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 L'Ere des Ombres - Chapitres

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Décalia
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MessageSujet: L'Ere des Ombres - Chapitres   Dim 4 Déc - 14:19

ATTENTION A TOUS LES LECTEURS DE L'ERE DES OMBRES

Ce sujet est réservé aux chapitres de la fiction. En aucun cas des commentaires ne doivent être postés ici. Un sujet sera créé spécialement pour cela, alors NE POSTEZ PAS ici, s'il vous plaît. Merci d'avance !


Introduction : Repères temporels et géographiques

Nous nous trouvons sur le continent de Webb, en l’an 1 de l’ère hokisekienne. Hokiseki est notre nation bien aimée, et son roi se nomme Arcanos. De nombreuses cités se sont élevées, représentant les alliances. Elles sont habitées par les unités et dirigées par les stratèges. Le chef de l’alliance en est le Maire. La capitale, où tous peuvent se retrouver pour s'affronter, se nomme Erdecomba. Les sceaux sont des portes derrière lesquelles on trouve de fabuleuses récompenses. Derrière la douxième de chaque magie se trouve une grotte de dragons. Quelques dragons de vent ont réussi à s’enfuir lors de l’ouverture d’une porte… (u_u) On pense qu’ils sont morts depuis longtemps.
Au départ, le territoire d'Hokiseki était divisé en cités-états. Les deux premières, Eolia (cité des Gears of Revolution dirigés par Near Fala) et Golyndel (cité des Golden Emblem dirigés par Laura puis par Eliwood) étaient en rivalité. Puis une troisième cité, Sparta, devint une puissance militaire. Ses membres, les Gladiateurs, dirigés par Teddy, prônaient la force brute et ont provoqué les deux cités. Eolia et Golyndel (ainsi que leurs alliés moins importants) ont formé la Coalition, dirigée par Near. En réponse, les Gladiateurs ont fait appel à Kiseki, la cité de l'alliance Kiseki dirigée par Arcanos. Alors que les tensions étaient au plus haut point, Arcanos proposa que toutes les cités-états s'allient sous sa bannière pour être respectées par les autres pays. Ainsi est né Hokiseki, dont Kiseki, renommée Erdecomba, est la capitale. Encore aujourd'hui, unités et stratèges préfèrent rester dans la cité de leur alliance, et les mentalités ont du mal à changer. Les Gladiateurs et les Gears of Revolution entretiennent toujours des relations conflictuelles. Auréole est une cité jeune créée par Décalia peu après la fondation d'Hokiseki. Cette cité a été la première à raviver le culte de Sainte Orthographe au sein d'Hokiseki.

Un conseil seconde Sa Majesté. Les membres du Grand Conseil sont :
- Near (Premier Conseiller)
- Laura
- Ondorus
D'autres membres le rejoindront par la suite. Vous pouvez demander à en faire partie plus tard.
Odiséus est un espion envoyé dans les pays étrangers pour le compte de Sa Majesté. On ne connaît pas sa position actuelle.

Nom des cités :

-Erdecomba, la Pacifique, capitale d'Hokiseki et fief des Kiseki. Chef : Arcanos
-Auréole, la Forteresse Resplendissante, citadelle des Dragons de Lumière. Chef : Décalia Erechnya
-Eolia, la Cité des Tempêtes, ville des Gears of Revolution. Chef : Near Fala, chef en second : Ewok
-Golyndel, ville des Golden Emblem. Chef : Laura Arnueri
-Sparta, ville des Gladiateurs. Chef : Teddy, chef en second : Briante

Géographie :

Au nord : Erliban est un grand empire séparé de notre belle nation par un fleuve, le Rinhan. Son empereur, jeune et belliqueux, a pour nom Zelphiar. Il rêve de nous écraser depuis notre déclaration d'indépendance.
Au nord-est : Séparé de nous par une chaîne de montagnes qui constitue son territoire àperte de vue, Khary est la nation où le Rinhan prend sa source. On ne sait rien de ces terres reculées, mais bien des légendes circulent à leur propos.
À l’est : Deux grandes nations, l’Ama et l’Ira, nous séparent de la mer. Elles sont le fruit de la séparation de l’empire d’Amira, et sont menées par deux frères qui se disputent encore le trône légitime : Am et Ir. Chacun nous demande notre soutien, mais notre bon souverain n’a pas encore annoncé sa décision.
Au sud : La mer de Cristal constitue notre frontière. Bien des marins ont tenté de la traverser… Aucun n’en est revenu.
Au sud-ouest : Dans cette direction, le désert vous attend. Cette région cacherait de nombreux trésors, mais de nombreuses tribus nomades les gardent.
À l’ouest : Le royaume de Lyarvas veut à tout prix s’allier avec nous. Son roi Félither multiplie les demandes d’alliance. Ce paradis des magiciens est en conflit permanent avec Erliban. Derrière Lyarvas, on trouve Galnéa, patrie de guerriers et de mages noirs prêts à tout pour de nouvelles conquêtes. Ils sont dirigés par le Conseil des Seize (ne me demandez pas pourquoi seize, je ne connais rien de ces traditions barbares). Mieux vaut ne pas nous frotter à eux, ils ont l’air coriaces.
Au nord-ouest : Traversés par le Rinhan qui se jette plus loin, trois royaumes (du plus proche au plus lointain : Phenis, Laghan et Escar) sont l’objet des convoitises de Galnéa, de Lyarvas et d’Erliban, pour qui ils ne sont que le passage obligé vers la guerre. Mais les nations des mercenaires n’ont pas dit leur dernier mot.

En outre, Hokiseki est traversé par six fleuves et rivières. Deux chaînes de montagnes forment une croix au centre d'Hokiseki, formant les Monts d'Ulian. Le lac de Cristal borde la capitale Erdecomba. La Mer de Cristal se prolonge à l'Ouest d'Am et d'Ir, longeant les hautes falaises et montagnes de Khary. Le Rinhan se jette dans la Mer de Diamant, où les pirates font de nombreux raids. Plus personne n'ose s'approcher de ces côtes.

Une carte est disponible à cette adresse : http://i48.servimg.com/u/f48/15/28/24/70/carte010.jpg (La ville de Geragon n'existe plus)

Des dieux protègent chaque pays :
-Sainte Orthographe, déesse de la lumière et de l'orthographe, pour Hokiseki;
-Ryû, dieu de la lune et protecteur des dragons, pour Khary;
-Targalok, dieu des morts et roi des dieux, pour Erliban;
-Maldânà, déesse des éléments entremêlés, pour Lyarvas;
-Faute d'Orthographe, déesse des ombres et du langage SMS, pour Galnéa;
-Danmar, dieu des forêts et de la chasse, pour l'Amira;
-Elfarniel, dieu du vent et des tempêtes, pour le Laghan, le Phenis et l'Escar.
On raconte qu'auparavant, trois autres divinités protégeaient l'Ama, le Laghan et l'Escar; mais les textes ne donnent pas leurs noms. On raconte aussi qu'il existait autrefois deux autres pays, l'un au nord-est d'Erliban et l'autre sur les terres désertiques, mais ce ne sont certainement que légendes.

Le premier chapitre sera posté dans quelques heures.
Merci beaucoup et bonne lecture à tous ! ^^
Décalia
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Décalia
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Dim 4 Déc - 14:56

Premier Arc : Les Sceaux de Pouvoir
Chapitre 1 : Le Début de la Fin


Partie 1 : Décalia


Auréole, cité des Dragons de Lumière, au nord-ouest d'Hokiseki, remparts de la tour Ouest.

Ortimon ajusta son casque pour la septième fois au moins depuis le début de son tour de garde. Trop grande pour lui, la pièce d’armure lui tombait sans cesse sur les yeux, et il pouvait passer ses deux bras ensemble dans les gants de mailles qui lui avaient été fournis. Après tout, se consolait-il, il aurait dû s’en douter. L’âge moyen des soldats d’Auréole dépassaient largement huit ans…
Le garçon était très précoce, de l’avis de tous ses supérieurs. Au bout de deux semaines passées parmi eux, il maniait déjà la lance et l’épée avec aisance, chevauchait son pégase comme un professionnel et surtout était presque plus loyal que les lieutenants. Une qualité que ses pairs utilisaient à leurs propres fins, et à ses dépens.
L’enfant se tourna vers les moines qui profitaient du soleil, appuyés contre le mur de pierre de la forteresse. Le soleil se reflétait de manière étrange sur leurs crânes rasés qui brillaient comme des œufs, et il dut se retenir de ne pas pouffer de rire. Il avait un profond respect pour ces adeptes de la magie blanche, capables de maîtriser l’incroyable puissance de la lumière à l’aide d’incantations rassemblées dans les tomes et de leurs pouvoirs innés. Jamais il ne se serait laissé aller à se moquer de l’un d’entre eux. Pourtant, ces trois-ci n’avaient pas fait grand-chose pour mériter ses faveurs…

-Excusez-moi, osa-t-il de sa voix fluette.

Les trois hommes se tournèrent vers lui d’un seul mouvement, ce qui semblait quelque peu effrayant. Leur coordination était parfaite : une nécessité pour un aspirant mage, quelle que soit la spécialité choisie.

-Que nous veux-tu ? dirent-ils en chœur.
-Je suis vraiment navré si je suis dans mon tort, mais n’êtes-vous pas censés monter la garde en ma compagnie ?

L’un d’entre eux afficha un petit sourire.

-Ecoute, gamin. A ton avis, à quoi cela sert-il que nous soyons quatre…
-Ou plutôt trois et demi, le coupa l’un de ses pairs, au bord de l’hilarité.
-…Trois et demi, donc, à surveiller un ciel sans nuage et une plaine uniforme durant deux heures ?

Leur répartie surprit Ortimon, qui balbutia timidement :

-Il doit y avoir une bonne raison…

"Car jamais ma sœur ne prendrait de décisions à la légère", ajouta-t-il pour lui-même. Cependant, il se garda bien de le dire à voix haute, car les consignes étaient claires : on ne devait rien apprendre de son ascendance. Les risques encourus étaient bien trop nombreux.

-Un jour, tu comprendras que ceux qui détiennent le pouvoir n’ont pas toujours raison.
-Quand tu seras plus grand.

"Quand tu seras plus grand." Cette expression, Ortimon la haïssait. Il avait une capacité de réflexion immense pour son âge, et ils le savaient bien. Pourtant, ils s’obstinaient à le rabaisser. Cela ne cesserait-il donc jamais ?

-Maintenant, sois gentil et laisse-nous profiter de ces rayons agréables.

Le moine referma les yeux, tirant un soupir au jeune chevalier pégase. En deux semaines, il avait déjà eu à supporter une dizaine de fois une situation similaire. Depuis, il s’était habitué à monter la garde seul.
Soudain, son sixième sens l’avertit que quelque chose d’important allait se produire. Devinant de quoi il s’agissait, il se boucha soigneusement les oreilles avec un large sourire. Les moines ne remarquèrent pas son étrange attitude, et ne comprirent ce qu’il arrivait qu’au moment où une voix forte leur parvint depuis les escaliers de la tour.

-Hé, vous là-haut ! Tas de fainéants ! Vous êtes censés monter la garde, pas vous dorer la pilule !! Tire-au-flancs !

Les mages blancs sursautèrent, et l’ombre d’un personnage de haute taille se planta entre eux et le soleil.

-Remuez-vous, espèces de cloportes, ou je vous jure que vous allez croupir au cachot pour tout le temps qu’il vous reste à vivre, comme les rats que vous êtes ! EXECUTION !!

Ils se levèrent en un clin d’œil, se mirent au garde-à-vous et s’écrièrent à toute vitesse :

-Oui-chef-bien-chef-à vos ordres-chef !

Ortimon se retourna, trop heureux à voir ceux qui le méprisaient paralysés de terreur. Ils avaient en face d’eux le commandant en chef des armées d’Auréole. Malgré sa jeunesse, Qarneb était capable d’inspirer le respect par son seul regard. Tout en lui clamait son autorité sur l’ensemble des soldats, et il flottait comme une aura de puissance autour de lui.

-Ah, elle est belle, notre cité ! s’écria-t-il en leur tournant autour, à la manière d’un loup ayant piégé trois lapins. Une ville gardée par des incapables qui ne pensent qu’à dormir, et qui laissent le travail aux loyaux ! Pour la peine, vous allez me balayer tous les couloirs, d’ici à la tour Nord, jusqu’à ce que ça brille ! Je vous conseille de commencer tout de suite, sinon…

Les gardes ne se firent pas prier : ils descendirent les marches aussi vite que leurs robes de moines le leur permettait. Lorsque leurs murmures effrayés et le bruit de leurs pas se turent, Qarneb se tourna vers Ortimon et le regarda avec bienveillance. Il s’agenouilla à ses côtés pour être à sa hauteur, lui ôta son casque et ébouriffa ses fins cheveux blonds.

-Toujours rien, Ortimon ?
-Rien, mon commandant. La Lumière nous garde, rien.
-Parfait. Tu fais de l’excellent travail, Ortimon. Tu restes vigilant… Même si le temps donne envie de sortir.

Il toussota un moment, comme si invectiver les moines lui avait abîmé la voix, puis il se releva et s’appuya à son tour contre les remparts.

-Les journées devraient toutes ressembler à celle-ci…
-Vous avez raison, mon commandant. Il est préférable de scruter la plaine pour rien que de ne pas le faire au moment où l’ennemi approche, n’est-ce pas ?

Qarneb sourit, et ce sourire emplit l’enfant de chaleur.

-La relève de la garde ne va pas tarder. Je te conseille de profiter de ton temps libre ensuite. L’hiver approche, et les beaux jours seront rares.

Ortimon acquiesça en riant, s’inclina brièvement, puis remit son casque, l’ajusta pour qu’il ne lui coupe pas la vue et recommença sa garde infatigable. Qarneb songea qu’il serait plus juste qu’il lui confectionne une armure à sa taille, mais pour une raison inexpliquée, les ordres le concernant étaient clairs : il ne devait bénéficier d’aucun traitement de faveur. Alors, le commandant appliquait ces règles. S’il allait le proposer comme lieutenant dans quelques jours, ce serait en raison de ses qualités, et non de quelque favoritisme que ce soit.
Perdu dans ses pensées quant au futur d’Ortimon, il ne remarqua pas la jeune femme qui venait de sa droite et la percuta de plein fouet au milieu du couloir. Elle tomba à la renverse, et, en bon gentleman, il lui tendit aussitôt une main pour l’aider à se relever.

-Oh… balbutia-t-elle en acceptant volontiers son aide. Veuillez m’excuser, cela ne se reproduira plus.
-Voyons, il n’y a pas de mal, tenta-t-il pour la rassurer.

Elle rougit, ce qui la rendit plus mignonne encore de l’avis du commandant. Il remarqua alors qu’elle portait une armure de chevalier pégase. Il était pourtant certain de n’avoir recruté aucune femme à ce poste… Il s’attarda sur son visage. La jeune femme avait des yeux bleu ciel et une chevelure légèrement plus foncée qui tombait gracieusement sur ses épaules. Deux mèches rebelles encadraient sa figure angélique. La forme de son visage lui rappelait quelque chose… Mais quoi ? Il ne parvenait pas à s’en souvenir.

-Excusez-moi si je vous importune, mademoiselle, mais qui êtes-vous ?

Elle parut gênée, mais elle ne baissa pas le regard. Une attitude elle aussi familière…

-C’est-à-dire que je suis nouvelle ici, et… En fait, je…

Cette simple phrase éveilla une véritable tempête dans l’esprit du commandant. En effet, il avait le défaut particulier de voir le mal dans tous les recoins suspects. Selon lui, la situation était louche, et il n’y avait qu’une explication possible : cette femme était une espionne, et, à en juger par la couleur de ses vêtements et son petit air de défi, elle devait venir de l’une des nations de mercenaires. Or, la plus proche n’était autre que Phenis… Dont la frontière s’étendait à quelques kilomètres à peine d’Auréole.

-Trêve de bavardages. Avoue que tu es une espionne de Phenis !
-Comment ? s’exclama-t-elle. Mais non ! Je suis…

Avant qu’elle n’ait pu terminer sa phrase, deux soldats la ceinturèrent.

-Gardes, ligotez-la bien serré, je me charge de la conduire au Maire.
-Arrêtez, vous me faites mal ! Lâchez-moi !
-Tais-toi, traîtresse, dit le commandant en sortant un bâillon.

Elle se débattit en vain, et Qarneb approcha ses lèvres de son oreille.

-Tu ne pensais pas que tu serais si vite découverte, n’est-ce pas ? lui murmura-t-il. J’ai déjà attrapé des espions, mais aucun d’aussi agréable à regarder que toi. Cela me plaira énormément de te torturer. Je te garantis que tu finiras par avouer.
-Plutôt mourir ! lui cracha-t-elle au visage.

Il la bâillonna aussitôt, et serra si fort le tissu qu’elle crut qu’il allait lui arracher la bouche.

-Maintenant, allons-y, ordonna-t-il avec un sourire satisfait.

A force de se débattre, la femme parvint à échapper un court instant aux deux soldats, mis elle sentit aussitôt les pointes de deux lances qui se pointaient sur son dos, et décida d’obéir. Elle se consola en imaginant ce qui les attendrait lorsqu’ils découvriraient qui elle était. Elle rit sous cape. Qarneb prit ses mouvements convulsifs pour des pleurs, et cela le fit sourire de plus belle. Il fit un signe aux soldats, et ils s’enfoncèrent dans les couloirs.
Au bout de quelques minutes, les murs se firent plus colorés, signe qu’ils entraient dans les quartiers des stratèges. Plus ils avançaient, plus le décor s’enrichissait. Enfin, au moment où il parut impossible d’y ajouter plus de richesses et de parures, le convoi s’arrêta devant une double porte immense, où était peint avec talent un dragon doré stylisé sur fond de ciel et entouré de quatre étoiles argentées. Un serviteur leur ouvrit, et ils entrèrent dans le lieu le mieux protégé d’Auréole.
Les murs de la salle avaient été peints de bleu ciel doux et recouverts chacun du symbole de l'Alliance des Dragons de Lumière représentant trois étoiles blanches sur fond noir. Des étagères remplies de documents classés étaient alignées, remplissant tout l’espace. Un tapis bleu roi recouvrait le sol, et un bureau de bois massif trônait au milieu de la salle. Cachée derrière des piles de parchemins couverts d’une écriture ronde, une femme à peine sortie de l’adolescence rédigeait une lettre.
Qarneb posa un genou à terre et baissa respectueusement la tête.

-Ma Dame, je suis le commandant Qarneb. Mes hommes et moi avons démasqué une espionne qui est parvenue à s’introduire dans la cité.
-Une seconde, je vous prie, répondit la jeune femme, toujours penchée sur sa lettre.

Elle avait une chevelure plus rouge que le feu qui lui arrivait à la taille, ainsi que des prunelles de glace qui savaient transpercer les âmes. Elle portait une robe blanche très simple, sans fioritures, comme une simple moniale, mais son maintien et son langage trahissaient son rang de Maire d’Auréole. Décalia.
Elle était arrivée à Hokiseki deux ans auparavant, sans aucune connaissance de la région, comme si elle était tombée du ciel. Heureusement, elle avait rencontré des stratèges bienveillants dans la cité d'Eolia, et avait commencé son apprentissage auprès d’eux. Elle avait rapidement montré de grandes qualités de stratège, et avait donc été élevée à ce rang d’honneur. Peu après, elle avait fondé cette cité dans une prairie que l’on disait maudite, et malgré les rumeurs malveillantes que l’on racontait à son sujet, Auréole était devenue une cité prospère en peu de temps, portée par ses habitants que l'on appelait les Dragons de Lumière, et son Maire avait gagné en popularité. Cependant, ces derniers temps, le pouvoir semblait lui monter à la tête, mais ses amis savaient lui en faire prendre conscience lorsqu’il le fallait.
Elle avait, en outre, une particularité, et non des moindres : elle défendait l’Orthographe comme personne. La moindre faute de rédaction la faisait frémir. Elle était parvenue à imposer des cours de rattrapage aux citoyens qui étaient si mauvais en orthographe qu’on ne pouvait les comprendre. Ce système avait rapidement prouvé son efficacité, et malgré quelques protestations isolées, la règle était désormais appliquée même dans les plus petits villages. Certains la disaient fille de Sainte Orthographe, la déesse d’Hokiseki et du beau langage, et ceux qui la connaissaient intimement n’avaient plus de doutes sur ce point.
Elle écrivit quelques lignes, puis leva la tête. Son regard troublant se posa sur Qarneb, toujours un genou à terre, puis sur le visage de la jeune femme bâillonnée. Ses yeux s’agrandirent de surprise, elle lâcha sa plume et s’écria :

-Commandant ! Mais quel horrible tourment de votre âme vous a poussé à ligoter ainsi une stratège en la personne de Dame Lilian ?!

Qarneb se releva rapidement, toute couleur ayant déserté son visage.

-Vous voulez dire que… Oh, quelle méprise ! dit-il en prenant conscience de son erreur. Je vous demande pardon, Dame Décalia. Jamais je ne me serais douté que cette jeune personne était une des stratèges de cette alliance…
-Ce n’est pas à moi qu’il vous faut présenter vos excuses, commandant.

Elle avait parlé d’une voix calme et posée, mais ses yeux de glace le fixaient avec une telle froideur qu’il en frissonna. Il pivota aussitôt vers la dénommée Lilian et s’inclina brièvement, comme il convenait de le faire.

-Je vous demande pardon, ma Dame, pour mon attitude irrespectueuse et inacceptable à votre égard. Permettez-moi de vous détacher.

Cependant, pour son malheur, ses soldats l’avaient déjà fait à sa place. La jeune femme à la chevelure océane dénoua le bâillon qui l’empêchait de parler et s’avança vers lui d’un air menaçant.

-Traître ! lança-t-elle avec fureur. Bousier ! Infâme personnage !

Qarneb recula face à ce flot d'insultes plus recherchées les unes que les autres.

-Attendez, mademoiselle, je suis certain que nous pouvons…

Il ne termina jamais sa phrase. Lilian lui envoya son poing serré dans le ventre avec une force insoupçonnée. Le souffle coupé, il tomba à genoux, et elle se jeta sur lui pour frapper ses côtes tout en lui lançant des insultes plus recherchées et plus offensantes les unes que les autres. Malgré la protection que lui offrait son armure légère recouvrant son uniforme orange, les coups qu’elle lui asséna le firent gémir de douleur.

-Orange pelée ! Incapable ! Carcasse pourrie ! Crétinet des Monts d’Ulian !
-Lilian ! intervint Décalia d’un ton de reproche. Veux-tu cesser de frapper cet homme ?

Leurs regards se croisèrent un instant, puis la cavalière pégase baissa les yeux et se releva sans quitter son expression de fureur pure.

-Soit. Mais la prochaine fois que je t’aurai entre mes mains, chuchota-t-elle pour Qarneb, tu paieras pour l’affront que tu m’as fait.

Et elle s’en alla, non sans avoir décoché un dernier coup de talon au commandant. Les soldats s’écartèrent prudemment de sa route, et les portes se refermèrent derrière elle dans un claquement sonore. Qarneb se releva en retenant un gémissement.

-Mais qui est cette furie ? demanda-t-il, même s’il avait à présent une petite idée de la réponse.
-Elle est la jeune sœur d’Aetheria, ma meilleure amie, répondit Décalia.
-Effectivement, elle lui ressemble, murmura-t-il pour lui-même. Les mêmes insultes, et surtout le même langage des poings…

Mais la Prêtresse avait déjà reporté son attention sur sa lettre inachevée.

-Veuillez vous retirer, à présent. Vous avez reçu des directives du général et stratège Geese, il me semble…
-Oui, ma Dame. Je m’y rends de ce pas. Pardonnez-moi du dérangement.

Il effectua une rapide courbette et s’en alla sans ajouter un mot, suivi des deux soldats qui n’avaient manifestement rien compris à ce qu’il venait de se produire.
Restée seule, Décalia se leva et tira une cordelette habilement dissimulée sous les tentures. Une étagère pivota dans le fond de la pièce, dévoilant l’entrée d’un couloir secret d’où vinrent deux femmes.
L’une avait la chevelure couleur de nuit et des yeux d’un violet profond, ainsi qu’un visage sombre, fier et déterminé. Sa longue robe ample de jais lui donnait un air mystérieux et clamait son pouvoir. Une maîtresse des sciences occultes. Une druidesse.
La seconde était nettement plus jeune. Deux nattes de cheveux roses encadraient son visage souriant, et on lisait de l’espièglerie dans ses yeux verts. Elle portait la même robe blanche que Décalia, et tenait entre ses doigts fins un sceptre surmonté d’une pierre jaune d’or.
Toutes deux s’inclinèrent devant le Maire.

-Dame Décalia, vous nous avez fait appeler ? demanda la sorcière.
-Oui, ma chère Azalia. J’ai besoin de vous deux.

Elle se tourna vers la plus jeune, restée un peu en retrait. Elle semblait plus détendue, et avait cessé provisoirement d’utiliser le langage soutenu.

-Tora, peux-tu convoquer Aetheria, Geese et Lilian dans mon bureau, s’il-te-plaît ? Je dois les instruire d’une affaire importante.
-Avec joie, Dame Décalia ! s’exclama-t-elle, les yeux brillants. Je m’exécute immédiatement, Dame Décalia !

Elle sortit de la pièce par le couloir à reculons, ce qui tira un sourire à Azalia, puis elle courut comme si sa vie en dépendait.

-Ma sœur est un peu exubérante, soupira la mage noire.
-Tu as raison. Ce doit être au moins la millième fois que je lui demande de m’appeler seulement par mon prénom, mais elle continue à m’affubler de mon titre sans cesse.
-Ce doit être un peu gênant… Je sais que vous avez été son professeur de magie.
-C’est vrai. Mais à cette époque, nous étions presque sur un pied d’égalité. Elle ne ressentait pas le besoin irrépressible de me vouvoyer… Cette époque me manque parfois.

Trois coups frappés à la porte les interrompirent.

-Tora a fait vite, comme à l’ordinaire, dit la Prêtresse en souriant brièvement. Ferme donc la porte, mon amie, que nous puissions accueillir les stratèges d’Auréole.

Celle-ci obtempéra sans hésiter tandis que le Maire prenait place sur son fauteuil.

-Entrez, je vous prie.

Les battants s’entrouvrirent pour laisser passer un homme d’une trentaine d’années particulièrement musclé. Une lourde hache double était attachée par des courroies de cuir dans son dos, et une large épée pendait à sa ceinture. Malgré son apparence redoutable, Décalia savait que Geese, général en chef des armées d’Auréole, avait un cœur d’or et était particulièrement attentionné. Ce caractère sociable ne l’empêchait toutefois pas de se montrer inflexible lors des combats. Il était arrivé récemment dans la citadelle de l’Orthographe, mais il avait mis un point d’honneur à soigner son langage le plus qu’il le pouvait, jusqu’à faire du dictionnaire son livre de chevet et à utiliser des tournures vieillottes et désuètes que plus personne n’employait.
Derrière lui venait une femme qui paraissait à son extrême opposé. Elle était mince et agile, mais cachait efficacement une force dévastatrice. Ses vêtements simples et moulants étaient caractéristiques des mercenaires du Laghan, mais il y figurait toutefois le symbole des Dragons de Lumière. Elle portait sur elle une quantité d’armes surprenante : un arc en bandoulière, deux épées aux côtés, et plusieurs couteaux et poignards en tous genres attachés partout où cela était possible. Geese avait un jour affirmé que sa quincaillerie nuisait à son efficacité, mais il avait retiré ses paroles lorsqu’elle l’avait vaincu sans peine en combat singulier. Un jour, son nom figurerait en bonne place dans les légendes : Aetheria, la fidèle mercenaire.
Elle était arrivée à Auréole environ un an plus tôt, à la recherche d’une mission bien payée qui lui ferait goûter une fois de plus la saveur irremplaçable du danger. Elle n’était jamais repartie sur les routes du continent, préférant devenir stratège auprès de Décalia dont elle était devenue l’amie fidèle. Les deux femmes se connaissaient par cœur, et il était rare de croiser l’une sans que l’autre ne soit à proximité.
Geese s’inclina respectueusement tandis qu’Aetheria piaffait d’impatience. Cependant, la Prêtresse ne se formalisa pas. Une mercenaire ne courbait l’échine devant personne. C’était la première règle du code d’honneur de cette confrérie, et elle l’avait appris dès la première seconde où elle avait rencontré sa première "sœur de cœur".

-Ma Dame, nous vous avez fait mander, dit Geese d’un ton égal.
-Qu’est-ce qu’on peut faire pour toi ? demanda Aetheria dans un registre de langue nettement plus familier.
-Prenez place, fit le Maire en leur désignant les trois fauteuils qui trônaient devant le bureau.

Elle regarda un instant dans le couloir, puis poursuivit :

-Lilian n’est pas avec vous ?

