansent et chantent en chœur* Akiry est guéri de sa peur de la mort !!
Akiro : Oo AAAAAARGH ! *s’évanouit*
Homasa : Oo
Teddy : Il peut la donner, il peut la dire, mais il ne peut pas l’entendre… XD XD XD

FIN DU FLASHBACK

Homasa : … Disons qu’il était inconscient et qu’il s’est fait marcher dessus par pas mal de monde.
Kirua : é_è Si ce n’était pas aussi grave, je crois que j’en rirais… Tu crois qu’il va s’en sortir ?
Akiro : *ouvre faiblement les yeux* Qu’est-ce… qu’il s’est… passé ? -_-
Kirua : Akiry ! =’) Tu n’es pas…
Homasa : Non, Kirua ! é_è
Kirua : …mort ! =)
Akiro : Oo AAAAAARGH ! *s’évanouit*
Kirua : Oups x_x

Chambre voisine.

Near : Votre Majesté, je suis désolé. J’aurais dû rester à vos côtés.
Arcanos : *les yeux faiblement ouverts, la poitrine couverte de bandages* Tu n’aurais rien pu faire, Near. C’est le jeune Ortimon qui m’a sauvé la vie. S’il n’avait pas été là…
Near : Votre Majesté, je… =’S
Odiséus : *entre en courant* Arca ! é_è
Arcanos : Odi ! =D Tu es là…
Near : Je vais vous laisser. ^^ *sort*
Arcanos : Cela fait deux mois que je ne t’ai pas vu… Tout va bien ?
Odiséus : Laissons mes aventures au Palais de Maj-Thor de côté pour l’instant. Je suis venu dès que j’ai su où tu te trouvais. A l’heure qu’il est, je ne suis pas un espion mais un homme qui a eu la peur de sa vie lorsqu’il a su que son meilleur ami était en danger.
Arcanos : Merci, Odi… n_n

Chambre voisine.

Asca : Liavyne… é_è
Hrîvyr : Sire Asca, ne vous en faites pas pour notre sœur ! Elle est solide, comme tous les dragons. Elle se remettra vite.
Shadowind : Vous devez certainement vous occuper de choses plus importantes. Je comprends que vous vous inquiétiez pour elle, car elle fait partie de vos unités, mais sachez qu’elle honorera son serment jusqu’au bout.
Asca : Mais je… (…je tiens beaucoup à Liavyne, sa présence me comble de joie, elle est la lumière de ma vie, elle a fait de moi un autre homme, et je ne peux plus vivre sans elle…)
Shadowind : Soyez sans crainte, nous veillons sur elle.
Asca : (é_è Si je pars, je ne saurai pas si elle va bien, mais si je reste, ça revient à avouer que je…) Soit. Tenez-moi au courant. *s’en va*
Hrîvyr : *se tourne vers sa sœur* Tu vois, Liavyne. Lui aussi.
Liavyne : *ouvre les yeux* Merci d’avoir joué la comédie, mes frères. Ma blessure est superficielle, mais il fallait que je sache. Hrîvyr, accepteras-tu ?
Hrîvyr : …
Liavyne : Réponds-moi, espèce de lézard emplumé ! è_é
Shadowind : C’est toi le chef de famille. Le choix t’appartient.
Hrîvyr : … J’ai lu dans son esprit par ma vertu d’aîné, mais il est trop tôt pour faire un choix. Qu’il vienne, et alors mon choix sera fait. *sort*
Shadowind : N’aie crainte. Quand il répond cela, c’est oui. n_n Mais es-tu certaine de ce que tu fais ? Tu choisis une vie de douleur. En es-tu consciente ?
Liavyne : Bien entendu. C’est ma décision, et je l’assume. Merci, mon frère adoré.

_-_-_

Chariot des utilisateurs de bâtons.

Prêtre : J’adore m’occuper de cette Liavyne. Elle n’est vraiment pas difficile, et en plus elle est canon ! *o*
Clerc : u_u’
Prêtre : Que t’arrive-t-il ? Ton patient te cause des problèmes ?
Clerc : Je me charge du Conseiller Ondorus…
Prêtre : *ne voit pas où est le problème* Ah ? =) Et alors ? C’est gratifiant de s’occuper d’un…
Clerc : Je ne sais pas comment il a fait, mais il a réussi à me casser deux lits, trois tables et six tabourets. x_x Il a vidé tous les oreillers de leurs plumes, déchiré sept couvertures et a anéanti ma réserve de potions…
Prêtre : Oo Mais… Il est réveillé ? Avec l’étendue de ses blessures ?
Clerc : Non, toujours inconscient…
Prêtre : ‘X_X

_-_-_

Chariot de Kilkoopa.

Ewok : (J’espère qu’il n’est pas en consultation, sinon je devrai attendre demain…) * toque* Kilkoopa ?
Kilkoopa : Entrez… *aperçoit Ewok* Ah, Ewok ! n_n Que me vaut l’honneur de cette visite ? *met ses gants transparents*
Ewok : C’est à propos de ça… *montre la balafre toute neuve qui va du milieu de son front à son oreille droite*
Kilkoopa : Ho ho ho. *s’approche* Tu permets ?
Ewok : *s’assied* Je suis là pour ça. ^^
Kilkoopa : *observe la cicatrice* Hmmm. Coup d’épée… Plaie mal soignée, début d’infection…
Ewok : Tu pourrais me l’enlever ? =)
Kilkoopa : Je suis optimiste.
Ewok : =D
Kilkoopa : Tu périras par gangrène dans trois jours. Dans le meilleur des cas.
Ewok : Oo *s’évanouit*
Kilkoopa : Hé, ne meurs pas tout de suite ! La consultation n’est pas gratuite ! è_é
Ewok : X_X

_-_-_

Eolia, couloir des stratèges.

Lilian : … *s’essuie les yeux avec un mouchoir*
Félix : *ronronne* ^o^
Lilian : Tu vois, Félix… Je n’aurais jamais cru que Qarneb puisse mourir. Tout est de ma faute…
Félix : Miaou ! ^o^ *se frotte contre les jambes de Lilian*
Lilian : è_é Et toi, pendant ce temps-là, tu ronronnes ! Tu pourrais pas un peu respecter ma peine ?
Félix : Miaou ! ^o^ *ronronne*
Lilian : x_x Sale chat…
Félix : Oo Hé là, je veux bien faire des câlins, des miaou-miaou et tout le tralala, mais me laisser insulter, jamais !
Lilian : ‘<_< Tiens, même ça, ça ne m’étonne pas…
Félix : Je me plaindrai à mon syndicat !
Lilian : Alors Nessiah m’a vendu un chat parlant ?...
Félix : Non, une panthère parlante. Ce n’est pas pareil.
Lilian : Ah ben tiens, on ne me l’avait pas encore faire celle-là. Bon, tu es une panthère parlante, Félix ?
Félix : Ouaip ma p’tite dame ! ^o^ Je suis la meilleure panthère parlante de tout le magasin ! (En même temps je suis la seule panthère parlante du magasin… u_u)
Lilian : Je te préférais encore en chat. u_u
Félix : Miaaaaaaaaaaa-ou ! ^o^
Lilian : Bon, c’est quoi la suite des festivités ? ><
Moine : Heu… Votre Luminosité de mes Jours et de mes Nuits ? é_è
Lilian : Oui, quoi ? è_é (Qu’est-ce qu’il me veut encore ce guignol ?)
Moine : Ben, heu… Vous n’auriez pas une pièce à repeindre, par hasard ?
Lilian : Non.
Moine : Du carrelage à nettoyer ?
Lilian : Non.
Moine : L’envie d’emprisonner quelqu’un ?
Lilian : Non.
Moine : é_è De le torturer, alors ?
Lilian : Même pas.
Moine : De le donner à manger à Félix ?
Lilian : Non.
Moine : Vous êtes sûre que tout va bien ? Oo’
Lilian : Non.
Moine : On peut faire quelque chose pour vous ?
Lilian : Non.
Moine : Même pas repeindre votre chambre en vert kaki ? x_x
Félix : *souffle à l’oreille de Lilian* En rose saumon… =D
Lilian : Non. u_u
Moine : … Oo Hum… Voulez-vous que je reste avec vous ?
Lilian : Non.
Moine : Soit ! é_è *s’en va en courant*
Félix : Mais c’est beau le rose saumon !! è_é
Lilian : … ‘>_>
Setsuna : *chante* C’est une stratè-ège, qui fait non-non-no-on-on-non ! Toute la journé-é-ée, elle fait non-non-no-on-on… WAÏE !! X_X
Félix : *revient se poster près de Lilian, un bout du pantalon de Setsuna dans la gueule* ^_^
Setsuna : Oo Même les chats sont allergiques à ma musique ? x_x
Félix : Ouaip ! =)
Lilian : Félix !
Félix : Oups, pardon… ‘n_n Miaaaaaaaaaaa-ou ! ^o^
Setsuna : x_x *s’enfuit*

Dans la chambre d’Ondorus.

Clerc : *pousse la porte* Voici. Et excusez-nous pour l’absence de tabourets. =S Si vous le souhaitez, je peux aller vous chercher une chaise dans une pièce voisine.
Alya : *entre* Ce n’est pas la peine. Je ne compte pas rester longtemps.
Clerc : …
Alya : …
Clerc : …
Alya : … (Mais quand va-t-il me laisser seule, ce boulet ? x_x)
Clerc : …
Alya : … Finalement, je crois que je vais rester un peu. Pourriez-vous me l’apporter, cette fameuse chaise ?
Clerc : Bien entendu. *sort*
Alya : (Ah, enfin !!) *se précipite vers Ondorus* Oh, espèce de grand abruti, qu'est-ce qui t'a pris de t'éloigner… =’S *embrasse longuement Ondorus* Je t’aime… Je t’aime je t’aime je…
Clerc : *dans le couloir, revient avec sa chaise*
Alya : …dois filer. é_è À très vite… *s’en va*
Clerc : *entre, une chaise dans les bras* Voici votre… Mademoiselle ? Oo Mademoiselle ?!
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Décalia
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:35

Chapitre 16 : La Chute


Partie 2 : Le premier éveil


-Shannan, raffermis ta garde ! Tu es trop mou !
-Oui, maître.

Le bretteur corrigea aussitôt sa posture, ce qui tira un sourire à Homasa. Malgré les blessures qu’ils avaient tous deux reçues au combat, ils étaient toujours aussi efficaces. Le stratège avait même l’impression, depuis sa traversée du Rinhan, que sa puissance avait grandement augmenté… Il chassa aussitôt cette pensée. Cela ne devait être qu’une impression, rien de plus.
Les armes en bois s’entrechoquèrent si fort que celle de Shannan se brisa en deux, du bout de la lame jusqu’à la garde. Le genre d’accidents qui se multipliaient depuis leur retour à Eolia.

-Ça suffit pour aujourd’hui, fit le maître en constatant les dégâts. Je te laisse une journée de repos. Ensuite, nous reprendrons l’entraînement.
-A vos ordres, maître. Merci.

Le bretteur s’en alla, les yeux rivés sur son arme hors d’état. Homasa sourit. Il ferait un très bon élément sur le terrain, dans les prochains affrontements.
Soudain, il sentit sa tête lui tourner.

Où suis-je ? Que s’est-il passé ? Quel est cet endroit ? Mes frères, vous m’entendez ?

Homasa se figea. Il scruta les alentours, mais ne vit personne.

-Qui me parle ? demanda-t-il à tout hasard.

Il entendit distinctement la voix lui répondre :

Mon nom est Eriël. Je suis le Souffle d'Acier, le fils de Sarya.

À la mention de ces noms, le bretteur comprit subitement d’où venait la voix. En réalité, elle semblait lui provenir de lui-même, comme si c’était ses propres pensées.

Et toi, qui es-tu ?
-Je m’appelle Homasa, répondit-il d’une voix hésitante. Je… Je suis votre descendant.
Mon descendant ? répéta la voix d’un ton à la fois surpris et inquiet.
-Comment pouvez-vous être encore en vie ?
J’étais mort il y a peu de temps encore, mon garçon.
-Mais où êtes-vous ?
À ton avis ? Dans ta tête, bien entendu. Où veux-tu que je sois d’autre ?

Cette fois, Homasa crut devenir fou.

-Mais c’est impossible !
Moi aussi, je le croyais, et pourtant, c’est la vérité. Tu me ressembles beaucoup. Mon portrait craché lorsque j’avais ton âge ! C’est surprenant…

Des images, comme des souvenirs, lui revinrent à l’esprit. Il avait le sentiment de revoir des scènes qu’il avait déjà vécues… sauf que ce n’étaient pas ses souvenirs, mais ceux de son ancêtre.

-Vous… Nous sommes un seul, n’est-ce pas ?
Exact. Nous sommes la même personne, je crois. La même…

Alors, ses maux de crâne s’intensifièrent, et tout devint noir.

_-_-_

Lorsqu’il rouvrit les yeux, une heure plus tard, il se trouvait dans l’une des chambres d’hôpital d’Eolia. À ses côtés, dans un lit immaculé, Akiro dormait paisiblement, et, à son chevet, Kirua lui souriait.

-Tu es réveillé ?
-Bien sûr, dit-il d’une voix pâteuse.

Il avait cessé d’entendre la voix d'Eriël, mais les souvenirs demeuraient. Il les avait faits siens. Il avait le sentiment que le descendant et l’ancêtre avaient… fusionné. Il tenta de se vider l’esprit, puis se résigna.

-Tu nous as fait peur, Homy. Pendant un instant, nous avons pensé que tu étais mort…

Un cri pitoyable se fit entendre tandis qu’Akiro, qui venait de se réveiller à son tour, s’évanouissait dans une posture théâtrale.

-Enfin, Kilkoopa le pensait, poursuivit Kirua sans prêter attention au Druide Noir. Et… Tu as parlé pendant que tu étais inconscient.
-Ah ? Et qu’est-ce que j’ai dit ?
-Tu appelais des gens que je ne connais pas. Tu n’arrêtais pas de répéter : « Aldalen, Altharion, Théléos… Aldalen, Altharion, Théléos… »

Homasa se redressa aussitôt. De nouvelles images avaient pris place dans son esprit. Aldalen, le Comte de la Mort, son grand frère. Altharion, le Messager des Âmes… Et Théléos, le Charmeur de Brises. Il revit leurs visages comme s’ils lui étaient familiers. Non, ils lui étaient familiers. Et deux d'entre eux lui rappelaient l’un de ses compagnons de voyage. La ressemblance était bien trop évidente. Qu’avait dit le Souffle d'Acier à ce sujet ? Le descendant ressemblait trait pour trait à son ancêtre !
Et si eux aussi étaient sortis du Royaume des Morts pour renaître en leurs descendants ? "Alors Aldalen… Altharion et Théléos seraient vivants ?" se dirent Homasa et Eriël en chœur. « Mais alors, cela signifierait que Théléos serait… »
Il voulut bondir de son lit, mais Kirua le retint.

-Tu ne dois pas bouger d’ici, tu as besoin de repos. Pas avant demain. Kilkoopa est persuadé que tu vas mourir dans les prochaines heures.

La réplique parvint à lui tirer un sourire.

-Soit. Mais Kirua, il faut que…
-On ne conteste pas les décisions du médecin, même si elles sont sans queue ni tête, le coupa le journaliste en se levant. Je vais te laisser te reposer. Je repasserai vite.

Il joignit le geste à la parole et s’en alla à pas de loup pour ne pas réveiller Akiro, toujours étendu sur son lit dans sa posture ridicule. Une explosion n’aurait pas suffi à le réveiller dans ces conditions.
Homasa se laissa tomber dans ses draps. Des visages et des souvenirs, des noms et des titres se mélangeaient dans son esprit. Il ne parvenait plus à dissocier ses souvenirs de ceux de son ancêtre. Alors, en désespoir de cause, il fixa le plafond et récapitula à voix haute en attendant que le sommeil ne l’emporte :

-Donc, Altharion serait…
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 17:36

Chapitre 16 : La Chute


Partie 3 : Un cœur déchiré


Décalia regardait le paysage coloré qui s’étendait sous sa fenêtre. L’automne reprenait sa loi au-delà de la vitre. Une pluie fine était tombée dans la soirée sur les feuilles qui tiraient à présent vers le rouge orangé, conférant à la scène un aspect féérique et lumineux. La forêt flamboyait, et le tout respirait la beauté. La Prêtresse se prit à envier les oiseaux, au-dehors. Eux n’avaient pas à exterminer leurs semblables pour survivre…
Mais parallèlement, une ébauche de réflexion lui traversa l’esprit. L’hiver allait venir, comme si la nature sentait qu’une hécatombe approchait lentement. La plupart des animaux fuiraient vers un ailleurs plus doux, d’autres se prépareraient à affronter les rigueurs de la saison. Et un certain nombre d’entre eux périraient. Cet hiver-là, qui serait peut-être le dernier que vivrait le monde, s’annonçait glacial et très dur. Pour les animaux comme pour les Hommes… Les guerres étaient-elles un phénomène périodique, comme les saisons ? L’Homme avait-il besoin de ces carnages pour que les beaux jours puissent revenir ?
Elle en ignorait la réponse, mais l’ensemble lui donnait matière à réflexion. Pourquoi alors empêcher l’utilisation de la Pierre d’Ohren ? Si toutes ces morts et ces destructions étaient nécessaires pour que la paix revienne, alors pourquoi s’obstiner ? Pourquoi poursuivre la lutte ? Elle défendait peut-être un objectif qui aurait des conséquences désastreuses à long terme, et cet objectif, ils le suivaient tous.
« Le doute est le début de la fin », disait Byen. Décalia pensait qu’il ne savait pas de quoi il parlait. Le doute pouvait parfois aider à prendre la bonne décision. Mais dans ce cas-ci, en effet, elle se trouvait dans une véritable impasse. Si cette intuition s’avérait juste, alors leur lutte n’aurait plus de sens. Elle ne serait que l’occasion d’augmenter encore et encore le nombre de victimes de cet hiver intérieur. Mais si elle était fausse ? Ne resterait-il pas un espoir de sauver des vies qui auraient été inutilement sacrifiées ? Ne pouvaient-ils pas intervenir pour ramener l’"été" par eux-mêmes ?
Une main d’albâtre se posa sur son épaule.

-Décalia, dit une voix divine, nous avons à parler.

Elle sursauta et se retourna dans un mouvement rapide qui fit voltiger l’écharpe qu’elle portait depuis que la fraîcheur de l’automne s’annonçait.

-Mère ! Mais… Je ne vous ai pas entendue venir ! Veuillez me pardonner pour mon impertinence.
-Allons, oublions ceci. Cela n’a aucune importance.

Le ton de la voix de la déesse était différent. Moins serein, plus cassant. Son visage, ordinairement lisse et sans âge, reflétait la colère –une émotion sur un visage de divinité étant aussi exceptionnelle qu’un sort réussi d’Akiro. Décidément, se dit la sur-promue, les miracles se multipliaient, mais pas au bon sens du terme.