Au moment où elle posait cette question, la cavalière pégase entra et prit place à son tour sur l’un des sièges.

-Excusez-moi du retard, je réglais son compte à ce soldat sans cervelle.
-L’un de mes hommes t’aurait-il calomniée ? demanda Geese avec étonnement. Peste ! Si son patronyme venait à atteindre mes oreilles…
-Il me semble que nous ne sommes pas là pour parler de cela, intervint Aetheria.
-Exact. Si je vous ai demandé de me rejoindre, c’est pour vous faire part des nouvelles que ma fidèle Azalia a apportées de la capitale.
-Mon voyage au cœur d’Erdecomba fut fort profitable, confirma l’intéressée.
-Nous t’écoutons, fit la mercenaire en jetant un coup d’œil prudent sur sa sœur.

La druidesse s’éclaircit la voix ; puis commença son récit.

-Dame Décalia m’avait demandé de prendre des nouvelles des Dragons de Lumière partis en visite pour Erdecomba : les Sires Kirua, Happy, Naruto et Anathos ainsi que la Dame Laura. La plupart d'entre eux se sont rendus provisoirement dans la cité d’Eolia afin de se renseigner sur les intentions de l’Empire d'Erliban. C’est Sire Kirua qui m’a appris la nouvelle. Je regrette d’être un oiseau de mauvais augure…

Ce qu’elle dit alors fit frissonner les stratèges.

-Erliban a envahi Escar. Le pays est rayé des cartes. L’Empereur a déclaré ouvertement la guerre au Laghan et au Phenis sans raison apparente. Tout montre que son intention est en réalité d’écraser Lyarvas une bonne fois pour toutes. Or, la situation l’avantage. L’armée d’Erliban est la plus réputée de tout le continent ; elle est capable de se déployer sur une large ligne de front. Lyarvas en est incapable. Plus elle s’élargira, plus il leur sera difficile de se défendre, et n’oublions pas que l’Empire a largement l’avantage du nombre et de l’expérience. Si Galnéa se rangeait aux côtés de Lyarvas, le combat serait plus équitable, mais le Conseil des Seize ne semble pas avoir pris de décision pour l’instant…

Son regard se voila de tristesse.

-Mais ce n’est pas le pire. L’Empereur a posé un ultimatum à Sa Majesté. Nous devons nous allier à lui, ou il nous considèrera comme des ennemis et nous assiègera comme il l’a fait avec l’Escar.

Aetheria s’empourpra de fureur.

-Comment ose-t-il, ce sale prétentieux ?
-Il a les moyens de se faire obéir, intervint Geese. Notre armée n'est pas de taille face à Erliban.
-Mais si toutes les cités s'unissaient vraiment... s'obstina la mercenaire.
-Tu crois vraiment que les Gladiateurs de Sparta et les Gears of Revolution d'Eolia accepteraient de se battre côte à côte ? demanda Lilian avec ironie. Ils arrivent déjà à éviter de s'affronter entre eux, il ne faut pas espérer plus !

Aetheria se tut. Sa soeur avait raison : ces deux cités étaient en froid depuis bien avant la fondation d'Hokiseki, et la guerre semblait pouvoir éclater entre eux à tout moment malgré le pacte figurant dans la constitution du pays. Elles avaient toutes deux leur fierté, et le mépris de l'autre était ancré dans leurs coutumes. Imaginer Near et Teddy, leurs chefs respectifs, se battre dans le même camp était tout simplement impossible.

-Quelle sera la réponse de Sa Majesté à cet outrageante demande ? demanda le général.
-Il prendra sa décision lors du Grand Conseil qui doit avoir lieu dans six jours.
-Alors, nous irons ! s'écria Aetheria qui semblait avoir repris espoir.

Décalia acquiesça.

-Les Dragons de Lumière se doivent d'envoyer un représentant pour cet évènement.
-Mais sans nous, la cité ne marchera pas comme il faut ! lança Lilian. Qui restera ici ?
-Merci de te porter volontaire.
-Quoi ?! s'écria-t-elle. Mais...
-Je te donne les pleins pouvoirs en mon absence, poursuivit Décalia. Tâche d'en faire bon usage.
-Heu... Promis.
-Vois le bon côté des choses, lui chuchota Aetheria. Tu pourras faire ce que tu voudras de la personne qui t'a offensée...

Les yeux de la nouvelle stratège d'Auréole brillèrent soudain d'un éclat mauvais.

-Comptez sur moi !
-Partons immédiatement, clama le Maire en se levant. Pour l'Orthographe et la Lumière !

Les autres reprirent en choeur la devise des Dragons de Lumière :

-Pour l'Orthographe et la Lumière !

Lorsqu'ils eurent quitté les murs d'Auréole à cheval, chargés de provisions, Geese souffla à Décalia :

-Êtes-vous certaine que nous avons fait le bon choix en la laissant à la direction de notre citadelle ?

La Prêtresse soupira.

-De toute manière, nous n'avions pas le choix...

Et pendant ce temps-là, au fond des cachots d'Auréole, Qarneb les regardait partir entre les barreaux de sa fenêtre. Jamais le commandant n'avait eu l'air aussi désespéré qu'à cet instant.

-Je vous en supplie, revenez vite... murmura-t-il d'un ton pitoyable.
-Qarneb ! fit une voix féminine dans le couloir. C'est l'heure de passer dans la salle de torture ! Hi hi hi hi hi !
-Très vite, ajouta-t-il en se cramponnant aux barres d'acier noires. Pitié...


Dernière édition par Décalia le Mar 6 Déc - 17:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Dim 4 Déc - 14:58

Chapitre 1 : Le Début de la Fin


Partie 2 : Near


Erdecomba, cité de l'alliance Kiseki et capitale d'Hokiseki, au palais royal, tour sud.

Le Premier Conseiller Near faisait les cent pas dans son bureau, son esprit occupé par de grandes questions diplomatiques. Il ne savait plus que dire à son roi, Arcanos Ier. Auparavant, il réussissait à trouver une solution à chaque problème majeur, même si parfois ce n'était pas la meilleure. Mais ce jour-là, rien ne venait.
Par une si belle matinée, il aurait dû parcourir Erdecomba afin de rencontrer les nombreux stratèges du pays, ou encore s'occuper d'Eolia, la cité dont il était Maire. Les Gears of Emblem savaient se débrouiller sans lui, et il leur avait laissé quelques soldats de ses armées personnelles au cas où, mais il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Il ne fallait pas longtemps pour que le souvenir du charisme de leur chef historique s'efface, et que l'anarchie prenne place dans la cité. De plus, il se sentait directement concerné par l'ultimatum d'Erliban, car en cas d'attaque, sa belle Cité des Tempêtes serait la première touchée...
Ses réflexions furent interrompues par trois coups contre la porte.

-... Almyr, j'ai demandé à ne pas être dérangé.
-Mais, Sire, quelqu'un désire vous parler, s'exclama le dénommé Almyr.
-Je ne peux recevoir personne pour l'instant. Faites attendre cette personne.
-Je me permets d'insister, Maître, reprit le serviteur d'une voix mal assurée. Monsieur semble pressé.

Near soupira profondément. Le destin semblait s’acharner contre lui.

-Bien... Faites-le entrer, concéda-t-il avec résignation.

Les deux gigantesques portes s'entrouvrirent (elles ne s'ouvraient complètement que lors des visites de Sa Majesté), laissant passer un homme de haute stature, aux longs cheveux turquoise attachée en queue de cheval. Near faillit perdre sa sérénité légendaire lorsqu'il s'aperçut que son visiteur avait gardé sa lame au côté. Provocation suprême au palais… Le Premier Conseiller se retint d’appeler la Garde, car un détail le troublait : son visage lui semblait étrangement familier, mais son maintien était typique des gens de l'ouest. Or, il n’avait que peu de contacts à Lyarvas…

-Asseyez-vous, je vous prie, et donnez-moi la raison pour laquelle vous vous trouvez ici.

Il n’esquissa pas un seul geste.

-Ceci est très simple, messire, commença-t-il d'une voix doucereuse et fluide. Je fais partie d'un groupe de personnes désirant vous venir en aide.

Near haussa un sourcil.

-Vraiment ?... Et que me proposez-vous ?

Les yeux noirs de l'étranger se plantèrent dans les siens.

-Refusez l'alliance avec Erliban.

Rien n'avait jamais autant surpris le Premier Conseiller que cette phrase soudaine. Comment cet individu pouvait-il parler avec tant de détachement d'une affaire aussi grave ? Et surtout, qui l'avait donc mis au courant ?

-Et pourquoi donc, je vous prie ? finit-il par demander.
-Faites-leur croire que vous acceptez. Au dernier moment, tendez-leur une embuscade.

Cette fois, c'en était trop pour le Templier.

-Vous n'y pensez pas ! s'écria-t-il. Cela serait contraire à nos objectifs. De plus, je n'ai pas d'ordres à recevoir d'un inconnu !

L'étranger sourit.

-Evidemment. Cela fait trop longtemps. Vous ne vous souvenez même plus de moi... Suivez mes instructions, ou votre belle nation se fera de nouveaux ennemis. Vous n'êtes pas sans savoir que chaque royaume veut votre peau... Au revoir, dit-il en se levant, et tâchez de vous souvenir de moi à notre prochaine rencontre...

Il le salua courtoisement et quitta le bureau luxueux. Le Premier Conseiller resta immobile de stupeur. Comment allait-il en parler à Sa Majesté ? Qui était cet intrigant personnage ? Pourquoi sa voix et son apparence lui semblaient familières ? Et surtout, qui était ce nouveau groupe qui changeait tout ? Qui étaient-ils pour pénétrer armés dans le palais le mieux gardé de tout Webb ? Là encore, il n’avait aucune réponse. Sa mémoire refusait de lui délivrer son identité. Il se promit d’y réfléchir sérieusement dans les prochains jours. Sa décision devait impérativement être prise avant le jour du Grand Conseil.
Pour l’heure, il était temps d’avertir ses alliés de la menace qu’il sentait planer sur eux. Near saisit sa plume, un parchemin, et écrivit un bref message à l'intention d'une cité bien particulière...

FIN DU CHAPITRE 1

Que décidera le roi d'Hokiseki, le grand Arcanos ?
Qui cherche à manipuler le Conseil ?
Qu'arrivera-t-il à Qarneb, l'ancien commandant des armées d'Auréole ?

Les réponses (peut-être) dans le chapitre 2 : Le Grand Conseil ! =D
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 11:50

Chapitre 2 : Le Grand Conseil


Partie 1 : Erdecomba


Cinq jours plus tard.

Décalia tira sèchement sur les rênes de son cheval, qui se cabra puis s'arrêta docilement. En face d'elle et de ses compagnons, à quelques dizaines de mètres, se dressait la capitale d'Hokiseki, brillante sous les étoiles. Sur la droite, le lac des Cristallins l'égalait en beauté, ses eaux limpides reflétant la lune à la perfection. La Prêtresse jeta un oeil à la pierre de sa ceinture, et constata sans surprise que dix heures était déjà passées depuis longtemps.

-Erdecomba, enfin. Je rêve d'un lit propre et d'un verre de boisson chaude.

Geese l'approuva d'un signe de tête.

-Le voyage ne fut pas de tout repos, ma Dame. D'abord ces bandits qui ont osé s'en prendre à vous, puis ces terribles prédateurs des montagnes d'Ulian...
-Tu veux parler des monstres des Tombeaux abandonnés par des stratèges crétins ? s'exclama Aetheria, qui chevauchait légèrement en retrait d'eux. Ces trucs ont déguerpi dès que j'ai sorti mon épée !
-Si Dame Décalia n'avait pas été là, vous seriez morte, espèce de mercenaire de pacotille ! tonna le général.
-Quoi ?! dit-elle, outrée. Répète-moi ça pour voir !
-Allons, mes amis, du calme ! trancha la Prêtresse, excédée. Jamais je n'aurais dû vous choisir tous les deux pour m'accompagner ! Vous ne parvenez jamais à vous entendre !
-C'est de sa faute ! Il m'a insultée ! protesta Aetheria.

Geese choisit pour sa part de mettre pied à terre et de s'incliner devant le chef des Dragons de Lumière.

-Veuillez me pardonner, ma Dame. Je sais que cette longue chevauchée vous a éreintée. Permettez-moi de vous aider à ôter votre respectable fondement du dos lustré de votre monture.

La mercenaire pouffa de rire.

-Merci bien, général. Vous êtes un véritable gentilhomme.
-Vous me flattez, Prêtresse, répondit-il en lui tendant la main.
-Mais voyons, je ne fais que proférer la vérité la plus évidente.
-Je suis votre humble serviteur...

De son côté, Aetheria soupira profondément. En bonne mercenaire qu'elle était, elle ne supportait pas les usages du pouvoir, ni les minauderies feintes, même si les paroles de ses deux amis étaient on ne pouvait plus sincères. D'ordinaire, elle le cachait tant bien que mal, mais hors des murs d'Auréole, les anciennes habitudes qu'elle avait prises dans les plaines du Laghan reprenaient invariablement le dessus.

-Pendant que vous vous épanchez en politesses inutiles, je vais ouvrir la voie, grommela-t-elle en guidant son cheval vers les portes de la capitale.

Comme à l'ordinaire, celles-ci étaient fermées. Les anciennes légendes de ce lieu racontaient que les esprits malfaisants ne voyageaient que la nuit, et qu'il fallait leur fermer les portes des villages pour éviter d'attirer les malheurs sur les habitants. A cette époque, plus personne ne croyait à cette histoire, mais la coutume était restée, et l'on refusait de laisser passer les étrangers qui demandaient à entrer après le coucher du soleil. Une tradition qui n'avait aucune importance pour Aetheria. Elle se considérait comme libre d'aller où bon lui semblait quand elle le souhaitait, et personne n'osait se mettre sur son chemin. Elle ouvrirait ces portes, de gré ou de force !
Lorsqu'elle arriva devant l'entrée, elle mit pied à terre et, tenant son cheval par la bride de la main gauche, elle tambourina contre l'acier de la droite, produisant un véritable vacarme.

-Ouvrez ! Ouvrez, bon sang, soldats de pacotille ! s'écria-t-elle en reprenant à son compte l'expression de Geese.

Une plaque de métal coulissa, dévoilant une ouverture dans laquelle apparut le visage casqué d'un lancier. Son armure bleue portait le symbole très connu de la goutte de cristal, celui des membres de l'alliance Kiseki.

-Qui êtes-vous ? demanda-t-il dans un murmure. Qu'est-ce que vous faites ici ?
-Ouvre-moi cette porte et vite !
-Non mais ça va pas la tête ? Allez-vous-en !

La lucarne se referma dans un claquement sec. La mercenaire recommença aussitôt son manège, et le visage du garde réapparut.

-C'est vraiment trop vous demander que de cesser ce raffut ? Il y a des gens qui dorment ici !
-Je m'en contrefiche royalement. Tu vas nous laisser passer à la fin ?

Quiconque connaissait un peu Aetheria et sa franchise légendaire se serait empressé de lui obéir. Malheureusement pour le lancier, il n'était affecté à ce poste que depuis quelques jours, et ses collègues n'avaient pas jugé utile de le prévenir du danger.

-Pas si vite, ma jolie, il y a des règles ! Le passage n'est jamais gratuit, tu sais, même pour les belles brunes comme toi.

Insensible aux compliments douteux du garde, elle sortit sa bourse, trop légère à son goût.

-Combien ? se résigna-t-elle.

Le lancier la détailla rapidement à la recherche d'indices concernant son identité. Il repéra sans problèmes le symbole des Dragons de Lumière brodé sur ses vêtements. Un plan se forma dans son esprit. Auréole était l'une des cités les plus riches du pays, grâce aux généreux dons qui lui étaient parvenus d'Eolia et de Golyndel, et ses habitants mettaient en avant les valeurs du partage, si bien que personne n'y était jamais pauvre. Il n'aurait donc aucun mal à lui soutirer plus de kilis qu'à un voyageur ordinaire, et à en profiter pour s'offrir une petite prime. Quelques secondes lui fallurent pour déterminer le montant qu'il allait exiger.

-Six mille kilis.

Aetheria vit rouge.

-Six mille ? Juste pour entrer ? Mais c'est du vol !
-C'est ça, ou tu dors à la belle étoile. Choisis vite...

Il hésita un instant, puis continua sur sa lancée avec un sourire pervers :

-...à moins que tu ne veuilles passer la nuit avec moi. J'aime bien les guerrières impétueuses comme toi. Et tu n'y perdras rien. Chez moi aussi c'est plein d'étoiles.

Il tendit la main à travers la fenêtre.

-Par ici la monnaie.

Tout se termina en moins de trois secondes.
Un. Aetheria lui attrapa le bras et tira violemment son propriétaire.
Deux. Elle attacha d'un seul mouvement la bride de son cheval au poignet de l'homme.
Trois. Elle envoya un formidable coup de poing dans son visage désormais sans défense du garde.

-Maintenant tu ouvres ! conclut-elle en se frottant les mains.

Il ne répondit pas, trop occupé à essuyer le sang qui coulait de son nez de sa main libre.

-Tu en veux vraiment un autre ? J'ai dit : ouvre cette porte !
-C'est bon, c'est bon ! gémit-il pitoyablement. Pas la peine de t'énerver !

_-_-_

Lorsque Décalia et Geese arrivèrent enfin au pied des portes, ils les trouvèrent grandes ouvertes, prêtes à laisser passer une armée entière. Au milieu de l'entrée, Aetheria les attendait en frappant du pied d'impatience.

-Ah, enfin vous voilà, soupira-t-elle. J'en avais assez d'attendre.
-Merci, Ae, d'avoir payé le supplément nécessaire.
-Attendez, ne me dites pas que vous m'avez envoyée exprès pour que je paye à votre place ?

Le regard amusé de Geese lui prouva qu'elle avait raison.

-Vous avez de la chance que je n'aie pas déboursé un sou, sinon vous seriez en mauvaise posture...
-Comment es-tu parvenue à un tel résultat ? demanda le général, intrigué.
-Attendez, je vais vous montrer.

Elle se tourna vers un escalier encastré dans les remparts. Le garde s'était installé sur les marches et épongeait le reste de sang sur son visage. Lorsqu'il la vit arriver, il balbutia :

-Vous... Vous allez payer, alors ?

Sans aucun préliminaire, elle décocha un nouveau coup de poing à l'endroit exact où le premier avait frappé. Il vacilla puis tomba en arrière, et son casque heurta les marches dans un son métallique. Enfin, elle se tourna vers ses deux amis qui la dévisageaient désormais avec incompréhension.

-Efficace, rapide et discret, résuma-t-elle en caressant machinalement la garde de ses épées.
-Pour la discrétion, tu repasseras, marmonna Geese. Je suis outré par ta conduite qui n'est pas pour faire honneur à notre patrie bien-aimée...
-Reconnais au moins l'utilité de la force brutale ! Pratique, économique...
-Ne tergiversons plus ! la coupa Décalia, de crainte qu'elle n'utilise à nouveau son meilleur moyen de persuasion. Nous devons absolument trouver une auberge ; nos montures sont épuisées et nous de même. Je suggère que nous partions à la recherche d’un abri.

Pendant que Geese s’épanchait en belles paroles, Aetheria prit de l’avance.

-Venez voir ! s’écria-t-elle. Ils ont mis un panneau !

Ses amis la rejoignirent au moment où elle commençait à lire à voix haute.

"Bienvenue à Erdecomba, voyageurs !
L’auberge est tout droit, et le palais aussi.
Pour votre sécurité, nous vous recommandons de bien cacher votre bourse, d’enlever les parures de vos chevaux, de garder une arme à la main et de tenir votre dragon en laisse. Merci de votre compréhension.
Ondorus, Conseiller gestionnaire de la Cité."

-"Tenir votre dragon en laisse" ?! s’exclama Décalia, outrée. Je demande le respect des dragons depuis deux ans, et on ose encore afficher de pareilles absurdités ? Mais ceci est lamentable !
-Je trouve aussi, dit une voix grave et fluide.

Ils se retournèrent tous trois d’un seul mouvement, la main posée sur la garde de leurs armes. En face d’eux se tenait le mystérieux visiteur de Near. De sa capuche sombre, rabattue sur sa tête, s’échappait une mèche turquoise, et ses yeux d'un noir abyssal brillaient faiblement dans l’ombre, reflétant la faible lueur des torches attachées aux murs.

-Qui êtes-vous, manant, pour oser aborder ainsi une Prêtresse de l’Orthographe et des membres de sa suite ? demanda le général d’un ton courroucé.
-Sa suite ? Parle pour toi ! rétorqua Aetheria.

L’étranger sourit. Son regard croisa celui de Décalia. A cet instant, elle eut le sentiment tenace qu'ils étaient semblables...

-J’ai porté de nombreux noms au cours de ma vie. Pour vous, je serai… Shadowind. Et si je ne me trompe pas, vous êtes Décalia.
-Comment connaissez-vous mon nom ?
-J'ai mes sources d'information… Mais vous ne pouvez pas vous souvenir de moi. Une chose pourtant est certaine : vous ne me reverrez plus désormais. Bonne soirée à vous.

Il tourna les talons avec rapidité et s’enfonça dans la nuit. Décalia en resta bouche bée. Sa manière de se déplacer, sa voix, tout en cet inconnu lui évoquait des souvenirs confus. Elle se sentait plus proche de lui que de quiconque, comme s’ils avaient quelque chose en commun… Mais quoi donc ?
Elle ne sortit de sa rêverie qu’au moment où une main lui obstrua la vue.

-Hé oh ! fit Aetheria. Je sais, c’est beau l’amour, mais il faudrait peut-être revenir sur terre !
-Qu’est-ce que tu insinues ? demanda Décalia en la transperçant de ses yeux de glace, la voix chargée de colère.
-Ça va ! Je plaisantais !
-C’est dans ton intérêt…

Cela, la mercenaire le savait très bien. De tous les adversaires qu’elle avait combattus, elle était la seule à l’avoir vaincue aussi rapidement, et désarmée qui plus est. Il lui avait fallu d’un geste, un simple geste pour la jeter à terre. Heureusement pour sa réputation, elles s’étaient entendues pour garder cette histoire entre elles, mais désormais, Aetheria évitait au maximum de lui donner des occasions de s’énerver…

[Flashback d'Aetheria]

Décalia s'équipe de Lumière.
COUP CRITIQUE ! L'attaque inflige 414 points de dégât à Aetheria.
Sous les coups de son adversaire, Aetheria tombe K.O.
Décalia gagne 2 points d'expérience.
Décalia monte au niveau 3 !

[Reprise de la narration]

La Prêtresse partit d’un pas décidé dans la direction de l’auberge, Geese sur les talons. Elle les suivit, ses pensées désormais occupées par l’inconnu encapuchonné. Ils arrivèrent rapidement devant la façade de l’établissement. De la fenêtre ouverte se dégageaient des odeurs alléchantes.

-Auberge des Sept Mille Kilis… Quel nom évocateur, soupira Décalia. Ae, veux-tu essayer de négocier le prix pendant que nous conduisons les montures à l’écurie ?
-Mais avec joie !

Elle poussa immédiatement la porte de l’établissement, et fut aussitôt plongée dans un brouhaha envahissant. L’odeur de la viande se mêlait à celle de la liqueur de dragon, la boisson la plus prisée de tout le continent. Ce liquide rouge à boire chaud dégageait une fumée aux relents de flammes, et cela même lorsque le verre était vide. En boire trop pouvait être dévastateur, car, à hautes doses, la liqueur de dragon s’apparentait à un véritable acide qui dévorait les entrailles. Partout retentissaient des sons de chopes qui s’entrechoquaient, de chaises que l’on poussait, de rires et de protestations. Au milieu de ce désordre apparent, le tenancier lavait les verres vides derrière un bar assez mal fréquenté.

-Oh, mademoiselle ! C’est pas pour les fillettes ici ! dit un ivrogne à une table non loin.
-Ta mère ne t’a pas dit que c’est risqué de s’aventurer toute seule dans les tavernes ?
-Et c’est dangereux de jouer avec les poignards, tu sais ! Tu vas finir par te couper !

Des rires gras retentirent, aussitôt suivis du tintement des chopes de bière. Aetheria prit sur elle pour les ignorer superbement et s’avança vers le comptoir. Le patron daigna enfin la remarquer et agita son chiffon dans sa direction.

-Bienvenue à l’Auberge des Sept Mille Kilis, gamine ! Ici, souviens-toi que les kilis partent plus vite que des pains aux raisins, et que les prix ne sont pas discutables !

Sa remarque déclencha l’hilarité générale, et même les joueurs de cartes suspendirent leur partie pour détailler la nouvelle venue. Elle se dirigea vers lui, posa les mains sur le comptoir et dit :

-Trois chambres, et que ça saute.
-Tu as de la chance, il nous reste de la place, répondit l'aubergiste sans perdre son assurance. Par contre, ça va te coûter cher. Je te conseille d'aller retirer un peu de kilis de tes coffres...

La colère de la mercenaire monta d'un coup.

-Attends un peu, mon bonhomme. Tu n'es pas très poli, et tes petits amis non plus. Et la politesse, c'est essentiel. Alors, vous allez tous commencer par vous taire...

Elle tira l'un de ses poignards et l'appuya sur la gorge du tenancier. Les conversations et les rires cessèrent aussitôt.

-De deux, c'est moi qui décide du prix, partout où je vais. Compris, cervelle de Gladiateur ?

Quelques murmures retentirent dans la pièce en provenance d'un groupe de grands guerriers baraqués. Aetheria avait manqué de respect à l'alliance des Gladiateurs en toute connaissance de cause. Ses membres étaient particulièrement réputés pour posséder une grande force brute. Cependant, la rumeur prétendait que la liqueur de dragon qu'ils se plaisaient à boire dans toutes les tavernes par lesquelles ils passaient leur avait dégradé le cerveau. D'autant que seul un fou aurait osé défier l'alliance entre les Gears of Revolution et les Golden Emblem de Golyndel, avant la fondation d'Hokiseki... Ce qu'ils avaient fait sans hésiter.
Dans le fond de la salle, un homme bâti comme une armoire à glace fit mine de se lever et de porter la main à sa hache de combat. Un mot d'Aetheria lui ôta toute envie de bouger.

-Tiens-toi tranquille ou vous y passez tous, lui en premier.

Le silence revint. Estimant qu'elle se ferait désormais respecter, elle rangea son poignard et jeta négligemment une pièce d'un kili sur le comptoir.

-Voilà comment on va faire. Pour ce prix-là, et en échange de ta vie, tu vas t'occuper de nos chevaux, nous mettre des draps propres, chasser les cafards qui ne doivent pas manquer de se balader dans ce taudis et surtout nous servir trois verres de liqueur de dragon. Bien chaude. Et ça a intérêt à être fait correctement. Est-ce que c'est assez clair, ou tu es tellement bête qu'il faut que je te répète tout deux fois ?
-N-non non, mademoiselle, répondit-il en claquant des dents.

Satisfaite, elle se tourna vers l'assemblée des clients qui ne la quittaient pas des yeux.

-Mes deux amis ne vont pas tarder à entrer. Alors vous vous la fermez, et vous jouez aux cartes bien gentiment, sinon...

Elle se passa un doigt sous la gorge dans un geste explicite. Le tenancier blêmit, puis se précipita à l'étage en oubliant d'empocher son kili. En attendant les autres, la mercenaire s'installa au comptoir désormais libre et récupéra sa pièce.
La porte s'ouvrit alors, et Décalia et Geese entrèrent dans l'auberge. Il régnait désormais dans la pièce un silence royal. L'aubergiste finit par descendre, et les conduisit en tremblant vers leurs chambres. Lorsqu'ils les découvrirent, Aetheria ne put dissimuler un sourire de triomphe.
Efficace, rapide et discret.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 11:52

Chapitre 2 : Le Grand Conseil


Partie 2 : Le Conseil des Sages


Alynséa, palais royal, couloir de Near, axe est.

Near vérifia brièvement l’agrafe de sa longue cape blanche. Dans quelques minutes, il se trouverait en face du roi… Et il lui faudrait tout son talent pour le convaincre. Il avait pris la décision de suivre le conseil de l'étranger, et passé une bonne partie de son temps à rechercher des arguments et une stratégie convenables. Ce jour-là, il était prêt; du moins, il l'espérait.
Comme à chaque réunion, il avait soigné son apparence : le moindre détail comptait. En effet, certains Maires assistaient aux réunions, et il était nécessaire de donner une bonne image de la cour. Une cour qui n'avait cessé de se réduire au fil des mois...

-Messire, la réunion est sur le point de commencer, lui souffla Almyr, son serviteur personnel.
-Parfait. Quels sont les Maires présents ?
-Tous sont restés dans leurs cités pour se préparer à la guerre... Y compris ce cher Teddy.
-Il fallait s’y attendre, soupira-t-il, déçu.
-Mais… N’est-ce pas ce très cher Near ?

Le Premier Conseiller se retourna. Derrière lui, resplendissante dans une robe blanche piquée d'étoiles noires, Décalia souriait.

-Mon amie, je te croyais à Auréole !
-Voyons, il m’était impossible de manquer une réunion d’une telle importance, et Lilian se charge très bien de la cité, j’en suis certaine.

Elle esquissa une révérence. C'était la première fois qu'elle participerait au Grand Conseil, et jamais il ne l'avait vue aussi élégante.

-De plus, je dois dire un mot à Ondorus.
-M’accorderas-tu une courte entrevue avant ton départ ? Je désirerais avoir ton avis sur une question grave.
-Mais avec plaisir.

Le serviteur s’inclina à son tour, d’une manière si maladroite que Near en pouffa de rire. Il était loin d'avoir la majesté et la grâce des Maires et Conseillers.

-Maître, ma Dame, la réunion va commencer.
-Merci, Almyr.

Il se tourna vers elle.

-Allons-y. Je crois bien que c'est ton premier Conseil.
-En effet. Je ne sais vraiment pas comment je dois procéder...
-Evidemment, puisque tu étais trop timide pour oser t'y présenter jusqu'à présent !

Décalia se renfrogna aussitôt, et Naelin se souvint (trop tard !) qu’elle était très susceptible.

-Je te refuse le droit de me dire que j'étais timide ! Tu sais très bien que c'est faux !
-Je te demande pardon. J'ai exagéré le trait.
-Il n’y a aucun souci. Par contre, peux-tu m'enseigner les rudiments du protocole ? Je ne m'y connais vraiment pas...

Il s’arrêta.

-Tu n'as jamais entendu parler du protocole ?
-Bien sûr que non.

Le premier Conseiller se mit à réfléchir à toute vitesse, et il fut ravi de constater que son esprit de réflexion marchait toujours.

-Ecoute-moi bien…Au bout du couloir, c’est la salle du Conseil. A l’appel de ton nom, tu devras franchir les portes, faire la révérence et t'installer auprès de Dame Laura. Attention, à cet endroit, pas ailleurs.
-Compris.
-Ensuite, tu ne dois prendre la parole qu’aux moments où l’on te la donne. Ne tente en aucun cas d’orienter la discussion sur un autre sujet, seul Arcanos en a le droit. Est-ce clair ?
-Très. Merci à toi.

Un son de cloche fit sursauter le Maire d’Auréole. Par réflexe, Near prit un air grave.

-C’est l’heure. Reste un peu en retrait.
-J’attendrai l’appel de mon nom. À tout de suite, mon ami.

Il perdit un instant son masque de Premier Conseiller. Un regard vers Décalia lui confirma qu’en une seconde, elle était devenue une autre personne. Plus froide, plus droite. Une femme à l'étoffe d'une Conseillère.

-À tout de suite.

Il s’approcha en silence de la gigantesque porte. Il n’eut qu’à attendre un instant avant qu’une voix fortement amplifiée ne résonne :

"Premier Conseiller Near, chargé des affaires étrangères et de la cohésion du Conseil."

La porte s’ouvrit dans un grincement, et il fit quelques pas avant de s’incliner devant son roi. Sur son trône, Arcanos avait un air serein, presque trop au vu des circonstances du moment. Le Maire d'Eolia savait qu'il était capable de garder son calme même dans les situations les plus graves, mais celle-ci l'était particulièrement... Pourtant, il ne montrait rien du trouble qui devait certainement l'agiter. Il avait décidément fait le bon choix en rejoignant son mouvement d'indépendance. Sans un mot, le Premier Conseiller prit place sur son siège.

"Conseillère Laura, chargée des relations entre cités et de la répartition des ressources."

Une autre porte s’ouvrit aussitôt et Laura pénétra dans le bureau. Elle s’inclina avec grâce avant de prendre place en face de lui. Il remarqua alors le symbole des trois étoiles sur sa veste, qui avait remplacé celui de la flamme, pourtant bien présent au dernier Conseil. Si elle avait quitté les Golden Emblem pour les Dragons de Lumière, qui pouvait bien diriger Golyndel ? Une excellente question, qu'il ne manquerait pas de lui poser après la réunion.

"Conseiller Ondorus, chargé des lois fondamentales, du règlement des conflits entre stratèges et des affaires internes de la capitale."

La porte s’ouvrit sur… Un couloir vide. Arcanos griffonna un mot sur son compte-rendu tandis que Laura pouffait. Near sourit malgré ses nombreuses interrogations : où s’était encore fourré le troisième Conseiller ? Malgré son habitude d’arriver en retard, l'Eolien ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter.
Au bout d’un moment, un bruit de pas rapides retentit au fond du couloir, se rapprochant de plus en plus. Enfin, Ondorus entra dans l’enceinte royale, les bras chargés d’un monticule de rouleaux de parchemin qu’il s’efforçait de garder en équilibre. Il se fendit d’une révérence pitoyable qui fit chuter quelques rouleaux, qu’il ramassa vivement, et posa ses archives sur la table avec un soupir de soulagement.

-Pardonnez-moi pour le retard –et pour le dérangement-, mais nous recevons des messages des quatre coins du pays, et il nous est impossible de gérer correctement la situation.
-Je t’enverrai plusieurs de mes rédacteurs personnels, annonça le roi.
-Merci du fond du cœur, Votre Majesté.

"Dame Décalia, Prêtresse de l’Orthographe et Maire d’Auréole."

La grande porte s’ouvrit à nouveau et Décalia entra d’un pas décidé. Son attitude surprit profondément Near : jamais personne n’était arrivé pour la première fois au Conseil avec cet air si assuré et ce regard déterminé. Elle n’était plus la jeune femme qui était comme tombée du ciel quelques années plus tôt, réservée et perdue, mais la Prêtresse de l’Orthographe, sévère et implacable. Il comprit qu'elle ne s'exprimerait qu'en langage soutenu durant le Conseil, et cela l'amusait plus que cela le surprenait.
Le Premier Conseiller se souvint avec plaisir de l’arrivée d'Ondorus au Conseil, pour le premier jour. Il était en retard, évidemment, et il avait la chevelure plus ébouriffée qu'au sortir du lit. En réalité, il était si nerveux qu’il avait consulté les archives jusque tard dans la nuit pour se calmer, et s’était assoupi au milieu des rouleaux. Il avait été réveillé par le responsable des archives une demi-heure avant le Conseil…
Décalia fit la révérence avant de s’installer sur la chaise voisine de Laura, en face d'Ondorus. Au regard qu’elle lança à ce dernier, Near comprit qu’elle lui tomberait dessus à la première occasion, pour une raison qu'il ignorait, mais qui devait être excellente.

"La séance est ouverte !"

-Tout d’abord, commença Arcanos, je voudrais souhaiter la bienvenue à Dame Décalia. Votre présence nous sera très utile. Cependant, avant de passer à l'ordre du jour, une mise au point est nécessaire, malgré le peu de temps qui nous est accordé.

"Heureusement qu’il n’a pas dit malgré que, songea le Premier Conseiller, sinon Décalia n’aurait pas pu s’empêcher de le corriger."

-Near, je suis très satisfait de ton travail. Les cités sont en paix, prêtes à s’unir le moment venu. Malgré ton appartenance passée à la coalition que tu menais jadis, tu as su mettre en avant le bien commun et le faire valoir face aux Gladiateurs. J’apprécie également ta neutralité et le discours que tu as tenu face aux représentants de chaque pays. Je suis fier de t’avoir nommé à ce poste et j’espère que tu resteras aussi efficace durant le conflit qui se prépare.
-Vous pouvez compter sur moi, Votre Majesté.
-Laura, j’ai reçu de nombreuses lettres à ton sujet… Et, pour être franc, je n’ai jamais reçu autant de courrier élogieux de tout mon règne. Chacun est satisfait de tes réformes. Les ressources sont livrées à temps, même dans les lieux les plus reculés. Le chômage a été réduit de moitié en un mois. Tu as vraiment fait du bon boulot.

Décalia tressaillit face à ce mot emprunté au langage familier, mais resta coite.

-Je ne fais qu’appliquer les lois et faire mon devoir, Votre Majesté.
-Passons à Ondorus…

En entendant son nom, celui-ci sursauta, tachant d’encre son parchemin. Ce fut seulement à ce moment-là que Near s’aperçut qu’il avait déjà rédigé plusieurs lettres depuis le début du Conseil. Il savait faire deux choses en même temps : écouter et écrire, et cela lui était souvent utile...

-Je vous écoute, Votre Majesté, dit-il en levant le nez de son septième rouleau.
-Là encore, je n’ai que des compliments à faire. Malgré la peur de la guerre, les citoyens ne cèdent pas à la panique. Tu nous as montré en arrivant que tu t’engageais à répondre à chaque lettre; tu place les intérêts du peuple avant tout, et cette attitude me plaît. Tu rassures la population à chacun de tes passages en ville, et les mesures de sécurité contre les vols que tu as affichées à l’entrée de la capitale ont fait leurs preuves. Félicitations.
-Je ne cesse de travailler dans ce but, Votre Majesté, dit le conseiller en reportant son attention sur le parchemin.

Arcanos se leva.

-À présent, parlons de la guerre.

Il n’avait plus du tout l’air serein.

-Vous n’êtes pas sans savoir qu’Erliban m’a posé un ultimatum. Je ne peux pas accepter cette alliance, car j’ai le sentiment qu’ils feront tout pour nous contrôler. D’autre part, je ne peux pas refuser, car ce serait signer notre arrêt de mort à tous. Or, je ferai tout pour préserver notre peuple. C'est pour cette raison essentielle que j'ai voulu unifier Hokiseki... (Il se rassit en soupirant profondément) Je désirerais votre avis à tous. Je ne sais plus que faire. Si quelqu’un a une idée, qu’il prenne la parole. C’est l’avenir du continent tout entier qui est en jeu.

Near sentit que c’était le moment de parler.

-Votre Majesté, se lança-t-il, je pense avoir une solution.
-Parle, mon ami.

Il inspira profondément, prêt à prononcer ce discours qu’il avait préparé.

-Votre Majesté, chers conseillers, Dame Décalia, vous savez toutes et tous ce qui nous arrivera si nous acceptons cette alliance. Hokiseki deviendra une simple province d’Erliban, perdant cette indépendance dont nous sommes fiers. Mais si nous annonçons notre refus, les pertes seront considérables. Le peuple compte sur nous, et il serait inhumain de notre part de laisser tomber ces stratèges, ces unités, ces villageois, toute cette communauté périr dans d’atroces souffrances. Nous ne pouvons pas nous permettre la moindre erreur.

Il jeta un coup d’œil au roi, qui sembla approuver ses paroles. Surodon s’était remis à ses lettres, mais Naelin savait qu’il écoutait son discours. Il reprit :

-Alors, que faire ? Nous ne pouvons ni accepter, ni refuser, et si nous restons neutres, ils nous considèreront comme des adversaires. La position que nous tenons depuis presque un an ne tient plus : ce serait Hokiseki contre le monde entier, et nous n’aurions aucune chance de survivre. Voici donc ma première conclusion : nous devons prendre parti dans cette guerre, choisir notre camp.
-Dans ce cas, lequel choisir ? demanda Arcanos. Si nous refusons avant d’avoir conclu une alliance, les armées de Zelphiar nous écraseront. Or nous devons donner la réponse rapidement…
-Je me suis renseigné sur ces fameuses armées. Leur cohésion dépend uniquement de quelques généraux. Il nous suffirait d’en éliminer un ou deux pour être tranquilles un bon moment, et ainsi avoir le temps de nous allier avec Lyarvas par exemple. Ce pays est lui aussi une grande puissance, et même si elle a du mal à rivaliser avec Erliban, ensemble, nous serions plus forts que l'Empire. Servons-nous de cette demande d’alliance pour miner leur organisation.
-Vas-tu nous expliquer ton plan plus clairement ?
-J’y viens, mais je voulais vous montrer de quelle manière j’y suis parvenu.
-Cette progression a le mérite d’être logique.
-À présent, voici mon plan. Votre Majesté, envoyez un message à l’empereur en disant que vous acceptez cette alliance. Il délèguera alors deux ou trois généraux, comme le protocole l'exige, pour vous porter le texte. Lorsqu’ils auront pénétré sur le territoire, des volontaires attaqueront les émissaires.
-Mais la loi interdit de lever l’épée sur un émissaire, intervint Laura, profondément indignée.
-C’est notre seule chance.

Un silence pesant s’établit sur l’assemblée.

-Je vous ai présenté mon plan. Libre à vous d'en penser ce que vous voudrez.

Near attendit la réaction de son roi avec un brin d'impatience en croisant les doigts. Au bout de quelques instants, au cours desquels des expressions contradictoires agitèrent le visage de Laura, le roi se tourna vers elle.

-Laura, demanda Arcanos, quelle est ton opinion ?
-Personnellement, Votre Majesté, ce plan ne me plaît pas du tout. Dans chaque nation, les émissaires sont protégés par la loi locale. Agresser les émissaires d’Erliban serait une offense, un affront incomparable. Je refuse de prendre part à cette mascarade.
-...Ondorus ?
-Une seconde, je vous prie.

Le Premier Conseiller constata avec un sourire qu’il finissait sa dernière lettre. Il corrigea une phrase, relut le manuscrit à plusieurs reprises et l’enroula sans se presser.

-Sans mentir, je crois que la solution évoquée convient parfaitement à notre situation actuelle. Aucun d’entre nous n’y a songé, et j’admire réellement le talent de réflexion du Premier Conseiller.

"Si tu savais que cette idée me vient d’un parfait inconnu, tu aurais une toute autre opinion", pensa Near pendant qu'Ondorus poursuivait :

-Nous étions dans une impasse, et il vient de nous montrer un passage à la dérobée. Même si j’ignore où il nous conduit, je préfère le suivre, car j’ai une confiance totale en lui. Je vote pour sa stratégie.

Le Premier Conseiller pensait qu'Arcanos demanderait un délai de réflexion à ce sujet, mais au lieu de cela, il s’adressa à la Prêtresse de l’Orthographe :

-Dame Décalia, j’estime que vous avez votre mot à dire, car vous êtes Maire d’une cité proche de la future ligne de front. Je vous écoute.

Elle s’éclaircit la voix, et le chef des Gears of Revolution devina qu'elle préparait un discours particulièrement gratiné. Si la situation n'avait pas été si problématique, il n'aurait pas pu s'empêcher de pouffer à cette idée.

-Votre Grande et Glorieuse Majesté, je doute que ma décision ne fasse changer votre opinion, car je suis convaincue que vous avez d’ores et déjà décidé de notre avenir à tous. Ma médiocre personne n’a donc aucun droit en ce qui concerne la décision finale, car elle ne peut ni vous influencer ni décider pour vous. Malgré ces faits indéniables, vous tenez à connaître mon opinion personnelle ; je vais donc vous la donner avec sincérité.

Arcanos acquiesça avec lenteur, surpris par le soutenu de son introduction. Near, quant à lui, esquissa un sourire : la Prêtresse de l’Orthographe conversait uniquement dans ce registre, et il l’avait suffisamment fréquentée pour s’y être habitué, même si cela le faisait toujours rire.

-Je partage l’avis de cette très chère Dame Laura sur le fait que la loi réprime sévèrement ce genre de pratiques. Toutefois, la loi s’incarne dans Votre Personne, et vous seul pouvez décider de ce qui est juste ou non. En outre, je suis profondément en accord avec les propos de Sire Ondorus. Comme lui, ma ridicule personne a découvert une providentielle sortie grâce au Premier Conseiller. Je tiens donc à remercier chaleureusement ce très cher Near de m’avoir éclairci les chemins de l’avenir. Beaucoup d’entre eux nous conduisent à grands pas vers un décès inévitable. Ne nous faisons point d’illusions : une guerre est à nos portes, une année à peine après la naissance de cette sublimissime patrie qui est la nôtre et à laquelle je suis si fière d’appartenir. Aucun conflit ne se résout sans morts, y compris dans nos rangs. Nous ne pouvons ignorer cela : c’est un fait indéniable, et nous devons l’accepter. Néanmoins, nous pouvons limiter ce nombre, et à terme sauver Hokiseki, ce qui n’est autre que notre but principal. En vérité, je vous le dis, Votre Grande et Glorieuse Majesté, la solution que nous propose le Premier Conseiller me semble sans aucun doute la mieux adaptée à notre piètre situation actuelle, et celle qui permettra le retour de la paix dans notre magnifique royaume. Voici mon avis, Votre Grande et Glorieuse Majesté. Libre à vous d’en faire ce que vous désirez.

Et elle se tut.
Near en resta muet. Il voulait parler, mais il ignorait comment prendre la parole après un tel discours. Arcanos toussota, puis intervint :

-Je…Vous m’étonnez, Dame Décalia. Votre analyse de la situation est on ne peut plus exacte. Vous avez achevé de me convaincre. Nous appliquerons ce plan.

Le Premier Conseiller soupira de soulagement. Qu’aurait dit son mystérieux visiteur s’il n’était pas parvenu à faire passer l’idée ?

-Vous m’avez soulagé d’un grand poids, mes amis. A présent, si quelqu’un désire aborder un sujet en particulier, qu’il s’exprime. Sinon, le Conseil sera terminé.
-Votre Grande et Glorieuse Majesté, j’ai une question des plus importantes à poser à Ondorus, et il me serait plus aisé de profiter de ce Conseil pour cela... si vous n’y voyez pas d’inconvénient.
-Bien sûr. Vous avez la parole.

Soudain, Décalia passa d’un calme olympien à la colère noire. Instinctivement, Near recula sur son siège. Son regard si particulier lui faisait toujours autant d'effet malgré les années. La Prêtresse de l’Orthographe n’était plus la même. Ondorus fit courageusement face aux yeux bleu glacier qui le fixaient avec rage.

-Ondorus, je ne puis oublier que tu fais partie de mes bons amis. Pourtant, je fus sincèrement choquée à mon entrée dans la capitale…
-Ne tourne pas autour du pot, Décalia, et dis-moi ce qu’il se passe.

Elle mit le feu aux poudres.

-Comment OSES-TU afficher de telles absurdités à l’entrée de la ville ? Comment oses-tu manquer de respect aux dragons ? Comment peux-tu conseiller aux citoyens de tenir leurs dragons en laisse ? EN LAISSE, Ondorus, je ne l’ai pas inventé, c’est écrit noir sur blanc ! Tu manques de respect aux dragons, et en les déshonorant, tu me déshonores de la même manière ! Tu déshonores tous les membres de mon alliance, qui se revendiquent des Dragons de Lumière !

Near ne l’avait jamais vue aussi en colère. Pas de doute, Ondorus avait intérêt à résoudre la situation, sinon… Pour rien au monde il n’aurait voulu prendre sa place à cet instant. Mais à sa grande surprise, le conseiller ne parut pas effrayé le moins du monde.

-Décalia, dit-il calmement, tu vas cesser de crier, je te prie. J’ai mes raisons, et je vais tout t’expliquer en détail.

Elle reprit aussitôt sa sérénité.

-Je t’écoute, mon ami, mais j’espère sincèrement que tes raisons sont plus qu’excellentes.
-Comment as-tu fait ? chuchota Near au Conseiller.
-Simple question de pratique. Si tu lui donnes des explications, tout rentre dans l’ordre.
-Je m’en souviendrai, au cas où.

Ondorus se tourna à nouveau vers Décalia.

-Ces mesures ont été publiées au moment où nous avons remarqué une augmentation phénoménale du nombre de vols dans la cité. Nous conseillons donc à chaque visiteur de cacher ses objets de valeur tout en intimidant les éventuels voleurs. Le dragon, posté à proximité, en fait partie.
-Mais, pitié pour eux, pas EN LAISSE ! Tu ne te rends pas compte de l’humiliation que tu leur fais subir. Je t’en prie, retire cette abomination de cette pancarte.
-Je m’en chargerai personnellement dès la fin du Conseil, tu peux me croire.
-Parfait. Tout va pour le mieux, dans ce cas.

Near se souvint alors de la plus belle journée qu’il avait passé à Eolia…Mais aussi la pire : celle où ils avaient découvert une porte immense où figuraient des symboles étranges, ouvrant sur une grotte souterraine. Quelle surprise de constater que les rumeurs étaient fondées ! Toutes sortes de dragons logeaient dans cette caverne, et ils conclurent un pacte avec ceux de vent, qui consentirent à leur obéir pour sortir de ce lieu. Il se lia par serment avec l'un d'eux, dont la manière personnelle de voler dans les ombres l'enchantait. Il avait rapidement découvert sa capacité à prendre forme humaine, et s'était réjoui de pouvoir en apprendre plus sur lui et sur son peuple. Cependant, les dragons ne vieillissaient pas à la même vitesse que les êtres humains; celui de Near était pour sa part plutôt jeune : mille deux cents ans à peine…
Mais le soir venu, il s'était enfui avec une quarantaine d'autres pour une destination inconnue. Le Premier Conseiller avait eu le sentiment déchirant de perdre un ami, même s'ils ne s'étaient pas tant rapprochés, et avait donc juré que de toute sa vie il ne se proclamerait jamais maître d'un autre dragon. Un tel animal, majestueux et doué de conscience, n'avait pas à obéir à qui que ce soit selon lui, mais il se gardait bien de faire connaître son avis. Des stratèges comme Teddy et les autres Gladiateurs ne l'auraient jamais approuvé.
Et, après tout, il pouvait se réjouir : il avait rempli sa part du marché. Il avait fait ce que son visiteur lui avait suggéré, ou plutôt imposé. A présent, Near ne se posait qu’une question : où cette décision les mènerait-elle ?


Dernière édition par Décalia le Mer 7 Déc - 19:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 11:55

Chapitre 2 : Le Grand Conseil


Partie 3 : Auréole sans Décalia (ou le Désastre)


Auréole, couloir Sud, salle des armures.

Qarneb souleva une pièce d'armure en acier et passa son chiffon en dessous. Pour la centième fois de la journée, au moins.

-Plus vite ! ordonna une voix entre deux éclats de rire. Tout doit être propre, brillant, luisant !
-Oui, Dame Lilian, soupira-t-il en serrant les dents.
-J'ai rien entendu !
-Oui, Dame Lilian ! répéta-t-il plus fort.
-C'est un peu mieux.

La jeune femme s'approcha avec un sourire sadique sur le visage, et le commandant ne put réprimer un frisson de terreur. Jamais il n'aurait pensé avoir un jour peur d'une femme, du moins autre qu'Aetheria. Et voilà qu'il se sentait prêt à la supplier à genoux pour qu'elle arrête de le persécuter ! La seule chose qui parvenait à l'en empêcher était la pensée que cela la ferait jubiler...
Le long fouet dont elle se servait parfois, lorsqu'elle n'était pas satisfaite de son travail, vint frôler ses bottes. Tant qu'il ne claquait pas, tout allait –presque- bien.

-Mouais, fit-elle. Pas très performant tout ça. Un petit coup de fouet te remonterait peut-être le moral. N'hésite pas à demander, tu sais, ça me fait plaisir de t'aider.

Elle finit par remarquer son teint blafard et ses yeux hagards. Alors, elle le saisit violemment par le menton et le força à la regarder en face. A l'idée de l'avoir déçue, il se serait recroquevillé, mais sa poigne l'en empêchait.

-Ne prends pas cet air-là avec moi, cracha-t-elle. Tu devrais être heureux d'être sorti du cachot. Tu revois la lumière ! Serais-tu ingrat ?
-Oh non, Dame Lilian, balbutia-t-il. Je vous remercie infiniment de votre bonté, Dame Lilian.

Elle consentit enfin à le lâcher.

-J'aime mieux ça.

Sur son visage apparut l'expression la plus effrayante pour le commandant; elle s'était mise à réfléchir. Certainement à un nouveau moyen de le tourmenter... Elle en trouvait sans cesse de nouveaux. Il mourait d'envie de s'enfuir, mais elle lui avait attaché un boulet au pied par une lourde chaîne, et il se retrouvait sans défense. Au terme d'un silence qui lui sembla durer une éternité, elle lui dit :

-Après, tu iras me chercher une pioche.
-Une pioche ? Pourquoi une pioche ?
-On ne discute pas !
-Pardon, Dame Lilian !
-Je préfère ça. Une pioche, parce que tu vas aller me casser ces rochers qui bouchent la vue, devant la fenêtre de ma chambre.

En effet, la chambre que la stratège partageait avec sa soeur donnait sur un amas de roches. Des ouvriers travaillaient régulièrement sur le site pour tenter de les dégager, mais le chantier avançait lentement. Trop lentement au goût des deux jeunes femmes.

-Tout seul ?! osa-t-il demander d'une voix tremblante.
-Tout seul, confirma-t-elle avec un léger sourire. Et si tu n'as pas fini ce soir, je te pendrai ! Hi hi hi ! Ce sera drôle ! Hi hi hi !

Elle se mit à rire aux éclats. Son souffre-douleur gémit entre ses dents. Il savait qu'elle était capable de mettre ses menaces à exécution. Lorsqu'il osa enfin relever la tête, il la vit réfléchir à nouveau.

-Et après t'avoir pendu... Je crois que je vais t'écarteler.

Elle débitait ces horreurs comme si elle avait parlé d'une friandise particulièrement délicieuse.

-Oui, je vais t'écarteler. Après, je te découperai en tranches tellement fines qu'on verra à travers, et je te donnerai à manger à mon gentil petit Bisou.

A ces mots, Qarneb ne put s'empêcher de tomber à genoux, mains jointes en position de prière, les larmes aux yeux.

-Non, pitié, Dame Lilian, pas Bisou ! C'est la pire de toutes les tortures !
-Pourquoi ? demanda-t-elle avec un sourire encore plus large. Il n'est pas gentil, Bisou ?
-Oh si, il est très gentil, fit-il en priant pour qu'elle ne remarque pas sa terreur, mais je ne voudrais m'en approcher pour rien au monde !

Elle se remit à réfléchir. Il ne lui fallut que quelques instants avant que son visage ne s'illumine.

-J'ai une idée merveilleuse !

Il n'en fallait pas plus pour que le commandant atteigne le paroxysme de la peur. Après une phrase pareille, il se sentait prêt à tout, pourvu qu'elle oublie cette "merveilleuse idée" ! Mais avant qu'il n'ait eu le temps de se jeter à ses pieds pour la supplier, elle poursuivit avec délectation :

-Peut-être que je devrais te donner à manger à Bisou avant de te pendre... On t'entendrait hurler dans toute la forteresse ! (Elle pouffa de rire.) Oh oui, ce serait vraiment drôle, ça ! Et je pourrais même te mettre avec lui dans l'arène ! J'adorerais voir comment tu vas essayer de lui échapper ! J'inviterai tout Auréole au spectacle ! Comme je vais m'amuser ! Hi hi hi !

Cependant, Qarneb vit qu'elle n'avait pas fini de réfléchir. La perspective de se faire dévorer par Bisou lui semblait pire que tout, mais il savait que sa "Dame" savait trouver bien pire...

-Finalement, je crois qu'avant de te mettre tout entier dans la cage, je vais te couper un bras, pour lui donner un avant-goût du repas qui l'attendra...

Cette fois-ci, le commandant n'y tint plus et s'évanouit sur les dalles d'argent, mais pas pour longtemps. Le pied de Lilian le cueillit plusieurs fois dans les côtes.

-Hé, ho, pourquoi tu t'endors ? Tu n'as pas fini de nettoyer les armures !

Pendant ce temps, sur les remparts, les trois moines qui avaient monté la garde avec Ortimon se prélassaient au soleil dans des hamacs.

-Ah, que la vie est belle depuis que Lilian est aux commandes ! dit l'un d'eux dans un soupir d'aise.
-Oui, on se la coule douce...

Soudain, un hurlement de rage les fit sauter de leurs hamacs. Un moment, ils crurent que Qarneb avait repris le pouvoir, mais ils finirent par reconnaître la voix de la stratège.

-Dites donc, espèces de tire-au-flanc, il faudrait peut-être que vous montiez la garde si vous ne voulez pas que je vienne ! Bande d’incapables ! Soldats de pacotille ! Tas de fumiers !
-Et elle a les expressions de sa soeur, en prime, se plaignit un moine. On ferait peut-être mieux de...

Son regard se posa sur la plaine.

-Hé, les gars, qu'est-ce que c'est que ce nuage de fumée, au loin ?

Ses compagnons plissèrent les yeux.

-Si je ne m'abuse, c'est une armée...
-Une armée ?! tonna la voix de Lilian depuis l'étage du dessous, si fort que Qarneb, près d'elle, crut en devenir sourd. Formidable ! On va avoir une bataille ! J'aime les batailles, il y a toujours des morts ! Qu'est-ce que vous attendez ? Tous à vos postes ! Remuez-vous ! Plus vite que ça !

Les trois soldats se concertèrent du regard et murmurèrent avec une coordination parfaite :

-...On est mal barrés...