-Je dois te parler de sujets graves.
-Très bien. Je vous écoute. De quoi souhaitez-vous m’entretenir ?
-Tu suis la Voie de l’Amour !!

Elle avait presque craché ses mots, les chargeant d’une violence indescriptible. Tant de férocité frappa Décalia. La faute devait être particulièrement grave pour que la divinité se montre si expansive. Elle se mordit la lèvre.

-Je savais que, tôt ou tard, vous seriez au courant.
-Tu as osé t’écarter du chemin que j’ai tracé pour tous les Prêtres de l’Orthographe depuis Byen ! C’est impardonnable !
-Il y a tant de choses que vous ignorez.

La Prêtresse avait prononcé ces mots calmement, portée par les réflexions que ses observations lui avaient inspirées, mais ils produisirent une véritable tempête. Sainte Orthographe s’immobilisa. Jamais aucun mortel ne lui avait parlé sur ce ton. Néanmoins, répliquer de manière violente aurait été contraire à son rang et à son titre, elle se força donc à rester coite pendant que Décalia poursuivait.

-Vous parlez toujours de Trois Voies. Comme si le monde n’était parcouru que par trois chemins ! Je sais désormais qu’il en existe une infinité. Chaque personne possède sa propre Voie, composée de multitudes de caractéristiques propres à chacun au point qu’il est impossible d’en résumer l’ensemble en quelques mots. Vous n’avez certainement pas aidé à forger l’esprit des Hommes, au vu de vos compétences à ce sujet. Vous ne voulez pas voir toute sa richesse et sa complexité. Mais je m’égare…

Elle quitta le rebord de la fenêtre et se posta en face de la déesse, la fixant droit dans les yeux.

--Vous n’aviez pas tout à fait tort lorsque vous disiez –pardon, lorsque vous demandiez à Byen de nous dire- que l’on peut plus ou moins les apparenter à trois modèles. Mais chaque Voie est particulière ! Elles ne sont pas exactement similaires à l’une ou l’autre de vos fameuses Trois Voies, elles sont un mélange savant de ces trois catégories. Personne, du moins aucun être humain normalement constitué, ne peut toujours suivre le Pouvoir, l’Oubli ou l’Amour. Les gens changent ! Les Voies ne sont pas droites, elles prennent sans cesse des virages. Les évènements que nous vivons influencent nos routes respectives. Et tout cela, vous n’avez jamais pu le comprendre !

Elle s’approcha encore.

-Mère, répondez-moi sincèrement, pour une fois. Quelle Voie suivez-vous ?

Outrée, celle-ci asséna son plus efficace regard de reproche à sa fille. Voyant que celui-ci n’avait, pour une fois, aucun effet, elle consentit à répondre :

-Les Voies divines n’ont rien à voir avec les Voies Mortelles. Elles sont bien plus complexes. Même les meilleurs des dieux ne sont jamais parvenus à les percer.

En entendant ces mots, la Prêtresse s’écria :

-C’est faux ! Ortimon et moi, nous ne sommes pas différents des autres, même si je vis depuis plus d’un an ici, loin du nuage où vous nous aviez confinés. Nous sommes les mêmes ! Nous ressentons exactement les mêmes émotions : la joie, la peine, la peur, et toutes ces choses qui font la richesse de ce monde. Répondez-moi franchement.
-Je n’ai pas à te répondre !
-Dites plutôt que vous ne le voulez pas, cela vous amènerait à vous contredire ! Laissez-moi procéder à l’analyse à votre place, puisque vous ne souhaitez pas vous y plier. Il est temps, chère Maman, d’inverser les rôles. Commençons, même si cela vous gêne, je n’en ai plus rien à faire.

« Elle grandit », se dit la déesse à contrecœur. « Je n’arriverai plus à la contrôler aussi bien à l’avenir. J’aurais dû l’amener dans ce monde plus tôt, avant cette crise caractéristique de cet âge que les humains appellent bien justement l’âge bête. »

-Vous suivez le Pouvoir, poursuivit Décalia d’une voix imperturbable en imitant à la perfection le ton de Byen lors de ses cours. Vous voulez être la plus grande des déesses depuis le début. Votre orgueil est démesuré. Vous voulez toujours être la plus belle, la plus intelligente, la plus influente, et surtout, vous êtes persuadée que vous avez toujours raison. Permettez-moi de vous affirmer que ceci est faux. Mais passons à la suite. Dans une moindre mesure, vous suivez l’Oubli. Vous devez certainement être rongée par la culpabilité, après toutes les erreurs que vous avez faites, sauf si votre orgueil est vraiment à son niveau maximal. Durant toutes ces années passées du haut de votre petit nuage à regarder les mortels comme un enfant regarde les fourmis aller et venir, vous avez bien dû en voir les conséquences. Comme votre ego est plus important que le reste, bien entendu, vous avez dû vous concentrer pour observer les conséquences de vos décisions qui étaient toujours les plus justes à prendre, évidemment. Mais avez-vous remarqué les horreurs qui se sont produites dernièrement ? J’en suis certaine. Vous n’aimez pas que l’on vous les rappelle ; je la sais bien, car vous pâlissez. Vous devriez consulter Kilkoopa, Maman

La déesse devait faire de plus en plus d’efforts pour se contenir pendant que Décalia continuait de plus en plus vite :

-Enfin, vous suivez l’Amour. Oui, ne me regardez pas avec ces yeux réprobateurs, je sais de quoi je parle. Vous aimez Ryû, et vous aimez Ortimon. Allez-vous oser me contredire ? Vous aimez, et vous faites tout pour protéger ceux qui, de votre point de vue merveilleusement égocentrique, méritent votre affection. Je ne sais pas si vous m’aimez, moi, mais cela n’a aucune importance dans ce raisonnement, la preuve est déjà faite que…
-Je t’aime, coupa la déesse pour changer de sujet.

Son ton était léger, comme si elle avait parlé du temps qu’il faisait. Un grand silence suivit ces mots.

-Certainement pas.

Décalia recueilla dans la paume de sa main une larme qui venait de faire le parcours inévitable entre son œil et son menton, puis la montra à Sainte Orthographe.

-Avez-vous jamais versé une larme ?
-Les dieux ne pleurent pas.
-Dans ce cas, je ne suis pas votre fille.

La déesse soupira. Byen avait raison : il était plus que temps de lui révéler la vérité.

-C’est vrai, tu n’es pas ma fille.

Elle avait prononcé ces mots d’un ton parfaitement égal.
Le cœur de Décalia manqua un battement. Les mots moururent dans sa gorge. Elle voulut détourner la tête pour que Sainte Orthographe ne la voie pas pleurer, mais celle-ci la força à la regarder en face.

-C’était pendant la Guerre du Langage. Je devais absolument descendre en territoire ennemi. Je suis arrivée dans un temple immense. Les murs portaient des marques de flammes, comme si mille sorts les avaient frappés de plein fouet. Le sol était détruit par endroits, les blocs de marbre brisés ou même descellés. J’étais entourée de cadavres encore chauds, tellement abîmés que personne n’aurait pu les reconnaître. Au milieu d’eux, j’ai aperçu une femme, ou plutôt ce qu’il en restait. Elle avait les cheveux du même rouge que toi. Oui, exactement la même couleur.

Décalia ouvrit de grands yeux étonnés.

-Elle était morte. Son visage dévasté me le disait. Pourtant, mes sens me disaient que la vie était toujours présente. Dans les bras de la femme, il y avait quelque chose, emballé dans une couverture en lambeaux. Cette chose, c’était une petite fille qui devait avoir quelques jours à peine. Toi.

Elle ferma un instant les yeux comme pour raviver ses souvenirs. Un réflexe que les divinités n’avaient pas. Les maîtres des plans célestes n’oubliaient jamais rien.

-Je ne pouvais pas te laisser mourir. Tu étais affamée et innocente. Et tu avais deux qualités que je cherchais : une longévité hors du commun, et un potentiel incroyable de lumière interne. Alors je t’ai élevée en te faisant croire que je ralentissais le temps pour toi.
-Mais alors… Les élèves qui étudiaient en ma compagnie…
-Le temps passe de la même manière pour tous. Ils ont vécu leur vie, et ils sont morts. Tous sont devenus des personnes valeureuses.
-Gyalith ? Sinol ? Hàlï ? Fael ?
-Morts. Je viens de te le dire.

Brisée par cette nouvelle, elle tenta désespérément de trouver des arguments pour contrer les propos de la déesse en se disant que le changement devait aussi avoir agi sur l’humour de sa mère adoptive.

-Mais comment aurais-je pu vivre mille ans ? Personne ne peut…

Elle se rectifia aussitôt. Si, quelqu’un pouvait vivre plus de mille ans. S’il était un dragon. Elle gémit doucement.
La déesse lui tendit un paquet emballé dans du tissu.

-J’aurais dû te donner ça depuis trop longtemps.

D’une main incertaine, elle s’en saisit et commença à l’ouvrir. Sainte Orthographe approuva, puis disparut dans une gerbe d’étincelles.
Le cri de la Prêtresse se répercuta dans tout Eolia.
Aux cieux, la déesse se passa les mains sur les yeux qui la piquaient étrangement, et les retira couvertes d’eau salée. Elle s’interrogea quelques secondes avant de comprendre qu’elle était en train de… pleurer.
Pour la première fois de sa vie éternelle.

_-_-_

"Les dieux sont des mortels qui ont oublié qu’ils l’ont été."
Un philosophe de l’époque de la Guerre du Langage.

FIN DU CHAPITRE 16

Les blessés se remettront-ils tous ?
Teddy survivra-t-il ?
Quelles sont les nouvelles apportées par Odiséus ?
Que prépare Liavyne ?

Liavyne : =D

Qui sont les autres Cavaliers de l’Apocalypse ?

Théléos : =D
Altharion : =D
Aldalen : =D

(Mais ma parole, on se moque de moi ici ! x_x)
Pourquoi Décalia a-t-elle crié aussi fort ?
ET SURTOUT… Hokiseki sortira-t-il de la crise ?

Arcanos : La crise, la crise… C’est vite dit… ><

Ne manquez pas le prochain chapitre : Le Coeur des sur-promus ! =)
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 12 Déc - 19:46

Chapitre 17 : Le Coeur des sur-promus


Partie 1 : L'Etincelle et le dragon


Aetheria entrouvrit la porte et jeta un dernier regard sur sa meilleure amie. Au creux de ses draps, Décalia dormait paisiblement. Pourtant, elle ne dormirait que quelques heures avant de fondre à nouveau en larmes. Comme toujours depuis qu'elle l'avait laissée seule deux jours plus tôt. La mercenaire soupira. Son état ne cessait d'empirer, mais elle ignorait la cause de son malheur. Quoi qu'il en fût, cela devait être d'une gravité élevée pour la mettre dans des états pareils, elle qui se refusait à montrer ses sentiments... Elle ferma doucement la porte pour ne pas faire de bruit. Derrière elle, un petit groupe l'attendait, impatient de connaître les nouvelles.

-Alors ? demanda Shadowind en se levant brusquement du tabouret où il s'était installé. Comment va-t-elle ?

Le sur-promu de Khary faisait peine à voir. Des cernes violacés s'étalaient sous ses yeux d'une couleur étonnamment jaunes, comme s'il n'avait pas fermé l'oeil depuis des lustres. Il avait rongé méthodiquement ses ongles, et ses bras dénudés portaient des marques de griffures qu'il s'était infligées lui-même. Son visage était d'une pâleur effrayante, et il avait considérablement maigri en peu de temps. Si l'on touchait sa peau, on pouvait sentir les os pointer en dessous; les fines veines se détachant sur ses mains plus blanches que le lait lui donnant une apparence squelettique. Derrière lui, ses compagnons, Near, Azalia, Kirua, Setsuna et Lilian, semblaient plus en forme mais tout aussi inquiets.

-Mieux, leur souffla-t-elle doucement pour ne pas réveiller la Prêtresse.

Elle savait bien qu'elle mentait. Son amie pleurait sans cesse, et en silence, comme si les mots refusaient de franchir ses lèvres. La mort des armées ne suffisait pas à expliquer son état, pas plus que celles de Qarneb, Tora, Akiestoy et Laura, même si elle avait été très proche de cette dernière. Il y avait certainement bien plus grave. Elle avait insisté, tempêté, menacé, rassuré, mais Décalia restait obstinément silencieuse, les yeux dans le vide, amorphe. Mais leurs amis devaient être rassurés, à n'importe quel prix. Même s'il lui fallait leur mentir.

-Je veux la voir ! s'écria Lilian.
-Hors de question. Tu sais très bien qu'elle ne veut voir personne à part moi. A mon avis, elle vous attend avec un grimoire à la main !

"Si seulement cela pouvait être vrai..." se dit-elle avec un soupir mental.

-Je pourrais lui chanter un petit air, peut-être que...
-Non, Setsuna !!
-Bon, ça va, j'ai compris ! Je me tais !
-Allez-vous cesser de hurler ? coupa Near. Kilkoopa a précisé qu'elle avait besoin de calme et de silence ! Aetheria, sais-tu ce qu'il se passe exactement ? Pourquoi refuse-t-elle de nous voir ? Le Conseil l'attend... Et nous sommes tous très inquiets.
-Nous sommes ses amis, tout de même ! lança Lilian.
-Elle est sur-promue, et donc importante pour la survie de nous tous, poursuivit Kirua. Nos lecteurs ont le droit d'être informés de son état.
-Elle est la seule amie qu'il me reste ! renchérit Azalia.
-Elle est la première à m'avoir offert un concert aussi gigantesque ! compléta Setsuna.
-Je ne m'en irai pas tant que je ne l'aurai pas vue, termina Shadowind.

Face à leur ténacité, Aetheria ne bougea pas d'un pouce. Son seul geste fut de resserrer sa prise sur la garde de son épée. Ils ne devaient pas découvrir la vérité, pas avant qu'elle ait recouvré ses esprits... Si elle les recouvrait un jour.

-Croyez-moi, il vaut mieux que vous ne lui parliez pas. Vous la connaissez : dans ce genre de situations, elle serait capable de vous dire des choses qu'elle regretterait ensuite. Et puis, vous avez tous beaucoup à faire. Near, le Conseil doit nommer un nouveau membre. Lilian, tu dois donner à manger à ton chat, c'est moi qui l'ai fait ce matin et je n'ai pas envie de recommencer. Kirua, tu dois avoir des articles très importants à retoucher en ce qui concerne la bataille. Azalia, tu dois absolument aller t'entraîner pour que le Maire soit fière de toi, et toi Shadowind, tu dois aller déjeuner ! Tu es plus maigre qu'une corde d'arc ! Crois-tu qu'elle serait ravie de te voir dans cet état ? Tu veux l'inquiéter à ton tour ?

Elle l'examina des pieds à la tête.

-Et puis, vas te reposer un peu dans un bon lit. Cela fait deux jours que tu ne bouges plus de ce tabouret. Il serait temps que tu penses un peu à toi et que tu cesses de ruiner ta santé sous prétexte de veiller sur elle.

La plupart acquiescèrent, Lilian marmonna des paroles assassines et Shadowind se palpa furtivement les côtes avant de se rasseoir sur son tabouret, un air décidé sur le visage. Devant sa mine fatiguée mais déterminée, la mercenaire poursuivit en le regardant droit dans les yeux :

-Vous feriez mieux de vous en aller, tous. Elle ne sortira que demain au plus tôt.
-Dans ce cas, tiens-nous au courant au moindre changement d'état.
-Compte sur moi, Near.

Le Templier s'inclina légèrement puis s'en alla dans les couloirs, sa cape blanche claquant dans l'air.
Setsuna consulta Aetheria du regard, puis soupira et suivit le Premier Conseiller. Lilian, soutenant Azalia et sa peine écrasante, les imita. Enfin, Kirua nota quelque chose sur son calepin avant de rejoindre les bureaux de la Gazette d'une démarche embarrassée. Shadowind, toujours prostré, ne fit pas mine de se lever. La mercenaire ouvrit la bouche pour lui lancer une remarque assassine, mais elle finit par croiser à nouveau son regard. Dans ses prunelles jaunes perlaient des larmes de tristesse. Elle ne se posa pas de questions, et préféra courir vers sa chambre où Aurön et une bonne douche l'attendaient.
Dès qu'elle eut disparu dans les couloirs, Shadowind se redressa. Il avait pris une décision capitale, et il espérait que cela ne provoquerait pas de catastrophes. Il posa doucement la main sur la clenche de la porte de la chambre de Décalia.

"-Non, mon vieux. Arrête un peu ton pégase. Elle a besoin de se reposer."
"-Mais il faut que je sache si elle va bien. Et si elle attendait ma visite ?"
"-Avec un grimoire à la main ? Quelle ironie... Je me fais des idées, elle ne peut pas m'aimer. Elle est forte et je suis faible. Elle est fille de déesse et je suis une vraie loque, une ombre de dragon, tout juste bon à lui servir de paillasson. Comment pourrais-je y croire ? Elle doit me mépriser..."
"-Mais elle s'est inquiétée pour moi ! Elle ne peut pas me détester..."
"-Quoique. Elle fait peut-être semblant, comme sa mère. Elle me considère certainement comme un incapable. Comme tout le monde. Et moi, je marche dans ses combines !"
"-Mais au fond, elle est si attentionnée ! Avec son statut de Prêtresse Sacrée et ses qualités, la moitié de Webb doit être amoureux d'elle !"
"-Et c'est pour cela qu'elle attend de trouver mieux que moi... Bien sûr qu'elle attend de trouver mieux que moi ! Je ne suis pas l'homme de sa vie, il faut que je me fasse une raison..."
"-Et pourtant je l'aime, je ne peux plus vivre sans elle ! Il faut que je le lui dise, ou je pourrais le regretter toute ma vie !"
"-Mais quelle déchirure ce serait si elle me repoussait ? Je crois que je me jetterais par la fenêtre si j'en avais le droit..."

-Oh, la paix, ma conscience !!

Et il entra.
Les volets étaient fermés, plongeant la pièce dans l'obscurité. Une simple bougie, posée sur la table de chevet, diffusait une lumière tremblotante et chétive. Autour du lit, les mouchoirs usés formaient une pile impressionnante, et sous les couvertures, Décalia somnolait. Les manches de sa robe de Prêtresse étaient mouillées de larmes, et le dragon eut le sentiment qu'il en coulerait des trombes d'eau si l'on les essorait. Avec sa chevelure de feu emmêlée et négligée, elle était méconnaissable. Elle qui avait toujours pris soin de son apparence...
Il avança, aussi furtif et silencieux qu'un courant d'air, en prenant garde à ne pas faire grincer le plancher, puis s'installa dans un fauteuil posé si près du lit qu'il le touchait presque. La place était encore chaude; Aetheria venait certainement de la quitter. Et là, il oublia le temps et ses sombres pensées, les morts et les soucis, les souffrances et les peines, et contempla son visage endormi.
Et il pensa au passé.
Il se souvint de cet instant, deux années plus tôt, où il l'avait aperçue pour la première fois. Il y avait sa mission, bien entendu. Mais comment dire à Ohrtan qu'un seul regard sur elle lui avait suffi pour que son coeur lui appartienne à tout jamais ?
Et puis il avait utilisé les sceaux de sur-promotion. Ses yeux étaient passés au noir, comme cela s'était produit pour tous les Esprits des Eléments. A présent, ils retournaient peu à peu au jaune. Il perdait ses pouvoirs, lentement. Et il en ignorait la cause.
Ensuite, il avait entendu parler de la Pierre d'Ohren. Connaissant le risque qu'elle représentait, il n'avait pas réfléchi, et s'était précipité au palais de l'Empereur sous le couvert de l'identité d'un émissaire, Lyxe d'Holuseki. Il avait pensé que les autorités accorderaient une faveur à Zelphiar en échange de la paix, et qu'il pourrait récupérer l'artefact pour le placer en lieu sûr. Au lieu de cela, il avait provoqué une série de catastrophes. L'Empereur avait exigé que les deux pays fusionnent ! De là avaient découlé l'ultimatum et la guerre à laquelle ils devaient désormais tous faire face. Et qu'ils perdaient.
Un bruit de draps froissés et un cri de surprise le tirèrent de sa torpeur.

-SHADOWIND ! MAIS QU'EST-CE QUE...

Il bondit du fauteuil et plaqua une main sur la bouche de Décalia.

-Je t'en supplie, susurra-t-il, tais-toi ! On pourrait s'inquiéter...

Elle sembla se calmer quelque peu, mais ses yeux reflétaient toujours un mélange de colère, de surprise et d'indignation.

-Tu ne crieras pas ?

Elle haussa nonchalamment les épaules, alors il retira sa main. Un geste qu'il ne tarda pas à regretter.

-Mais que fais-tu dans cette chambre ? Pourquoi Aetheria t'a-t-elle laissé entrer ?
-Je...
-Comment as-tu osé venir ? Je ne veux pas te voir, ni toi, ni tous les autres ! Ne pouvez-vous pas me laisser en paix, pour une fois ? En plus, je dois avoir une figure de revenante... Vas-t-en ! Je ne veux pas te voir ! Je ne veux pas que tu me voies dans cet état !

Elle pleurait à nouveau. Afin de cacher ses larmes, elle enfouit son visage dans son oreiller, et son murmure étouffé parvint à peine à l'Esprit-Vent :

-Laisse-moi... Pitié, laisse-moi...

Le silence revint dans la chambre, coupé seulement par les sanglots de la Prêtresse. Le dragon hésita, puis posa timidement une main sur son épaule. Elle réagit immédiatement.

-Ne me touche pas !

Elle le repoussa violemment, et sa force de sur-promue le plaqua contre le dossier, faisant reculer le fauteuil de quelques centimètres. Enfin, elle s'enfouit sous les couvertures.

-Décalia, je te demande pardon. Je n’aurais pas dû entrer sans ta permission, mais je m’inquiétais tant pour toi que je n’ai pas pu m’en empêcher. Aetheria n’a rien fait. J’ai attendu qu’elle sorte pour venir. Tu as tout à fait le droit de m’en vouloir. Cependant, sache que je voulais seulement savoir si tu allais mieux… Et ça n’a pas l’air d’être le cas. Je veux t’aider, même si tu refuses de me voir. Essaie un peu de te mettre à notre place ? A peine sommes-nous rentrés à Eolia que tu t’enfermes sans raison apparente en refusant tout contact !

Sa tête émergea finalement des couvertures. Elle sécha ses larmes, toussota un peu et le regarda droit dans les yeux en adoptant son allure de Prêtresse. Shadowind eut le sentiment que la vraie Décalia était de retour.

-Soit, je vais tenter de t’expliquer. J’aurais aimé avoir le temps de mettre cela au clair, mais cela aurait pris un temps indécent. Je ne serai peut-être pas claire, je te préviens…
-Prends ton temps, je suis là pour t’écouter. J’ai moi-même mes propres soucis intérieurs, je sais ce que tu peux ressentir.
-Veux-tu en parler ?
-Concentrons-nous d’abord sur ce qui te tracasse, éluda-t-il.

Elle réfléchit un instant. Devait-elle tout lui révéler ? Valait-il mieux taire certains points ? Elle fixa Shadowind dans les yeux, et y vit une étincelle familière : celle d’un confident qui gardait les secrets comme des pierres précieuses. Alors, elle se lança.

-Te souviens-tu des paroles de la déesse du Langage Obscur ?
-Bien entendu. Selon elle, tu ne serais pas la fille légitime de Sainte Orthographe. Pourtant, tu sais bien que ses seules paroles sont destinées à déverser du fiel. Est-ce vraiment pour cela que tu te tortures l'esprit ?
-Absolument pas. Sa Sainteté m'a récemment rendu visite.

Le dragon faillit tomber de son fauteuil.

-Ah... Ah bon ? s'étonna-t-il, trop surpris pour formuler une phrase correcte. Mais quand ?
-Juste après mon réveil, une fois qu'Aetheria s'est absentée...

Elle s'interrompit un instant afin d'essuyer ses yeux humides. A la manière dont sa main libre serrait la couverture contre elle, Shadowind comprit que la situation était bien plus grave qu'il ne l'avait d'abord cru.

-Et... Quels ont été ses mots ? demanda-t-il, en connaissant d'avance la réponse.
-Elle m'a avoué que... Faute d'Orthographe n'a pas menti.

Elle releva les yeux avec fermeté et lui asséna un regard d'une dureté sans faille.

-Je ne suis pas sa fille.

Intérieurement, elle pensait que son ami ouvrirait de grands yeux horrifiés, qu'il lui demanderait des précisions sans vraiment croire à son récit. Au contraire, il afficha un léger sourire entendu, et ce fut sur son propre visage que se peignit une expression d'étonnement.

-Je m'en doutais, laissa-t-il échapper avec une grande douceur.
-Comment cela ?! s'exclama-t-elle.

Il se releva et commença à faire les cent pas sous son regard surpris, alors que son ombre mouvante allait et venait contre les murs sous la lumière trouble des bougies.

-Je l'ai remarqué dès notre première rencontre. Tu as une sorte d'étincelle dans les yeux... Au départ, je n'ai pas fait le rapprochement. Je pensais que c'était peut-être dû au sang de Ryû, que je croyais être ton père. Mais puisque tu dis toi-même que tu n'as aucun lien de parenté avec ma propre divinité, j'en ai conclu que tu étais une demi-déesse. Seulement, je n'y croyais qu'à moitié, connaissant le mépris léger de Sainte Orthographe pour les mortels. C'est en lisant le dossier de Naruto que j'ai compris. Tu n'as pas la moindre goutte de sang divin... (Il s'arrêta à l'autre bout du lit et la pointa du doigt avec autorité.) Mais tu appartiens à la même race que moi ! Tu es une dragonne, Décalia; soit de feu, à cause de ta chevelure, soit de lumière, en référence à celle de tes yeux, ou bien une demi-dragonne, mais tu porterais alors la marque... Non, c'est certain. Rien que le fait de te savoir écrivain montre que tu as une manière de penser qui ne s'apparente en rien à celle des humains. Décalia, tu es une vraie dragonne !!

Ce fut à son tour de sourire doucement.

-Je le sais. Je ne le sais que trop bien.
-Elle te l'a dit également ?!
-En effet. Elle m'a même remis ma dracopierre... Là est le sujet de mon inquiétude. Vois-tu...
-Attends une seconde, je préfère m'asseoir avant de me faire renverser par tes révélations.

Il joignit le geste à la parole, et, lorsqu'il se rapprocha, Décalia put voir une ride d'inquiétude barrer son front. En silence, elle se réjouit d'avoir un ami aussi précieux que lui, prévenant et attentionné.

-Vois-tu, disais-je, nous ne pouvons pas posséder de Pierre d'Orthographe en raison de notre nature. Nous sommes... Ce que nous sommes. Or, ces pierres sont inspirées des dracopierres. La manifestation de notre lueur intérieure apparaît donc dans...
-Dans la dracopierre. J'ai bien compris.
-Dans ce cas, il faut que je te montre quelque chose.

D'un geste timide et hésitant -ce qui n'était pas dans ses habitudes-, elle laissa le pan du drap retomber et dévoiler la gemme, attachée à son cou par une fine chaîne de métal. Par réflexe, Shadowind leva un bras pour se protéger les yeux, en pensant qu'il serait ébloui par la lumière. Cependant, au bout de quelques secondes, il s'aperçut que rien n'avait changé autour de lui. Les murs étaient toujours éclairés par la même source : une petite bougie oscillant dans la pénombre.
Le dragon osa enfin baisser les yeux et laissa échapper un juron sonore que Décalia ne prit pas la peine de relever. Elle était bien trop occupée, elle aussi, à observer sa dracopierre. L'objet était uniformément blanc. Un blanc qui aurait pu être le plus pur et le plus lumineux qui ait jamais existé. Au lieu de cela, la pierre ressemblait trait pour trait à une roche ordinaire, un calcaire à l'intérieur trouble se contentant de recevoir la lumière sans l'émettre. Le coeur de la Prêtresse était terne. Vide.
Indigne de celle qui était censée défendre la Lumière sainte.
Si Shadowind n'avait pas été assis, ses jambes l'auraient lâché à coup sûr. D'un geste lent, il s'en saisit et l'examina rapidement sous toutes les coutures de son oeil expert. Enfin, il la lâcha dans un soupir, et elle comprit que ses craintes étaient fondées.

-Es-tu certaine qu'elle a accompli l'éveil, comme pour les autres Dragons de Lumière d'Auréole ?
-Evidemment, elle l'a fait sous mes yeux, avoua-t-elle, au bord des larmes.
-Mais... Tu es sûre que c'est bien la tienne ?

Pour toute réponse, Décalia ferma les yeux et toucha sa dracopierre. Aussitôt, elle se mit à briller, mais avec bien moins d'intensité qu'elle ne l'aurait dû. Alors, Shadowind vit nettement se dessiner dans son dos deux fantômes d'ailes blanches et turquoise, qui s'agitèrent lentement comme celles d'un oiseau blessé. La jeune femme lâcha l'objet, et le tout disparut immédiatement. Lorsqu'elle ouvrit à nouveau les yeux, son expression s'était encore assombrie.

-C'est bien ma dracopierre. Ce qui signifie...

Elle voulut ajouter "...que je suis indigne de ma position", mais Shadowind ne lui en laissa pas le temps. L'Esprit-Vent chercha à toute vitesse des points positifs capables de lui remonter le moral, même s'il savait qu'il ne pourrait pas grand-chose pour elle.

-Ne raconte pas de sornettes ! Tu es certainement la Prêtresse Sacrée la plus talentueuse de tous les temps ! Sinon, Sainte Orthographe ne t'aurait pas nommée à ce poste en temps de guerre ! Et... Réfléchis, tes parents sont peut-être encore en vie ! Tu dois avoir toute une famille qui attend ton retour. Des frères, des soeurs, et tout ce qui va avec... On peut essayer de les retrouver. Qu'en penses-tu ?

Elle se glissa à nouveau sous les couvertures, en prenant bien soin de remettre sa dracopierre à l'abri des regards, et soupira profondément.

-Peut-être.

Ces quelques syllabes renfermaient si peu d'espoir qu'elles contraignirent Shadowind à se taire. Un silence d'une rare densité s'abattit sur la pièce. Décalia fixait le plafond comme si la clé de tous les mystères s'y dissimulait. Le dragon l'observa un moment avant de reporter son attention sur la petite flamme de la chandelle, qui brûlait toujours. L'espace d'un instant, il se demanda s'il était vraiment impossible de transférer cette lueur tremblotante dans la dracopierre de la Prêtresse, dans l'espoir de voir à nouveau un sourire sur son visage.
Puis, au bout d'un temps qui leur sembla interminable à tous deux, la jeune femme se tourna vers lui et lui demanda :

-Et toi ? Es-tu prêt à me révéler tes problèmes à ton tour, ou préfères-tu attendre ma sortie pour en discuter ?

Shadowind détacha son regard de la bougie pour la regarder à nouveau. Il voulut reporter ses propres révélations, mais il se ravisa en constatant qu'elle était légèrement moins pâle. Ses yeux étaient toujours aussi mélancoliques, mais elle semblait déjà aller beaucoup mieux. Il hésita un moment, puis ses doutes trop longtemps contenus reprirent le dessus, le clouant au fauteil malgré lui. Sa gorge serrée consentit néanmoins à laisser passer les quelques mots qu'il souhaitait prononcer.

-D'accord. Je... Je vais essayer.

Elle sourit et s'installa confortablement, adossée à son oreiller.

-Je t'écoute.

Il prit une grande inspiration pour tenter d'organiser ses pensées chaotiques. Enfin, lorsqu'il s'estima prêt, il se lança avec un mélange de hâte et de crainte, comme un "SMS-User" devant un dictionnaire.

-Je suis une personne très... secrète. Je n'aime pas beaucoup parler de moi. Je me suis toujours dévoué aux autres sans rien demander en retour. A chaque fois que j'ai décidé d'agir pour réparer mes propres erreurs, j'en ai commis d'autres, et pas des moindres. En parler, c'est à la fois un défi et une nécessité. Pourtant, il y en a certaines que je sais que je dois laisser dans l'oubli, pour le bien de tous... et surtout pour le mien. Par exemple, je suis quelque peu impliqué dans le déclenchement de cette guerre... La plupart de mes secrets sont de cet ordre. C'est pourquoi je ne peux pas tout te révéler. D'autant que cela nous prendrait un mois entier avant d'avoir terminé.

Elle acquiesça pour l'encourager à poursuivre. Ce qu'il fit, avec toutefois beaucoup de mal.

-Cependant, il en existe un qui te concerne directement. Je veux dire, je ne veux en parler qu'à toi. Aux autres, c'est inimaginable, et... Je... Je ne sais pas par où commencer...
-Nous pouvons attendre avant d'aborder le sujet, si tu veux, dit-elle en frissonnant sous la peur d'apprendre une autre terrible nouvelle.

Il secoua frénétiquement la tête, agitant sa longue chevelure turquoise.

-Non. Si je ne t'en parle pas maintenant, je ne le ferai jamais. Voilà...

"Que Ryû me donne la force de mener mon discours jusqu'à son terme" pria-t-il en silence avant de poursuivre.

-...La première fois que je t'ai vue, à Erdecomba, j'étais venu uniquement pour parler à Near. J'avais un objectif, et je ne faisais que le réaliser. Je n'avais pas de temps à perdre. Pourtant, quand j'ai quitté la ville, je ne pensais absolument plus à cette entrevue. Ton image avait pris toute la place.
-Shadowind, je...
-Quand je t'ai aperçue, j'ai tout de suite senti que tu avais du sang de dragon, et que tu étais sur-promue, tout comme moi. Et lorsque j'ai croisé ton regard, j'ai eu une impression étrange, comme si mon coeur s'était arrêté pendant une seconde... J'aurais voulu rester en ta compagnie et apprendre à te connaître. C'était mon seul voeu, et pourtant, je devais à tout prix partir... Tu ne peux pas t'imaginer à quel point le fait de te quitter si soudainement m'a fait souffrir. Les nuits suivantes, j'ai sans cesse rêvé de toi au point d'en devenir malade. Pourtant, j'étais certain de recroiser ta route, puisque cela faisait partie de ma mission. Alors, je suis parti pour Auréole, directement. J'ai ensuite appris à te connaître et à t'apprécier en tant que personne. Quand Faute d'Orthographe a tenté de te nuire, j'ai eu la peur de ma vie, au point que je tremble encore rien que d'y repenser...

Tout au long de sa tirade, il s'était rapproché lentement, et son visage n'était plus qu'à une quinzaine de centimètres de celui de la Prêtresse lorsqu'il ajouta :

-Et durant tout ce temps, je feignais d'être ton ami, et de ne rêver de rien de plus, alors qu'en vérité, je ressens autre chose pour toi, quelque chose de bien plus fort et terrible, de plus beau et effrayant à la fois...

Il s'avança encore, au point que Décalia pouvait désormais distinguer à la lueur de la bougie toutes les nuances de jaune de ses iris.

-Décalia, je...

Un grincement les fit se retourner d'un même mouvement. Leurs regards s'attardèrent sur la porte entrouverte. Gêné d'avoir été dérangé alors qu'il ouvrait enfin son coeur à celle qu'il aimait, Shadowind se leva et jeta un oeil dans le couloir. De quelque côté qu'il regarda, il ne trouva personne. Il soupira de déception et revint s'installer sur le fauteuil, à demi-rassuré. Il prit doucement les mains de Décalia sans cesser de la regarder droit dans les yeux, et balbutia avec une émotion palpable :

-Décalia, si je te dis tout cela, et tu l'auras compris, c'est parce que... je... je t'...

(NOTE DE L'AUTEUR : En raison de ma propre incapacité à rédiger les passages romantiques et afin de ne pas gâcher votre lecture de cette fiction, j'ai pris la liberté de le supprimer. Merci d'avance pour votre compréhension.)

...
Il s'arrêta dans son élan. La Prêtresse venait de poser deux doigts sur ses lèvres. Une larme se dessinait dans ses yeux. Le dragon vit alors ses doutes défiler devant ses yeux en même temps que son existence toute entière.

(Quoiiii ??!! Oo Mais c'était pas prévu ça ! X_x *fouille à la recherche de son synopsis*)

-Shadowind, je... Je suis navrée de devoir te l'annoncer de cette manière, et dans ces circonstances, mais...

Elle baissa le regard, et il sut instantanément que ses prochaines paroles allaient faire voler sa vie en éclats.

-Mon coeur... appartient à un autre.

(*ne le trouve pas* Oo Au voleur ! Au voleur ! On a dérobé le synopsis ! On a osé modifier le scénario !! AU VOLEUR !! x_x)

Celui de Shadowind lui sembla se briser en un millier de fragments. Son esprit s'était soudainement vidé. Il était devenu incapable de penser à quoi que ce soit. L'Esprit-Vent se sentit détruit de l'intérieur. Son monde avait été anéanti par une simple phrase.
Il s'aperçut indistinctement qu'il avait lâché Décalia. Cette même Décalia, qu'il aimait à en mourir. Cette même Décalia, qui tendait à présent une main incertaine vers son épaule.

-Shadowind...