FIN DU CHAPITRE 2

Qui est "Shadowind", le mystérieux inconnu qui a fait basculer la décision du Conseil ?

Shadowind : *murmure* Epaissir les mystères... N'être qu'une ombre dans la nuit, peser moins qu'une plume, mais se glisser en silence pour faire pencher la balance... Nous nous reverrons, hokisekiens...

Qarneb échappera-t-il un jour à la tyrannie de Lilian ?

Qarneb : Je ne veux pas mouriiiiiiir ! =x
Lilian : Alors finis de nettoyer ces armures pendant que je vais voir cette armée de près ! ^^ Hihihi, on va les écraser !
Qarneb : ...Mais pourquoi Décalia est-elle partie ? x_x

Les Gladiateurs sont-ils vraiment aussi idiots qu'on le prétend ?

Teddy (le vrai) : Hé, je sais que mon personnage n'est pas encore apparu, mais c'est pas une raison pour me discréditer dès le début alors que j'ai le dos tourné ! ù_u

ET SURTOUT... Qui est Bisou ?!

Pour obtenir les réponses un jour, ne manquez pas le chapitre suivant : L'Assaut d'Auréole ! =D
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 11:57

Chapitre 2x : Hors d'Hokiseki


Partie 1 : R-99


"H-38"

Roy soupira profondément. Hemyr était le seizième chevalier royal qu'on lui opposait. Les corps des quinze premiers gisaient au sol dans une mare poisseuse, et leur sang tachait son épée d’or. Son compagnon d’entraînement devait-il vraiment être le prochain à mourir ? Et pourquoi Zelphiar, l'empereur d'Erliban, sacrifiait-il ainsi ses meilleurs guerriers ?
Car ils n'avaient aucune chance de le vaincre. Il était le meilleur de tous les hommes de l’Empereur. Il était un Escroc-Ombre, un sur-élite, une machine à tuer. Sous le code de R-99, il avait gravi tous les échelons. Il avait touché le sommet lorsque Zelphiar lui avait procuré le Sceau Nuit qui avait fait de lui l'Escroc-Ombre d'Erliban. Alors qu'il pensait avoir atteint la consécration en devenant Escroc, il avait été promu une nouvelle fois par la puissance de l'objet, alors qu'il ignorait jusqu'à l'existence des sur-élites. Il pouvait vaincre n'importe qui sans avoir une seule égratignure.
Cependant, son passé ne le destinait pas à de tels honneurs. Dernier fils d’une famille pauvre d’Hokiseki, il avait dû voler dès sa plus tendre enfance pour subvenir à ses besoins. Il avait appris à manier l’épée et le poignard par lui-même, et mis au point une série de coups retors. Sa chance avait été sa rencontre avec le futur Empereur lors d’une compétition à laquelle il aurait dû ne jamais participer en raison de sa pauvreté. Son talent d’usurpateur et de menteur lui avait beaucoup servi. Remarqué par le jeune prince pour son talent, il s’était rapproché de lui, et ils étaient restés longtemps en très bons termes. Lorsque Roy, chassé de son pays en raison de ses vols à répétition, lui avait demandé de l’aide, Zelphiar avait été naturellement heureux de la lui accorder.
Hemyr chargea, arme à la main. Roy para le coup sans difficulté. Dans les yeux de son camarade d'entraînement, il lut de l'hésitation.
Roy, lui, était une machine à tuer. Il n'hésitait jamais.
Deux revers et la Sacramasaxe sauta des mains du Rédempteur, puis ce fut au tour de sa tête.
Elle tomba sur le sol avec un bruit mat. Le corps resta inexplicablement debout quelques secondes avant de tomber en arrière. Roy fixa d'un air dédaigneux le visage qu'il avait si souvent croisé.
Personne ne pourrait plus jamais le vaincre. Il l’avait juré.
La voix de l'empereur résonna dans l'arène.

-Parfait. Viens me rejoindre dans ma loge.

Il prit le temps d'essuyer son arme sur la veste d'Hemyr avant de gravir les marches de pierre de l'arène. L'empereur était blond, le visage dur, et ne quittait plus son armure lourde depuis quelque temps. Sa sévérité apparente ne gâchait cependant en rien sa beauté. Ses traits fins et réguliers lui conféraient un charme indéniable. Les dames de la cour en venaient presque aux mains pour avoir l’honneur de lui être présentées. Cette attitude étonnait profondément Roy, mais ne tirait qu’un léger sourire impénétrable à son vieil ami.
Zelphiar se détourna de la vue des cadavres pour plonger ses yeux verts dans ceux, noirs comme le charbon, de Roy.

-Je ne regrette pas de t’avoir nommé Escroc-Ombre, le Chevalier de mon Empire. Tu es vraiment le meilleur.
-Pour sûr, mon vieux, tu peux compter sur moi.

Les deux hommes rirent de bon cœur. L'Escroc-Ombre se félicita intérieurement d'avoir entretenu sa relation avec lui. En effet, c'était elle qui lui avait permis d'accéder à cette puissance, dont il n'avait jamais osé rêver. Ce fut à cet instant que l’ancien vagabond remarqua avec surprise une lueur qui ne lui plaisait pas dans les yeux de son ami de longue date.

-Toi, tu me caches encore quelque chose.
-Comment le sais-tu ?
-L'instinct des sur-élites. Depuis ma promotion, c'est infernal. J’interprète chacune de tes attitudes grâce à mes pouvoirs étendus, sans même le faire exprès; et donc, par extension, je sais tout ce qui te passe par la tête.
-En effet.

L’Empereur se détourna un instant.

-Je t'ai fait passer ce test pour une raison bien précise. Je voulais évaluer tes capacités, pour vérifier que mon choix est juste. Tu viens d’abattre tous mes doutes.

Il replongea ses prunelles dans le noir infini des yeux de Roy.

-Avant toute chose, tu dois savoir que chaque pays n'a obtenu des dieux qu'une seule unité sur-élite. Tant qu'un sur-élite est en vie, le Sceau accordé ne fonctionnera sur personne d'autre.
-Attends, tu me fais marcher, protesta l'Escroc-Ombre. Comme si je n'avais plus d'adversaires à ma hauteur après avoir touché ce caillou !
-Bien sûr que si. Les sur-élites des autres contrées sont aussi puissants que toi.
-Ouf, soupira-t-il d'un air faussement soulagé. Je n'aurais pas aimé que tu me prives de défis.
-Mais, dis-moi... As-tu déjà entendu parler des sur-promus ?
-Oh, cette vieille légende… soupira-t-il. Les guerriers à la force presque égale à celle des dieux, surpassant tous leurs pairs. Tu crois à cette histoire ? Si c’est à cause de moi, ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie, je t’assure que je n’en suis pas un.

Il s'interrompit brusquement en découvrant l'air sérieux de l'Empereur. Puis, lentement, la connexion qu'il se refusait à faire s'entreprit dans son esprit, et il ouvrit des yeux hallucinés.

-Ne me dis pas que... ça a un rapport avec les sur-élites ?
-Ce n’est pas une légende. Les sur-promus existent réellement. Ce sont simplement la promotion des sur-élites. Si je t’ai forcé à vaincre tous ces adversaires, c’était pour te proposer d’en devenir un.

Roy n'en crut pas ses oreilles.

-Alors... C'est MOI que tu as choisi pour cet honneur ? Non, c’est impossible. Les Promus n’existent que dans les contes… Ne me dis pas que tu me proposes de devenir le…
-…sur-promu d’Erliban, termina Zelphiar à sa place. Bien sûr que si. J'ai pensé à toi dès que j'ai appris l'existence des Sceaux divins. Alors, que penses-tu de ma proposition ?

La tête lui tourna. Il avait toujours rêvé d’acquérir plus de puissance, toujours plus. Sans compter que chacun des combats entre sur-promus était devenu légendaire, tant ils étaient spectaculaires.

-Je ne peux pas accepter, c’est beaucoup trop ! dit-il en sachant que l’Empereur insisterait.
-Je connais tes capacités. Et de plus, j’ai une mission à confier à ce nouveau sur-promu. Une mission pour laquelle je ne fais confiance à personne… A part toi.
-Rien que ça ? s’exclama Roy, à demi ironique.

Mais l’Empereur ne souriait pas le moins du monde.

-Je veux que tu assassines tous les autres sur-élites et sur-promus du continent.
-Attends… Je suis plutôt puissant, d’accord, mais pas à ce point…
-Tu le seras. Seul un sur-promu peut en écraser un autre. Il faudrait que tu règles son compte à ceux du Laghan, de Lyarvas et d’Hokiseki en premier. C'est une question de conquêtes. Privés de leurs sur-promus respectifs, nos adversaires ne pourront rien faire face à la puissance de notre armée.
-Bon, bon, très bien. Tu sais qui c’est, ou je vais devoir me débrouiller seul comme au bon vieux temps ?
-Tout ce que je sais, c’est qu’ils sont redoutables. Même si les sur-promus sont doués pour toutes les armes, chacun a ses préférences. Celui d’Hokiseki maîtrise la magie blanche et la lance en particulier, et c'est une promotion de Saint.

Décalia, pensa aussitôt Roy.

-Il faut que tu comprennes qu’ils sont presque imbattables. Il faut une puissance phénoménale pour espérer vaincre l’un d’entre eux. Certains, comme le Théosage de Lyarvas, sont particulièrement coriaces. Mais le pouvoir conféré au sur-promu d’Erliban est sans aucun doute le plus important de tous, et tu es déjà un adversaire redoutable.

La résistance du chevalier cédait peu à peu.

-Donc, je serais…
-…L’Escroc-Diable, répondit Zelphiar à sa question inachevée. L’Escroc-Diable d’Erliban. Ainsi nomme-t-on depuis l’aube des temps le sur-promu de notre empire. Accepteras-tu mon offre ?
-Et tu oses encore poser la question ? Bien sûr que j’accepte !

L’Empereur poussa un soupir de soulagement qui ne lui échappa pas. En silence, il sortit un petit paquet enveloppé dans un tissu de soie noire et le lui tendit.

-Voici la Pierre d’Obscurité. C’est elle qui t’accordera des pouvoirs supplémentaires. Prends-la, et apprivoise la force qu’elle contient.

Roy s’empressa de l’ouvrir. Il y découvrit un étrange morceau de cristal, d’un noir profond d’un côté et couleur rubis de l’autre. Lorsqu’il y posa les yeux, une chaleur infernale se répandit en lui, comme si les flammes de l’enfer venaient de le consumer. Une intuition soudaine le poussa à approcher sa main et à toucher la pierre. Aussitôt, la sensation de brûlure enfla jusqu’à devenir insurmontable. Il cria de douleur, tenta de retirer ses doigts, mais n’y parvint pas, comme s’ils étaient soudés au cristal. Il souffrit ainsi le martyre durant une bonne minute avant que ce sentiment ne s’estompe lentement.
Il s’aperçut alors qu’il était tombé à genoux, les doigts toujours serrés sur la pierre. Il se releva avec difficulté, son corps encore déchiré par la souffrance.

Alors, pas trop sonné ? fit une voix.

-Non, non, ça va, répondit-il dans un souffle.

Il se rendit compte au moment où il prononçait ces paroles que la voix n’était pas celle de Zelphiar. Pire encore, elle provenait de son propre esprit. Comme s’il s’agissait de ses propres pensées, mais avec une intensité différente… Il crut devenir fou, mais l’Empereur le sortit de ses réflexions en posant une main sur son épaule. Ils se regardèrent durant un instant, silencieux en apparence, mais dans l’esprit de Roy, tout se bousculait.

Hé, dis, pourquoi tu n’as pas encore tué cet homme ? Tu pourrais le faire, tu sais. Ce serait si facile…
C’est mon ami ! rétorqua Roy en pensée. Et toi, qui es-tu pour me conseiller de faire une chose pareille ?
Tu verras, jeune Escroc-Diable… Tu verras. En attendant, reçois la puissance des enfers...

Et la voix se tut. Celle de Zelphiar, bien réelle, envahit la loge.

-Escroc-Diable Roy Elcrow, tes cibles sont le Gladiateur Suprême du Laghan, le Théosage de Lyarvas, le Tireur d'Etoile d'Ira, le Troubadour Divin d'Ama, le Seigneur Aérien de Phenis, le Druide Obscur de Galnéa, l'Esprit Elémentaire de Khary et…
-La Prêtresse Sacrée d'Hokiseki, je la garde pour la fin.

Il ne reconnut même pas sa propre voix. Dans ses veines brûlait une soif de vengeance contre cette terre qui l'avait chassé et contre cette femme qu'il avait eu l'occasion de rencontrer pour son malheur… L'Empereur le regarda d'un œil surpris.

-Tu es certain que tout va bien ?
-Mieux que jamais.

En effet, une énergie incroyable l'envahissait désormais. Il se sentait prêt à courir des jours entiers sans jamais s'arrêter, à grimper au sommet des Monts d'Ulian sans artifice magique, et il se savait capable de tout ou presque… Lui qui ne parvenait pas à allumer une chandelle avec une incantation découvrait le pouvoir naissant entre ses doigts, presque palpable tant il était puissant. En lui, ce fut comme si des parties invisibles de son corps venaient de se rejoindre en son cœur. Il sut que désormais, toutes les magies, l'Anima ou les anciennes, lui étaient accessibles.

Alors, on ne dit pas merci ? reprit la voix dans son esprit.
Pourquoi te remercierais-je ?
Cette puissance, c'est moi qui te l'offre. Moi, qui fus enfermé dans la Pierre d'Obscurité pour assister les sur-promus de ton espèce, ceux qui ont vraiment de l'ambition. Je suis là pour t'offrir la force dont tu as toujours rêvé.


A cette idée, le sur-promu frissonna de plaisir. Soudain, les propos de la voix changèrent.

Roy, mon nom est Lâar. Avec ta puissance et ma propre expérience, tu deviendras… L'être le plus puissant du monde !... L'acceptes-tu ?
Je l'accepte
, répondit-il sans hésitation.

A cet instant, ses yeux noirs rougirent légèrement, comme deux petits rubis, avant de replonger dans l'obscurité. Zelphiar ne sembla avoir rien remarqué, mais il se tenait toujours à l'écart de son vieil ami, comme s'il était devenu… quelqu'un d'autre. Mais Roy lui-même savait qu'il n'avait pas tant changé. Il était simplement devenu meilleur. Infiniment meilleur.
Il se retourna. Son nouvel instinct lui disait qu'une chance l'attendait, là-bas, dans les lointaines terres de l'Est. Une femme. Une archère. Il la voyait déjà hurler, la gorge tranchée par sa lame. Non, dans ses rêves, il ne portait pas sa propre lame, mais une longue épée noire aux contours indistincts. La voix lui soufflait qu'il pourrait se la procurer…

-Je pars immédiatement. Pas pour le Laghan, il n'y a rien à craindre, le sur-promu mourra dans deux jours. D'une crise cardiaque.
-Comment le sais-tu ? s'étrangla l'Empereur.
-Je l'ignore. Mais j'en suis certain. Je pars donc pour l'Ira. La Tireuse d'Etoile m'attend. Il serait indélicat de ne pas être ponctuel à un tel rendez-vous.
-Mais… Et le Théosage ? Lyarvas ?

Il le regarda, et l'Empereur eut le sentiment de voir un éclair sanglant passer dans son regard.

-On peut s'en occuper plus tard. J'ai un plan.

Sa cape violette claqua dans l'air de la loge lorsqu'il s'en alla. Il partirait le jour même. Inutile d'attendre plus longtemps pour verser le sang. Avant, il devait se préparer. Apprendre par cœur des incantations de puissance, se procurer un arc et surtout changer d'apparence. Malgré le rang auquel l'avait élevé Zelphiar, il avait toujours un petit air de vagabond. Cela allait changer. Désormais, il serait l'égal d'un prince. Un sur-promu, digne de la légende. Un Escroc-Diable.
Resté seul, l'Empereur regarda durant un instant la porte par lequel il était parti, puis s'affala lourdement sur son trône. Il posa sa couronne devenue soudain très lourde sur un bureau et se passa les mains dans les cheveux.

-C'était mon meilleur et mon seul ami… Par Targalok, dieu de la Mort, qu'ai-je donc fait ?!

Seul le silence, pesant et menaçant, lui répondit.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 11:58

Chapitre 2x : Hors d'Hokiseki


Partie 2 : Shadowind


Une caverne perdue dans les montagnes balayées par les vents de Khary…
On aurait pu facilement prendre ce lieu pour le repaire d'une quelconque créature mangeuse d'hommes, du moins durant les premiers mètres. Lorsque les parois rocheuses se couvraient soudain de tapisseries brodées et le sol de tapis posés entre les stalagmites, on devait se rendre à l'évidence, quelqu'un vivait là. Et pas n'importe qui.
Shadowind, Prince de Vent, s'était lui aussi affalé sur son trône, mais il n'était pas seul. Un vieillard aux longs cheveux turquoise parsemés de blanc l'apostrophait sans aucune gêne.

-Mais que vous arrive-t-il, Votre Majesté ? criait-il presque.

Lorsqu'il marchait à grands pas, la pierre suspendue à la chaîne de son cou allait de droite et de gauche. Le spectacle de cet homme âgé aurait fait rire n'importe qui, sauf Shadowind.

-Depuis que vous êtes passé par Hokiseki, vous avez une attitude étrange… Les dragons, notre peuple, VOTRE peuple ne comprend pas votre attitude ! Ressaisissez-vous, enfin ! Je suis votre conseiller, mandaté par le roi Azoar Icethena lui-même, je peux tout entendre !
-Ohrtan, dit-il d'une voix calme, je ne suis pas rentré à Khary pour me faire critiquer à tout bout de champ.
-Mais vous avez des devoirs ! En tant que Prince et que roi provisoire, mais aussi en tant qu'Esprit-Vent…
-ASSEZ ! Je refuse que tu prononces ce mot, cette ignominie, devant moi !

Le vieillard lui décocha un regard sans équivoque.

-Pardonnez-moi de mon audace, Majesté, mais vous ne pouvez pas aller contre ce fait. Vous êtes notre sur-promu ! Le premier des Esprits Elémentaires depuis la Guerre du Langage, qui nous a conduits à l'exil durant mille ans !
-Ce n'est pas ma peine d'insister ! Ne m'appelle plus ainsi !

Ohrtan toussota un instant.

-Bien, bien… Dans ce cas, parlons un peu de la mission que vous vous êtes confié. Avez-vous trouvé celui qui nous a libérés dans le passé ?

Le visage de Near vint se planter dans l'esprit du dragon, aussitôt remplacé par celui de cette fille. LA fille.

-Bien sûr. Il ne m'a pas reconnu, mais cela ne devrait pas tarder.
-C'est déjà ça.
-Et elle… Je l'ai revue.
-Qui donc ?
-La jeune femme que Ryû, dieu de la Lune, m'a désignée en rêve. Celle que je n'ai jamais eu le courage de chercher. La sur-promue d'Hokiseki.

Le conseiller s'était tu.

-Elle est la Prêtresse Sacrée, et certainement une foule d'autres choses encore.
-Si je puis me permettre, vous devriez vous concentrer sur…
-Il est lié à elle, tu le sais bien. N'as-tu pas lu les prophéties ? Mon devoir est et a toujours été de la protéger. Les sur-promus de Webb sont en grand danger, plus grand encore qu'il y a plus de mille ans.
-Vous voulez dire qu'Erliban a un nouvel Escroc-Diable ?
-C'est fort probable. Je le sens au plus profond de moi. Tu n'ignores pas qu'elle est la seule à pouvoir le vaincre définitivement. Notre destin à tous dépend d'elle, et pour aider ce destin, je dois la protéger. A n'importe quel prix.

Ohrtan céda enfin.

-Qu'il en soit ainsi. Dois-je vous seller un pégase ?
-Ce serait aimable de ta part. Merci.

Il s'apprêtait à partir, mais quelque chose le retint.

-Je pourrais vous accompagner…
-Il n'en est pas question. Nous en avons parlé des milliers de fois. J'ai besoin de pouvoir passer inaperçu et ce n'est pas en te transformant que tu vas m'aider.

Il parut satisfait de la réponse, et s'en alla avec une courbette.
Shadowind promena son regard sur les parois rocheuses. Il se sentait à l'aise dans ce lieu qui ressemblait à celui où il avait passé mille ans de sa vie. Il lui était désormais difficile de vivre sans toit au-dessus de sa tête. Le ciel lui paraissait vertigineux; ce même ciel où il avait volé tant de fois avec délectation…
Par réflexe, il referma la main sur le fantôme de sa dracopierre. Sous l'écharpe qu'il portait en permanence, la chaîne brisée pendait lamentablement. Sans elle, sans la pierre qui renfermait le coeur de sa transformation, il lui serait difficile de repeupler le royaume de Khary... Chose qu'il avait promise au roi Azoar, toujours enfermé dans les cavernes. Pourtant, il le fallait. Il avait prêté serment. Et une tâche bien plus difficile l'attendait.
Sauver la Prêtresse Sacrée.
Sauver Décalia…


FIN DU CHAPITRE 2X
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:04

Chapitre 3 : L’Assaut d’Auréole


Auréole, seconde enceinte, tour nord.

Lilian : Armez les balistes et les catapultes ! Descendez la herse ! Pégases en position ! ET QUE CA SAUTE !!!! =D
Qarneb : Si vous permettez…
Lilian : Quoi ?
Qarneb : Dame Décalia m’avait donné des ordres en cas d’attaque.
Lilian : Avoue ! Avoue, ou je te donne à Bisou ! è_é
Qarneb : ...La première enceinte sert à obliger l’ennemi à entrer sur un terrain qu’il ne connaît pas et à laisser balistes et catapultes dehors. Avec les attaques à distance des moines, les raids des pégases et les charges de licornes, on peut gagner.
Lilian : Ah oui ? Oo
Qarneb : Je propose aussi qu’on creuse un grand trou sous la porte de la seconde enceinte (qu’on aura au préalable laissée ouverte) et qu’on y mette Bisou… _ >=D
Lilian : MON BISOU TOUT SEUL DANS UN TROU ??? è_é
Qarneb : …Et il pourrait dévorer les ennemis à proximité !
Lilian : Le bon repas en perspective ! =) Maintenant, tu vas aller me creuser ce fameux trou !
Qarneb : TOUT SEUL ? Oo
Lilian : Tout seul ! ^^ Et si tu n’as pas fini dans dix minutes…
Qarneb : Vous me pendrez X_X
Lilian : Exactement ! =D
Qarneb : Oo *s’en va creuser le trou*
Ortimon : *croise Qarneb dans les escaliers* Mon commandant, puis-je...
Qarneb : Oh non, pas toi ! Ne monte surtout pas sur la deuxième enceinte, compris ?
Ortimon : A vos ordres ! ^^ *se met au garde-à-vous*
Qarneb : Au fait, j'aurais une mission pour toi... Est-ce que tu veux bien aller nous chercher des renforts ?
Ortimon : Bien mon commandant ! Quelle cité dois-je alarmer ?
Qarneb : *regarde sa pierre-montre de ceinture avec angoisse* Je ne sais pas, moi, n'importe laquelle du moment que c'est rapide et efficace ! o.o" *part en courant*
Ortimon : ...A vos ordres... Dans ce cas, je vais aller chercher grande soeur Décalia. Après tout, c'est la meilleure ! ^^

Pendant ce temps, sur la deuxième enceinte...

Lilian : Génial. Toi, le moine, dis-moi de quelle cité ils viennent ces –censuré- !
Moine : Leur blason… C’est celui de Phenis ! Oo Je croyais qu’ils étaient occupés à se défendre contre Erliban !
Lilian : Parce qu’en plus c’est des étrangers ?! Super, on ne sera même pas poursuivis pour meurtre ! =)
Soldats : Ouééééé ‘u_u
Lilian : Et quelles forces ont-ils ?
Moine : Une quarantaine de mercenaires niveau 2, quelques shamans niveau 4 et… Un truc que je n’ai jamais vu ! Oo
Lilian : Passe-moi les jumelles, incapable ! *regarde* Ca ressemble vaguement à un pégase, mais c’est trop bizarre… C’est pas une unité élite, sinon je le saurais puisque je sais tout…
Moine : Heu… ‘u_u
Lilian : Tu mets en doute mes paroles ? è_é
Moine : Non, non ‘oo
Lilian : Tu as de la chance que j’aie besoin de toi, sinon je te jetterais à Bisou !
Azalia : *prend les jumelles* Ah ben ça alors !
Lilian : Qu’est-ce qu’il se passe ? Rends-moi les jumelles !
Azalia : L’unité sur-promue de Phenis est parmi eux ! Oo
Lilian : C’est quoi au juste ?
Azalia : C’est la promotion des sur-élites, eux-mêmes promotions des élites. Leur force est dévastatrice, au point qu’il n’y en a qu’un par pays. Rien ne peut les atteindre, ils sont invincibles !
Lilian : On le battra quand même grâce à Bisou ! ^^
Azalia : Impossible ! Juchée sur son pégase à trois cornes, quatre ailes et huit pattes, la promotion du Lord Sleipnir ou du Lord Nidhogg est invincible !
Lilian : Heu… Ah ouais d'accord... On est mal barrés Oo

Phase ennemis.

Lilian : Ils se sont engouffrés dans la première enceinte et le truc, là, est resté dehors… QARNEB !!!
Qarneb : Bisou est dans la fosse, Dame Lilian.
Lilian : Tu as mis exactement… Dix minutes et trois secondes. =D
Qarneb : Aaaaaargh X_X
Lilian : C’était une blague ! Oh, si on ne peut plus rigoler…En tout cas, pour eux, ça va être un massacre !

Tour 2 : Phase joueur.

Lilian : Balistes, catapultes, feu !
Moine : Comme ça ? *prend une torche*
Lilian : Mais non, espèce d’idiot ! Au cachot !
Moine : Oo Je... peux mourir en combattant, plutôt ?
Lilian : Accordé ! =D
Cavalier pégase : Mais, ma Dame, si nous utilisons les balistes et les catapultes, nous allons détruire nos propres murs ! Oo
Lilian : Et alors ? =D
Cavalier pégase : Et alors, Dame Décalia ne sera pas contente...
Lilian : Oo Ah m... Bon, d'accord pour cette fois ! Pas de balistes ni de catapultes. On va faire ça autrement ! Moines, lancez vos sorts à travers les lucarnes sur ces shamans ridicules ! Pégases, volez en rase-têtes et revenez vous mettre à l'abri rapidement ! Attendez qu’ils soient tous à l’intérieur pour lâcher les licornes !
Qarneb : Vous avez entendu ? Allez-y, idiots ! è_é
Lilian : Qarneb, je te confie le groupe de moines. Fais gaffe, il y a un récalcitrant.
Qarneb : Merci ! =)
Lilian : Et tous ceux capables d'attaquer à distance peuvent aussi participer à la fête ! Allez-y et paas de quartier !!
Qarneb : *o* Je peux aller me battre alors ? Je suis Franc Tireur…
Lilian : Une unité élite ? Oo Vas-y, te gêne pas !

Qarneb s'équipe de Chukonu.
COUP CRITIQUE ! L’attaque inflige 81 dégâts à Shaman.
Sous les coups de son adversaire, Shaman tombe K.O.
Niveau limite atteint, plus d’expérience à gagner.
Qarneb obtient Sacramasaxe !

Fin du tour.
État des troupes :
Auréole : 49 cavaliers pégases, 50 moines, Qarneb, Lilian.

Lilian : Il y en a un qui a déserté ! è_é
Moine : Ortimon est parti chercher des renforts !
Lilian : Pas besoin, on va gagner ^^
Azalia : Je n'en suis pas si sûre, moi... u_u

Phenis : 1 Seigneur Aérien, 1 shaman, 39 mercenaires.
Phase ennemis.

Lilian : Regarde-les, ces timbrés ! Ils foncent tous sur Bisou !
Qarneb : Paix à leur âme.
Moine : Ave Lux…
Lilian : Un Velux ? C’est quoi ?
Moine : u_u

COUP CRITIQUE ! L’attaque inflige 0 dégâts à Bisou.
La capacité "Riposte" de Bisou lui permet d’attaquer.
Bisou a attaqué et a infligé 26 dégâts.
Sous les coups de son adversaire, Mercenaire tombe K.O.
Bisou gagne 11 points d’expérience !
Bisou monte au niveau 13 !
Bisou obtient Quartier de Viande !
La capacité "Affamé" permet à Bisou d'utiliser immédiatement son objet.
Bisou récupère tous ses points de vie.
Bisou voit son maximum de points de vie augmenter de 1 !

Phase joueur : Tour 3
État des troupes :
Auréole : 49 cavaliers pégases, 50 moines, Qarneb, Lilian.
Phenis : 1 Seigneur Aérien, 1 shaman, 27 mercenaires.