Il fut incapable de lui demander ne serait-ce que l'identité de son rival inconnu. Il se leva brutalement et quitta la pièce, courant presque, sans plus lui accorder un seul regard. La porte claqua violemment derrière lui, et le silence revint, pesant et définitif.
Décalia se figea, l'esprit parcouru par le doute et les regrets. Elle venait de faire souffrir l'un de ses meilleurs amis, sans le vouloir. Elle ne s'était pas aperçue qu'en tombant amoureuse, elle avait tiré un trait sur les espoirs qu'elle pouvait placer autour d'elle. Comme en Shadowind. Et ce pour un homme qui lui était absolument inaccessible...
Et elle le lui avait avoué de la pire des manières qui soit.
Alors que lui-même avait tout fait pour la réconforter, elle avait aggravé sa situation. Alors qu'il était l'un de ses meilleurs amis...
Elle s'enfouit sous les draps en réprimant les larmes qui ne demandaient qu'à rouler sur ses joues et souffla la bougie, plongeant la pièce dans les ténèbres.
Exactement comme dans son propre coeur.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 12 Déc - 19:47

Chapitre 17 : Le Coeur des sur-promus


Partie 2 : Rumeurs sur le papier


Eolia, bureaux temporaires de la Gazette d'Hokiseki.

Trunkfutur : *penché sur son article, les lunettes sur le nez* Tous les... éléments découverts... portent à croire... que toucher à 0%...
Kirua : *entre en trombe dans le bureau et claque la porte derrière lui* Oo C'est pas... C'est pas... C'EST PAS POSSIBLE !! O_O"
Trunkfutur : *sursaute* Ki... Kirua ?! Mais que se passe-t-il ? On dirait que tu as fait la course avec le pégase d'Ortimon !
Kirua : *s'affale sur une chaise* Mon vieux, j'ai besoin de ton avis au plus vite. De rédacteur à rédacteur, je veux dire.
Trunkfutur : O.O Ah... D'accord... *pose sa plume*
Kirua : Imagine que tu aies vu... Je ne sais pas, moi !... Arcanos embrasser la princesse de Khary...
Trunkfutur : Attends un peu ! Tu veux dire que tu as vu Arca embrasser...O_O
Kirua : Mais non ! x_x C'est juste un exemple !
Trunkfutur : (Mais pourquoi me demande-t-il cela, alors ?!) Admettons. Et ?
Kirua : Prendrais-tu la liberté d'écrire un article sur le sujet dans la Gazette ? é_è
Trunkfutur : Hum... (Il est vraiment bizarre, aujourd'hui...) Je crois que oui. Mais il me faudrait un autre témoin que moi, sinon l'article est sans aucune source, et cela ne sera pas pris au sérieux.
Kirua : Je vois... Excellent. Merci, Trunk. ^^
Trunkfutur : De rien ! (Même si je ne vois pas ce que j'ai dit d'important...)
Kirua : *ouvre la porte* Ah, au fait, j'aurais besoin que tu me convoques quelqu'un pour la page people du journal.
Trunkfutur : (J'en étais sûr ! Il a bien vu Arcanos et la princesse de Khary en train de se bécoter !! X_x) Sans problème, je t'envoie un messager.
Kirua : Super, merci ! =D *sort*
Trunkfutur : ...Rah, si seulement je pouvais sortir un peu de ce bureau, moi aussi...! *reprend son article*

_-_-_

Dix minutes plus tard...

Aetheria : *ouvre brutalement la porte* Bonjouuuuuuuuuuuuur ! ^o^
Trunkfutur : *ôte les lunettes qu'il a sur le nez et se détourne de son article* Bonjour, Aetheria. =) Que puis-je faire pour toi ?
Aetheria : On m'a demandé de venir ici pour la page people ! =)
Trunkfutur : Hum... Ae, tu es au courant que nous ne sommes que deux ici, non ? >.>
Aetheria : *se sent lourde* Heu... Oui, bien sûr ! ^^'
Trunkfutur : Et tu sais TRES BIEN que ce n'est pas moi qui m'occupe de cette rubrique ! ù.u"
Aetheria : (Même pas le droit de faire un petit coucou en passant...) Ouais, c'est bon, je vais voir Kirua. Pardon pour le dérangement.
Trunkfutur : Je t'en prie ! C'est tout nat...

Aetheria s'en va en claquant violemment la porte.

Trunkfutur : X.X" ...Aetheria les a vus aussi ?! x_x Alors ils se bécotent en public et je ne suis même pas au courant ! è_é *se remet au travail d'un air rageur*

Plus tard, dans le bureau de Kirua...

Kirua : *penché sur son article, les lunettes sur le nez* A la ligne. La stratégie... mise en oeuvre... par l'Empire...
Aetheria : *ouvre brutalement la porte* Salut Kiruaaaaaaaa ! ^o^
Kirua : *sursaute, renverse son flacon d'encre sur sa feuille et sur sa chemise blanche* (Je n'aurais pas dû faire du zèle en sachant qu'elle allait se pointer x.x") Bonjour, Aetheria...
Aetheria : Je te dérange ? è_é
Kirua : *tente de récupérer ses notes en épongeant l'encre avec sa chemise* En fait, je...
Aetheria : Super. ^^ *s'installe en face de Kirua*
Kirua : ><
Aetheria : Il paraît que tu as ENCORE besoin de moi pour un article. Alors j'espère que tu ne m'as pas fait venir pour rien, sinon... è_é
Kirua : Exact. C'est plutôt urgent.
Aetheria : Dépèche-toi de me dire ce qu'il se passe.
Kirua : Je voudrais que tu me dises tout ce que tu sais sur la relation entre Décalia et Shadowind...
Aetheria : ...Tout ? Oo
Kirua : Tout.
Aetheria : ...Ecoute, mon ami... Tu es mon ami, hein ? è_é
Kirua : B-Bien sûr !! é_è
Aetheria : Alors, pour cette masse d'infos trépidantes, je vais te faire un prix d'ami aussi... Pigé ?
Kirua : Oui, oui ! 'Oo Heu... Combien ?
Aetheria : ...600 000 kilis. =D
Kirua : O_O" On avait dit pas plus de 3000 quand on t'a embauchée comme consultante !
Aetheria : Tu OSES négocier le prix ?! >=(
Kirua : é_è Non, non... 600 000, c'est très, très bien...
Aetheria : Disons plutôt 700 000. J'ai eu des frais pour entrer à Erdecomba la dernière fois.
Kirua : (Hein ?! Les gardes demandent 100 000 pour entrer maintenant ? Ça pourrait faire un bon article...) ...Je peux te payer demain ?... Pitié ?
Aetheria : C'est ça, comme si j'allais encore me taper tous ces couloirs à la noix juste pour ça ! è_é
Kirua : O_O *prend sa plume et se prépare à la planter dans son poignet pour se suicider*
Aetheria : ...C'est bon, je passerai demain. Pas besoin d'en faire un drame ! ^^
Kirua : Ouf, je revis... n_n"
Aetheria : Bon, tu écris ou tu attends la neige ? è_é
Kirua : *récupère sa plume et son calepin* Je t'écoute... (Mais j'espère que ça valait le coup de payer autant...)

"Idylle dans les hautes sphères - par Kirua -

Depuis quelque temps, les habitants d'Auréole et autres proches de Décalia ont pu être témoins de sa relation touchante de proximité avec le sur-promu de Khary, l'Esprit-Vent Shadowind. Leur amitié, qui paraissait motivée par leur devoir commun de vaincre l'Escroc-Diable. Mais aujourd'hui, la Gazette d'Hokiseki a le plaisir de vous révéler en exclusivité que leur lien va bien plus loin qu'une simple entente cordiale.
Nos informations reposent sur l'intervention d'une femme, que nous appellerons ici Lady A. Elle a été le témoin privilégié de cette relation pour le moins particulière. "Dès qu'ils se sont vus, il s'est produit quelque chose entre eux", annonce-t-elle d'entrée de jeu. "Décalia s'est rapidement mise à se comporter bizarrement. J'ai tout de suite compris que ça avait été le coup de Foudre."
Lady A raconte ensuite de quelle manière leur lien est devenue bien plus étroit. "Ils étaient devenus inséparables. S'il arrivait malheur à l'un, l'autre accourait aussitôt. Une belle marque d'amitié... Du moins, en apparence."
Hier, un autre témoin, collaborateur de notre journal, a permis de confirmer ce qui relevait jusqu'alors d'une simple intuition. Il annonce avoir rendu visite à la Prêtresse durant sa convalescence et avoir aperçu les deux sur-promus prêts à s'embrasser. Devant cette scène touchante, notre collaborateur s'est évidemment empressé de s'éclipser afin de ne pas les déranger.
Nous souhaitons insister sur le fait que Lady A, de même que notre collaborateur, est une amie très proche de Décalia est est donc une source on ne peut plus fiable. Le doute est ainsi très faible, voire nul. L'odylle des deux sur-promus est-elle passagère, motivée par l'intérêt, ou est-ce le début d'une longue vie commune pour nos deux plus puissants combattants ? Dans tous les cas, la rédaction de la Gazette d'Hokiseki leur souhaite beaucoup de bonheur."

Brouillon de l'article à paraître dans la Gazette le lendemain matin.

FIN DU CHAPITRE 17

Shadowind se remettra-t-il un jour des évènements de cette journée ?

Near : é_è Mais... Shadowind, que se passe-t-il ?
Shadowind : ='o Je... Je ne préfère pas... que tu le saches... *se met à pleurer de plus belle sur l'épaule de Near*
Near : é_è" (Mais qu'est-ce qui peut bien le rendre aussi triste ?)

Décalia retrouvera-t-elle ses parents biologiques ?

Aetheria (la vraie) : *met une armure noire et déforme sa voix* Décalia... Hhhhh-pffffh... Je suis ta mère...
Lilian (la vraie) : XD

Comment réagira Décalia en lisant l'article de Kirua ?

Aetheria (la vraie) : Ouille, ça va être un vrai massacre ! ^^
Lilian (la vraie) : Mais pour toi aussi, ma vieille ! =D
Aetheria (la vraie) : Mais non, j'ai témoigné de manière complètement anonyme !
Lilian (la vraie) : Parce que tu crois VRAIMENT qu'elle ne va pas te reconnaître ? >_>

De qui Décalia est-elle amoureuse ?

Décalia (la vraie) : Là-dessus, je dois avouer que le voleur peut faire tout ce qu'il veut... J'espère au moins qu'il ne me mettra pas avec Roy... O.O" Mince, c'est vrai, il peut ! AU SECOUUUURS !!

ET SURTOUT...

Setsuna (le vrai) : Qui a volé, a volé, a volé, l'synopsis de l'auteur ?! Oh yeah ! n_n

Bonne question en effet, car son possesseur est capable de modifier radicalement la totalité du scénario... Et il l'a déjà fait ! ><

Tous (les vrais) : QUOIIIII ?!?! Oo

Ne manquez pas le prochain chapitre : Mais que fait la presse ? (C'est un titre ça ? O.O)

Aetheria (la vraie) : Mais c'est pourri ! XD
Lilian (la vraie) : Pourquoi faut-il que tu piques toujours mes répliques ? x_x

Oh, ça va, ce n'est pas moi qui ai trouvé ce "truc" ! è_é Va rire au nez du voleur, plutôt !

Lilian (la vraie) : Il faudrait peut-être qu'on le trouve, d'abord ! Mais en attendant, il me fait tellement rire ! x')
Aetheria (la vraie) : Je crois que j'ai une idée sur l'identité du coupable... *regarde Lilian en coin*
Lilian (la vraie) : Oo Mais c'est pas moi !
Aetheria (la vraie) *sort son épée* Tu vas voiiiiir ! >=D
Lilian (la vraie) : O_O" *sort*
Aetheria (la vraie) : Viens par ici, voleuse de synopsis !! >=D *la poursuit*

><" Qui sait quels méfaits ce voleur commettra encore ? En tous cas, à très bientôt pour un prochain chapitre... é_è *s'en va*

...
...
Setsuna (le vrai) : Qui a volé, a volé, a volé...

*SBAM*

Crocro (le vrai) : Viens nous aider au lieu de chanter comme une casserole ! ù.u
Setsuna (le vrai) : x_x
...
...
?? : *tapi(e) dans l'ombre* Héhéhé... >=3
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Jeu 15 Déc - 12:40

Chapitre 18 : Révélations Mais que fait la presse ?

(X.X Il me tuera, ce voleur... Mais qu'est-ce qu'il va faire de mon chapitre ? é_è)

Le lendemain, Eolia, chambre de Décalia.

(Bon, déjà, il me l'a coupé en deux... Argh, un chapitre en une seule partie, ça va être minuscule... Mais qu'est-ce que c'est son objectif, à cet idioooooot de voleur ?! x_x)

Décalia : ...(Mais qu'est-ce que j'ai fait ?!) x_x
Aetheria : *ouvre brutalement la porte* Coucou Décaaaaaaaa ! ^o^
Décalia : *sursaute* Ae ?! Oo Qu'y a-t-il ? Une urgence ?
Aetheria : *saute sur le lit et lui colle la Gazette d'Hokiseki sur le nez* Regarde, regarde ! ^o^ Tu es en première page de la Gazette !
Décalia : Ah... Ah bon ? o_o Je peux lire ?
Aetheria : Bah tu crois que je l'ai amené pour quoi ? ù.u
Décalia : *commence à lire* ... Oo
Aetheria : =D
Décalia : *lit* ù_u"
Aetheria : =)
Décalia : *lit* è_é
Aetheria : =s
Décalia : *finit de lire* >=(
Aetheria : é_è
Décalia : *déchire le journal en confettis* ¤_¤
Aetheria : Oo"
Décalia : (Calme-toi, calme-toi... Perdu.) AETHERIAAAAAAAAAAAAAAA ! è_é
Aetheria : Oui ? é_è
Décalia : Alors la porte entrouverte c'était TOI ! è_é
Aetheria : Euh...
Décalia : Et maintenant, il va falloir que je rattrape TES erreurs ! >=(
Aetheria : Mais alors... C'était faux ? Tu n'es pas...
Décalia : Bien entendu ! è_é
Aetheria : Pourtant, ils ont dit qu'un autre témoin vous a vus, tous les deux...
Décalia : Ah, ils ont dit ça ? ¤_¤ *se lève*
Aetheria : Mais qu'est-ce que tu fais ?! é_è
Décalia : Je pars rétablir la vérité ! *s'en va en claquant la porte* TRUNKFUTUUUUUUUR !
Aetheria : Oo" Au moins, elle est sortie de sa chambre, c'est déjà ça... x_x Je vais la suivre, histoire de voir ce qu'elle va leur faire subir... >=D Et puis, il faut que j'aille récupérer ma rémunération moi...

Environ huit secondes plus tard, à l'autre bout de la cité, dans les bureaux temporaires de la Gazette d'Hokiseki.

Trunkfutur : *les lunettes sur le nez, en train de relire des notes* Voyons voir cette liste de projets... Hum... Une interview du prochain Conseiller serait une bonne idée... Je pourrais l'enrichir en interrogeant Sa Majesté... Et puis...
Décalia : *ouvre brutalement la porte* TRUNKFUTUUUUUUUUUR !! ¤_¤
Trunkfutur : *sans lever les yeux* Attends une seconde, Aetheria... ù.u *lève les yeux* Oo Décalia ? Oo Ah, ouf ! Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? =D
Décalia : Je veux voir le Service des Réclamations et des Rectifications ! TOUT DE SUITE !!
Trunkfutur : é_è Ah, oui, le SRR... C'est Kirua qui s'en occupe.
Décalia : *fait craquer ses phalanges* Ça tombe bien, j'avais des choses à lui dire, à lui aussi... *sort en claquant la porte* KIRUAAAAAAAAAAAA !!
Trunkfutur : ... o_o J'ai eu la peur de ma vie... Déjà qu'Aetheria, c'est vraiment terrifiant, alors une sur-promue... Avec, en plus, cette facture si salée qu'elle me reste en travers de la gorge pour son témoignage... Alors celle-là... è_é
Aetheria : *ouvre brutalement la porte* Coucou Truuuuuunk ! =D
Trunkfutur : x_x Aaaaaaaargh...
Aetheria : Tiens, Décalia n'est pas là ?
Trunkfutur : *se lève et fait le tour du bureau* Ah, tiens, Aetheria. Justement, je te cherchais.
Aetheria : Ça concerne ma rémunération ? =D

*SBAM*

Aetheria : o_x *affiche un splendide cocard à l'oeil gauche*
Trunkfutur : La voilà, ta rémunération ! >=D Maintenant, dehors !
Aetheria : è_x Mais tu n'as pas le...
Trunkfutur : J'ai dit DEHORS !! è_é
Aetheria : ">_x (J'aurai peut-être plus de chance avec Kirua...)

Au même moment, dans le bureau de Kirua...

Kirua : *les lunettes sur le nez, travaille sur un article* Alors, les chiffres, en pourcentage bien sûr... Pffff, comme si je n'avais que ça à faire ! Parfois, j'aimerais bien qu'il se passe quelque chose de vraiment trépidant, du genre...
Décalia : *ouvre brutalement la porte* KIRUAAAAAAAAAAAA ! ¤_¤
Kirua : *sursaute et renverse sa bouteille d'encre sur ses chiffres et sa chemise* (X_X Pourquoi moiiiiiii ?!) Que... Que puis-je faire pour...
Décalia : *colle la Gazette sous le nez de Kirua* Qu'est-ce que c'est que ÇA ?! è_é
Kirua : é_è Je peux tout expliquer...
Décalia : *prend une chaise* Fais vite, ma patience est à bout.
Kirua : Heu... "Oo Je comprends que cette incursion dans votre... vie privée à Shadowind et toi vous gêne, mais...
Décalia : Ce n'est pas cela du tout ! Cette supposition sur notre relation est complètement fausse !
Kirua : o_o Mais dans ce cas, comment se fait-il que je... que notre collaborateur ait pu vous voir à deux doigts de vous embrasser ?
Décalia : *soupire* Bon, je vais te le dire, mais tu ne le répètes à personne, d'accord ?
Kirua : Bien sûr ! ^^ *prend des notes en cachette*
Décalia : ...En fait, Shadowind m'a fait sa déclaration, mais j'ai dû lui avouer que ce n'était pas réciproque. u_u
Kirua : Ah, il t'aime, et toi tu l'as rembarré ? Mais pourquoi refuser une idylle pareille ?
Décalia : Eh bien... J'en aime un autre.
Kirua : Oh ! *o* *note à toute vitesse* Et pourquoi ne lui as-tu pas encore avoué tes sentiments ?
Décalia : Eh bien... Il est toujours à la recherche de sa petite amie, qu'il n'a pas revu depuis des années. Et je... Je ne fais pas le poids face à une passion aussi belle... T.T *commence à pleurer*
Kirua : *lui tend un mouchoir* Allons, ça va aller... (Yes, je tiens un article du tonnerre !!)
Décalia : Merci... *se mouche bruyamment*
Kirua : Et... Si ce n'est pas indiscret... Qui est-ce ?
Décalia : Mais voyons, Kirua, c'est évident...

(Non... Non, il n'a pas osé quand même !! x_x)

Kirua : Pas vraiment. Désolé...
Décalia : Mais enfin, c'est Near que j'aime ! Pleure
Kirua : O_O" Q-Quoiiiiii ?!

(Si, il a osé è_é Attendez un peu que je l'attrape, celui-là...)

Décalia : Tu comprends pourquoi je veux que tu mettes un message d'excuse dans ton journal... Et en GRAND, c'est compris ? ù.u
Kirua : Oui... Oui, bien sûr... Mais as-tu pensé à Shadowind ? Il avait l'air si amoureux de toi lorsque je vous ai vus tous les deux...
Décalia : *tilte* ALORS EN FAIT C'ETAIT TOIIII ! ¤_¤
Kirua : *recule* Oo Attends, ne fais pas ça, je suis désolé, je suis...

Décalia met un coup de poing dans l'oeil gauche de Kirua !
L'effet de surprise double l'efficacité de l'attaque !
COUP CRITIQUE ! L'attaque inflige un superbe cocard à Kirua !
Décalia gagne 1 point d'expérience.
Décalia monte au niveau 18 !
Décalia peut désormais rivaliser avec des généraux niveau 20 à l'aide de ses seuls poings !

Kirua : O_X
Décalia : Justice est faite ! >=D *sort*
Kirua : Argh... o_x *prend un cachet dans son tiroir et l'avale* Pfiou... Je crois que je ne vais pas publier ça, en fait... Avec un article d'excuses seulement, je m'en sors plutôt pas mal...
Aetheria : *ouvre brutalement la porte* KIRUAAAAAAAA ! ¤_x
Kirua : Oh non par pitié !!!
Aetheria : *le prend par le col* Donne-moi mon argent ! TOUT DE SUITE !! è_x
Kirua : O_X Oh, mince... Euh... J'ai demandé un prêt à Trunkfutur, mais il n'a... Enfin, je n'ai pas les fonds pour me permettre de...
Aetheria : *tilte* QUOI ?! A cause de toi, je me suis pris un cocard de Trunkfutur, et maintenant, tu ne veux pas me payer ?! è_x
Kirua : O_x Attends, ne fais pas ça, je suis désolé, je suis...

Aetheria met un coup de poing dans l'oeil droit de Kirua !
L'effet de surprise double l'efficacité de l'attaque !
COUP CRITIQUE ! L'attaque inflige un superbe cocard à Kirua !
Niveau limite atteint, plus d'expérience à gagner.
La maîtrise des poings d'Aetheria monte au niveau S+ !

Kirua : X_X
Aetheria : *le secoue comme un prunier* Maintenant, tu vas me répéter tout ce qu'elle t'a dit, et en vitesse !!
Kirua : Mais elle m'a... Enfin, c'est un secret... X.X
Aetheria : Dépêche, ou je t'en colle encore une !!
Kirua : OK, c'est bon, pas la peine de me frapper encore !! x_x

Mais les rumeurs vont vite à Hokiseki... Dès qu'Aetheria apprit le fin mot de l'affaire, elle s'empressa de tout conter à son ami Akiro, qui le raconta à Homasa, qui le transmit à Asca, qui en parla à Ewok, qui fit l'énorme erreur de le répéter à...

Near : HUHUHUHUHU !!! XD
Ewok : u_u (Il est sympa, Near...)
Near : HUHUHUHUHU !!! *a les larmes aux yeux*
Ewok : u_u' (Son seul problème, c'est ça...)
Near : HUHUHUHUHU !!! XD XD XD
Ewok : u_u" (Je ne sais jamais s'il pleure ou s'il est mort de rire...)
Near : Décalia amoureuse de... HUHUHUHUHU ! De MOI ! HUHUHUHUHU !!! x'D
Ewok : x_x (Et, du coup...)
Near : C'est... BEAU X'D HUHUHUHUHU !!! Tu ne trouves pas, Ewok ?! HUHUHUHUHU !!!
Ewok : (...Je ne sais jamais quoi répondre à cette question...) X_X Heu...
Near : HUHUHUHUHU !!! *frappe du poing sur la table* X'D X'D X'D
Ewok : ... (Je vais essayer de réduire le volume sonore...) *utilise son bâton Silence sur Near*
Near : X'D X'D X'D Huhuhuhuhu...!!! *continue à faire du bruit, mais dans un murmure*
Ewok : Problème réglé ! ^^" Passons aux affaires courantes. *sort*
Near : (Décalia amoureuse de moi...) X'D Huhuhuhuhu...!!! (DECALIA amoureuse de MOI !!!) X'D Huhuhuhuhu houhouhouiiiiinnnnnnnnnnnnnnn...!!! T.T *fond en larmes*

FIN DU CHAPITRE 18 (Ah, enfin u_u)

Comment réagira Shadowind en apprenant qu'il a été repoussé au profit de son ancien maître ?

Shadowind : Pleure Mais pourquoi pouffent-ils tous de rire en me regardant ?! C'est agaçant...
Ewok : Allons, ça va aller... (Courage, Ewok, dis-lui...)
Shadowind : Je te préviens... Le jour où je trouve celui qui a ensorcelé Décalia, je le TRUCIDE !!! ¤_¤
Ewok : O_O (Ah oui... En fait, il vaut mieux qu'il n'en sache rien...)

Qu'en est-il de Near ? (Maintenant que les effets du Silence se sont estompés, on l'entend dans tout Eolia...)

HectoRammstein : Near, allez, dis-nous au moins pourquoi tu es mort de rire ! é_è Moi aussi, je veux pouvoir me rouler par terre en frappant hystériquement le plancher comme si je n'étais pas Conseiller !
Nessiah : ...Il ne rit pas, il pleure. u_u
HectoRammstein : Non, je maintiens qu'il se marre !
Near : X'D HUHUHUHUHU !!!
Arcanos : (Et dire que c'est mon Premier Conseiller...) X_X" J'attends des explications.
Near : X'D HUHUHUHUHU !!! Votre Majesté... HUHUHUHUHU !!! x'o Je vous prie de bien vouloir m'excuser... HUHU ! Je ne peux plus m'arrêter... HUHUHUHUHU !!! X'D X'D X'D

ET SURTOUT... Mais qui est l'auteur de ces modifications sans queue ni tête dans mon scénario parfait ?! Oo

Aetheria (la vraie) : C'est vrai, j'aimerais bien savoir qui a osé permettre que Trunkfutur me mette un cocard... Et, d'ailleurs, mauvaise nouvelle : ce n'est pas Lilian. Vu comme je l'ai torturée, elle aurait déjà avoué depuis belle lurette si c'était elle. u_u"

Oo (Elle l'a...)

Aetheria (la vraie) : Mais après ce que je viens de lire, là, j'ai un nouveau suspect ! =D *sort* Near ? NEAR !

X_X
Ne manquez pas le prochain chapitre : Les quatre larbins de service ! (>=o Vivement qu'on retrouve ce satané voleur, que je l'étripe !)

...
...
...
Aetheria (la vraie) : *fait les cent pas* Quoique, c'est peut-être Roy... Ou Kirua... Ou Hecto... Ou Crocro, Setsuna, Geese, Asca, Ewok, Trunkfutur, Akiestoy, Odiséus, Nessiah, Homasa, Akiro, Teddy, Briante, Anathos... A moins que ce ne soit Arcanos en personne ! o.o Hé bien, tant pis... Je vais TOUS les torturer !! >=D
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Jeu 15 Déc - 19:37

[Chapitre 18x : Sauvetage de dernière minute !!]

...
...
En avant, vous autres, et en silence...
...
Il devrait se manifester.

Aetheria (la vraie) : Bon, il vient ce sale voleur ? è_é
Lilian (la vraie) : On a dit silence ! u_u
Setsuna (le vrai) : Qui a volé, a volé, a volé...

*SBAM*

Crocro (le vrai) : On a dit silence ! >=)
...
?? : *caché dans l'ombre* Héhéhé... >=3 *commence à écrire*

Chapitre 19 : Les Quatre...

*apparaît devant le voleur* Je te tiens ! è_é ... Oo Mais...

??: Ah, pris je suis !
Aetheria (la vraie) : Oo Non, c'est pas vrai...
Lilian (la vraie) : Oo BISOU ! x_x
Fantôme de Bisou : Non, "fantôme de Bisou", nuance. =3
Crocro (le vrai) : Être fait comme un rat, paradoxal quand on est un hamster, non ? =p
Setsuna (le vrai) : <_<" On t'a pas demandé d'exercer ton humour pourri.

Mais... Pourquoi ? Pourquoi le fantôme d'un personnage muet comme toi aurait-il volé mon synopsis ? Oo

Fantôme de Bisou : De mon devoir il était de te rappeler les Maîtres-Mots de l'Auteur, et leur Loi...
Lilian (la vraie) : *o* Ouaaaaaaah ! Donnez-nous la connaissance, ô maître Bisou !!
Aetheria (la vraie) : Je te croyais pas idiote au point de te prosterner devant un hamster. >_>
Fantôme de Bisou : Pauvres mortels, trompés par vos illusions vous êtes ! Lorsque assassiné j'ai été, à l'ILLUMINATION DE LA REDACTION SUPRÊME j'ai accédé !! 83
Aetheria (la vraie) : *o* Ouaaaaaaah, la Rédaction Suprême... C'est trooooop la claaaasse !
Crocro (le vrai) : ...Mais comment se fait-il que tu connaisses ces commandements sacrés, toi, le fantôme d'un simple hamster anthropophage ? x_x
Setsuna (le vrai) : N'utilise pas des mots que tu ne connais pas ! =p
Fantôme de Bisou : Hum... A tout hasard les rappeler je vais. Imprévu, Surprenant, Romantique, Délirant, Tragique. Voici ce qui dans toute fiction acceptable figurer se doit.
Aetheria (la vraie) : Et alors, maître ? *o*
Fantôme de Bisou : Et alors, écrire des passages romantiques l'auteur ne sait pas. C'est pourquoi un coup de main le grand fantôme de Bisou a donné.

Je sais me débrouiller, Bisou. Pas besoin d'un hamster pour ça.

Fantôme de Bisou : Pas Bisou. "Fantôme de Bisou" est mon nom. >=3

Mais alors... Pourquoi avoir tant modifié l'intrigue ? o_o

Fantôme de Bisou : A cause des autres Maîtres-Mots forcé j'ai été. Trop dans le tragique tu étais, du romantique faire tu voulais, alors que cela tu ne sais pas. Le délirant oublié tu as, tout prévoir d'avance tu as osé, et plus que prévisible le résultat était... D'écrire cette fiction, indigne tu as été !! >83
Lilian et Aetheria (les vraies) : *en choeur* Oh oui, ô maître Bisou ! *o*

Oh, ça va, ne me discrédite pas devant mes personnages, non plus... u_u

Fantôme de Bisou : Pour le romantique de t'aider j'ai donc décidé, tout en modifiant l'intrigue. Pour les trois premiers Maîtres-Mots réglée l'affaire était. Avec tout cela, au délirant le fait que j'aie volé le synopsis contribue ! Tous les voici, nos cinq Maîtres-Mots ! =3 Excellent est le tragique, et bonne dans ce registre sans conteste tu es; mais là, soupé nous en avions bien. Du nouveau il fallait, un peu de folie mettre tu devais, vois-tu ?

...Tu as peut-être raison...

Lilian et Aetheria (les vraies) : *en choeur* Il A raison !! C'est le maître Bisou !! *o*

Mais vous allez arrêter, vous deux ? è_é

Crocro (le vrai) : Si tu n'étais pas un spectre, je t'aurais déjà cassé la guitare de Setsuna sur la tête. è_é
Setsuna (le vrai) : *serre sa guitare dans ses bras* Rends le synopsis.
Fantôme de Bisou : D'abord le Serment réitérer l'Auteur doit !
Lilian (la vraie) : J'ai rien compris mais c'est trop la classe ! *o*

Soit...
Je réitère donc le Serment d'utiliser dans cette fiction chacun des cinq Maîtres-Mots de l'Auteur, en les alternant régulièrement afin de satisfaire mes lecteurs. Je le jure sur tous les auteurs et les lecteurs du passé, du présent et de l'avenir.
...
Ça te va, comme ça ?! è_é

Fantôme de Bisou : Me remercier de mon aide aussi tu pourrais ! <83

Bon... Merci, mais si tu touches encore à mon synopsis chéri, je t'éviscère.

Fantôme de Bisou : Examiner ta fiction Pokémon également il me faut ! Que tu t'es corrigée vérifier je dois !!

Non, pas les six tomes de mon joli "En Direction du Firmament" ! Oo NOOOOON !!

Fantôme de Bisou : Hahaha ! Une blague cela était ! x3 *fait la révérence* Au plaisir, pauvres mortels ! *disparaît*
Aetheria (la vraie) : Oo Non maître, ne partez paaaaas ! Pleure
Crocro (le vrai) : J'arrive toujours pas à y croire.
Setsuna (le vrai) : J'en perds mes portées...
Crocro (le vrai) : Un fantôme de hamster enveloppé dans une cape brune qui pique un synopsis pour dégonfler la tête d'un auteur tyrann...

Retire ça de suite !! è_é

Crocro (le vrai) : ...pour rappeler des règles farfelues à un auteur, c'est n'importe quoi, c'est pas possible ! Oo
Setsuna (le vrai) : Tu as déjà oublié ? n_n
Crocro (le vrai) : Oublié quoi ?
Setsuna (le vrai) : Dans cette fiction, l'impossible devient possible ! Regarde, elle a décidé que je serais chanteur, et ici je le suis !
Crocro (le vrai) : Ah, je me disais bien que dans le monde réel tu n'avais pas de talent ! ^^
Setsuna (le vrai) : *empoigne sa guitare comme une massue* Répète ça pour voir ! è_é

...Je vais me remettre à écrire, moi, sinon le prochain chapitre n'arrivera jamais!

Aetheria (la vraie) : Ouais ! n_n

Donc, ne manquez pas le prochain chapitre : Les Quatre Larbins de Service Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse ! n_n' (J'ai échappé au pire ! Vive moi !!)
...
...
...
Au fait, Fantôme de Bisou...

Fantôme de Bisou : Oui ? =3

Pourquoi Near et pas n'importe qui ?

Fantôme de Bisou : Coller au maximum à la réalité pour cette fiction ton crédo est. De t'aider à l'appliquer j'ai décidé ! 83

>< Je crois que... Je me suis fait avoir... *tombe dans les pommes*
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Dim 18 Déc - 19:09

Chapitre 19 : Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse


Partie 1 : Les reliques divines


Cieux.

Sainte Orthographe : Non ! è_é Non, non et non ! Je ne leur donnerai pas ces reliques ! JAMAIS !!
Ryû : Allons... Tu sais bien qu'ils se sont désignés d'eux-mêmes. S'ils n'obtiennent pas leurs armes très vite, ils seraient capables de venir te les réclamer. Surtout Aldalen. Il a dépassé sa peur à ton égard, comme à celui de tous les autres dieux. Il sait que c'est toi qui as récupéré son Yrethânàh. Rappelle-toi que tu es sa marraine...
Sainte Orthographe : Mais justement, c'est Aldalen qui me pose un problème ! u_u Je ne peux pas lui donner son arme ! Mais c'est vrai, il va la réclamer, sa si précieuse faux, qu'il portait de manière si ostensible tant il en était fier... X_X Sans compter que ses frères l'appuieront. Contre un seul, je peux sévir, mais s'ils sont quatre... Ils seraient bien capables de me tuer.
Ryû : Pas sans leurs armes. Et sache que si tu ne les leur remets pas avant deux jours, je le ferai à ta place.
Sainte Orthographe : ...Soit. Mais Elfarniel est mort, et Faute d'Orthographe ne viendra certainement pas se joindre aux réjouissances. Quant à Targalok, n'en parlons pas.
Ryû : Demande à Maldânà. Je suis certain qu'elle acceptera ^^
Sainte Orthographe : Quoi ?! è_é Tu voudrais que je confie une Relique à cette garce ?!
Ryû : Oo" Vous êtes en conflit à ce point ? Bon, passons... u_u Tu pourrais simplement la charger d'éveiller le don chez Altharion. Et Ortimon pourrait remettre l'Yrethânàh.
Sainte Orthographe : Là, je suis d'accord. =) Je ne vais pas t'enlever le plaisir de revoir ton fils.
Ryû : =D J'ai hâte. Bientôt, je pourrai le voir plus souvent, puisque mes pouvoirs me reviennent.
Sainte Orthographe : Ryû...
Ryû : Oui, mon amour ?
Sainte Orthographe : J'ai... Tout dit à Décalia...
Ryû : Et alors, comment a-t-elle réagi ?
Sainte Orthographe : Je l'ignore, je suis partie avant... =s
Ryû : é_è Que t'arrive-t-il ?
Sainte Orthographe : *pleure* Rien, rien... Pleure
Ryû : *recueille une larme sur son doigt* Mais que... Qu'est-ce que c'est ? De l'eau ? o_o
Sainte Orthographe : Les mortels appellent cela une larme. L'eau sort de leurs yeux lorsqu'ils sont particulièrement heureux ou malheureux.
Ryû : Ah. ô_ô Et comment cela se fait-il que tu en aies aussi, si subitement ?
Sainte Orthographe : Je ne sais pas... *essuie ses larmes*
Ryû : J'espère pour toi que c'est passager, sinon, c'est la pire des nouvelles.
Sainte Orthographe : Que veux-tu dire par là ? é_è
Ryû : Je crois que... tu es en train de redevenir mortelle...
Sainte Orthographe : Ô_Ô Mais comment cela est-il possible ? Moi... Redevenir un pion sur l'échiquier ? é_è
Ryû : Targalok doit être derrière tout ceci ! è_é Et Faute d'Orthographe aussi !! è_é Si seulement... *fait craquer ses phalanges*
Sainte Orthographe : Ryû... Je ne t'ai jamais vu aussi en colère...
Ryû : Ne me dis pas que... Je ressens une... émotion ? o_o
Sainte Orthographe : Alors nous...
Ryû : ...allons avoir besoin des...
Sainte Orthographe : ...Quatre Cavaliers. x_x"
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Dim 18 Déc - 19:09

Chapitre 19 : Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse


Partie 2 : Agitation


D'un coup sec, Décalia tira les rideaux de sa fenêtre, laissant la lumière du jour illuminer la pièce qui en avait été si longtemps privée. En quelques gestes rapides, elle refit son lit, enfila une robe propre et repassée, puis s'empara de sa brosse et coiffa sa longue chevelure rouge. Une fois ces tâches achevées, elle prit un moment pour s'observer dans le miroir. La loque qu'elle était plus tôt avait disparu au profit de la Prêtresse de l'Orthographe. Cependant, quelque chose avait changé dans son expression. Alors que la joie et la sérénité formaient auparavant un masque sur son visage, elles lui semblaient à présent plus... naturelles. Comme si le fait d'accepter son amour pour Near l'avait déchargée d'une partie de son anxiété.
Un éclat de lumière inattendu se refléta dans le miroir. Par réflexe, elle se retourna... et tomba face à face avec Sainte Orthographe. Aussitôt, elle sursauta et recula de quelques pas. Sa main se posa sur le manche de ses Samirnàhs sans qu'elle n'eut à réfléchir.