Lilian : On est sur la bonne voie ! Pégases, soignez-vous et reprenez les raids ! Moines, visez ce Shaman, dans deux secondes je ne veux plus le voir ! Qarneb, fais ce que tu veux ! À LA CHARGE !!!
Tous : OUAIIIIIIS !! =D
Lilian : Et pourquoi serais-je la seule à ne pas m’amuser ? Tiens, je vais emprunter ce pégase, là.

Lilian abandonne la classe Soldat et devient Chevalier pégase !
Lilian s’équipe de Yukiza.
Lilian a attaqué et a infligé 19 dégâts.
Lilian a attaqué et a infligé 2 dégâts.
Sous les coups de son adversaire, Mercenaire tombe K.O.
Lilian gagne 11 points d’expérience !
SUPER ! Lilian monte au niveau 7 !
Lilian se replie.

Azalia : Moi, je vais régler son compte à ce shaman !

Azalia s'équipe de Flux.
Azalia a attaqué et a infligé 23 dégâts.
Sous les coups de son adversaire, Shaman tombe K.O.
Niveau limite atteint, plus d’expérience à gagner.

Phase ennemis.

Lilian : Mais qu’est-ce qu’ils font ? ô_ô
Qarneb : Ils semblent se rassembler autour du Seigneur Aérien !
Lilian : Ca veut dire qu’on a gagné ? =D
Azalia : Non, je ne crois pas…
Lilian : Trois pégases pour aller voir ce qu’ils font !

Tour 4, phase joueur.

Pégase 1 se rapproche à 12 cases du Seigneur Aérien. Pégase 2 se place à côté de Pégase 1 et Pégase 3 se place à trois cases en retrait.

Phase ennemis.

Seigneur Aérien se déplace.

Lilian : Je rêve ou il vient de faire un déplacement de 12 cases ? O_O"

Seigneur Aérien a attaqué et a infligé 131 dégâts.
Sous les coups de son adversaire, Pégase 1 tombe K.O.
Seigneur Aérien gagne 1 point d'expérience.
Seigneur Aérien se déplace d’une case.
Seigneur Aérien a attaqué et a infligé 131 dégâts.
Sous les coups de son adversaire, Pégase 2 tombe K.O.
Seigneur Aérien gagne 1 point d'expérience.
Seigneur Aérien se déplace de trois cases.
Seigneur Aérien a attaqué et a infligé 131 dégâts.
Sous les coups de son adversaire, Pégase 3 tombe K.O.
Seigneur Aérien gagne 1 point d'expérience.

Lilian : X_X
Azalia : C’est… Invincible ! Je l’avais dit !
Qarneb : C’est inhumain, tu veux dire ! ><
Moine : Heu… Dame Lilian, le Seigneur Aérien brandit un drapeau blanc !
Lilian : J’y vais !
Qarneb et Azalia : Attends, on vient avec toi !

Phase joueur.

Lilian : Salutations à vous.
Seigneur Aérien : Je pensais trouver Décalia.
Lilian : Elle s’est absentée, je suis Maire provisoire.
Azalia : Je connais cette voix…
Qarneb : Qui êtes-vous, et que voulez-vous ?
Seigneur Aérien : Nous voulons cette forteresse.
Lilian : QUOI ? Bisou, au pied ! *grand silence* … Bisou ?
Seigneur Aérien : J’ai moi-même tué le monstre pendant que vous discutiez.
Lilian Oo NOOOOOOON ! BISOU !
Qarneb : Il ne dévorera plus personne.
Azalia : Paix à son âme.
Lilian : MON HAMSTER ! IL A TUE MON HAMSTER !! T.T *pleure*
Azalia : Bisou était un hamster ? Oo
Qarneb : Un hamster très dangereux, crois-moi ! u_u
Seigneur Aérien : Si dangereux qu’il a tué douze mercenaires sans une seule égratignure. Mais rien ne résiste à un sur-promu, pas même la plus grande des forteresses !
Lilian : Vous voulez quoi au juste ? è_é
Seigneur Aérien : Vous avez vu de quoi je suis capable. Toute unité qui sortira de cette cité sera tuée par moi-même. =D On veut cette forteresse pour venir en aide à notre pays, et on l’aura.
Qarneb : Dans ce cas, pourquoi ne pas nous chasser ou nous tuer tout de suite ?
Seigneur Aérien : Mais pour vous voir mourir de faim, évidemment ! C’est bien plus drôle comme ça ! =D
Azalia : Oo
Seigneur Aérien : On interceptera les convois de nourriture et d’eau, on vous regardera nous supplier de vous achever, mais on ne le fera pas, on sera trop occupés à nous marrer !
Lilian : Oo
Qarneb : Je crois que je viens de trouver quelqu’un de plus sadique que Lilian… Oo
Lilian : Je crois que je viens de me découvrir un frère jumeau... Oo
Seigneur Aérien : Maintenant vous retournez là-bas ou je vous tue. =)
Lilian : D’accord é_è
Qarneb : Il vaut mieux u_u
Azalia : Ah non ! Je me battrai jusqu’au bout, moi ! Vas-y, Phenisien, tue-moi ! Je préfère mourir que de jouer à ton petit jeu ! è_é
Qarneb : Quel caractère, on dirait Décalia... O_O
Seigneur Aérien : Heu… é_è
Azalia : Et si tu ne me tues pas, je vais à Eolia chercher des renforts ! * part d’un pas décidé*
Lilian : Reviens ! Il va te tuer !
Azalia : M’en fiche, il n’osera pas ! =p
Seigneur Aérien : Heu… =( * se met devant Azalia*
Azalia : o_o (Non, il n’osera pas…)
Seigneur Aérien : Pardonne-moi. u_u
Azalia : ‘o_o * compte ses abattis*
Seigneur Aérien : *assomme Azalia et la pose sur les remparts*
Azalia : X_X
Lilian : Je crois qu’on va y aller nous, ça devient dangereux dehors.
Qarneb : En effet. ‘Oo

De retour à Auréole…

Qarneb : C’est terrible, on va tous mourir de faim !
Azalia : Je sais qui est le Seigneur Aérien, c’est…
Qarneb : Espérons que le pégase est toujours en vie, sinon nous sommes cuits, frits, rôtis, donnés en pâture à Bisou !
Lilian : BISOUUUUUU ! *pleure*
Qarneb : Au fantôme de Bisou alors ! =p (Grâce à ça je suis sûr qu’elle ne va plus me faire dévorer)
Azalia : De toute manière, on a encore de quoi tenir six ans, un mois et vingt-trois jours ! =D
Qarneb : C’est vrai ?
Lilian : Tu veux dire que…
Azalia : Geese a donné tellement de ressources à l’alliance qu’on ne risque pas de crever ! n_n
Qarneb : Chouette ! ^^
Lilian : En six ans et plus si affinités, on va bien trouver à quoi s’occuper… Qui veut faire une partie de cartes avec moi ? =D
Azalia : u_u Pitié, petit cavalier pégase, reviens vite avec de l’aide !
Moine : Ave Lux…
Lilian : Mais enfin, c’est quoi un Velux ? è_é
Qarneb : Six ans avec ELLE ? Je ne vais pas y survivre, en fin de compte ‘-_-
Lilian : D’ailleurs, toi, t’as pas fini de nettoyer les armures è_é Allez, au boulot, et que ça saute ! =D
Qarneb : X_X

FIN DU CHAPITRE 3

Qarneb échappera-t-il un jour à la tyrannie de Lilian ?

Qarneb : Je vous en prie, Dame Lilian, je fais de mon mieux ! =x
Lilian : On m'a dit qu'une armure, c'est censé BRILLER ! Alors tu vas m'astiquer ça jusqu'à ce que ça étincelle ! Pigé ? è_é

Lilian se remettra-t-elle de la mort de Bisou ?

Lilian : *y repense soudain* BISOUUUUUUUUU !! ToT *se mouche bruyamment*
Qarneb : (Et voilà, elle nous refait sa crise...) =)
Lilian : è_é Toi, au lieu de rire dans ton coin, file me chercher un mouchoir ou je te fouette !

Qui est vraiment le Seigneur Aérien ?

Azalia : Ô Seigneur Aérien, pourquoi es-tu devenu Seigneur Aérien ? é_è
Tora : Grande soeur, tu n'es pas obligée de revisiter Roméo et Juliette pour une histoire pareille... n_n"

ET SURTOUT… Lilian finira-t-elle par savoir ce qu’est un Velux ?

Moine : Pas gagné ça, vu son intelligence... u_u"
Lilian : Toi ! è_é Tu as médit de moi !
Moine : Mais mais mais... o_o
Lilian : Je vais te jeter dehors, et le Seigneur Aérien viendra t'égorger ! Hihihi ! Ce sera drôle !! Hihihi ! ^^
Moine : Je préférais encore Bisou...
Lilian : BISOUUUUUUUUU !! ToT ...Qarneb, mouchoir ! TOUT DE SUITE !! è_é

Les réponses sont (peut-être) dans le chapitre 4 : L’Espion, le Gladiateur et l’Esprit-Vent ! =D
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:07

Chapitre 4 : L'Espion, le Gladiateur et l'Esprit-Vent


Partie 1 : Troubles à Sparta


Teddy caressa nonchalamment le manche de sa hache lourde. Ce jour était celui qu'il attendait le plus dans l'année : la finale du grand tournoi de Sparta. Les deux meilleurs stratèges de la cité s'affronteraient sous ses yeux, et il remettrait son titre de Maire en jeu contre le vainqueur. Ainsi procédait-on dans cette ville aux traditions pour le moins inhabituelles depuis des générations. La force physique pouvait offrir le pouvoir à n'importe qui. Le berserker lui-même avait mis du temps avant de s'accoutumer à la direction de sa cité... et à comprendre que l'émergence d'Hokiseki était peut-être une bonne idée.
Un tambour retentit dans le stade, faisant vibrer le public à l'unisson. Du haut de sa loge d'honneur, Teddy vit s'avancer sur l'étendue de terre battue une jeune femme à la longue crinière blanche malgré son jeune âge. Elle se nommait Lysandre, et s'il l'avait choisie pour annoncer les noms des concurrents, c'était pour la simple et bonne raison qu'il serait déloyal de la faire concourir. Chacun dans le pays connaissait sa réputation de chanceuse incroyable. Lorsqu'elle désirait quelque chose, elle finissait toujours par l'obtenir, et jamais personne n'avait pu tromper sa garde. Cela aurait pu passer pour une question d'entraînement, si elle n'était pas capable de réciter n'importe quelle incantation par cœur sans jamais avoir parcouru un grimoire du regard !

-Et maintenant, cher public, annonça-t-elle de sa voix forte, voici la finale de notre fameux tournoi ! Veuillez applaudir la plus grande des épéistes, dont la fine lame est renommée au-delà de nos frontières, j'ai nommée… Briante !

Deux grandes portes s'ouvrirent sur la droite, dévoilant une jeune femme, sa courte chevelure bleue légèrement ébouriffée. Ses vêtements moulants mettaient efficacement en valeur sa silhouette fine de bretteur. Elle portait au fourreau une épée recourbée, plus fine qu'à l'ordinaire, mais Teddy était bien placé pour savoir qu'elle n'en était pas moins redoutable. Le public lui fit un véritable triomphe, et elle salua gracieusement l'assemblée. Lysandre dut attendre que le bruit s'estompe avant de poursuivre.

-A présent, voici son adversaire ! Il n'est plus nécessaire de vous le présenter, messieurs dames, vous le connaissez bien ! Laissez-moi vous présenter… Akiro El Derdan !

Le public fit une ovation à l'homme qui apparut dans l'arène. Vêtu d'une cape noire ample, ses cheveux violets retenus par un ruban blanc tombant légèrement sur ses épaules, l'homme s'avança et s'inclina à son tour en face du public. Malheureusement pour lui, il marcha par inadvertance sur un pan de son manteau, et il s'écroula face contre terre. Teddy ne put se retenir de faire la grimace.
Akiro était l'exact contraire de Lysandre. Depuis tout jeune, il avait une malchance digne des malédictions des contes de fées. Il était malade en permanence, ne réussissait jamais ce qu'il entreprenait et se fourrait toujours dans les pires ennuis. Mais malgré toutes les périlleuses situations où il s'était retrouvé, il finissait toujours par s'en sortir avec plus ou moins de dégâts. Le Maire en venait même à se demander comment il avait pu accéder à ce niveau de la compétition. A moins qu'une fois de plus, sa déveine ne l'entraîne vers une série de coups et blessures en tous genres. La finale promettait d'être intéressante, sinon drôle.

-Serviteurs, qu'on m'apporte une coupe de liqueur de dragon !
-Oui, monsieur le Maire.

Quelques secondes à peine plus tard, une chope fumante fut posée sur son bureau. Il souffla un instant dessus avant de boire d'une traite son contenu.

-Merci bien.
-Un pronostic, mon seigneur ? demanda le serviteur.
-C'est à voir. J'espère simplement que Briante ne profitera pas de la faiblesse de son adversaire.
-Vous voulez dire en prononçant le mot m…

Teddy bondit de son siège et lui plaqua une main sur la bouche.

-Silence, malheureux ! Il serait capable de t'entendre même à cette distance ! Imagine la réaction de la foule si le spectacle promis lui était refusé !
-Veuillez me pardonner, maître, bafouilla-t-il, loin de moi l’intention de gâcher pareil moment, je…

Mais le Maire ne faisait déjà plus attention à lui. Dans l’arène, le combat débutait. Du moins, Briante avait tiré sa lame, tandis qu’Akiro tentait vainement de se relever. Le public cacha un sourire.

-Bon, tu y vas, ou tu attends la neige ? demanda l’épéiste.

Sa réplique provoqua une véritable avalanche de rires dans les gradins. Rouge de colère, le sorcier se redressa dans une attitude qu’il voulait emprunte de majesté, mais qui ne parvint qu’à le rendre plus ridicule encore.

-Si tu veux de la neige... je vais t'en donner avec plaisir ! balbutia-t-il avec une répartie peu commune.

[Phase Akiro]
Akiro s'équipe de Blizzard.
Malgré une précision de 102%, l'attaque n'a pas touché sa cible.
Niveau limite atteint, plus d'expérience à gagner.

La bretteuse esquiva sans peine le sort de glace lancé par le druide noir, tant il était imprécis. Akiro pesta et grommela quelques commentaires sur sa malchance incroyable, puis il glissa à nouveau sur sa cape. Briante sourit, sans voir la menace qui se profilait derrière elle…

[Phase intermédiaire]
Chance de Lysandre applique ses effets.
Akiro perd son malus de précision !
Akiro utilise sa compétence de Maîtrise naturelle de la magie noire.

Son ombre venait de prendre corps. Elle se dressa de toute sa hauteur derrière la jeune femme et leva un bras tissé d’obscurité. Le silence soudain du public l’avertit que quelque chose n’allait pas. Portée par un pressentiment, elle bondit en avant. L’ombre ne fit que la frôler. Elle tenta de reculer, mais son ombre restait collée à elle, peu importe ses mouvements. Elle évita avec difficulté une nouvelle attaque et se dirigea par à-coups vers Akiro.
Celui-ci s’était relevé pour de bon. Dans ses yeux pleins d’assurance brillait une lueur noire, qui prouvait que la soudaine prise d’indépendance de l’ombre était son œuvre. Il murmura une nouvelle incantation, et sa propre trace se détacha du sol pour fondre sur Stella. Acculée, entourée de volutes de fumée noire, l’épéiste agita sa lame, mais celle-ci passa au travers de ses adversaires. Alors, pleine de désespoir, elle hurla :

-Tu ne t’en tireras pas comme ça, Akiro !

Dans une dernière tentative, elle se jeta en avant, à un endroit que l’ombre n’occupait pas, et fondit sur le druide noir. Privé de protection, il ne perdit pourtant rien de son assurance, et prononça une nouvelle incantation. Son regard violacé passa au noir le plus profond. Devinant ce qu’il était sur le point de faire, Stella leva sa lame dans un geste de défense.

[Phase Akiro]
Akiro s'équipe de Flux.
Briante pare le coup ! Malgré une précision de 95%, l'attaque n'a pas touché sa cible.
Niveau limite atteint, plus d'expérience à gagner.

La bulle d’obscurité pure frappa l’acier et se scinda en deux. Evitant les multiples sorts qui convergeaient vers elle et les coups des deux ombres qui la poursuivaient toujours, elle parvint enfin à s’approcher assez près d’Akiro. Son épée siffla dans l’air.
Elle ne toucha jamais la cape du mage.
Une main noire, glaciale bien que sans consistance propre, avait saisi la sienne. Elle se débattit un instant, mais la poigne féroce de l’ombre ne lui laissa pas la liberté de faire le moindre mouvement.
Teddy se pencha pour mieux voir la scène. Jamais Akiro ne s’était aussi bien défendu, et jamais il n’était parvenu à prendre le dessus sur Briante. Quelque chose lui disait que Lysandre avait quelque chose à voir avec ce surcroît de puissance et d’assurance. En effet, celle-ci admirait la bataille en se frottant les mains. Elle avait certainement parié sur la victoire d’Akiro en sachant que tout le monde croyait au succès de Briante. Seule contre tous, et grâce à sa chance légendaire, elle remporterait une montagne d’or…
L’ombre de l’épéiste lui saisit l’autre main, tandis que la seconde lui bloquait les pieds. Incapable de faire le moindre mouvement, elle fut prise de panique. Alors qu’elle tentait en vain de se dégager, Akiro la fixa droit dans les yeux. Jamais ses prunelles n’avaient été aussi noires. Où avait-il appris à maîtriser la magie antique de cette manière ? Et surtout, comment y était-il parvenu ?
Elle n’eut pas le loisir de se poser davantage de questions. Le sort naissait entre les longs doigts gantés du sorcier. Une sphère éclatante de noirceur enfla devant ses mains tendues vers Briante. Elle ferma les yeux pour ne pas voir le rayon obscur qui lui déchirerait l’épaule et lui laisserait une marque noire. Elle ne voulait pas voir la défaite qui ne manquerait pas de tomber sur elle.
Elle sentit seulement les mains des ombres qui la lâchaient comme à regret.

[Phase intermédiaire]
Malchance d'Akiro fait son effet ! L'effet de la Chance de Lysandre est annulé.

Akiro avait une fois de plus chuté dans le sable de manière inexplicable. La sphère avait disparu, et les ombres avaient repris leur place. Briante ne chercha pas une explication à la chance qui s’offrait à elle. Elle sauta sur lui, épée en avant. Il tenta de s’esquiver, mais la pointe de la lame lui toucha le menton.

-Cette fois encore, tu es mort ! s’exclama-t-elle.

Elle comprit qu’elle venait de commettre une énorme erreur lorsqu’il poussa un petit cri pitoyable et s’évanouit sous les yeux stupéfaits de la foule.

-Oups, murmura-t-elle.

Dans sa loge, Teddy se redressa, les yeux emplis de fureur.

-BRIANTE ! Je t’avais dit que je voulais un combat loyal !
-Sauf mon respect, un combat contre Akiro est tout sauf loyal, dit-t-elle en rangeant son épée. Pardon, c’est venu tout seul. Je ne prononcerai plus le mot "mort" en sa présence, c’est juré !
-Tu sais pourtant qu’il est très sensible…

Le Maire poussa un grand soupir. Le druide noir avait en effet une autre faiblesse en parallèle de sa malchance, et non des moindres. Il ne pouvait s’empêcher de perdre connaissance lorsqu’il entendait prononcer le mot "mort". Il ignorait d’où lui venait cette peur, mais cela ne l’empêchait pas de la ressentir. Pourtant, il s’était fort bien habitué, lors des guerres entre cités, à vaincre des adversaires, du moins lorsque ses sorts marchaient convenablement. Alors pourquoi craindre un simple son, un simple mot ?

-Bon, ça ira pour cette fois. Infirmiers !

Une porte s’ouvrit dans l’arène, dévoilant quatre infirmiers en robe blanche portant une civière. Ils avaient été placés là en attendant l’évanouissement qui arrivait toujours durant ses combats… Avec la rapidité conférée par l’habitude, ils placèrent le druide noir sur la civière et s’en allèrent par le même chemin.
Dans les gradins, le public se mit à gronder.

-On veut du spectacle ! tonnait-il. On veut du spectacle !
-C’est bon, j’ai gagné le tournoi ! leur cria Briante en levant les bras comme pour recueillir des ovations.

Elle ne reçut en retour que des huées et autres sifflements. Teddy comprit que c’était à lui d’agir. Il se leva, empoigna sa hache de combat et descendit les escaliers de la loge. Lorsqu’il entra dans l’arène, le silence se fit immédiatement.

-Dans ce cas, je te règlerai ton compte moi-même, Briante ! Numérote tes abattis !

Le public l’acclama si fort qu’il crut devenir sourd. L’épéiste opina du chef. Elle tira à nouveau sa lame et se mit en garde. Le Maire, quant à lui, fit tourner son arme au-dessus de sa tête avec une facilité déconcertante. Il allait bondir sur son adversaire lorsqu’une voix, plus faible que le murmure de la brise, lui souffla à l’oreille :

-J’ai besoin de te parler.

Il se retourna aussitôt en se demandant qui pouvait ainsi interrompre un tournoi dans SON arène. Qui que ce fût, il séjournerait quelque temps aux cachots pour payer son insolence ! Mais il dut très vite changer d’avis. L’homme qui lui faisait face ne pouvait être retenu nulle part ; ni par des serrures, ni par des barreaux, ni par quoi que ce soit d’autre. Sous sa chevelure d’un violet pâle, deux yeux d’océan fixèrent Teddy avec un air grave.

-Mais… balbutia ce dernier. Je… Tu…
-Silence. Trouve une excuse, puis retrouve-moi dans ta loge. L’heure n’est pas aux bavardages sans intérêt, ni aux combats sans enjeux.

L'homme se glissa silencieusement derrière une colonne, et l'instant d'après, il avait disparu.
Teddy soupira à nouveau. Les dieux s'étaient visiblement ligués contre lui pour l'empêcher de reprendre dignement son titre de Maire ! Cependant, il ne songeait pas à s'en plaindre. Son visiteur était sur le point de le faire pénétrer dans l'univers secret des hautes sphères du pouvoir, auxquelles il n'avait plus accédé depuis l'unification des cités. Mais comment le faire accepter aux Gladiateurs ?
Briante, elle aussi, avait remarqué l'homme, et elle l'avait également reconnu. Elle fit un clin d'œil à son Maire pour lui faire comprendre qu'elle était au courant, puis dit d'une voix assez forte pour que tous l'entendent :

-Le combat contre Akiro n'était pas loyal, tu l'as dit toi-même. La finale doit être recommencée. Alors je gagnerai le droit de t'affronter. Pour l'heure, laissons-le se reposer.
-Très bonne initiative.

Le public siffla, hua, tempêta tout ce qu'il put, mais Lysandre eut tôt fait de calmer le jeu.

-Dites donc, vous tous, s'il y en a un seul qui continue à protester, je le découpe en deux à la sortie ! Maintenant, allez retrouver vos armes et vos soldats, le spectacle est fini. Allez, ouste, du balai !

Cette diversion terminée, Teddy parvint enfin à regagner sa loge. Il y trouva son visiteur confortablement installé dans son propre trône, mais cela ne le dérangea pas. Il prit le temps de fermer la porte avant de s'écrier :

-Odiséus !
-Parlons bas, le coupa le dénommé Odiséus. Je ne suis pas venu ici pour me faire repérer.
-Je sais, mais ta venue me surprend. Cela fait six mois que l'on n'avait plus de nouvelles de toi. En général, tous les espions se font prendre au bout d'un mois ou deux, alors nous avons pensé que…
-Je suis le meilleur, le maître de tous les espions du pays. L'aurais-tu déjà oublié ?
-Non, mais…
-Tu es décidément lent à comprendre. Je vais tenter d'être clair. Seul le roi sait où je suis et ce que je fais. Cela doit continuer. On ne doit pas savoir que je suis ici. A n'importe quel prix.

Le Maire savait qu'il n'hésiterait pas à le tuer s'il devait un jour représenter une menace pour sa couverture. Il acquiesça en silence.

-Pourquoi es-tu venu, dans ce cas ? J'imagine que ce n'est pas une simple visite de courtoisie.
-Tu imagines bien, confirma Odiséus. Je n'ai pas le temps de passer par la capitale, je suis donc forcé de te communiquer des informations confidentielles. J'ai appris pas mal de choses venant directement du palais de l'Empereur, qui terrifieraient la population si elles étaient dévoilées maintenant. Il vaut mieux que tu les apprennes par avance et que tu les transmettes à Arcanos dès que tu le pourras. Pour ma part, j'ai autre chose de prévu.

Teddy sut à cet instant que la situation était grave. Il s'assit sur un fauteuil proche et posa sa hache.

-Je t'écoute, et j'espère sincèrement que c'est moins grave qu'il n'y paraît.
-Tu en jugeras par toi-même. J'ai trois nouvelles, et je commencerai par la moins problématique. Voilà…

Les mots semblaient lui coûter, et ce fut avec difficulté qu'il articula :

-Erliban a un nouvel Escroc-Diable.

Le Maire se leva. Toute trace d'optimisme avait déserté son visage.

-Tu veux dire que…
-Oui. L'Empire va une nouvelle fois tenter de conquérir le monde, comme annoncé dans les prophéties. Or, dans ces textes anciens, il est écrit que seul un Prêtre Sacré, le sur-promu d'Hokiseki, a une chance de le vaincre. De plus, nous connaissons ce nouvel ennemi. Il vient de ce pays.
-Qui est-ce ?
-Roy Elcrow.
-Dans ce cas, la situation est vraiment désespérée. Il nous en veut tout particulièrement depuis son bannissement pour vol de toutes les cités. Nous risquons d'être les premiers sur la liste de ses victimes. Et il y a pire encore, dis-tu ?

Odiséus hocha la tête.

-Tu as certainement déjà entendu parler de la Pierre d'Ohren, celle qui est conservée au Sanctuaire d'Umell.
-Bien entendu. Comment ignorer l'existence d'un tel objet ?
-Alors prépare-toi à avoir un choc. Elle a quitté l'Empire. Par le Port Tarus.

Teddy ne put pas se retenir.

-Mais quel idiot, ce Zelphiar ! Ne sait-il pas que Galnéa rêve de s'en emparer ?
-Bien sûr que si. Réfléchis un peu. Si elle a quitté Erliban par voie maritime, c'est bien pour aller quelque part. Ils ne vont pas jeter à la mer leur meilleur atout. Or, dans tous les cas, la voie terrestre est la plus courte, sauf si…
-Je m'attends au pire.
-…Galnéa, justement.

Le chef des Gladiateurs blêmit. C'était encore pire que dans tous ses cauchemars.

-Tu veux dire qu'ils se seraient alliés pour tous nous anéantir ?!
-En effet. Les récits disent bien que lorsque leurs deux sur-promus condenseront leur magie ancestrale dans la Pierre d'Ohren, tous les peuples de Webb seront éliminés, à l'exception des leurs.
-C'est une véritable catastrophe ! s'exclama-t-il en se levant pour faire les cent pas. Nous pouvons tous mourir du jour au lendemain !

Odiséus restait de marbre.

-En fait, nous avons encore une chance. Elle est infime, mais bien présente. Cette destruction implique que tous les autres sur-promus soient morts. Aussi, Roy est parti en mission d'assassinat pour l'Ira. Il ne se rendra en Galnéa qu'après avoir tué tous les gêneurs. Tant qu'il y aura des sur-promus sur le continent, nous ne risquons pas de voir le monde s'écrouler à chaque seconde.
-Et le seul qui puisse arrêter pour de bon ce massacre est un Prêtre Sacré. Tout nous ramène à cela, finalement.
-C'est pour cela que je disais qu'il existe encore pire.

Teddy se figea.

-Ne me dis pas que le sur-promu d'Hokiseki a un problème !
-Sois sincère avec moi. As-tu entendu parler d'un Prêtre Sacré vivant une seule fois depuis l'unification ?
-Non, mais…

Lorsqu'il vit le visage de l'espion, il eut le sentiment qu'il venait de vieillir de vingt ans.

-Ouvre grandes tes oreilles de guerrier invincible, parce que tu ne le resteras pas longtemps après ça. Arcanos est parti vérifier la bonne garde du Sceau de sur-promotion du pays juste après son couronnement. Quelqu'un s'était introduit dans la pièce avant lui et l'avait transpercé. Il est inutilisable depuis un an.
-Je pense que j'ai mal compris…
-En condensé, nous sommes tous fichus, Teddy ! Nous n'avions pas de sur-promu avant la destruction du Sceau. Plus jamais nous n'aurons de Prêtre Sacré ! Plus jamais nous ne pourrons éliminer définitivement l'Escroc-Diable !
-Dans ce cas, nous sommes condamnés ?
-De toute évidence.

Odiséus arracha d'un coup l'insigne d'espion royal qu'il portait dans la doublure de sa cape avec une violence que le Maire ne lui avait jamais connue et le jeta rageusement au sol. Il heurta la pierre avec un son métallique, clair et pur, qui se répercuta dans toute la pièce. Il résonna dans le cœur du Gladiateur comme le signe de la fin prochaine du monde qu'il connaissait.

-Après tout cela, je n'ai plus aucune raison de rester à ce poste. J'ai été le Maître de tant d'espions et d'assassins qui ont œuvré et qui oeuvrent toujours pour la cause d'Hokiseki, mais je n'ai pas su éviter le pire à ce pays que j'aime plus que tout. Je suis revenu pour présenter ma démission à l’ordre des espions ainsi qu’à Sa Majesté, après lui avoir fait mon rapport. Ensuite, je mettrai fin à mes jours. Je préfère périr de ma propre main en gardant le peu d'honneur qu'il me reste plutôt que sous les coups de Roy ou sous l'effet de la Pierre d'Ohren.
-Ne fais pas ça ! s’écria Teddy. Tu es notre meilleur élément. Si nous ne pouvons plus compter sur toi, la situation ne fera qu’empirer…
-Je nous épargnerai des souffrances inutiles. Rien ne sert d’espérer lorsque le destin est contre nous. Quoi que nous fassions, nous sommes morts, tu l’as dit toi-même.

Soudain, on toqua à la porte.

-Maître ?

Le Maire jeta un regard en coin à l'entrée, puis se tourna vers Odiséus. Il avait disparu… Une fois de plus. Aussi insaisissable qu’un sur-promu…

-Que se passe-t-il ?
-Nous venons d’intercepter un étranger. Que devons-nous en faire ?
-Où est-il, à cet instant ?
-Nous l’avons enfermé dans une cellule des cachots.
-Très bien. J’arrive tout de suite.

Un bruit de pas dans le couloir indiqua que le serviteur était parti.

-Puis-je t’accompagner ?

Odiséus était à nouveau installé sur le trône. Son insigne, remis en place, brillait à la lueur du couchant.

-Bien entendu. Allons-y.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:09

Chapitre 4 : l'Espion, le Gladiateur et l'Esprit-Vent


Partie 2 : Un prisonnier de marque


Shadowind enfouit son visage dans ses mains en maudissant sa naïveté. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de passer aussi près de cette cité ? A cause de cette erreur, voilà qu'il se retrouvait enfermé dans des cachots certainement infestés de rats, comme le voulait la coutume des terres de l'Est, et sans même un moyen de défense convenable. On lui avait retiré la large épée dont il ne saurait certainement jamais se servir, et son pégase avait rejoint les montures de la ville... Un vieil adage disait pourtant : "Dragon enfermé toujours parvint à s'échapper". Mais il n'était plus vraiment un dragon. Juste une ombre. Une ombre de vent. Cela lui tira un petit rire nerveux.
Comme tout était devenu difficile ! Maintenant, il devait trouver un moyen de se faire libérer au plus vite, et la situation n'était pas en sa faveur. Avant, il lui suffisait de sortir sa dracopierre pour être respecté. Depuis moins d'un an, cela n'était plus possible. L'esprit de son être, les fibres de son âme lui avaient été arrachées.
Il avait perdu sa dracopierre.
Il mentait chaque jour à son peuple pour lui dissimuler la vérité. Il ne pouvait plus voler de ses propres ailes depuis bien longtemps. Deux jours après leur fuite collective, il était tombé du rang le plus haut de sa caste, celui de Prince de Vent, au plus bas de tous. Un Sans-Ailes. Un infirme, un être maudit. Depuis, il avait réduit le temps qu'il passait à Khary pour voyager sur le continent. Il avait le secret espoir de retrouver sa dracopierre et voulut en profiter pour tenter d'apprendre le maniement de l'épée dans une caserne de Lyarvas. En vain.
Et puis, il y avait eu cette demande d'alliance de l'Empire avec Hokiseki. Shadowind avait immédiatement compris qu'il était impliqué dans cette affaire. A force de voyager, ignorant des coutumes des contrées qu'il visitait, il avait commis un certain nombre d'erreurs qui, ajoutées à la nature un peu douteuse de ses actions, avaient fait chuter le premier domino d'une longue série aboutissant à cette catastrophe. De plus, il avait une dette envers ce pays des Quatre Cités. Aussi, il s'était peu à peu mis à la recherche de celui qui lui avait rendu la liberté en échange de ses services. Il ne se souvenait que de son nom : Near. C'était lui qui lui avait offert ce pseudonyme qui désormais lui tenait au corps, lui rappelant la grandeur passée et les devoirs à honorer.
Il avait fini par le retrouver. Cela ne lui avait pas pris longtemps : tout le monde avait entendu parler de Near Fala, Premier Conseiller du royaume d’Hokiseki. Il avait alors sollicité une audience et attendu des jours qu’on la lui accorde. Et là, alors qu’il s’attendait à être accueilli à bras ouverts, ou tout du moins à être reconnu, il avait eu le plus grand choc de sa vie : son ancien maître ne se souvenait même plus de lui ! C’est vrai, il avait changé en un an. Il avait repris de l’assurance dans ce monde qui lui était redevenu familier, et il en devenait certainement difficile à reconnaître. Mais il avait beau se répéter que la mémoire humaine était courte, il n’avait pas pu s’empêcher de lui en vouloir.
Et puis il y avait eu cette pancarte, révoltante. S’il avait encore eu sa dracopierre à ce moment-là, il aurait foncé au palais pour faire réparer cette injustice. Il s’était contenté de serrer les poings, impuissant.
C’est alors qu’elle était arrivée. Elle, qu’il avait si longtemps cherché sans la trouver. Il se souvenait encore de sa voix, de ses yeux, de son maintien si caractéristique comme si elle était encore auprès de lui. Elle lui avait offert son nom comme une promesse de retrouvailles. Pourquoi n’avait-il pas eu le courage d’engager la conversation ?

-Ah, que je suis bête ! s’exclama-t-il tout haut.
-Au moins un point sur lequel nous sommes d’accord.

La porte de sa cellule s’ouvrit en grinçant sur deux hommes. Le premier portait une armure légère sur ses muscles surdéveloppés et une hache dont on devinait le poids du regard, ce qui ne donnait absolument pas envie de le provoquer. Quant au second, il semblait rapide et vif d’esprit, et quelque chose transpirait dans chacun de ses mouvements, comme une sorte de grâce mortelle. Même si leurs apparences étaient à l’opposé l’une de l’autre, Shadowind savait qu’ils étaient aussi redoutables l’un que l’autre. Il s’inclina respectueusement.

-Je vous salue, Hokisekiens, et vous remercie de votre accueil si… Chaleureux, dit-il d’un ton ironique.

Le grand berserker lui décocha un regard qui en disait long sur ce qu’il pensait de cette réplique.

-Qui êtes-vous pour oser nous provoquer ainsi ?
-Ah, oui, j’oubliais que je ne me suis pas encore présenté : Shadowind, roi de Khary. Enchanté, si l’on peut dire.
-Le roi de Khary ? Dans ce cas, je suis l’Empereur d’Erliban !
-Teddy, il dit peut-être la vérité. On devrait le prendre au sérieux.
-Et vous, demanda le dragon de vent, qui êtes-vous, je vous prie ? Il me semble que cela se fait de se présenter en retour.
-Mon nom est Odiséus, espion de Sa Majesté. Et voici Teddy, le Maire de la cité de Sparta. Nous aimerions savoir ce que vous faisiez sur les terres de cette ville.
-Je cherche une jeune dame qui s'est établie dans ce pays.

Teddy et Odiséus échangèrent un rapide regard.

-Je peux peut-être vous aider, dit l'espion. Comment se nomme-t-elle ?
-Décalia. Elle est prêtresse, il me semble.

Le Maire pouffa de rire.

-Décalia ? Vous voulez dire, LA Décalia ? L'illuminée qui se prend pour la reine du monde ?
-Teddy, un peu de sérieux. Décalia est quelqu'un de très bien. Et sa cuisine est excellente; un vrai régal pour les papilles. Tu devrais aller faire un tour par ses cuisines un jour.
-Vous la connaissez personnellement ? demanda Shadowind, étonné.
-Bien sûr, confirma Odiséus. Le roi m'a souvent chargé de lui porter des missives. C'est son quotidien, en tant que Maire d'Auréole.
-Auréole ? répéta-t-il, arrêté par ce nom étranger. J'allais vers Erdecomba.
-Vous aurez certainement plus de chances de la retrouver dans sa propre cité. Si vous ne connaissez pas la région, nous pouvons vous fournir une escorte, proposa l'espion.

En entendant ces mots, Teddy s'interposa entre eux en serrant ses doigts gantés de cuir sur le manche de sa hache. Odiséus fronça les sourcils. La méfiance héréditaire des Gladiateurs l'irritait au plus haut point, et cela risquait sérieusement d'envenimer les choses. Retenir cet homme étrange leur causerait peut-être des ennuis, surtout s'il disait la vérité. Entrer en guerre avec Khary, que l'on disait être la contrée des dragons, était bel et bien la dernière des choses qui devait arriver.

-Non mais, tu es fou ! Je te parie que cet hurluberlu est un espion d'Ira ! On ferait mieux de le garder au frais. Imagine s'ils apprennent où tu es… La couverture à la quelle tu tiens tant, ton petit bijou, tu y tiens vraiment si peu que cela ?
-Tu oublies que j'ai formé presque tous les agents du pays. Je sais reconnaître un espion quand j'en vois un.
-Odiséus ! Le Maire ici, c'est moi ! Et le chef des Gladiateurs a ordonné qu'on mette cet homme au fond des cachots pour quelques mois.

L'Esprit-Vent se maudit à nouveau intérieurement. Cependant, une idée lui vint, claire et efficace, et il l'utilisa sans attendre, conscient qu'il jouait sa dernière carte. Il se leva et s'adressa avec respect à Teddy tout en mourant d'envie de lui arracher les entrailles.

-Ayez au moins la décence d'envoyer un message à un ami de ma part.
-Qui donc ?
-Near Fala. Dites-lui que vous détenez Shadowind. Cela ne lui plaira pas le moins du monde…

Son message fit son effet. Le Maire ouvrit des yeux ronds et demanda en s'efforçant de conserver son assurance :

-Le Premier Conseiller ?
-Qui d'autre ? fit-il en haussant les épaules.

Les deux Hokisekiens se regardèrent, médusés.

-Si Near est au courant de sa venue, cela ira très mal pour toi. N'oublie pas la dernière fois, quand tu avais trafiqué tes comptes, et où il t'avait envoyé Nessiah et Hecto... Tu ne voudrais pas revivre ça, n'est-ce pas ?

Teddy fit la moue. Visiblement, la leçon l'avait assez marqué pour que ce souvenir se soit imprimé en lettres vives dans son esprit. Odiséus s'en souvenait lui aussi, et il souriait sans le vouloir à chaque fois qu'il y repensait.
Nessiah et HectoRammstein –surnommé simplement Hecto- étaient deux Gears of Revolution, deux stratèges d'Eolia, comptant parmi les proches de Near. Chacune de leurs interventions dans les affaires du pouvoir provoquait des catastrophes, et les envoyer pour régler ce genre de problèmes entre cités revenait à lâcher une bombe à retardement sur toute la ville. Mais cela n'était rien, absolument rien comparé à ce qu'il se produirait si le Premier Conseiller choisissait de se déplacer lui-même.
Teddy le savait bien. Il résista encore quelques instants, pour la forme, puis céda et tira une petite clef rouillée de sa poche, qui n'avait pas l'air de servir bien souvent pour libérer des prisonniers.

-Soit, vous pouvez sortir, "Votre Majesté".

Il la lança à Shadowind, qui l'attrapa au vol et s'empressa de se libérer. Il frotta un moment ses poignets libérés des chaînes avant de soupirer de soulagement.

-Je vous remercie. Si vous permettez, j'aimerais récupérer ma monture et mon épée.
-Sans problème; vous trouverez un poste de garde au fond du couloir. Demandez à un ou deux Gladiateurs de vous rendre votre canasson à plumes. On vous indiquera aussi la direction d'Auréole.
-Merci encore.

L'Esprit-Vent les fixa l'un après l'autre, et ils eurent le sentiment qu'il gravait à tout jamais leurs visages dans sa mémoire pour ne jamais les oublier. Au bout d'un instant de silence tendu, il sortit dans le couloir. Lorsqu'il fut sorti, Odiséus souffla :

-Je vais le suivre. Quelque chose me dit qu'il sera de ceux qui construisent notre destin.
-Tu reprendrais du service ? s'exclama Teddy en se tournant vers lui.

Il n'aperçut que le vide. L'espion le plus célèbre du continent s'était encore envolé. Ce qui, en soi, était une excellente nouvelle. Un signe que l'espoir demeurait peut-être dans les pas de l'étranger.
Comme pour approuver cette pensée fugace, un éclair déchira l'horizon et éclaira de sa foudre la vallée menant vers la cité des Dragons de Lumière.

FIN DU CHAPITRE 4

Décalia et Shadowind vont-ils se revoir ?
Odiséus reprendra-t-il du service ?
Hokiseki est-il vraiment condamné ?
ET SURTOUT… Pourquoi Akiro ne supporte-t-il pas d’entendre le mot m…

Teddy : NON !!!! La finale vient de recommencer ! è_é
Briante : On doit toujours être interrompus par quelque chose !

Heu…
Réponses dans le chapitre 5 : Citoyens d’Eolia ! Magi
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:30

Chapitre 5 : Citoyens d'Eolia


Partie 1 : Une équipe de choc


Eolia, la Cité des Tempêtes, tour principale, salle de réunion.

Nessiah : è_é Asca, ça fait déjà super longtemps que tu réfléchis ! Qu’est-ce que tu cherches ?
Asca : Je me demande si Near…
Nessiah : …est mort ? n_n
Asca : …n’exagère pas un peu u_u Le contenu de cette lettre est tout à fait effrayant.
Nessiah : Tellement que ça fait trois jours que tu médites dessus u_u
Hecto : Tu ne l’as pas lue, toi. Asca, tu veux bien la lui passer pour qu’il se rende compte de la gravité de la chose ?
Asca : Je dois d’abord enquêter dessus, puis la remettre à Ewok. Selon son bon vouloir, Nessiah la lira, pas avant.
Hecto : Mais tu y crois vraiment, toi, à cette histoire de mec bizarre, d’invasion et de société secrète ?
Nessiah : Société secrète ? *o* Je veux lire cette lettre ! Donne-la moi !
Ewok : C’est quoi ces chamailleries ? è_é
Hecto : Asca est allé consulter la boîte aux lettres il y a trois jours…
Ewok : Aïe.
Hecto : Je me doutais que tu aurais cette réaction ^^
Nessiah : Near nous a envoyé de mauvaises nouvelles et je veux lire sa lettre, c’est mon droit !
Ewok : u_u Asca, pourquoi ne me l’as-tu pas remise immédiatement ?
Asca : Quand j’ai vu qu’elle était de la part de Near, je n’ai pas pu m’empêcher de l’ouvrir. Maintenant, je sais que je n’aurais pas dû.... ><"
Nessiah : Il dit qu’il n’en dort plus, mais je sais que c’est juste du cinéma pour que je ne la lise pas. Et Hecto l’a lue, pourquoi pas moi ? è_é
Hecto : J’ai utilisé des moyens…illicites pour poser les yeux dessus >< Je n’aurais pas dû m’obstiner… Je n’en dors plus non plus.
Nessiah : Balivernes ! =p
Ewok : Asca, donne-moi ça.
Asca : Tout de suite, Ewok.
Hecto : Nessiah, non !
Nessiah : *arrache la lettre des mains d’Asca* Trop tard =p Voyons son contenu.
Hecto : Pose cette lettre tout de suite !
Asca : *air désespéré* Impossible. Quand tu l’as commencée, tu ne peux plus t’arrêter.
Hecto : Ewok ! Fais quelque chose !
Nessiah : Oo C’est… *continue à lire*
Ewok : Lâche ça immédiatement !
Asca : Il l’a presque finie… é_è
Nessiah : Oo C’est…horrible… *finit la lettre* Aaaaaaaaaargh *s’évanouit*
Hecto : Le pauvre. =D
Asca : On voit bien à quel point tu le plains ">_>
Ewok : *prend la lettre* C’est à mon tour, en tant que Maire Provisoire !
Asca : Ewok, je t’en supplie, ne fais pas ça ! Tu vois ce qui nous arrive ? Tu veux vraiment te retrouver dans la même situation ?
Ewok : *ton théâtral* C’est mon devoir. *commence à lire*
Asca : Je démissionne ! Je pars me chercher une cité plus calme dans les environs ! Au revoir ! *s’en va*
Hecto : ASCA ! REVIENS !
Asca : *de la pièce à côté* Je ne resterai pas une seconde de plus dans cette cité de…De, euh…Je ne trouve même pas les mots !
Ewok : Oo C’est… *continue à lire*
Hecto : Asca ? ASCA !
Nessiah : Trop tard, il est parti… X_X Quelle horreur, cette lettre ! Mais… EWOK !
Ewok : Oo C’est terrible… *finit la lettre* J’y crois pas… *lâche la lettre*
Homasa : *passe la tête par la porte* Que se passe-t-il ici ? Je viens de voir Asca partir…
Nessiah : NON ! Pour ta propre sécurité, n’approche pas !
Ewok : Je vais la brûler… Tout de suite.
Hecto : Je m’en occupe. Ce document est bien trop dangereux.
Homasa : Elle m’a l’air intéressante, cette lettre… Je peux la lire ?
Ewok : Pas question ! è_é Hecto, vas-y !
Hecto : Alea jacta est. *jette la lettre dans la cheminée*
Nessiah : MAIS IL N’Y A PAS DE FEU !! è_é
Hecto : Oups, autant pour moi. u_u
Homasa : *récupère la lettre* Laissez-moi la lire avant.
Ewok : Je t’en supplie, ne fais pas ça.
Nessiah : Near était sûr qu’on finirait par se disputer à nouveau. Et ça n’a pas raté >_<
Hecto : C’est la première fois que je t’entends dire quelque chose d’intelligent…Tu es malade ? =p
Nessiah : Non, c’est juste que je m’ennuie.
Homasa : *déplie la lettre* =p
Ewok : Tu ne me laisses pas le choix. *prépare un sort de feu*
Homasa : Oo
Ewok : Je regrette. *envoie la boule de feu sur la lettre*
Homasa : AAAAAAAARGH ! Mes mains ! CA BRÛLE !
Nessiah : Regarde comme il souffre.
Hecto : Je pars chercher un seau d’eau !
Nessiah : Non, attends un peu, c’est trop drôle ! Regarde comme il saute partout ! =D
Hecto : u_u *part chercher un seau d’eau*
Ewok : Homasa, ne bouge pas !
Homasa : C’est pas toi qui as mal ><
Hecto : Voilà, voilà ! Oo *jette le contenu du seau*
Homasa : *se prend tout dans la figure*
Nessiah : XD Ca alors, t’es pas doué !
Homasa : EWOK, AU SECOURS !!
Ewok : *apporte un autre seau d’eau* Tiens, mets tes mains là-dedans.
Homasa : *plonge ses mains dans l’eau froide* Ah, ça fait du bien.
Ewok : Si seulement tu avais lâché cette lettre…
Nessiah : Espèces de rabat-joie ! Vous venez de me priver d’un beau spectacle ! è_é
Hecto : *apporte un autre seau d’eau* Nessiah ?
Nessiah : *se retourne* Oui ?
Hecto : =D *jette le contenu du seau*
Nessiah : Oo *se prend tout dans la figure*
Hecto : Bien fait pour toi =p
Nessiah : C’est malin ! è_é
Hecto : Tiens, ça ne t’amuse plus ? =p
Ewok : Mais… Oo MON BUREAU ! Qui a jeté un seau d’eau sur mon bureau ? è_é
Hecto : *sifflote* =)
Nessiah : C’est Hecto ! =D
Hecto : X_X
Ewok : Pas de ça avec moi !! Je sais que c’est toi, Nessiah ! Il n’y a que toi pour faire un coup pareil et accuser Hecto ensuite ! Depuis le temps que tu en rêvais !
Hecto : XD J’en connais un qui va s’en prendre plein les dents !
Nessiah : Mais je te jure, c’est pas moi, c’est Hecto !
Ewok : Et avec tous les papiers administratifs qui se trouvaient là…
Hecto : Ouille, double dose ! XD
Ewok : Je parlerai de ton cas à Near, et pas en bons termes, crois-moi !
Nessiah : Aïe. ><
Hecto : Bien fait =) Je vais demander que l’on te mette aux cachots.
Nessiah : u_u (Parfois, j’ai l’impression d’être le personnage d’une histoire dont le narrateur adore les histoires de cachots…)
Homasa : Vous pourriez aller chercher un soigneur ? Ca fait mal X_X
Ewok : Nessiah, vas-y.
Nessiah : D’accord u_u *s’en va*
Ewok : Hecto, j’ai deux mots à te dire.
Hecto : Oui ? =)
Ewok : Je sais que le responsable de cette inondation, c’est toi.
Hecto : Oo Mais je… Mais… AAAAAARGH ! D’accord, c’est moi ‘—Comment as-tu su ?
Ewok : Contrairement à Nessiah, tu es sec ^^ Ne t’en fais pas, je vais faire comme si de rien n’était.
Hecto : Mais pourquoi tant de générosité ?
Ewok : Parce que Nessiah me tape sur les nerfs en ce moment u_u
Hecto : Ah, d’accord =D
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:36

Chapitre 5 : Citoyens d'Eolia


Partie 2 : De surprenantes nouvelles


Erdecomba, la Pacifique, Auberge des Sept Mille Kilis, chambre 37.

Décalia : Mes très chers compagnons, vous savez qu’en ce jour ma brillante personne doit se rendre au bureau du Premier Conseiller.
Geese : Ma Dame désirerait-elle une escorte ?
Décalia : Aucunement. Je vous ai convoqués pour une toute autre raison.
Aetheria : Donne-nous tes ordres, qu’on en finisse. u_u
Décalia : Sainte Orthographe, ma divine et respectable mère, m’a laissé un message de sa céleste main. Sa Divinité me commande de vous renvoyer promptement dans notre Forteresse Etincelante.
Geese : Mais votre protection… é_è
Décalia : Nous devons suivre les ordres de Sa Divinité. Rentrez chez nous. ^^
Aetheria : Tant mieux, je n’aime pas rester enfermée trop longtemps.
Geese : Prenez soin de vous.

Geese et Aetheria s’en vont à cheval.

_ - _ - _

Château royal, bureau de Near.

Near : Je vous attendais.
Décalia : Vous désiriez me parler d’une chose importante, ai-je tort ?
Near : En effet. Avant toute chose, jurez-moi que rien de ce que nous dirons ne s’ébruitera.
Décalia : Je vous donne ma parole de prêtresse.
Near : Bien. J’ai quelque chose à vous avouer. u_u L’idée du piège tendu aux émissaires vient bien de moi, mais ma position a été influencée.
Décalia : Qui peut influencer la position du Premier Conseiller du Royaume ? Oo
Near : Un homme est venu me voir ici, une semaine avant le Conseil. Il prétendait faire partie d’un groupe désirant nous venir en aide. Il m’a donné ce conseil d’un air si sûr de lui que j’ai été convaincu. Puis, le plus étrange est qu’il m’a juré que je le connaissais… Et son visage ne me dit rien.
Décalia : *l’air pensif* A quoi ressemblait-il, votre personnage ?
Near : Plutôt grand, des yeux noirs, moustache, et chevelure bouclée, de couleur… Ah, je ne trouve pas le mot… X_X Bleu-vert…
Décalia : Oo Turquoise !
Near : =D Oui c’est ça ! Mais… Que vous arrive-t-il ?
Décalia : Je l’ai croisé ! Il m’a dit que son nom était…
Near : Il vous a donné son nom ? =D
Décalia : Pour les Hokisekiens, il a dit se nommer Shadowind.
Near : *se lève brusquement* Mais oui, bien sûr ! *fait les cent pas* Comment ai-je pu oublier ? Il doit m’en vouloir à un point… Il devait payer sa dette, évidemment, mais jamais je n’aurais pensé le revoir si vite, et encore moins ICI… Oo Oo Oo
Décalia : Puis-je savoir ce qu’il en est ?
Almyr : *toque à la porte* Maître ?
Near : Mais c’est une vraie manie de me déranger, en ce moment ! è_é
Almyr : Maître, un messager pégase demande à vous voir.
Near : Ewok a répondu à ma lettre ? =D Enfin !
Almyr : Non, il vient d’Auréole ! Et c’est un enfant !
Décalia : Lilian a encore mis la cité en désordre ? è_é

Un chevalier pégase de huit ans entre, suivi de sa monture.

Ortimon : Décalia ! * se jette dans ses bras*
Décalia : ORTIMON ! =D Que se passe-t-il pour que tu aies fait ce long voyage seul ?
Ortimon : C’est un désastre ! La cité de l’Orthographe est assiégée !
Décalia : QUOI ? Oo
Ortimon : Je suis parti avant le début du combat, hier...
Décalia : Quarneb a-t-il appliqué les directives ?
Ortimon : De ce que j'en sais, Dame Lilian l’avait enfermé au cachot…
Décalia : Oo Vite ! Je dois partir ! Reste dans cette ville, Ortimon, tu seras en sécurité.
Near : Sellez un cheval !
Décalia : PAS LE TEMPS ! *enfourche le pégase*
Near : Un pégase pour moi aussi, dans ce cas !

Décalia s’envole par la fenêtre.

Almyr : Voici, Monsieur.
Near : Merci. *décolle à la suite de Décalia*
Ortimon : Je vais tenter de me trouver une auberge. Au revoir. *s’en va*
Almyr : *éclate d’un rire mauvais* Parfait, tout est parfait >=D
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:39

Chapitre 5 : Citoyens d'Eolia


Partie 3 : Souvenirs instructifs


Eolia, la Cité des Tempêtes, couloir Nord, un peu après l’altercation.

Homasa : C’est fou ce que ça fait mal, une brûlure u_u
Ewok : Et tout ça à cause de Nessiah u_u
Hallelujah : Dites, il paraît que Near a envoyé une…
Homasa et Ewok : NON, TU NE LA LIRAS PAS ! è_é
Hallelujah : Oo *s’enfuit*
Homasa : Je crois qu’on n’aurait pas dû crier aussi fort.
Ewok : Après tout, c’est elle qui a trouvé le nom de la cité, tu te souviens ?
Homasa : Ça, pour m’en souvenir ><

FLASHBACK

Near : Mes chers amis, je pars pour la capitale. Je compte sur vous pour trouver un nom magnifique à cette cité pendant mon absence. =D
Nessiah : Compte sur moi ! Hé hé hé ! >=D
Near : Heu… Ewok, tu prendras la décision finale.
Ewok : Pas de souci. Bon voyage ! =)

FIN DU FLASHBACK

Homasa : Ca avait pourtant bien commencé…
Ewok : Mais dès que Near est parti… u_u

FLASHBACK

Homasa : Alors, comment va-t-on s’organiser ? Tu as des idées ?
Ewok : Faites des propositions… En ce moment, je suis en panne d’inspiration.
Homasa : Il faudrait quelque chose qui évoque le vent.
Hecto : Un truc qui commence par Eo !
Nessiah : Vous faites ce que vous voudrez…

FIN DU FLASHBACK

Homasa : En fait, c’est vraiment parti en n’importe quoi quand Nessiah s’en est mêlé.
Ewok : Encore et toujours lui…

FLASHBACK

Nessiah : Mais ce sera Nessiahcity ! *o*
Hecto : Eo… Mais Eo quoi ?
Ewok : Nessiah, il n’en est pas question !
Asca : Bien dit ! ^^
Ewok : Ce sera Ewokcity ! *o*

FIN DU FLASHBACK

Ewok : Honnêtement, je ne sais pas ce qui m’a pris à ce moment-là. X_X
Homasa : Dans un autre contexte, il ne se serait rien passé. Personne n’a été plus intelligent… Même moi. Le seul qui ait un peu résisté, c’est Asca, mais… X_X
Ewok : C’est vrai =D

FLASHBACK

Asca : Oo
Hecto : Eo… Ah, je ne trouve pas ! é_è
Nessiah : J’ai dit Nessiahcity !
Homasa : Je propose Homasacity ! *o*
Ewok : Ce sera Ewokcity et puis c’est tout !
Asca : Et pourquoi pas Ascacity ? *o*
Ewok : Ne te mêles pas de ça ! è_é
Asca : Quoique… Ascaville sonne mieux, non ?
Hecto : Je rêve ou je suis le seul à garder la tête froide ? Oo
Nessiah : T’as bien raison, parce que HectoRammsteinCity ça ne le fait vraiment pas ! :p
Hecto : *o* Mais c’est joli en plus !
Ewok : Near m’a donné le pouvoir de décision ! Ce sera Ewokcity ! è_é
Homasa : Ah, non ! Homasacity c’est mieux ! è_é

FIN DU FLASHBACK

Ewok : On en est venus aux mains u_u
Homasa : Et ça a duré toute la semaine u_u
Ewok : Le pire, ça a été quand Near est revenu X_X

FLASHBACK

Near : Mais qu’est-ce que c’est que ce cirque ? è_é
Ewok : Désolé u_u
Nessiah : =D
Near : Pourquoi avez-vous nommé cette ville Nessiahcity alors que le chef, c’est moi ? è_é
Ewok : Il a menacé de jeter un seau d’eau sur mon bureau… Je n’ai pas pu résister X_X
Near : Nearcity c’est mieux *o*
Hecto : *les traits tirés comme quelqu’un qui n’a pas dormi depuis une semaine* Eo… Mais Eo quoi ? -_-"
Hallelujah : *illumination* EOLIA !
Tous : *la regardent fixement* Oo
Hallelujah : Heu… ‘n_n
Near : MIRACLE ! On a le nom ! Ce sera Eolia !
Hecto : C’était bien la peine que je réfléchisse X_X *s’endort*
Homasa : Oui, c’est pas mal n_n
Nessiah : Mais Nessiahcity c’est beau ! è_é
Ewok : u_u *sort son bâton Silence*
Nessiah : Oo *ouvre la bouche, mais rien n’en sort*
Ewok : Parfait n_n La fête peut commencer !