-Qu'est-ce que vous faites ici ?! s'exclama-t-elle. Vous n'êtes pas ma mère, que je sache !
-Tu as beau ne pas être ma fille, tu restes la sur-promue de mon pays. A ce titre, tu es mon intermédiaire obligé avec ce monde. Ne crois pas que je m'en réjouisse plus que toi.
-Coment pouvez-vous me renier à ce point ? Aucun parent adoptif n'abandonnerait son enfant pour le seul prétexte qu'il est tombé amoureux !
-Il suffit ! s'écria la déesse d'un ton courroucé. Je ne suis pas venue pour écouter tes petites et ridicules amourettes de mortels.

Elle avait craché ce dernier mot avec tant de violence que Décalia en resta stupéfaite. Chose peu commune, la déesse portait sur le visage une ostensible colère, ce qui lui donna l'intuition que quelque chose se tramait loin d'elle, au sein des cieux. Malgré tout, elle décida de ne pas s'en mêler. Les affaires divines lui avaient causé trop de problèmes par le passé.

-Moi, au moins, j'accomplis mon devoir en assurant de mon mieux la survie du peuple dont j'ai la charge... Mais je ne suis pas là pour parler. Décalia, rassemble immédiatement tous les stratèges, roi et Conseil compris, dans la grande cour intérieure d'Eolia. C'est un ordre.
-Vous n'avez qu'à le faire vous-même.

La tension montait de manière palpable entre la déesse et la sur-promue, si bien que les doigts de la Prêtresse s'illuminèrent de l'éclat d'un sort sans même qu'elle ne l'ait activé.

-As-tu seulement une idée de ce que tu viens de dire, ma fille ?
-Assurément... Darkdana.

La gifle partit avant même que Décalia ne s'en aperçoive. Le coup fut si puissant qu'il la projeta à terre. La jeune femme posa aussitôt une main sur sa joue et leva les yeux vers celle qui avait si longtemps été sa mère. Sainte Orthographe l'observait à présent avec des yeux de rapace, comme un faucon prêt à fondre sur sa proie.

-Petite insolente !! s'exclama-t-elle, rouge de colère. Tu vas exécuter mes ordres ! TOUT DE SUITE !! Je suis une déesse, et toi une stupide petite mortelle. Tâche de te souvenir que ta vie dépend de mon bon vouloir !

Et elle disparut dans un faible éclat lumineux.
Décalia frotta doucement sa joue douloureuse. C'était la première claque qu'elle recevait de toute son existence. Ni la déesse, ni Byen n'étaient des adeptes de ce genre de châtiment. Il lui semblait aussi que c'était là la première fois que Sainte Orthographe la touchait à main nue. Jamais elle ne s'était mise à son niveau. Et surtout, jamais elle n'avait cédé ainsi à sa colère.
"Oui", se dit la Prêtresse en se relevant. "Les choses sont en train de changer..."
Décalia épousseta légèrement sa robe et soupira. Elle ne doutait pas que la déesse ferait tout pour la maintenair en vie. Après tout, sans Prêtre Sacré, elle ne pourrait pas sauver son pays. Seulement, désormais, elle n'hésiterait plus à la punir de manière cruelle, par exemple en ôtant la vie à ceux qu'elle aimait. A la pensée que la vie de Near dépendait de sa conduite, elle soupira une seconde fois avant de se glisser dans le couloir.

_-_-_

Arcanos : Donc, nous sommes bien d'accord en ce qui concerne le nouveau Conseiller.
Near : Oui. n_n
Arcanos : Bien. Il ne nous reste plus qu'à convoquer Décalia pour entendre les quelques informations rapportées par Odiséus. ^^
Near : Votre Majesté, je... Enfin, notre sur-promue est encore convalescente, et...

On toque à la porte.

Hecto : Hé, c'est un Conseil ici ! è_é
Serviteur : Votre Majesté, Dame Décalia d'Auréole sollicite une audience de toute urgence !
Ondorus : *note* Quand on parle de la Prêtresse... ^^
Nessiah : ... u_u
Arcanos : Formidable. Faites-la entrer !

Décalia passe les portes et s'incline devant le Conseil.

Near : Oo (Qu'est-ce que c'est que cette joue rouge ? Quelqu'un l'a giflée ?! QUI ?! è_é)
Décalia : Votre Majesté, pardonnez-moi d'interrompre ainsi ce Conseil...
Arcanos : Ce n'est rien, nous voulions justement vous y convoquer.
Décalia : Mais cela n'a rien à voir ! Sainte Orthographe exige la présence de tous les stratèges dans la grande cour intérieure, le plus rapidement possible !
Arcanos : Oo Et pour quelle raison ?
Décalia : A vrai dire... Je ne le sais pas moi-même. u_u"
Near : ... *regarde HectoRammstein*
Hecto : ... *regarde Arcanos*
Nessiah : ... *regarde vers le bas* u_u
Ondorus : ... *griffonne un dessin sur ses notes* =)
Arcanos : *se lève brusquement* Allons-y !
Ondorus : *sursaute et renverse son flacon d'encre d'Amira sur ses notes* x_x
Near : *se lève* Je me charge de prévenir les Gears of Revolution !
Hecto : *se lève* Et moi, des Golden Emblem et des Kiseki !
Décalia : Je m'occupe des Dragons de Lumière !
Nessiah : ...Bon, je prends les Gladiateurs, puisque c'est tout ce qui reste... u_u *se lève*
Ondorus : Hé, attendez-moiiiiiii !! Oo

_-_-_

Homasa : Mais si, Akiro, je te JURE que mon ancêtre est dans ma tête !
Akiro : Tu es sûr que tu n'as pas reçu un coup dessus, plutôt ? é_è
Homasa : u_u" (Il m'exaspère...)
Akiro : Tu as dû rêver ! Ça arrive parfois quand on a été évanoui trop longtemps...
Homasa : (Ah, idée !) Akiry ? =)
Akiro : Oui, Homy ? n_n
Homasa : ... MORT. >=D
Akiro : Oo AAAAAAAAAAARGH ! *s'évanouit*
Homasa : Et voilà ! ^^ C'est aussi simple que ça.
Eriël : Je vois... Je comprends mieux.
Kirua : *entre* Homy, Akiry, vous... Quoi ?! Oo Encore ? XD
Homasa : Oui x)
Kirua : Je viens de recevoir une information. Il faut absolument que tous les stratèges descendent dans la cour.
Homasa : Ah. =/ Et pourquoi ?
Kirua : Je n'en sais rien, c'est Décalia qui m'a demandé de le transmettre à tout le monde à l'hôpital. D'ailleurs, je file, je dois avertir Kilkoopa !
Homasa : Attends, comment...
Kirua : A plus ! =) *sort*
Homasa : ...on fait pour descendre Akiro ? x_x
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Décalia
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Dim 18 Déc - 19:10

Chapitre 19 : Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse


Partie 3 : Renaissance


Essoufflé, Near se glissa dans les rangs des stratèges et prit place sur une marche de l'escalier nord qui menait à la cour intérieure. Il avait parcouru une bonne partie des couloirs de la forteresse, monté et descendu des escaliers interminables, jusqu'à être certain que tous les Gears of Revolution avaient été prévenus. Mais enfin, il ne manquait plus personne, et il pouvait se permettre de prendre un peu de repos.
De sa position haute, il vit la foule s'amasser sur les marches des escaliers nord et sud, alors que les autres membres du Conseil et le roi Arcanos se tenaient sur le côté de la cour en cercle. Il savait pertinament que son devoir était de les rejoindre. Pourtant, il avait le sentiment que ce n'était pas une priorité.
Deux rangs à peine devant lui, Décalia discutait avec Aetheria. Il avait choisi cette place en toute connaissance de cause. Il ressentait le besoin de l'observer sans être vu. Et de juger de la véracité de la rumeur qui lui était parvenue. Il ignorait encore s'il devait en rire ou en pleurer; mais il avait besoin de savoir. Si la rumeur mentait, alors il n'avait aucune raison de s'en faire. Mais si elle s'avérait véritable, serait-il capable de choisir entre sa fidélité pour Fumika, qu'il aimait depuis des années en silence, et l'amitié ambiguë qu'il ressentait à chaque fois qu'il entendait le nom de Décalia ?

-Je ne trouve plus Ortimon, disait la Prêtresse à sa meilleure amie. Je me demande ce qu'il peut bien faire.
-Il a été inconscient pendant plusieurs jours. C'est normal qu'il veuille se dégourdir un peu les jambes !
-Il ne serait pas parti sans me prévenir. Je le connais. A chaque fois qu'il dort plusieurs jours d'affilée, il doit venir me voir, pour être sûr que je le reconnaisse.
-Il avait pris combien de centimètres, la dernière fois ?
-Oh, une vingtaine...

Décalia semblait profondément soucieuse. Son regard se détourna d'Aetheria et plongea vers les membres du Conseil. Near se demanda intérieurement si c'était sa silhouette qu'elle cherchait des yeux.

-Tu cherches Near, hein ? se moqua Aetheria.
-Je dois t'avouer que oui... Et je sais que tu es au courant. Kirua m'a dit que tu l'avais forcé à tout te révéler.
-A vrai dire, on s'en doutait tous un peu. J'ai même entendu Asca dire une fois que tout le monde savait que vous finiriez ensemble. Je dois t'avouer que Shadowind m'a mis quelques doutes, mais bon...
-Tu crois... Tu crois qu'il m'aime aussi ? demanda-t-elle d'une voix faible.

Le coeur de Near fit un bond dans sa poitrine, et il sentit rougir à vue d'oeil. A cet instant, il n'avait qu'une envie : descendre, lui faire face, et lui dire que... Que quoi, au fait ? Mais les gradins se remplissaient, les rangs se resserraient, et c'est à grand-peine qu'il comprit les derniers mots d'Aetheria :

-Je n'en sais rien. Tu as beau me dire qu'il a une petite amie, la façon dont il te regarde laisse un petit doute.

Le Premier Conseiller haussa un sourcil. D'une part, Fumika n'était pas vraiment sa petite amie. Il lui avait proposé de sortir ensemble, mais la jeune femme n'avait jamais accepté. Ni refusé. Et puis, il ne s'était jamais rendu compte qu'il ne regardait pas Décalia de la même manière que les autres. "Et si c'était véridique ?"
Il voulut tendre l'oreille pour en entendre davantage, mais une clameur monta peu à peu dans la foule. Il baissa les yeux vers le cercle, au centre duquel quelque chose semblait se produire. Aussitôt, il imita les autres stratèges et se leva pour mieux distinguer la scène.
Une explosion de lumière les aveugla, et Sainte Orthographe apparut au milieu de la zone dégagée. Une seconde plus tard, un vent glacial parcourut la cour, et un dieu se matérialisa à ses côtés. De grandes ailes de dragon de glace claquaient dans son dos dans un grand fracas de cuir. Il n'eut aucun mal à reconnaître Ryû, dont Shadowind lui avait parlé.
Puis, une multitude d'éclairs frappa un autre point du cercle, derrière le couple divin, et de grandes flammes jaillirent du néant. Un cri de terreur monta des rangs qui en étaient les plus proches, et les Conseillers reculèrent d'un pas prudent. Une déesse émergea du brasier, puis l'éteignit d'un claquement de doigts. Sous sa longue chevelure violacée et bouclée, son visage d'albâtre était d'une douceur sensationnelle.
Enfin, dans une diffusion de lumière à peine perceptible, un quatrième dieu apparut, formant avec les trois autres un carré parfait. Il portait une longue robe de prêtre blanche ainsi qu'une cape d'un bleu très foncé. Deux longues mèches de cheveux blonds encadraient son visage jeune, où deux yeux d'un bleu pur reflétaient une bonté et une sincérité désarmantes. On lui aurait facilement donné dix-sept ou dix-huit ans s'il avait été humain. Il parcourut l'assemblée du regard et, lorsqu'il aperçut Décalia, lui fit un petit signe de la main. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle comprit de qui il s'agissait.
C'était Ortimon.
Les quatre divinités se regardèrent et se firent un petit signe de tête. Ils se tournèrent ensuite vers la foule, chacun de leur côté, et Sainte Orthographe prit la parole, d'une voix si forte que tous purent l'entendre.

-Stratèges d'Hokiseki, nous vous saluons.
-Nous vous saluons, reprirent-ils en choeur.
-Aujourd'hui, poursuivit Ryû de sa voix grave, si nous descendons de nos plans célestes, c'est en raison d'un évènement qui dépasse nos compétences.

Ils levèrent d'un même mouvement leur visage et leurs bras vers le ciel, et dirent ensemble :

-Le temps de la Renaissance est venu !

Alors, depuis le ciel, huit éclairs frappèrent les bords du cercle dans un grondement terrifiant. Pas un n'osa crier, et le silence demeura absolu. Le moment était solennel et emprunt d'une magie divine, si bien qu'aucun stratège ne ressentait de peur ou d'appréhension.
La déesse que Décalia et Near ne connaissaient pas prit la parole à son tour.

-En ce jour, les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse renaîtront de leurs cendres, et reprendront possession des pouvoirs hérités des dieux.
-Que les quatre frères reviennent à la vie !

De nouveaux éclairs frappèrent les dalles de marbre. Au milieu de la foule, Akiro se redressa en sursaut dans sa civière, comme si les mots des divinités l'avaient fait sortir de sa torpeur. Il regarda frénétiquement autour de lui, frémit en apercevant les divinités rassemblées, puis s'apaisa en découvrant Homasa à ses côtés.

-Qu'est-ce que j'ai raté ? demanda-t-il sur un ton joyeux.
-Chut, le coupa le bretteur, les yeux fixés sur le centre de la cour.
-Chacun de ces héros recevra des mains de l'un d'entre nous l'arme que les dieux avaient forgé pour lui, clama Ortimon d'une voix profonde de jeune homme. Avec ces artéfacts du monde supérieur, les dieux leur confient leurs secrets et leur octroient leur confiance.
-Que les Cavaliers s'avancent à l'appel de leurs noms !

Une gerbe d'éclairs frappa le centre du cercle, dans le dos des quatre divinités. Un piédestal doré se dessina alors à l'endroit précis où ils avaient frappé. Les stratèges en avaient le souffle coupé. Seule Décalia osait éprouver de la lassitude. D'expérience, elle savait que cela ne relevait que de peu de pouvoir, et que le but de cette mise en scène était plus de les impressioner qu'autre chose.
Sainte Orthographe prit place sur l'estrade ainsi formée. Elle balaya la foule d'un regard dur avant de parler.

-Moi, Sainte Orthographe, anciennement Darkdana, déesse de la lumière et du beau langage, protectrice de la nation bénie d'Hokiseki, reine des Neuf Terres Célestes et fédératrice des Quatre Confréries, je possède désormais les droits sur l'Hòvelinàh, le sort maîtrisant la puissance divine du mouvement et des courants aériens, le tome incarnant le vent personnifié, l'oeuvre perdue d'un esprit éthéré qui n'a pas été en mesure de participer à cette cérémonie. En conséquence, et par ma vertu de déesse, j'appelle à moi le Charmeur de Brises, le vénérable Théléos !!

Un lourd silence s'installa dans la cour d'Eolia. Au bout d'un moment, un mouvement général sembla naître du côté de l'escalier sud. La foule s'écartait de son mieux, libérant le passage à une silhouette fort reconnaissable. Certains laissèrent échapper un hoquet de surprise en distinguant son visage.
Asca s'avança d'un pas noble et décidé vers la déesse et vint se placer au bord du cercle, en face du piédestal et des trois autres divinités. Ses yeux gris perle étincelaient de bonheur au milieu d'une sagesse nouvelle.

-Avance, Asca, descendant de Théléos, fils de Sarya.

Il obtempéra sans discuter. L'archimage s'approcha de manière à prendre la place qu'occupait la déesse avant de prendre place sur le piédestal. Il posa ensuite un genou à terre, dans la position d'un chevalier lors de son adoubement. Chacun de ses gestes semblait avoir été répété des millions de fois et calculé à l'extrême. Alors, Sainte Orthographe agita la main d'un geste gracieux, et la cape d'Asca passa du vert à l'argenté. Elle joignit ensuite les mains, et une sphère de même couleur apparut au-dessus d'elle. La déesse leva le bras, le plongea dans la sphère comme si elle n'existait pas, et en sortit un tome magique vert et argent. La sphère argentée disparut comme elle était venue.

-Voici ton bien, fils de Sarya.

Asca se releva, les yeux brillants, et s'approcha un peu plus du piédestal. Sainte Orthographe lui tendit l'Hòvelinàh, et il le prit avec autant de révérence que s'il s'était agi d'un trésor inestimable. A la grande surprise de l'assemblée, la déesse l'embrassa sur les deux joues et le serra contre elle comme s'il s'était agi de son propre fils. Il reprit ensuite sa place au bord du cercle, et Sainte Orthographe descendit du piédestal pour former à nouveau un carré parfait avec les autres divinités.
Ce fut au tour de Ryû de prendre place sur l'estrade dorée.

-Moi, Ryû, dieu de la Lune et des souffles glacés, protecteur de la nation bénie de Khary, roi des Douze Vents Célestes et guide de la Confrérie des Sept Cristaux, je possède depuis toujours les droits sur la Seldan'àh, la lame issue des vents violents et des tempêtes incessantes, l'épée renfermant les typhons célestes, l'oeuvre vert et argent de mon propre esprit éthéré. En conséquence, et par ma vertu de dieu, j'appelle à moi le Souffle d'Acier, le vénérable Eriël !!

La plupart des têtes se tournèrent par réflexe vers Homasa, mais celui-ci ne leur accorda pas la moindre attention. Ses pensées et celles de son ancêtre lui semblaient avoir fusionné brutalement, lui donnant une identité mixte et unique. Son sang bouillait dans ses artères, et tout son corps tremblait d'euphorie à l'idée de pouvoir à nouveau tenir sa lame entre ses mains et de toucher ce fourreau qu'il avait si souvent porté au côté dans sa vie précédente. Il savait exactement ce qu'il avait à faire.

-Homasa ! s'écria Akiro en le voyant partir. Mais où vas-tu ? Reviens !!

Il ne prit pas la peine de répondre. Toutes ses pensées étaient rivées sur ce qu'il allait accomplir à cet instant.
Les stratèges s'écartaient sur son passage, et il s'en réjouit intérieurement. Quiconque aurait tenté de lui barrer la route vers SA Seldan'àh se serait fait trancher en deux. Or, il était contraire au protocole de se présenter couvert de sang devant les dieux...
Au terme d'un chemin qui lui parut durer une éternité dont il savoura chaque seconde, il parvint à la périphérie du cercle.

-Avance, Homasa, descendant d'Eriël, fils de Sarya.