FIN DU FLASHBACK

Homasa : Avec le recul, Homasacity c’était quand même mieux *o*
Ewok : u_u *sort son bâton Silence*
Homasa : Oo * ouvre la bouche, mais rien n’en sort*
Ewok : n_n

Derrière une colonne…

Asca : Je crois que je vais rester, finalement… Ils vont avoir besoin de moi pour remonter leur niveau intellectuel u_u
Nessiah : Que se passe-t-il ici ?
Asca : Ah, non, pas lui ! Oo Pourvu que Near revienne vite ! ><

FIN DU CHAPITRE 5

Décalia et Shadowind vont-ils se revoir ?
HectoRammstein et Nessiah vont-ils se réconcilier ?

Ewok : Si vous voulez organiser une bataille d'eau, pas de problème... Mais POURQUOI fallait-il que vous la commenciez DANS MON BUREAU ?! è_é
Homasa : ...Incorrigibles n_n"

Qu’y avait-il d’écrit dans cette fameuse lettre de Near ?

Mage : Oh oui, je veux savoir *regard implorant*
Asca : Ah non, vous n'allez pas vous y mettre aussi ! è_é

Décalia et Near arriveront-ils à temps à Auréole ?

Aetheria (la vraie) : Connaissant la vitesse d'un pégase en pleine forme, considérant celui-ci devant porter le poids de Near et de son armure templière, et considérant un second pégase, dont la jauge d'énergie serait réduite de 33% après un trajet d'une journée, devant porter ce poids-plume de Décalia, lequel ralentira le groupe ? Calculons aussi la durée du trajet, considérant qu'ils traversent les monts d'Ulian de jour et avec un vent de face de 50 km/h... 8D
Lilian (la vraie) : Arrête, tu me fatigues u_u"

Que mijote Almyr, le serviteur de Near ?

Almyr : Héhéhé >=)

ET SURTOUT… Ortimon est-il vraiment le frère de Décalia ?

Pour le savoir, attendez le chapitre 6 : Les Folies de Décalia ! Magi
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:42

Chapitre 6 : Les Folies de Décalia


Partie 1 : Histoires de Lumière


Hokiseki, au coucher du soleil, sur le trajet Erdecomba-Auréole, peu après les Monts d’Ulian.

Near : Décalia, la nuit tombe et nos montures sont épuisées. Nous devrions nous arrêter et prendre du repos.
Décalia : Hors de question ! Lilian, Qarneb et tous les autres ont besoin de moi !
Near : ...De plus, je n’ai même pas pensé à prendre des vivres ! Dans quelle triste situation sommes-nous ! Et tout ceci est de VOTRE FAUTE ! è_é
Décalia : Oh, ça va ! Je veux juste sauver ma cité ! Et si cela ne vous plait guère, pourquoi vous obstinez-vous à me suivre ?
Near : Oo Heu… (C’est vrai, pourquoi je la suis au juste ?)
Décalia : Vous n’avez qu’à rejoindre Eolia. C’est plus proche, et vous pourriez y arriver avant demain.
Near : Mais qui vous protègera ? (Alors c’est pour ça que je la suis ? C’est nul, comme raison u_u)
Décalia : Sainte Orthographe est toujours à mes côtés ! n_n
Near : (Ça, c’est ce qui s’appelle avoir la foi) Vous n’avez même pas besoin d’un Templier ? L’unité élite du soldat-mage ?
Décalia : Cette classe existe-t-elle réellement ? Oo
Near : Bien sûr =D On parvient à ce niveau en suivant un difficile entraînement au Temple, que j’ai passé sans problème, et…
Décalia : Je préfère me poser plutôt que de vous entendre vanter vos mérites u_u
Near : ‘Oo (Elle refuse mon aide ? Mais elle est folle ! Un clerc sans défense !)

Décalia et Near se posent sur un plateau rocheux.

Near : Si nous repartons à l’aube, nous atteindrons Auréole au zénith.
Décalia : *attache son pégase* Ce sera trop tard… Beaucoup trop tard.
Near : *a des crampes à l’estomac* Vous ne pourriez pas demander à votre Sainte Orthographe de nous trouver quelque chose à manger ? é_è
Décalia : *jette une couverture à Near et s’enroule dans la sienne* Sainte Orthographe n’aide point les blasphémateurs.
Near : Mais… é_è Mais j’ai faim, moi ! Hé, Décalia ? … Décalia ! è_é
Décalia : u_u *dort*
Near : Oo *s’enroule dans sa couverture*

_-_ -_

Décalia ouvrit lentement les yeux. Autour d’elle, les pégases et Near avaient disparu. Seul restait le plateau balayé par les vents. Elle avait déjà vécu des situations semblables ; ses rêves devenaient parfois vides… Avant que n’apparaisse cette personne bien particulière. Décalia n’eut pas à attendre longtemps. Une belle femme à la chevelure blonde et aux yeux d’or descendit des cieux à pas légers, accompagnée d’une grande explosion de lumière.

-Mère ! s’écria la prêtresse en s’inclinant.
-Trop de temps s’est écoulé depuis ma dernière visite, dit Sainte Orthographe de sa douce voix divine.

Après quelques rituels de politesses et autres marques de protocole, elles s’installèrent ensemble sur un rocher.

-Tu es prête, Décalia. Ta puissance a augmenté de manière spectaculaire.
-Ceci est dû en partie à mes entraînements avec Dame Laura, et à votre généreux don. Sans les Sceaux de sur-promotion…
-Les as-tu détruits comme je te l’avais ordonné ?
-J’ai exécuté vos divins ordres.
-Parfait. L’heure de ton départ s’approche.
-Allez-vous enfin me confier la mission pour laquelle je suis née ?
-Chaque chose en son temps. Pour l’heure, j’ai des conseils à te donner.
-Je vous écoute.
-Lorsque je t’aurai quittée, tu devras te précipiter vers Auréole. Mes disciples ne sont point en danger de mort, mais toi seule peux les aider. Il est nécessaire que tu atteignes notre cité avant la fin du jour. Ensuite, tu devras retourner à la capitale. Arcanos sera alors sur le point de commettre une erreur monumentale. Le plan du Premier Conseiller est parfait, mais il comporte une faille que les serviteurs de Zelphiar sauront exploiter. Cette erreur, tu dois l’empêcher. Révèle ensuite à Sa Majesté tout ce que tu sais.
-Je suivrai ces directives, Mère.
-Alors il est temps pour moi de retourner dans le monde des cieux, auprès des divinités.

Elle se leva gracieusement, mais Décalia la retint.

-Mère, puis-je vous demander une faveur ?
-Bien sûr.
-Pourriez-vous laisser un copieux petit-déjeuner à Near à son réveil ? Je vous en serais fort reconnaissante.
-Mais il m’a rejetée, il n’a pas la foi en moi.
-Il ne tient qu’à nous qu’il l’ait, cette foi.

Sainte Orthographe regarda au loin, pensive.

-Oui, je le ferai. Tu peux compter sur moi. Au revoir…

Sur ce, Décalia se réveilla, un sourire aux lèvres.

_-_-_

Il était environ deux heures du matin lorsque Near se réveilla, l’estomac vide. Il pensa se rendormir, mais une bonne odeur de pain chaud le tira définitivement des bras de Morphée. A deux pas de lui, un plateau rempli de pains aux raisins qui semblaient à peine sortis du four semblait l’attendre. En réponse, son ventre se manifesta de manière sonore, et il ne put plus attendre. Aussitôt, oubliant tout le reste, il mangea avec appétit. Lorsque sa faim fut calmée, il repensa à la discussion de la veille. Aussi il lança, sans trop y croire :

-Merci, Sainte Orthographe.

Une voix divine, sortie de nulle part, lui répondit :

-Mais de rien, Near.

Il sursauta aussitôt.

-Des voix… J’entends des voix… Je vais finir par croire à Sainte Orthographe, si ça continue ainsi ! Mais non, je suis certainement en train de rêver…

Il eut beau se pincer à plusieurs reprises, rien n’y faisait : c’était bien la réalité. Il allait réveiller Décalia pour qu’elle trouve une explication à tout cela, mais il se rendit bien vite compte qu’elle avait disparu… Ainsi que son pégase.

-C’est pas vrai ! Elle va se faire tuer ! Mais pourquoi ne m’a-t-elle pas écouté ?

Il enfourcha sa monture. Avant de partir, il songea à emporter les pains aux raisins restants, mais tout avait disparu. Plus certain que jamais de se trouver dans un cauchemar, il lança son pégase vers Auréole.
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:44

Chapitre 6 : Les Folies de Décalia


Partie 2 : Un combat de titans


Auréole, à l’aube, cour intérieure.

Lilian : Encore six ans, un mois et vingt-trois jours… Je craque ! X_X
Qarneb : Ne vous en faites pas, on trouvera le moyen de se sortir de cette situation !
Akiestoy : Bonjour ! =D
Azalia : Qui es-tu, toi ? o_o
Akiestoy : Un ami de Lilian à l'école primaire ! Je suis stratège maintenant ^^
Lilian : Oo Mais que… Comment… Qu’est-ce que tu fais ici, Akiestoy ?
Akiestoy : Je veux m’inscrire, quelle question ! Ce sont vos armées, dehors ? Elles sont drôlement impressionnantes !
Azalia : Ils t’ont laissé passer ? Oo
Akiestoy : Ben oui, pourquoi ? =)

À l’extérieur…

Seigneur Aérien : INCAPABLES ! Il venait sûrement annoncer l’arrivée de renforts !
Mercenaire : Mais vous nous aviez dit de les empêcher de sortir, pas d’entrer !
Seigneur Aérien : Mais qui m’a collé des idiots pareils ? u_u
Mercenaire : Chef ! Un pégase arrive à toute vit…
Décalia : YAHAAAAAH ! =D

La Samirnàh tranche la tête du mercenaire.

Seigneur Aérien : Mais qu’est-ce que… Un bâton de soin avec une pointe de lance au bout ? L’arme rituelle des prêtres de…
Décalia : Qui est le goujat qui a osé attaquer Auréole ? è_é

Dans la forteresse…

Moine : Il se passe un truc dehors !
Lilian : Passe-moi les jumelles, abruti ! Mais… C’est Décalia ! Oo
Azalia : Nous sommes sauvés !
Akiestoy : Parce qu'on était en danger ? ô_ô"
Lilian : Allons la rejoindre ! À L’ATTAQUE !
Tous : OUAIIIIIIIIS !
Décalia : Azalia ! Lilian ! Qarneb ! =D
Seigneur Aérien : Je suis le Seigneur Aérien de Phenis ! Si vous tenez à la vie, remettez-nous cette forteresse !
Azalia : Non ! Je t’en supplie, arrête !
Lilian : Tais-toi, Décalia va l’exploser ! n_n

Décalia, Prêtresse de l’Orthographe niveau 13 points de vie 176 / 176
Arme : Samirnàh Utilisations restantes ---
???, Seigneur Aérien niveau 9 points de vie 154 / 154
Arme : Judmentica Utilisations restantes 14

Qarneb : Mais qu'est-ce que c'est que ces statistiques abusées ?! Oo
Near : Mais que se passe-t-il ici ? Oo
Lilian : D’où sortez-vous, vous ? è_é Taisez-vous et regardez !

COUP CRITIQUE ! L’attaque inflige 51 dégâts à Seigneur Aérien.
Décalia gagne 22 points d’expérience !

Seigneur Aérien a attaqué et a infligé 25 dégâts.
Seigneur Aérien a attaqué et a infligé 25 dégâts.
Seigneur Aérien gagne 22 points d’expérience !

Near : Quelle puissance Oo (Et moi qui pensais qu’elle n’était que clerc…)
Lilian : Hé, c’est Décalia tout de même ! è_é

COUP CRITIQUE ! L’attaque inflige 51 dégâts à Seigneur Aérien.
Décalia gagne 22 points d’expérience !

Seigneur Aérien a attaqué et a infligé 25 dégâts.
Seigneur Aérien a attaqué et a infligé 25 dégâts.
Seigneur Aérien gagne 22 points d’expérience !

COUP CRITIQUE ! L’attaque inflige 51 dégâts à Seigneur Aérien.
Décalia gagne 22 points d’expérience !
SUPER ! Décalia monte au niveau 14 !

Décalia points de vie 76
Seigneur Aérien points de vie 1

Seigneur Aérien : Aaaaaargh X_X Je n’en peux plus ! X_X
Décalia : Abandonne, et j’épargnerai peut-être ta misérable vie !
Azalia : NOOOOOON ! Laissez-le partir, je vous en prie !
Décalia : Comment ? Tu oses me trahir ? Oo
Azalia : Je ne pourrais pas supporter de voir l’un de vous mourir !
Seigneur Aérien : Azou… Je dois vaincre ! Si je n’y arrive pas, Phenis n’existera plus. Les armées d’Erliban et de Lyarvas se rapprochent de Doya, notre capitale. Une fois qu’elle sera tombée, je perdrai toute ma force et je redeviendrai un simple chevalier faucon, mon peuple sera condamné… Azalia, ôte-toi de mon chemin, sinon je…
Azalia : Oo Attention !
Near : Mais que…
Décalia : AZALIA ! Oo

_-_ -_

Near leva les yeux. Tout se passa en un éclair. Un wyvern fondait sur le Seigneur Aérien, son cavalier levant son épée, qui étincelait d'une superbe lueur dorée. Azalia se jeta entre eux, afin de protéger le sur-promu. Contre toute attente, son agresseur fit décrire une courbe rapide à sa monture et l'évita d'un cheveu. L’animal se posa brutalement au sol, et au milieu de la poussière surgit une silhouette familière, que le Premier Conseiller reconnut immédiatement…
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:51

Chapitre 6 : Les Folies de Décalia


Partie 3 : Retrouvailles


Near : Oo SHADOWIND !
Shadowind : Ah, enfin vous me reconnaissez, maître ! =D *tend la main à Near*
Near : *la serre avec force* Comment avais-je pu oublier ? Mais que fais-tu ici, mon ami ?
Shadowind : Je dois protéger Dame Décalia.
Décalia : Shadowind ? Oo
Shadowind : A votre service, Ma Dame !
Near : Je rêve Oo
Seigneur Aérien : Merci, Azalia, mais c’est trop tard… Doya… Ah ! *se plie en deux*
Azalia : Gaétan !
Décalia : L’ancien chevalier faucon de Laura ? J’aurais dû m’en douter !
Gaétan : Cette armure est en train de devenir trop lourde… Ma force s'enfuit...
Lilian : Regardez le… Le truc, là !
Qarneb : Sa monture est redevenue normale ! Oo
Gaétan : *se débarrasse de son armure et se retrouve chevalier faucon* Ah, c’est tout de suite mieux ! =D
Azalia : Tu m’as tant manqué ! *l’embrasse*
Lilian : Oo
Qarneb : ><
Décalia : Les unités nous cachent bien des choses, vous savez… ^^ Gaétan, ton peuple et toi trouverez un refuge à Auréole, en attendant la reconquête de Phenis.
Gaétan : Merci beaucoup ! *embrasse Azalia*
Lilian : Ah, Décalia, j’ai de bonnes nouvelles ! Les armures sont nettoyées, le puits reconstruit et les cachots repeints en orange ! =D
Décalia : EN ORANGE ? Oo
Qarneb : Ca plaisait à Bisou u_u
Lilian : BISOUUUUUUU ! *pleure*
Décalia : Un monstre de moins dans la cité ! =D
Akiestoy : Bonjour, je voudrais m’inscrire.
Décalia : Tu es le bienvenu ! =)
Akiestoy : Merci ! ^o^ (C'est quand même une cité bizarre : ils viennent de se fairez attaquer, et ils font comme s'il ne s'était rien passé Oo)
Near : Heu… Décalia ?
Décalia : Ah, ce très cher Near ! Alors, elle t’a plu, ma surprise ?
Near : Oui, beaucoup, et… Attends, TA surprise ? Oo
Décalia : Enfin, grâce à ma mère divine, Sainte Orthographe ! =D
Near : X_X
Shadowind : …Ma Dame.
Décalia : …Shadowind.
Shadowind : Je…
Décalia : Vous…désirez me dire quelque chose ?
Shadowind : J’ai des informations de la plus haute importance à vous donner. En outre, un espion me suit depuis Sparta. Il est discret, mais je sais repérer ce genre de personnages.
Near : Brave Shadowind, tu n’as pas changé ! n_n
Décalia : Et où est-il, que je lui fasse sa fête ? è_é
Odiséus : Ce n’est que moi.
Near : Oo *s’évanouit*
Décalia : Sire Odiséus ! =D
Odiséus : Après avoir vu et entendu tout cela, il me semble nécessaire d’avoir un entretien.
Décalia : Sans problème ^^ Tous au château !
Lilian : … Hé, oh, debout ! Ils s’en vont !
Near : X_X
Lilian : *donne des coups de pied à Near* Tu vas te lever, oui ? è_é
Décalia : LILIAN ! è_é
Lilian : Heu… J’essayais juste de…Heu…
Near : *se réveille* O-Odiséus ! Oo
Lilian : Ah, enfin debout ! Trois jours de cachot !
Near : Oo Je suis le Premier Conseiller, pas un vulgaire soldat !
Lilian : Le… X_X *s’évanouit*
Qarneb : Excusez-la, elle a pris goût au pouvoir ces derniers temps u_u
Near : Pas de problème. n_n (Je vais me réveiller… Je suis sûr que je vais me réveiller…)

FIN DU CHAPITRE 6

Near finira-t-il par croire à Sainte Orthographe ?
Quelle est la mission divine de Décalia ?
Quelle est la faille dans le plan de Near ?

Near (le vrai) : Une faille ? Dans MON plan ?! Oo Pas possible !! Mes plans sont toujours parfaits !!

Gaétan et Azalia vont-ils se marier ?
Lilian guérira-t-elle de ses crises de royauté ?
ET SURTOUT… Pourquoi l’orange plaisait tant à Bisou ? Oo

Fantôme de Bisou : *rire démoniaque* Parce que c’est la couleur de l’uniforme de Qarneb ! >=3

Bon, et bien, on a déjà une réponse ! ‘Oo
Pour connaître les réponses, attendez le chapitre 7 : Quand il y en a pour un, il y en a pour trois mille ! (Qui a modifié mon texte ? è_é)
Chapitre 7 : Un banquet à Auréole ! (Et quand on connaît la taille des cuisines et du plat qui en sort… Le premier titre convenait aussi, finalement ! ><)
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:53

Chapitre 6x : Complot aux cieux


Sainte Orthographe rangea sa loupe avec un sourire. Décalia s’en était plutôt bien sortie. Elle était profondément rassurée : sa fille était désormais entourée de gens vertueux, à la forte lumière intérieure. Elle espérait beaucoup de Near, particulièrement lumineux, et de Shadowind, dont elle entendait parler régulièrement, et qu’elle surveillait avec intérêt. Elle allait prochainement retourner dans sa cité, et pour cause : Akiestoy serait adoubé dès le lendemain. Elle espérait également pousser Near à les rejoindre : son soutien n’en serait que plus puissant.
Toutefois, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir ce qu’elle s’était toujours refusée à éprouver envers la Prêtresse : de la fierté. Comme celle qu’elle avait toujours ressentie pour Ortimon… Elle s’était pourtant juré de ne jamais céder à ce genre de sentiments, surtout pour elle. Comment avait-elle seulement pu la rendre fière d’elle après toutes ces années de contrôle, d’éducation stricte et sans véritables preuves d’affection, de vie séparée pour leur bonheur à toutes deux ? Jamais constat ne l’avait autant troublée. Se pouvait-il que cette adolescente ait réellement réussi à briser la barrière de son cœur ? La déesse hésitait. « Et pourtant, se dit-elle, nos cœurs sont similaires… »

-Auretaugràff !
(Note de l’auteur : Malgré la difficulté que l’écriture des répliques de ce personnage entraîne, je suis dans le devoir de les retranscrire dans leur orthographe d’origine, afin de vous faire COMPRENDRE toute l'horreur de la chose. Je demande pardon d’avance à Sa Sainteté...)

Ce cri arracha un soupir à Sainte Orthographe. Elle aurait reconnu entre mille l'interjection truffée de fautes volontaires et systématiques. Sa vieille adversaire ne manquait jamais une occasion de venir la tourmenter.

-Faute d’Orthographe, il suffit ! Laissez ma personne en paix, je vous prie.
-Mé gé kekshoz at’dir !

Elle jeta un dernier coup d’œil à travers le nuage, puis fit face à la déesse de Galnéa. Un rictus mauvais déformait en permanence le visage blanchâtre de la divinité de l’ombre, et sa cape aussi noire que son cœur claquait comme si une tempête soufflait, alors que le vent n’était qu’une légère brise.

-Quoi donc ? Exprimez votre pensée, sombre dame.
-C tré sinpl. Ta fi ménairv. L va ésséyé denpéshé monfiss d’fér c’ke j’vœu.
-Nos objectifs et nos intérêts diffèrent. Vous avez banni le peuple des dragons de la surface de la Terre, sans raison apparente. Ainsi, votre compagnie et vos interventions répétées dans mon univers privé me gênent intensément. Je vous prie de ne plus tenter de contester mes décisions propres, et de cette manière, je ne contesterai point les vôtres.
-Lé dràggon l’méryté. Ta ka pa t’mélé d’mé zafèr. C pa t zonion. En +, c pa ta fi, 1 ?

Sainte Orthographe sursauta sous le coup de la surprise.

-Décalia EST ma fille ! Qui vous a fait entendre ces absurdes mensonges ?
-Ta pa al’savouar. Pk tulla lésse pa fér, é pk t hobligéd’lui dir tou s’kell doi fér ?
-Allez-vous-en.
-1 ? C koi ton praublém ?
-Décalia réduira Ashanayr en charpie ! s’écria Sainte Orthographe à bout de nerfs.
-Mais que se passe-t-il ici ?

Un dieu à la chevelure bleu glacier les regardait se disputer avec amusement, ses ailes de dragon de Glace battant à intervalles réguliers.

-Ryû !
-A nan, pa luy !
-Je te salue, Faute d’Orthographe, dit le dieu des Kharyotes avec une ironie si visible qu’elle fit sourire Sainte Orthographe. Ravi de voir que ma compagne et toi vous entendez à merveille… Mais je te conseille de déguerpir, car lorsque je suis présent, le blizzard n’est jamais loin, et tu m’en vois navré. Si tu voulais bien te donner la peine de rester pour en observer l’ampleur…
-Tré bi1. Mé vou mle péré chair, kroié mwa !

Elle finit par s’en aller en marmonnant du SMS tout à fait incompréhensible. Sa rivale se laissa choir sur un nuage, à bout de forces.

-Merci, Ryû. Je crois que je n’aurais pas réussi à m’en débarrasser seule… Et tu t’es mis dans une situation des plus difficiles ! Si cette histoire venait aux oreilles de ce cher Targalok, je doute que tout se passe au mieux pour toi…
-Allons, ne t’en fais pas. Il est sensé, et c’est un de mes bons amis, tu le sais bien… Il m’écoutera.
-Pourtant, tu sais très bien que cette… hérétique de malheur a toujours exercé une grande influence sur lui. Et nos peuples sont à sa merci. S’il envoie le moindre message à Zelphiar dans les prochaines heures, tu peux être certain que c’est pour nous.
-Tu t’inquiètes toujours trop ! dit-il avec un sourire rassurant. Je m’occupe de la situation… Pourquoi faut-il toujours que tu doutes de mes compétences de persuasion ? Donne-moi plutôt des nouvelles du petit fripon !
-Ortimon ? Oh, tu sais, je ne l’ai pas vu depuis longtemps… Mais il progresse. Il a soif de connaissances. Il veut tout voir, tout entendre, tout comprendre, et je me suis dit qu’il apprendrait beaucoup plus de choses en compagnie de sa sœur, dans le véritable monde. Au moins, là-bas, il a tant à observer qu’il ne pose plus de questions. Je lui ai donné une mission, récemment, et il a dû se démener seul, sans aide…
-Sans aide, dis-tu ? s’inquiéta Ryû. Et seul, par-dessus le marché ! Crois-tu vraiment qu’il en est capable, à son âge ?
-Il est plus intelligent et mieux préparé que tu ne le crois… C’est à sa sœur que nous devons son indépendance. Nous pouvons la remercier, elle aussi.

Il semblait sceptique.

-Et quel genre de mission était-ce ?
-Apporter un message à Décalia, d’Auréole jusqu’à Erdecomba.
-Si loin ?! s'étrangla-t-il.
-Je ne lui aurais pas demandé cela s’il en était incapable, tu le sais bien. La guerre n’est pas encore déclarée, il me semble, rétorqua-t-elle. Le trajet est sûr pour quelques semaines encore.
-Quelques semaines, dis-tu ? Quel optimisme ! On a juré notre perte, et toi, tu continues à être naïve !
-Absolument pas. Je suis très lucide, et je peux t’affirmer que nos nations ne seront pas en guerre avant une semaine au moins…
-Une semaine ? C’est peu.
-Cela nous laisse le temps de nous organiser. Et d’ici-là…
-…Il sera déjà un peu plus grand… Je vois où tu veux en venir. Mais préviens-moi avant de lui demander ce genre de mission, ne me laisse pas m’imaginer trop de choses, sinon je vais commencer à me faire du souci.
-Tu te fais un sang d’encre pour tout et rien, Ryû ! Mais je comprends… Oui, je te préviendrai.

Il se posa lentement, et replia ses ailes.

-Ravi que tu sois si compréhensive, ma très chère Orthographe…
-Tu ne peux plus te matérialiser depuis le bannissement de ton peuple… Tu n’as pas encore récupéré assez d’énergie. Il faut te reposer, et je suis certaine que tu aimerais voir Ortimon plus souvent.
-La dernière fois que je l’ai vu, il était minuscule…
-Je ferai en sorte de libérer les dragons encore enfermés, et, crois-moi, tu le reverras vite.

Son visage s’illumina aussitôt.

-T’ai-je déjà dit que tu pouvais remonter le moral à un être au cœur de glace ? Et bien, tu le fais tout les jours avec moi…
-Je constate toujours qu’en matière de glace, tu es le spécialiste…
-C’est vrai !
-Mais avant que tu partes, j’ai le devoir de t’instruire de quelque petit détail qui m’a grandement ennuyée, admit-elle, gênée de devoir jeter un froid sur la conversation.

Aussitôt, contrairement à ce à quoi elle s’attendait, il se détendit.

-Ah, tu veux parler de la présence de mon sur-promu à Auréole ? Sois tranquille, il n’est là que pour protéger ta fille, et pour sa propre sécurité. Tu n’es pas sans savoir dans quelles circonstances il a perdu la totalité de ses pouvoirs.
-Malheureusement, ce n’est pas de cela dont il s’agit, mais de quelque chose de bien plus grave…
-Les Pierres d’Orthographe ? Là encore, j’étais au courant. Je sais que, si ta vieille amie parvenait à s’approcher ne serait-ce qu’à trois mètres d’Ortimon, il serait alors perdu, mais je te connais, tu prendras toutes les dispositions nécessaires… Et c’est le même problème avec tous les citoyens d’Auréole, bien sûr ! Je maintiens que ceci est une idiotie, mais je connais tes raisons, alors ce n’est plus la peine de tenter de me convaincre puisque c’est déjà fait !
-Ce n’est pas d’un problème personnel dont je veux te parler, mais d’un problème de couple. Un problème qui nous concerne tous les deux.

Ryû parut surpris.