A ces mots, il se plaça de manière à former un carré avec les trois autres divinités. Il sentit leurs regards l'envelopper, et cette impression lui procura une intense sensation de bien-être, comme s'il rejoignait sa famille. Sans aucune hésitation, il mit un genou à terre et ferma les yeux. Il savait d'avance ce qui allait se produire dans les moindres détails.
Ryû agita promptement la main, et un manteau argenté apparut sur les épaules d'Homasa. Son contact lui rappela une vague de souvenirs si puissante que des larmes lui vinrent aux yeux. Il avait vécu tant de choses avec ce manteau, au point que, presque plus que l'épée, ce vêtement représentait son titre et ses pouvoirs.
Le dieu des dragons fit ensuite apparaître une sphère d'argent dont il sortit une lame incurvée particulièrement longue, rangée dans un fourreau qui semblait fait d'écailles de dragons de vent.

-Voici ton bien, fils de Sarya.

Homasa se releva, son esprit débordant d'émotions plus ou moins contradictoires qu'il ne cherchait pas à identifier clairement. Il s'avança vers le piédestal et reçut dans les mains la Seldan'àh. SA Seldan'àh. Au moment où il sentit sous ses doigts les écailles douces et lisses, il eut l'impression qu'il allait imploser sous l'effet de la joie. Il l'ajusta de manière ostensible à sa ceinture de sorte que tous puissent la voir, enfila le manteau qui lui donnait son titre, puis étreignit Ryû avec un grand bonheur avant de rejoindre la limite du cercle.
Il coula un regard vers Asca-Théléos, qui lui sourit avant de reporter son attention vers l'estrade où se tenait désormais la déesse inconnue. Elle rejeta gracieusement sa chevelure en arrière et entonna les paroles rituelles.

-Moi, Maldânà, déesse des Eléments et de la magie Anima, protectrice de la nation bénie de Lyarvas, reine des Huit Cercles de Feu et maîtresse de la confrérie des Deux Volutes, je possède désormais les droits sur le Don des Âmes, le pouvoir de s'entretenir avec les esprits des morts, la sainte capacité de maîtriser les ombres couvrant le monde, l'oeuvre spirituelle d'un esprit éthéré qui n'a pas souhaité participer à cette cérémonie. En conséquence, et par ma vertu de déesse, j'appelle à moi le Messager des Âmes, le vénérable Altharion !!

A cet instant précis, Akiro bondit de sa civière, faisant sursauter Kirua qui se tenait à ses côtés, et commença à avancer très lentement, comme s'il était manipulé tel un pantin.

-Mais... Akiry, qu'est-ce que tu fais ? s'exclama le journaliste.
-Je n'en sais rien ! s'écria-t-il, son visage reflétant la peur et l'incompréhension. J'ai l'impression que c'est mon ombre qui me pousse !

Kirua bondit alors et se saisit du bras du Druide noir pour tenter de l'arrêter, mais il assista alors à un phénomène inouï : sa propre ombre se détacha du sol et saisit son bras dans une poigne glacée. Par réflexe, il se dégagea, laissant Akiro fendre la foule de sa démarche chaotique. Sur son passage, les stratèges éclatèrent de rire, les uns après les autres, donnant lieu à un élan d'hilarité incontrôlable dans toute la cour. Le mage jeta un regard autour de lui, mais personne d'autre ne descendait vers le centre. "Et si... Et si j'étais vraiment le descendant d'un Cavalier de l'Apocalypse ?" se demanda-t-il soudain.
Il lista en silence les points qui semaient le doute en lui. En effet, il avait toujours eu un rapport particulier avec la magie noire. Sa pratique lui paraissait absolument naturelle, même s'il avait souvent des ratés. Des ratés, certes, mais qui prenaient parfois des formes étranges, qui stupéfiaient les spécialistes. Comme lors de son combat avec Briante...
"C'est impossible, je suis bien trop pitoyable... Je m'évanouis en entendant un simple mot..." pensa-t-il alors. Cependant, à force d'y penser, il finit par admettre qu'il pouvait peut-être être le descendant d'Altharion. Et ce fut de son plein gré qu'il descendit les dernières marches pour atteindre le sable de la cour.

-Avance, Akiro, descendant d'Altharion, fils de Sarya.

"Pas de doute, c'est moi" songea-t-il en s'avançant à son tour. Poussé par l'idée d'imiter ses deux camarades, il ne s'aperçut pas que ses gestes étaient naturellement identiques. Aucun des stratèges qui venaient à peine de l'apercevoir ne pensa un seul instant qu'il n'avait pas fusionné avec son ancêtre.
Akiro s'arrêta à la place qu'avait occupé la déesse et posa un genou à terre. Maldânà agita les doigts d'un geste gracieux, et la cape noire du druide passa à l'argenté. Elle leva ensuite le bras, fit apparaître une sphère d'argent et y plongea la main. Lorsqu'elle l'en sortit, elle ne serrait aucune arme, mais elle était couverte d'un étrange liquide argenté.

-Voici ton bien, fils de Sarya.

Akiro se releva et s'approcha mécaniquement de la déesse. Maldânà approcha alors ses doigts nimbés d'argent de son front et y traça un sigle mystique. Lorsqu'elle l'eut achevé, le jeune homme fut aveuglé par une lumière argentée. Il voulut crier, mais sa voix mourut dans sa gorge lorsqu'il sentit un autre esprit se mêler au sien.

-Ah, enfin... Ce n'était pas trop tôt.
-Vous êtes... Altharion ?
demanda Akiro d'une pensée.
-Je l'étais. Mais à présent... NOUS sommes Akiro El Derdan...

Au terme de quelques secondes de silence gêné, Akiro prit la main de la déesse, dont le fluide argenté avait disparu, puis y posa un baiser léger. Maldânà lui sourit, signe qu'elle avait compris qu'Altharion était enfin de retour. Alors, le troisième Cavalier de l'Apocalypse se retira aux abords du cercle, la laissant céder sa place à Ortimon. Le jeune dieu s'éclaircit discrètement la gorge, visiblement gêné d'avoir à prendre ainsi la parole.

-Moi, Ortimon, apprenti dieu sans attributs ni pays, sans royaume ni serviteurs, je possède désormais les droits sur l'Yrethânàh, l'arme forgée à partir du sang des morts et celui de son porteur, la faux la plus lourde et la plus redoutable jamais créée, l'oeuvre légendaire d'un esprit éthéré qui n'a pas souhaité participer à cette cérémonie. En conséquence, et par ma vertu d'apprenti dieu, j'appelle à moi le Comte de la Mort, le vénérable Aldalen !!

Le silence revint, plus lourd et plus pesant que jamais. Cependant, au bout de plusieurs dizaines de secondes, l'assemblée dut se rendre à l'évidence. Le Comte de la Mort ne venait pas récupérer son arme. Des murmures parcoururent les rangs des stratèges alors que les dieux échangeaient des regards inquiets. Ortimon avait pâli à vue d'oeil, et il se tordait discrètement les mains pour évacuer sa gêne. Aetheria choisit cet instant pour demander à Décalia :

-Que va-t-il se passer si les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse ne sont que trois ?
-Hé bien... répondit-elle en réfléchissant à voix haute. Les Cavaliers sont réputés pour avoir plus de force que les dieux lorsqu'ils sont réunis. A un contre un, ils ne valent pas les sur-promus. Donc, si nous ne devions avoir que trois Cavaliers... Nos forces seraient un peu plus faibles que celles de l'Empire.
-Rivaliser, mais pas vaincre à long terme, c'est ça ?
-A peu près, souffla la Prêtresse en baissant la tête.

Aetheria voulut inonder le Cavalier absent d'injures bien senties, mais au centre du cercle, les dieux avaient commencé à se concerter. Enfin, Ortimon reprit la parole, en se tournant cette fois vers Akiro.

-Le Comte de la Mort a été éveillé. Cependant, il n'est actuellement pas présent parmi nous. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser l'Yrethânàh sans porteur. Vénérable Altharion, je vous prie d'utiliser votre pouvoir dans le but de repérer la personne possédant le plus haut sang divin de Sarya dans l'assistance, afin de lui confier provisoirement la faux de la Mort.
-Ce sera avec joie, dit alors Akiro en posant un genou à terre.

Le Druide Noir marmonna quelques paroles dans un dialecte ancien, et les ombres de la totalité des stratèges se détachèrent du sol. Des cris de panique retentirent alors que le Messager des Âmes envoyait sa propre ombre à la rencontre des autres. Le jeune homme se redressa et sembla tendre l'oreille pour écouter des voix inaudibles pour le commun des mortels. Puis, peu à peu, certaines des ombres retournèrent à leur place, puis d'autres, et ce de plus en plus rapidement jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une, celle de...

-Near Fala ! Descendez, je vous prie !

Toutes les têtes se tournèrent vers le Premier Conseiller, qui ne savait plus où se mettre. L'espace d'un instant, il n'y crut pas, mais son ombre aérienne le lui prouvait. Lui qui souhaitait passer inaperçu pour écouter Décalia venait de manquer son coup.

-Ah, il était là-haut, ce truand ! s'exclama HectoRammstein en riant.
-Mais que faisait-il là, voyons ? Il était censé rester avec le Conseil !
-Votre Majesté, je crois que Décalia y est pour quelque chose...

En effet, la sur-promue observait à présent Near d'un regard inquisiteur. Le Premier Conseiller préféra éviter de la regarder en face et suivit les instructions d'Ortimon. Il descendit les marches, accueilli par une ovation générale des Gears of Revolution, et parvint aux côtés d'Akiro.

-Avance, Near, arrière petit-fils d'Elfarniel, dieu du Phenis et fils de Ryû et Sarya !
-Quoi ?! s'écria-t-il sans pouvoir se retenir.
-Mes respects, cousin, lui dit Akiro en affichant un sourire ravi.

Near aurait eu besoin de quelques minutes pour se remettre du choc causé par cette révélation. Lui, fils d'une famille modeste, parent d'Ortimon, des Quatre Cavaliers, et descendant de Ryû ? La tête lui en tournait presque. Malheureusement, il ne pouvait pas se permettre de mettre les divinités dans l'embarras. Il s'approcha donc en tentant de conserver sa prestance de Premier Conseiller.
Une fois parvenu devant Ortimon, il posa un genou à terre. Alors, le jeune dieu agita la main avec douceur, et une cape argentée apparut sur les épaules de Near. Celui-ci savait fort bien qu'elle ne lui appartenait pas, et qu'il lui faudrait la remettre au Comte de la Mort lorsqu'il l'identifierait, mais il ne put s'empêcher de ressentir un sentiment de fierté. Puis Ortimon fit apparaître une nouvelle sphère d'argent et dit avec une gêne palpable :

-Voici le bien qui te sera confié, descendant de Sarya. Tu dois le prendre par toi-même, car aucun être, dieu ou mortel, ne peut s'en saisir s'il ne possède pas le sang de Sarya.

Les propos d'Ortimon frappèrent l'assistance. Quelle était la puissance de cette arme pour que même les dieux ne puissent pas la prendre ? Near, lui, ne se posa aucune question. Il plongea lui-même la main dans la sphère argentée. Il eut le sentiment de l'enfoncer dans une sorte de gelée. Puis, soudain, il sentit un objet dur contre ses doigts. Il s'en saisit de son mieux et entreprit de le tirer hors de la sphère. L'espace d'un instant, celui-ci refusa de bouger. Puis, comme si l'Yrethânàh avait reconnu le sang de Sarya, l'arme se laissa tirer hors de son écrin.
Tout d'abord, un long manche d'ébène noueux émergea du néant, et il fallut plus de trois mètres avant que le métal lui-même apparaisse. L'objet recourbé était teinté de noir sur sa partie conçue pour la parade, et de rouge sur la partie tranchante. Le métal lui-même mesurait près de deux mètres de longueur. Lorsque la pointe eut quitté la sphère, Near sentit soudain son poids peser sur son bras. Mais alors que la texture annonçait plusieurs centaines de kilogrammes, le Premier Conseiller eut l'impression de tenir une simple lance de fer. Il entendit alors Ortimon soupirer de soulagement, et il comprit que sa réussite n'était pas assurée.
D'un geste un peu maladroit, Near attacha la grande faux dans son dos et rebroussa chemin jusqu'au bord du cercle, prenant la place réservée pour Aldalen, et Ortimon descendit de l'estrade sans dissimuler l'ampleur de sa gêne.
Les quatre divinités levèrent à nouveau leurs bras vers le ciel et annoncèrent en choeur :

-Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse ont retrouvé leur identité ! Que leurs pouvoirs leur reviennent par la volonté des Quatre Gardiens Célestes !!

Le piédestal doré disparut alors, et quatre arcs électriques partirent du lieu où il s'était tenu. Trois d'entre eux s'abattirent sur les Cavaliers de l'Apocalypse. Homasa, comme ses frères, eut l'impression que son coeur allait s'arrêter de battre. Une douleur aiguë le parcourut, et il tomba un genou à terre en même temps que les autres. Near resta seul debout, mais il les imita moins d'une seconde plus tard.
Alors, une intense lumière émana du centre du cercle, et une silhouette fantômatique apparut. Elle était semblable à une image reflétée sur une étendue d'eau : trouble et incertaine. Deux yeux violets, unique tache de couleur au milieu de cette ombre, s'ouvrirent lentement, et sept des êtres présents dans le cercle la reconnurent immédiatement. Il s'agissait de Sarya, telle qu'elle avait été, comme un souvenir lointain.

-Quatre Cavaliers, dit une voix faible alors qu'un battement de cils agitait la silhouette. Quatre fils, quatre armes, quatre dieux. Quatre lieux saints fondés par eux. Quatre objets contenant le secret de la déesse décédée. Quatre parchemins d'essence divine, pour un chemin vers le Temple Perdu, et le voile à lever...

Et l'image s'évanouit, comme poussée par un coup de vent. Asca et Akiro échangèrent un regard entendu, alors qu'Homasa fronçait ostensiblement les sourcils. Quant aux quatre dieux, ils semblaient plus surpris encore par cette apparition que par l'absence d'Aldalen.

-La déesse décédée a parlé, nous devons nous retirer, dirent-ils en choeur. Que ses paroles et nos actes vous mènent à la victoire !

Sur ces mots, ils disparurent dans un mélange de feu et de lumière.
Les Cavaliers se relevèrent. Eriël, Théléos, Altharion et Near, remplaçant d'Aldalen, se rejoignirent au centre du cercle, à l'endroit précis où les éclairs avaient fissuré les dalles de marbre. Les trois véritables Cavaliers s'étreignirent avec des larmes dans les yeux et accueillirent le Premier Conseiller comme l'un des leurs, tandis que les Conseillers se retiraient discrètement en compagnie du roi.
"Oui", pensa Décalia en observant le ciel avec un pincement au coeur. "Les choses sont en train de changer..."
Soudain, son regard se figea. Aetheria, qui se tenait toujours à ses côtés, finit par le remarquer et lui demander :

-Quelque chose ne va pas ?
-Aetheria... L'éclair...

La mercenaire leva les yeux à son tour et découvrit une traînée dorée dans les cieux, trace du passage de la marque de pouvoir d'Aldalen.

-Et alors ?
-Il est parti vers le nord.
-Tu veux dire... qu'Aldalen se trouverait en ce moment à... A Erliban ?
-Tu penses à la même chose que moi ?

Elles échangèrent un regard empli d'une inquiétude sans limite.

-...Roy ?!

FIN DU CHAPITRE 19

Qu'arrivera-t-il à Ryû et Sainte Orthographe ?
Qui sera le nouveau Conseiller ?
Akiro guérira-t-il enfin, grâce à Altharion, de sa...

Aetheria : Aurön, viens voir ! n_n
Aurön : Qu'est-ce qu'il y a ?
Aetheria : J'ai trouvé un nouveau jeu ! =)
Aurön : Ah ?
Aetheria : Regarde. Akiro ?
Akiro : Oui ? =)
Aetheria : Mort ! =D
Akiro : Oo AAAAAAAAAAAARGH ! *s'évanouit*
Aetheria : Vie ! x)
Akiro : *se réveille* Il s'est passé quoi ? -_-"
Aetheria : Mort ! XD
Akiro : Oo AAAAAAAAAAAARGH ! *s'évanouit*
Aetheria : Tu as vu ? *éclate de rire* C'est drôle, non ?
Aurön : ... x_x'

Quels seront les changements apportés par les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse ?
Quel sera l'impact de la Renaissance sur les descendants des Cavaliers de l'Apocalypse ?

Asca : =D (Ah, je me sens tellement bien, j'ai l'impression d'avoir pris de l'assurance !)
Homasa : =D (Eriël, ça sonne bien comme nom de bretteur ! Je devrais peut-être changer de nom !)
Akiro : u_u (Si seulement Altharion pouvait m'enlever cette peur DEBILE !!!!)

Lilian reprendra-t-elle de l'aplomb ?

Lilian : Mais-euh !! Je voulais être dans les Cavaliers, moi ! En plus j'ai un pégase, ça au moins ça fait cavalier, quoi ! è_é Félix !!
Félix : Mia-ouuuuu ! ^o^ (J'en ai marre de faire le chat ><)
Lilian : J'ai une mission pour toi >=D
Félix : Yay ! C'est quoi ? =)
Lilian : Je veux que tu dévores les Quatre Cavaliers ! >=)
Félix : Oo" Ce n'est pas dans mes attributions... (Plutôt mourir que de m'approcher d'eux !)
Lilian : Eh bien ça va le devenir ! è_é
Félix : x_x (Au secours la SPA, pitié !)

En tout cas, ça a déjà l'air d'aller mieux... o_o"
Qui est le descendant d'Aldalen ?

Aldalen : BWAHAHAHAHA ! Vous ne saurez RIEN ! Rien, rien, rien ! >=D

ET SURTOUT... Quelles seront les conséquences des révélations de Sarya ?

Arcanos : Je crois que tout ceci ne pourra être découvert qu'avec l'aide de nos Cavaliers et sur-promus...

Ne manquez pas le prochain chapitre : Ultime séparation ! =)
...
Oui, ça veut dire qu'il y aura un nouveau vote ! è_é Pas la peine de m'envoyer des tonnes de messages !!
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Décalia
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 19 Déc - 16:59

Chapitre 20 : Ultime séparation


Partie 1 : La Faux de la Mort


Ils étaient silencieux. Du moins, depuis plusieurs minutes d'affilée déjà. Seuls les sifflements lourds et puissants d'un acier sombre résonnaient dans la cour d'entraînement. Akiro leva les yeux à sa droite. Paupières fermées et rictus d'agacement impuissant s'affichaient sur le visage d'Homasa. A sa gauche, Asca ne perdait rien du spectacle, mais les petits soupirs qui lui échappaient trop souvent disaient à quel point la scène le désespérait.

-Pourquoi vous ne dites rien ? leur demanda-t-il finalement. Il ne s'en sort pas trop mal, pour un début !

Ces mots firent sursauter Asca, qui le dévisagea avec incompréhension, tandis qu'Homasa se frappait le front d'une main -celle qui n'était pas posée en permanence sur le fourreau de sa Seldan'àh.

-On voit bien que ton ancêtre n'a pas encore partagé tous ses souvenirs avec toi, regretta le Souffle d'Acier en se laissant glisser contre le mur.
-Nous placions peut-être trop d'espoirs en lui, suggéra le Charmeur de Brises. Il est certain qu'après seulement deux heures et avec nos indications approximatives, il ne pouvait pas égaler Aldalen.
-Si seulement il était là... se désola Homasa. Il pourrait lui apprendre mieux que nous la manière dont il maniait cette faux !
-AH ÇA, JE NE VOUS LE FAIS PAS DIRE !!

Akiro détacha son regard de ses frères pour le poser sur Near. Le Premier Conseiller avait provisoirement abandonné sa rutilante armure de Templier afin d'apprendre le maniement de l'Yrethânàh. Seulement, le temps passait, et le mannequin d'entraînement restait intact. Le jeune homme était désormais en sueur, et la rage le disputait à l'épuisement dans son esprit. La colère. C'était certainement la seule chose qui lui permettait de tenir le coup.
Homasa avait tenu à lui enseigner la meilleure manière de l'utiliser avant que les Cavaliers ne se lancent à la recherche d'Aldalen. Il savait que le Templier était un combattant hors pair, surtout avec un Holsety entre les mains; mais il ne s'agissait pas de s'assurer de sa propre protection. Il devait apprendre à utiliser l'Yrethânàh, tout simplement pour se défendre contre ceux qui ne manqueraient pas de vouloir la faire disparaître. Seulement voilà : Aldalen avait toujours employé des techniques d'une rapidité impressionnante dont ni Eriël ni Théléos ne possédaient le secret. Malgré tous leurs efforts, ils ne pouvaient pas expliquer à Near ce petit détail qui faisait toute la différence.
Et Near ne supportait pas l'idée même d'échec.

-Ah oui ! poursuivit-il en faisant décrire un nouvel arc de cercle trop lent à l'arme du Comte de la Mort. Si seulement MONSIEUR Aldalen Sylfaen avait bien voulu se POINTER quand on l'a appelé, JE ne me serais pas retrouvé là comme un IDIOT à vouloir me servir de cette arme BARBARE qui ne correspond pas DU TOUT à MON style de combat !!
-On ne te demande pas de l'utiliser pour toujours ! plaida Asca, qui ne savait visiblement pas comment calmer celui qui avait été son "seigneur" durant si longtemps. Je t'en prie, fais un effort. Si les quatre Armes de l'Apocalypse ne sont pas soudées dès le départ, aucun d'entre nous ne pourra se battre convenablement !

Alors qu'il finissait sa phrase, la partie noire de la faux vint heurter le mannequin à vitesse réduite sans lui faire le moindre dommage; ce qui arracha à Near un énième grognement évocateur où figuraient plusieurs jurons qui auraient certainement plongé Décalia dans le coma si elle avait pu l'entendre.

-Nom de nom de NOM D'ELFARNIEL ! Saleté de faux à la c...

Il voulut faire faire un demi-tour à l'Yrethânàh, mais son bras fut bloqué par une poigne plus solide que les chaînes de l'Enfer. Il tourna le visage avec hargne, puis son visage se décomposa lorsqu'il entrevit le regard d'Homasa. Ces yeux d'un noir pur, comme habités par un instinct de destruction absolue, n'étaient pas ceux d'Homasa... Mais ceux d'Eriël.

-J'espère pour toi que tu insultais le mannequin, et pas le présent des dieux à mon grand frère, lui sussura le Soufle d'Acier avec une colère glacée. Si tu oses déconsidérer tous les terribles efforts qu'il a dû faire pour l'obtenir... (Il tira légèrement la Seldan'àh du fourreau.) Avec tout le respect que je te dois, tu es mort.

Near déglutit péniblement et baissa les yeux sur la faux, qu'il tenait toujours à deux mains. Le manche noueux était trop long, il ne parvenait pas à porter ses coups avec précision. De plus, l'arme pesait de tout son poids sur ses muscles fatigués, car la quasi-totalité de la masse de l'objet de trouvait dans sa lame bicolore. Il essuya distraitement la sueur qui lui coulait dans les yeux d'un revers de manche et la fixa d'un oeil nouveau.
Aldalen... Comment avez-vous pu maîtriser une arme pareille ? J'aimerais tant vous comprendre... Alors que ces mots lui traversaient l'esprit, il saisit son erreur.
Ce n'était pas l'Yrethânàh qui devait s'adapter à son style de combat. Cette arme était trop particulière, et elle portait bien trop de souvenirs en elle pour qu'il méprise ainsi l'héritage d'Aldalen. C'était lui qui devait s'adapter, qui devait comprendre. Comprendre l'homme, pour comprendre l'arme.
Il observa le manche d'un oeil attentif, chose qu'il n'avait encore pas effectuée jusqu'à présent. Il était usé de manière égale sur toute sa longueur. Ce qui signifiait que son propriétaire changeait souvent la position de ses mains, et n'en privilégiait aucune dans sa technique. Son regard tomba sur l'extrémité, et il s'aperçut avec surprise qu'elle était aussi effilée que la pointe de la faux elle-même. Donc, il utilisait ce côté-ci aussi... songea-t-il.
Il s'aperçut soudain qu'il avait retrouvé son calme. Serein, il se tourna vers Asca, toujours plongé dans ses pensées, et lui demanda :

-Pourquoi Aldalen était-il appelé le "Comte de la Mort" ?

Le Charmeur de Brises soupira profondément et leva les yeux au ciel. Son sourire en disait long sur la force des sentiments qu'il éprouvait toujours envers son frère.

-Le Comte de la Mort... Eriël et moi l'appelions ainsi parce que... De tous les hommes, lui seul n'avait aucune crainte à l'idée de mourir. Il dispensait la mort selon sa propre justice, qui surpassait même celle des dieux. C'est pourquoi les hommes disaient qu'il était la Mort en personne. Il s'élançait toujours en première ligne, seul, et refusait toute aide. Aldalen était le premier sur le champ de bataille, et le dernier à le quitter; si possible après avoir décapité lui-même le renégat que nous étions censés capturer.
-Tu veux dire, comme pour le roi Ravan III d'Erliban ? s'enquit Homasa.
-Tu t'en souviens, n'est-ce pas ? Tu te rappelles de ce qu'il a dit le jour où nous avons assiégé son château ?
-"Faites ce que vous voudrez, mais moi, je pars en finir avec cet inconscient de Ravan, et je ne reviendrai que lorsque son cerveau de tordu sera en sécurité dans mon sac!" Bien sûr, comme si c'était hier. Il criait son nom dans toute la ville...
-"Ravan, espèce de souverain pourri de l'intérieur, viens te battre si tu es un homme !..."
-"...Et si tu es devenu aussi lâche que les autres, c'est moi qui viendrai te chercher !!"
-C'était un fou, commenta Akiro en hochant la tête. Excessivement violent. Il ne comprenait rien de ce qu'il faisait lui-même...
-Certes, mais quel panache, quelle prestance !

Pendant ce temps, Near poursuivait son inspection du manche. Il était sûr et certain que les réponses à ses questions s'y trouvaient. Bien que concentré, il ne manquait pas une miette de la conversation nostalgique des deux frères (et demi). Il fit bien, car ce fut par la bouche d'Asca qu'il trouva la clé du mystère.

-Oui, du panache, mais au début du combat seulement ! Il rentrait toujours couvert de blessures !
-Il y avait donc des gens capables de passer outre sa puissance ? s'enquit Near, intrigué.
-Bien sûr que non ! Il disait qu'il se les infligeait lui-même, pour se mettre au niveau de ses adversaires... (Asca baissa la tête, avec une expression honteuse.) Ce n'était jamais très grave, mais qu'est-ce que j'ai pu en soigner, des égratignures... Et qu'est-ce que sa femme a pu recoudre comme vêtements !

Une petite lumière s'alluma dans l'esprit à la logique si particulière du Premier Conseiller. Le déséquilibre facilitait la rotation. Les irrégularités du manche en augmentait la vitesse. Et, évidemment, les blessures collatérales... Il avait enfin l'impression d'avoir compris Aldalen. Tout ce qui lui restait à faire, c'était de se mettre dans sa peau. Et de l'imiter.
Il regarda le mannequin droit à l'endroit où auraient dû se trouver ses yeux, et s'imagina qu'il s'agissait de Zelphiar. Malheureusement, cela ne fonctionna pas, car il ne connaissait pas son visage. Il essaya Roy, mais il trouva la colère qui monta en lui trop ridicule par rapport à ce qu'il avait déjà pu ressentir. Puis, un troisième visage s'imposa à lui. Cheveux ébène, yeux sombres, sourire carnassier.
Faute d'Orthographe.
Il se sentit brûler de colère. Comme Aldalen. Aldalen était la justice mortelle. Il tuait quiconque s'opposait clairement à ses convictions, et se réservait les instigateurs de ces projets immoraux. Au fond, le langage SMS n'était qu'une autre de ces infractions. Une aberration à éradiquer.
Il pouvait presque la voir le narguer, lui sourire, l'air de lui dire "Jamé t'poura m'touché !". La fureur enfla, lui ôtant toute idée de survie. Il devait la détruire, ici et maintenant. Peu importeraient les douleurs, du moment qu'elle serait à terre, hors d'état de nuire. De préférence morte.
Il pensait comme Aldalen.
Il hurla de rage, faisant sursauter les trois Cavaliers en pleine discussion, et passa à l'attaque. La colère et le besoin de détruire le guidaient, au point qu'il n'eut même pas besoin de penser à la manière dont il devait agir. Il agirait. Peu importaient les conséquences.
Ses gestes furent d'une rapidité sensationnelle, mais Asca et Homasa, qui avaient pu observer Aldalen dans leur vie précédente, parvinrent à distinguer vaguement ses mouvements. Near fit passer le manche dans son dos, qui en épousa parfaitement la forme légèrement creusée à cet endroit. Tout en utilisant ainsi son propre corps comme outil de guidage, le Premier Conseiller empoigna le manche de ses deux mains et fit décrire un arc de cercle ultra rapide à la lame bicolore.
La tête du mannequin vola et alla s'écraser dans la poussère, une vingtaine de mètres plus loin.
Les Cavaliers voulurent le féliciter, mais il n'en avait pas fini. Il était dans l'esprit d'Aldalen. Le Comte de la Mort demandait vengeance. Et il la lui donnerait, il l'assouvirait, il rétablirait l'ordre !
Near fit tournoyer la faux autour de lui en utilisant exactement la même technique. Chaque creux du manche s'adaptait parfaitement à une partie de son corps, qu'il utilisait pour faire pivoter l'arme en modifiant sa trajectoire, sa portée et sa vitesse de manière totalement imprévisible. D'un geste d'une simplicité effarante, il la fit pivoter sur son épaule. La lame se planta dans le sol, et l'accélération qu'il lui avait donné le fit décoller dans les airs. Enfin, dans un cri de rage pure, il lui fit décrire une boucle verticale complète, et la faux vint cueillir Faute d'Orthographe -alias le mannequin de bois- dans le dos, la déchirant en deux dans le sens de la hauteur. Le Premier Conseiller se réceptionna parfaitement, observant son oeuvre avec une certaine satisfaction.
Il avait rétabli la justice. Il était le Comte de la...
A cet instant seulement, la douleur se fit sentir et l'obligea à mettre un genou à terre. Il considéra son épaule sanguinolante et son abdomen égratigné avec un détachement qui le surprit lui-même. Le frottement trop rapide du manche avait déchiré sa tunique blanche et entaillé sa peau. Ce fut au moment où il aperçut son propre sang qu'il reprit ses esprits. Son expression indifférente vira peu à peu à l'horreur la plus totale.
L'espace de quelques secondes, il avait été le portrait vivant d'Aldalen, il le savait. C'était la seule manière possible d'obtenir le contrôle de l'Yrethânàh. Il frémit au souvenir des sentiments qu'il avait éprouvés : joie, avidité, mépris, goût prononcé pour la violence... Il se sentait étranger à lui-même... Il détestait Aldalen.
Il sentit vaguement ses blessures se refermer sous l'effet des pouvoirs d'Asca, et aperçut dans la brume de l'incertitude Homasa qui lui tendait la main pour l'aider à se relever. Il l'observa d'un regard vide. A cet instant, il ne savait plus ce que ce simple geste signifiait. Ses idées s'embrouillaient les unes après les autres dans son esprit.
Toutes, sauf une.
Il avait compris ce qu'il devait faire pour être à peu près au niveau des Cavaliers; et il savait déjà qu'il ne le ferait plus jamais.
Je remplacerai temporairement Aldalen. Je vais protéger ma patrie et mes amis. Et, pour eux, s'il le faut...
...Du moins, pas tant qu'il pourrait l'éviter.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 19 Déc - 17:00

Chapitre 20 : Ultime séparation


Partie 2 : Les filles de Yu


Allongée sur son lit et les yeux rivés au plafond, Décalia rassemblait les informations qu'elle venait de recevoir. Son esprit au raisonnement draconique analysait les évènements et faisait le lien entre les plus proches, tout en les intégrant à la stratégie Hokisekienne. La présence de trois des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse changeait la donne et étendait lurs possibilités. Pour la première fois depuis le combat d'Alur, Décalia se surprit à avoir véritablement confiance en l'avenir.
Si seulement elle avait pu exclure l'hypothèse qu'Aldalen se trouve dans le camp ennemi...
Trois coups contre sa porte la tirèrent de ses réflexions. Qui peut bien me demander à cette heure ? se demanda-t-elle en se redressant. Peut-être Near. Aetheria m'a dit que le Conseil souhaitait me voir sous peu... Elle se leva, arrangea quelque peu sa chevelure et ouvrit la porte, prête à faire face à un Conseiller...
...Et se retrouva face à son double.
En face d'elle se tenaitune jeune femme qui semblait avoir son âge, et qui ressemblait trait pour trait à son propre reflet dans un miroir. Même chevelure de feu, même forme de visage, mêmes yeux de glace. Seul l'habillement les distinguait. L'inconnue ne portait pas de maquillage, ses cheveux étaient élégamment retenus par un ruban bleu, et elle portait une robe turquoise très simple. Malgré cela, Décalia dut cligner plusieurs fois des yeux pour admettre qu'elle ne se trouvait pas dans un rêve.

-Qui êtes-vous ? demanda-t-elle d'une voix légèrement tremblante.
-Mon nom est Ehrymël, répondit la jeune femme d'une voix si similaire à la sienne qu'elle manqua de défaillir. Suis-moi, nous avons à parler.

Sur ces mots, elle tourna les talons et s'enfonça dans l'enchevêtrement de couloirs. La Prêtresse lui emboîta aussitôt le pas, sans même chercher à protester tant le choc lui avait vidé l'esprit.
Elle avait trouvé son double parfait.
Au terme d'une marche brève, elles se glissèrent dans les quartiers d'Eolia qui avaient été attribués aux Gladiateurs. Enfin, Ehrymël s'arrêta devant une simple porte, située dans les quartiers des unités, et y frappa deux longs coups avant de l'entrebâiller. Décalia échangea un bref regard avec elle. D'un geste, son double l'invita à entrer, et elle obtempéra sans hésiter.
Un homme qui semblait avoir la quarantaine se tenait là, écrivant ce qui devait être une lettre. En l'entendant entrer, il releva les yeux, puis les baissa à nouveau. Ehrymël vint se poster auprès de Décalia et lui posa une main sur l'épaule. Alors, l'homme leva une seconde fois les yeux. En les apercevant ensemble, il eut un violent sursaut de surprise, et s'exclama aussitôt :

-Non, c'est impossible... C'est totalement impossible... Rymie, tu n'aurais quand même pas retrouvé...
-Si, j'en suis certaine. C'est bel et bien Luyarha.

Décalia se figea instantanément. Ce nom lui rappelait des souvenirs récents, ceux du jour où elle avait quitté les cieux pour devenir Prêtresse Sacrée. Ce jour-là, Byen avait enfin consenti à lui révéler son véritable nom : Luyarha Erechnya. A compter de ce moment, elle n'avait jamais pu l'oublier, et encore moins espérer l'entendre un jour dans une autre bouche que celle de son maître.

-Mais qui êtes-vous, messire ? demanda-t-elle, craignant la réponse qui lui serait offerte.

L'homme pleurait désormais, et ses quelques larmes se perdirent dans sa barbe blonde alors qu'il annonçait comme l'on se décharge d'un lourd poids sur le coeur :

-Je me nomme Tharyune Erechnya. Et je suis ton père.

_-_-_

-Comment m'avez-vous retrouvée ?

Ils s'étaient tous trois installés autour d'une table, dans un café d'Eolia, et avaient commandé trois limonades. Sur sa droite, le regard d'Ehrymël la couvait d'une bienveillance sans limite qui achevait de les différencier. Et sur sa gauche, Tharyune finissait son verre, comme pour gagner du temps avant de répondre. Enfin, lorsque son verre fut vide, il se lança.

-C'est Ehrymël qui t'a aperçue la première, durant la bataille d'Alur. Tu lui as retiré une blessure alors qu'elle était sous sa forme originelle.
-Mon protecteur m'a nommée Kisara, intervint l'intéressée.
-Je vois, commenta Décalia avec un léger sourire. Permettez-moi de récapituler. Père (comme ce mot était doux à prononcer), vous êtes du Dragon de Lumière, tout comme Ehrymël qui est ma soeur jumelle. Notre mère était Yu, l'Esprit-Flamme de Khary. (Il acquiesça.) Elle est décédée durant la Guerre du Langage, et Sainte Orthographe, qui m'a élevée, m'a dit m'avoir recueillie auprès de son cadavre. Comment se fait-il qu'Ehrymël et moi ayons été séparées ?
-Lors de la guerre, vous étiez très jeunes; un ou deux mois, pas plus. A cet âge-là, un bébé dragon a besoin d'énormément d'attention pour pouvoir survivre et grandir en bonne santé. Je devais vous mettre en sécurité, mais Yu refusait de prendre le risque que le voyage vous inflige des séquelles. J'ai donc fait un premier voyage avec Ehrymël, avec l'intention de revenir te chercher. Seulement, le temps que je revienne, le Sanctuaire d'Umell était cerné par deux autres sur-promus. Je n'ai pas eu d'autre choix que de me réfugier à mon tour, en espérant que Yu revienne d'elle-même... Jamais je n'aurais pensé que...

Tharyune se tordait les mains sous la table, et Décalia comprit qu'il s'en voulait terriblement de l'avoir abandonnée ainsi, plus de mille ans plus tôt.

-Vous n'avez pas à vous en vouloir, dit-elle doucement. L'essentiel est que nous soyons réunis.

Un silence empli de chaleur s'installa autour de la table alors que les deux soeurs se prenaient la main, bien décidé à rattraper plus tard les moments de bonheur qu'elles avaient manqué.


Dernière édition par Décalia le Mar 20 Déc - 12:10, édité 1 fois
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