-Je t’écoute. Quel est ce problème ?
-C’est à propos de ce que ma « vieille amie » vient de me révéler…
-Ah. Qu’a-t-elle encore inventé ?
-Et cela nous concerne directement.
-Là, tu m’inquiètes. Et si tu me disais tout au-lieu d’essayer de me faire deviner ?

Elle soupira, puis se lança :

-Pourquoi as-tu révélé à Faute d’Orthographe que Décalia n’est pas ma fille ? Il n’y a que toi qui connaissais mon secret… Et il a fallu que tu lui en parles ! Comment as-tu pu ? Et dire que je te faisais confiance !
-Ce n’est pas ma faute… Elle m’a forcé à le lui dire…
-Et pour quoi m’as-tu trahie ? Pour ton nuage ? Oh, je suis tombée bien bas !
-Je t’ai trahie pour mon peuple et pour ta liberté.

Rien n’aurait pu plus surprendre la déesse que cette phrase.

-En quoi menaçait-elle ma liberté ?
-Tout à l’heure, tu as rappelé toi-même que l’Hérétique est très proche de Sa Divine Majesté… Ainsi, elle m’a posé cet ultimatum : je l’instruisais de cette affaire, ou bien tu étais bannie au royaume des Morts, et tout mon peuple avec toi. J’ai refusé, parce que je ne pensais pas qu’elle en serait capable, mais elle a ajouté qu’elle serait ravie de bannir mon peuple elle-même, et toi par la même occasion. C’est ce qui m’a décidé. Je n’avais pas le choix. C’était ton secret ou toi, et j’ai pris ma décision. J’ai simplement tenté de faire au mieux…
-Je suis navrée de m’être emportée, Ryû… Parviendras-tu à me pardonner pour cette colère injustifiée ?
-Tu ne savais rien de la situation…

Et, comme à leur habitude, la dispute se transforma en un échange de baisers langoureux…

_ _ _

Faute d’Orthographe estima en avoir assez entendu. Elle tenait désormais le moyen de mener tout Auréole à sa perte. Plus rien ne pourrait l’arrêter. Elle y entrerait par la ruse, et elle mettrait un soin tout particulier à chasser de la surface de la terre cette Prêtresse. Et pourquoi pas, à en profiter pour semer le chaos. Un large sourire mauvais s’étala sur sa figure pâle.
L’Ere des Ombres, tant attendue, allait enfin commencer.

FIN DU CHAPITRE 6X
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:56

Chapitre 7 : Un banquet à Auréole


Partie 1 : Visite guidée et règlement de comptes


Auréole, la Forteresse Resplendissante, bâtiment central, aile des stratèges, premier étage.

Shadowind : C’est drôlement spacieux, ici ! Oo
Décalia : A droite, vous avez la salle des armures. ^^ Je suis très fière de mes…
Qarneb : Oo * fait demi-tour*
Décalia : Mais que lui arrive-t-il ?
Azalia : Il est comme ça depuis que…
Lilian : Chut, malheureuse ! è_é
Azalia : =p Depuis que Lilian lui a fait nettoyer toutes les armures avec un coton-tige.
Lilian : X_X Je t’avais dit de la boucler ! X_X
Décalia : è_é (Rester calme… Je dois rester calme…) Hum, hum… Lilian, tu viendras me voir tout à l’heure dans mon bureau.
Azalia : Justement, à propos du bureau… =p
Lilian : NoOoOoOoOn ! X_X
Décalia : LE BUREAU AUSSI ? Ô_Ô
Azalia : Elle a passé un coup d’orange sur la cheminée, mais aussi dans les salles de banquet, dans ta chambre, dans le couloir des chambres des stratèges et même dans les toilettes ! =p
Décalia : *explose de rage* Tora ! Venez ici immédiatement, je vous prie !

La jeune femme arrive, un crayon sur l’oreille et un calepin dans les mains.

Tora : *fait la révérence* Votre Grandeur ?
Décalia : Faites en sorte que toutes les pièces qu’Azalia vient d’énoncer soient rendues à leur teinte d’origine !
Tora : Oui, Votre Grandeur ! =D *s’en va en courant*

(Note de l’auteur : Eh oui, encore maintenant, on trouve parfois des pièces à Auréole que Lilian avait fait repeindre par Qarneb. On les remarque au fait qu’il refuse systématiquement d’y entrer, de passer devant, et même d’en entendre parler. Récemment, on a encore découvert un mur orange dans les caves à limonade, alors que nous croyions en être définitivement débarrassés. u_u Depuis ce jour, je ne supporte plus l’orange…)

Qarneb : *revient, mais de l’autre côté* Je ne veux plus jamais passer devant cette salle ! X_X
Near : ‘u_u (Objectif numéro un : rappeler à Décalia de ne plus jamais confier l’alliance ou même quoi que ce soit à Lilian)
Décalia : On continue la visite ! ><

Le petit groupe arrive dans un couloir aux murs argentés et aux portes surmontées d’un numéro doré.

Décalia : Voici le fameux couloir des stratèges. Vos chambres sont situées ici, ainsi que celles de certaines unités privilégiées. Attention, les murs viennent d’être repeints.
Odiséus : Cette Tora est incroyablement efficace.
Azalia : C’est ma sœur ! ^^
Gaétan : Elle doit tenir de toi, mon cœur. =)
Azalia : Merci *rougit*
Décalia : Voici le tableau de répartition des chambres ! =D

Chambre 11 : Aetheria et Lilian (thèmes : Rath le Magnifique/Fluo-Fluo)
Chambre 12 : Geese (thème : Général loyal)
Chambre 13 : Décalia (thème : Lumière sereine. Attention, peinture fraîche)
Chambre 14 : Akiestoy (thème : Wyvern lunaire)
Chambre 15 : Ortimon (thème : Pégase éternel)
Chambre 16 : Shadowind (thème en cours de changement. Attention, travaux)
Chambre 17 : Gaétan, Azalia (thème : Amour toujours)
Chambre 18 : Near (thème : Rafales de vent)
Chambre 19 : Odiséus (thème : Océan primordial)
Chambre 20 : Suite royale (thème : Blizzard obscur)
Chambre 21 : Tora (thème : Âme éclairée)
Chambres 22 à 1864 : Vides
Chambre 1865 : Qarneb (thème : Cachots délabrés)

Shadowind : Des travaux ? Quand sera-t-elle prête ?
Décalia : Avez-vous un thème à proposer ? =)
Near : Attendez ! *chuchote quelque chose à Décalia*
Décalia : Excellent ! Tora ?
Tora : *arrive en trombe* Toutes les pièces sont repeintes, si c’est là votre question.
Décalia : Je vous remercie, mais… *chuchote quelque chose à Tora* Avez-vous les moyens de vous en charger immédiatement ?
Tora : Je suis à vos ordres ! =D *entre dans la chambre 16*

On entend un grand fracas, puis plus rien.

Tora : *sort* C’est terminé ! =)
Odiséus : Oo Très efficace, cette petite !
Tora : *modifie le tableau* Chambre 16, thème : Grotte d’un autre monde !
Shadowind : Je peux jeter un œil ?
Tora : Sans problème, mais attention à la peinture fraîche et au sol, nous avons reconstitué des stalagmites.
Shadowind : *jette un œil, puis referme la porte* C’est… Magnifique ! *o* On s’y croirait ! Merci, maître !
Near : Je me doutais que cela te manquerait.
Décalia : Je ne comprends absolument rien à vos histoires.
Near : Mais il n’y a rien à comprendre.
Décalia : Oups ! Vous avez vu l’heure ? Oo Il est Zénith moins le quart !
Near : Comment ?
Lilian : Elle veut dire midi moins le quart ! ><
Décalia : Et le banquet qui doit être prêt dans trois malheureux quarts d’heure !
Tora : Dois-je donner des ordres aux cuisiniers d’Auréole ?
Décalia : Un repas préparé par des marmitons dans MA cité ? En MA présence ? PAS QUESTION ! è_é * s’en va*
Tora : Messires, Mesdames, je vous suggère de prendre vos aises avant le banquet. Vous trouverez tout le nécessaire dans vos chambres. *court après Décalia*
Lilian : Tsssss... u_u *rentre dans sa chambre* Oh non, Aetheria a encore laissé ses figurines de Rath sur mon lit !! >=(
Akiestoy : A tout de suite ! *fait de même*
Odiséus : Vraiment efficace, cette Tora. *les imite*
Gaétan : Viens, Azalia, allons voir à quoi ressemble cette chambre. *Heu... Heu... Vous savez à quel point c'est difficile rédiger ce genre de passage sans se répéter ? Non, mais !*
Near : ...Shadowind, je pense que tu me dois des explications.
Shadowind : En effet, maître.
Near : Cesse de m'appeler ainsi ! u_u Depuis ton départ, je ne suis plus ton maître, tu es un homme... Euh, un dragon libre !
Shadowind : J'ai une dette envers vous. Auriez-vous oublié notre contrat ?
Near : Non, bien sûr.
Shadowind : Alors, je dois payer cette dette. Je suis navré de vous avoir quitté avant de le faire, mais Khary et ma mission passaient avant tout.
Near : Et quel est ton but, à présent ? A part payer cette dette, bien entendu.
Shadowind : Nous devons reconstruire le royaume de Khary, et libérer tous les dragons, nos frères, qui sont encore prisonniers dans les souterrains.
Near : Mais... Et les stratèges ? Que diront-ils lorsqu'ils apprendront que recruter des dragons sera impossible ?
Shadowind : Les humains doivent accepter le fait qu'au fond, les dragons et les humains sont pareils. Vous ne savez pas ce que c'était de vivre dans ces souterrains. Vous ne saurez jamais.
Near : Alors, explique-moi. Raconte-moi tout, si tu le peux. Je voudrais savoir.
Shadowind : Soit. Nous avons été bannis si longtemps. Plus de mille ans, je pense. Nous nous sommes retrouvés par milliers dans cette caverne, sans lumière, avec juste assez d'espace pour tous. Imaginez que vous êtes enfermé dans une cellule sans porte ni fenêtre, si petite que vous ne pouvez pas vous lever ni vous coucher. Vous ignorez depuis combien de temps vous êtes là, et pour combien de temps encore. Peut-être que vous allez mourir ici. Si vous parvenez à vous imaginer cela, alors ce sera un grand pas.
Near : Oo C'était si terrible que cela ?
Shadowind : Nous n'avions plus d'espoirs, juste des regrets. Le regret de ne pas avoir profité de nos derniers instants à la lumière du jour. Le regret de ne pas avoir réalisé nos rêves. Le regret de ne pas être morts avant de venir en ce lieu. Nous étions des cadavres animés d'une mince étincelle de vie. Beaucoup sont morts de désespoir.
Near : Je vois. é_è
Shadowind : Comprenez-vous à présent à quel point nous vous sommes redevables ? Comprenez-vous à présent notre empressement à vouloir vous servir ? Vous nous aviez sortis de l'enfer.
Near : Mais tu es parti.
Shadowind : On m'avait confié une mission, peu avant ma sortie, alors que notre contrat était déjà signé : remettre Khary sur pied, et faire tout ce qui était en mon pouvoir pour les sauver tous. Sa Majesté m'avait donné des ordres, et j'étais ravi de pouvoir les exécuter, cela va sans dire. Mais vous n'alliez pas nous laisser faire. J'ai réuni tous ceux que vous aviez sélectionnés pour sortir et vous servir. Nous avons fui en pleine nuit, et le lendemain, d'autres de nos frères se sont sauvés. Nous sommes à présent quarante-trois Kharyotes, et j'ai été nommé roi en attendant la libération de Sa Majesté.
Near : Oo Veuillez me pardonner, Votre Majesté.
Shadowind : Maître, je vous en supplie, n'inversez pas les rôles ! é_è
Near : Un roi n'est pas censé avoir de maître !
Shadowind : Un monarque sans pouvoirs n'est plus un monarque.
Near : Vous...
Shadowind : Pourquoi ce vouvoiement, maître ?
Near : Je cesserai de vous rappeler votre titre lorsque vous en ferez de même avec moi.
Shadowind : Mais je ne parviendrai jamais à m'y habituer ! Vous... Tu voulais me parler de quelque chose, non ?
Near : En effet. Comment un dragon peut-il perdre ses pouvoirs ?
Shadowind : En perdant sa dracopierre. X_X
Near : Ah oui, d'accord. (Je savais bien que quelque chose clochait...)
Shadowind : En arrivant à Khary, j'ai découvert les sceaux de sur-promotion. J'étais naïf, je pensais que notre peuple avait besoin d'un roi plus puissant que n'importe qui afin de nous éviter l'esclavage. Je pensais être assez intelligent pour cela...
Near : Ainsi, tu serais le sur-promu de Khary ? L'Esprit-Vent ? Oo
Shadowind : Cela ne me sert plus à rien. Je devais protéger Décalia, mais j'en suis maintenant incapable ! Je suis un véritable idiot, Near, je n'aurais jamais dû toucher au Sceau Âme et au Sceau Esprit.
Near : Pourquoi dois-tu la protéger, au juste ?
Shadowind : Parce qu'elle...

Les cloches de la tour nord se mettent à sonner.

Near : Mince ! >< Il est Zénith pile ! XD
Shadowind : Nous allons être en retard, maître... Oups ! X_X
Near : Tu peux compter sur moi, tu sais ? Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver Khary.
Shadowind : Merci. =') *entre dans sa chambre*
Near : n_n Brave Esprit-Vent... *fait de même... Et oui, vous pensiez que j'avais enfin trouvé une expression supplémentaire ? Et bien non ! =D*
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:57

Chapitre 7 : Un banquet à Auréole


Partie 2 : Des cuisines en révolte


Auréole, bâtiment central, sous-sol, cuisines.

Décalia : *enlève son tablier avec des dragons stylisés dessus* Ouf, terminé ! =D Et il est Zénith et trente minutes exactement !
Tora : Quelle efficacité, Votre Grandeur ! ^^
Décalia : Tora, préparez-moi ma robe de cérémonie, je vous prie, nous avons un adoubement à célébrer à la suite de cette modeste collation.
Tora : Si je puis me permettre, Votre Grandeur... *regarde son calepin où elle a pris des notes* Treize entrées, vingt-cinq plats et neuf desserts différents, ce n'est point ce que mon insignifiante personne nomme "modeste" !
Décalia : Ce n'était qu'un échauffement !

(Note de l'auteur : En réalité, je ne suis pas vraiment un cordon bleu ni un modèle de vitesse en cuisines, mais on va faire comme si c'était vrai... XD)

Tora : N'auriez-vous pas dû laisser les cuisiniers...
Décalia : Ces marmitons sont juste bons à porter les plats ! Leur cuisine est fade, sèche, immangeable !
Cuisinier : Mais j'ai été cuisinier au palais royal, moi ! è_é
Décalia : Qu'importe ! Tant que ma personne sera présente, vous ne toucherez pas aux fourneaux !
Cuisinier : u_u (Vivement qu'elle s'en aille...)
Décalia : Je vais me préparer. Durant ce court laps de temps, tâchez de maintenir les plats à bonne température sans les brûler, sombres idiots ! *s'en va*
Tora : Allez-y, et vite, il n'est pas bon d'énerver Dame Décalia.
Cuisinier : Mon oeil !
Décalia : TORA !!! è_é
Tora : *sursaute* Votre Grandeur ?
Décalia : IL Y A UN MUR ORANGE DANS MA LOGE !
Tora : Je m'en charge dès votre retour.
Décalia : *revient en costume de cérémonie* Ah, cette Lilian ! Elle va m'entendre ! Je lui prépare au moins un mois de cachot... Avec des endives au jambon froides matin, midi et soir !
Cuisinier : Oo
Tora : Je pars donner vos ordres immédiatement ! *s'en va*
Décalia : Attendez mon signal pour amener les entrées ! Gardez les plats au chaud et les desserts au frais, il ne faudrait pas que le gâteau trois chocolats soit immangeable.
Cuisinier : On a le droit de goûter ? Ça a l'air délicieux !
Décalia : NON ! è_é
Cuisinier : Cela a le mérite d'être clair. u_u
Tora : *revient* Problème résolu ! =D
Décalia : La peinture de la salle de banquet est-elle sèche ?
Tora : De toute évidence.
Décalia : Fort bien. Ouvrez les portes !
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 12:58

Chapitre 7 : Un banquet à Auréole


Partie 3 : L'adoubement d'Akiestoy


Shadowind prit place à la table de la salle de banquet, entre Near et Tora. Cela faisait deux jours qu'il n'avait pas pris de repas convenable, et il espérait que Décalia avait prévu une grande quantité de nourriture. Une bonne odeur flottait dans l'air, venant des cuisines, et le dragon identifia sans peine quelques odeurs qui lui mirent l'eau à la bouche.

(Note de l'auteur : Au cas où vous auriez besoin d'un rappel, je suis un cordon bleu, mais seulement dans cette fiction !)

Il remarqua au passage que tous les Dragons de Lumière portait autour du cou une petite pierre où semblait se déplacer une lumière plus ou moins importante. Seule Décalia n'en possédait pas. Mais il n'eut pas le temps de s'interroger plus longuement à ce sujet, car cette dernière prit la parole.

-Mes chers amis, n'ayez crainte, le banquet sera servi dans peu de temps. Mais auparavant, nous devons procéder à l'adoubement d'Akiestoy.

Celui-ci se leva et alla rejoindre Décalia sur une sorte d'estrade où était dressé un autel.

-Jures-tu, Akiestoy, de défendre la Lumière et Auréole ?
-Je le jure.
-Promets-tu de combattre le langage SMS à tous les instants ?
-Je le promets.
-Acceptes-tu de devenir le frère, l'ami, le protecteur de chacun dans cette alliance ?
-Je l'accepte avec plaisir.

Décalia regarda alors vers le haut.

-Mère...

Une grande lumière envahit alors la salle, et une grande silhouette apparut dans les airs. Aussitôt, tous les Dragons de Lumière s'inclinèrent.

-Bienvenue parmi nous, Sainte Orthographe.
-Je suis toujours ravie de rendre visite à mes fidèles, et également à certains alliés...

Sur ce, la déesse d'Hokiseki fit un clin d'œil à Near, qui la fixait d'un air ébahi.

-Mère, je vous présente Akiestoy, qui a manifesté le désir de devenir chevalier d'Auréole. Pouvez-vous lui remettre sa Pierre d'Orthographe ?
-Il n'y a aucun problème. Sois le bienvenu, Akiestoy. Mais avant toute action en faveur de l'alliance, tu dois pouvoir avoir une vue sur la lumière de ton cœur...

Elle joignit les mains, et lorsqu'elle relâcha sa magie, une petite pierre verte, irrégulière, apparut dans les airs. Une faible lumière semblait se déplacer à l’intérieur, comme si elle était autonome. Décalia l’attacha à une chaîne et passa le tout au cou d’Akiestoy, avec la même solennité qu'un chevalier posant le plat de son épée sur les épaules et le crâne d'un écuyer.

-Que ton avenir ici soit radieux !

Une ovation remplit alors la salle, et Sainte Orthographe disparut dans une nouvelle explosion de lumière. Shadowind remarqua les regards gênés qui convergeaient vers Tora. Celle-ci pleurait à chaudes larmes, et utilisait les mouchoirs par trois. Elle chuchotait sans arrêt ces mots : « Quel dommage qu’Aetheria et Geese ne soient pas là pour voir ça ! » Et Azalia lui répondait doucement : « Ne t’en fais pas, tu leur annoncera la nouvelle lorsqu’ils rentreront… » Ce qui n’empêchait pas sa sœur de mouiller la nappe. Quant au nouveau chevalier, il reprit sa place sans pouvoir détacher son regard de sa Pierre d’Orthographe et de l’étincelle qui s’y promenait.
Le dragon de vent jeta un œil autour de lui. Pour Lilian, une gemme orange avec une étincelle à peu près aussi grande que celle d’Akiestoy. Pour Qarneb, une pierre d’un blanc rosâtre contenant une lueur bien plus forte. Pour Azalia et Tora, deux pierres, violacée et rouge sang, particulièrement lumineuses. Et pour Décalia… Pas de pierre, pas de chaîne, pas de lumière. Rien.

« Mais pourquoi ne possède-t-elle pas de Pierre d’Orthographe ? » se demanda-t-il intérieurement. « Quelle lumière en sortirait ? Et de quelle couleur serait-elle ? Et quel lien y a-t-il entre la couleur de la pierre et son possesseur ? Akiestoy semble aimer les dragons, ce doit être pour cela que sa pierre a la couleur de leurs écailles… Lilian, la question ne se pose pas… Et moi, si j’en avais une ? Peut-être serait-elle turquoise… »

Ses réflexions furent interrompues par l’arrivée de plats gigantesques, sous cloches.

-Les entrées, annonça Décalia. Je vous souhaite un excellent appétit ! Servez-vous ce qu’il vous plaira.

La pensée vint alors à tous les convives qui n’avaient jamais déjeuné à Auréole que même avec une faim dévorante, aucun d’entre eux ne pourrait finir son plat… Et ce n’était que les entrées !
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Lun 5 Déc - 13:01

Chapitre 7 : Un banquet à Auréole


Partie 4 : Echange d’informations et décisions surprenantes


Near : *pose sa fourchette à dessert et s’affale dans son fauteuil* ^^ Waaaaaaaaaaw ! Ça, c’est ce que j’appelle un bon repas ! Je ne pourrai plus rien avaler !
Shadowind : *fait la tête de quelqu’un qui a repris cinq fois de chaque plat* Excellent ! Délicieux ! Sublime ! C’est vous qui avez cuisiné ainsi, Ma Dame ?
Décalia : Evidemment ! Ravie que cela vous ait plu. =D
Akiestoy : Je peux avoir encore un bout de fraisier aux framboises et au coulis de fruits rouges ? Et un de gâteau trois chocolats aux copeaux de chocolat et enveloppé d’une enveloppe vanillée ?
Décalia : De toute évidence ! ^^ Sers-toi !
Akiestoy : Merci bien ! *se jette sur les gâteaux en question*
Décalia : Cela fait grand plaisir à voir ! Mais pourquoi personne n’a touché à la pièce montée avec crème chantilly et son assortiment de glaces originales (melon, thym, mangue, céleri, carotte, poivron, piment rouge, menthe caramélisée…) ?
Lilian : *a du chocolat partout, la nappe de son côté est dans le même état* Peut-être parce qu’on s’est tous jetés sur le fondant au chocolat coulant à souhait et sa glace à la vanille légèrement fondue ! =D
Odiséus : Je ne savais pas que tu cuisinais comme ça, Décalia ! Oo Où as-tu appris à faire des plats aussi exquis ?
Décalia : Ni le nom ni l’endroit ne vous dirait quoi que ce soit…
Near : Décalia, j’ai à te parler.
Odiséus : Et moi à toi, Near…
Shadowind : Et moi de même.
Décalia : Soit. Mes amis, veuillez retourner à vos occupations, je vous prie.
Akiestoy : *vient de finir le fraisier, et a par conséquent la bouche pleine* Et on aho o hohoha, ahor ? Oupch, pardon… * avale en vitesse* Et mon gâteau au chocolat, alors ?
Décalia : Les cuisiniers te le garderont au frais.
Akiestoy : Merci bien !
Tora : Êtes-vous certaine de ne point avoir la nécessité de ma…
Azalia : …de NOTRE présence à vos côtés ? *fusille Tora du regard*
Décalia : Vous avez des choses plus intéressantes à faire, je suppose.
Gaétan : Oui, n’est-ce pas ? =)
Azalia : En effet… =p
Tora : u_u Vos désirs sont des ordres…
Qarneb : Pitié, ne me laissez pas avec Lilian !
Lilian : Non mais, quel toupet ! è_é
Décalia : Lilian, tu files dans ta chambre et tu y resteras jusqu’à nouvel ordre si tu ne veux pas finir aux cachots, est-ce clair ?
Lilian : Euh… X_X Oui, Décalia. *file*
Qarneb : *pleure de joie* Mille fois merci, Dame Décalia, vous venez de me sauver la vie ! Je ferai tout ce que vous voudrez !
Near : Oo (Il faut vraiment que je pense à dire à Décalia de ne plus remettre l’alliance entre les mains de Lilian)
Décalia : Reprends le commandement des armées, et ne les exploite plus, sinon Lilian…
Qarneb : J’ai compris la leçon ! ><

Les Dragons de Lumière s’en vont.

Décalia : Bon… Qui souhaite prendre la parole en premier ?
Near : Ce que j’ai à dire peut attendre.
Odiséus : J’aimerais commencer… Puis-je, Votre Majesté ?
Shadowind : Je vous en prie.
Décalia : « Votre Majesté » ? Oo
Shadowind : Je vous expliquerai cela en détail plus tard…
Odiséus : Tenez-vous bien aux accoudoirs, ce que je vais vous annoncer est d’une gravité sans précédent.

Odiséus résume la situation à propos de Roy et des sceaux de promotion hokisekiens.

Near : Oo Roy, sur-promu d’Erliban ?
Odiséus : Oui… En bref, nous sommes tous morts.
Décalia : Mais rien n’est perdu ! =D
Near : Vous avez trouvé une solution ? Oo
Décalia : JE SUIS LA PRÊTRESSE SACREE !
Near : X_X (Elle ? Sur-promue ? ELLE ?)
Odiséus : u_u Ce genre de blague ne me plaît pas du tout.
Décalia : Mais je ne mens pas ! Vous avez bien vu que j’ai failli battre Gaétan !
Near : C’est indéniable, en effet.
Odiséus : Alors nous avons peut-être encore une chance. * un peu soulagé*
Near : Et les sceaux ?
Décalia : Sainte Orthographe m’a ordonné de les détruire.
Odiséus : Donc, si tu meurs, nous sommes perdus.
Décalia : Ma scintillante personne n’a littéralement aucun désir de trépasser.
Odiséus : Mais il reste un problème majeur : la Pierre d’Ohren.
Shadowind : *se lève* VOUS AVEZ DIT LA PIERRE D’OHREN ?
Near : La pierre qui peut tous nous tuer en un seul instant ? Oo
Odiséus : Elle est en route pour Tashar. Le Druide Obscur de Galnéa y attendra Roy, et lorsqu’ils auront concentré leurs pouvoirs à l’intérieur, ceux-ci, mêlés à ceux de la Pierre sacrée d’Ohren…
Décalia : Cela ne sera pas ! Les Dragons de Lumière lutteront sans relâche pour les arrêter !
Near : Dans ce cas, je désire officiellement intégrer les rangs des Dragons de Lumière ! =D
Décalia : Ô_Ô Mais quel tourment de votre âme vous a poussé à…
Near : J’y pense depuis longtemps. Vous êtes une alliance jeune, qui a besoin d’aide pour progresser. De plus, je suis convaincu de l’existence de Sainte Orthographe… Il fallait le voir pour le croire.
Décalia : Mais… Et Eolia ?
Near : On peut faire confiance à Ewok. Moi aussi, je veux me faire adouber et recevoir ma Pierre d’Orthographe, et le jour venu, je serai là pour lutter à vos côtés contre Galnéa et Erliban.
Shadowind : Et moi aussi, dans ce cas !
Décalia : Shadowind ?
Shadowind : Je suivrai mon m… Near partout où il ira ! Et puisque Ryû, dragon divin, m’a ordonné de vous protéger, il me sera plus simple d’accomplir ma mission ainsi. Et moi aussi, je veux avoir ma Pierre d’Orthographe, non mais ! =D
Décalia : *essuie une larme* Votre adoubement aura lieu demain… =’) Bienvenue, Near et Shadowind !

FIN DU CHAPITRE 7

Quelle est la faille dans le plan de Near ?

Near (le vrai) : Mais puisque je vous dit que mes plans n'ont JAMAIS de faille !! è_é

Lilian guérira-t-elle un jour de ses crises de royauté ?

Lilian (la vraie) : Depuis quand j'ai des crises de royauté, moi ? u_u

Odiséus reprendra-t-il du service ?
Quel rôle jouent les Pierres d’Orthographe ?
Quel est le réel but de Sainte Orthographe ?
Qui est réellement Décalia ?
Faute d’Orthographe réussira-t-elle à nuire à Décalia et aux Dragons de Lumière ?
ET SURTOUT… Les cuisiniers d’Auréole vont-ils se rebeller ?

Cuisinier 1 : Ce gâteau trois chocolats me donne faim ! ><
Cuisinier 2 : Et dire qu’on n’a eu que des sandwichs ! x_x
Cuisinier 1 : *prend une petite cuillère* Ça a l’air délicieux… Juste un petit bout, personne ne le verra.
Décalia : *entre en trombe* J’ai dit : ON NE TOUCHE PAS AU GÂTEAU TROIS CHOCOLATS ! Un mois de cachot, vous deux ! è_é
Cuisinier 2 : Aïe ><

Ne manquez pas le chapitre 8 : Les Messagers de la Nuit ! =D
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 16:16

Chapitre 8 : Les Messagers de la Nuit


Partie 1 : Ombre totale


Ama, quelque part dans les Monts d’Ushayr.

Roy : *tire sa lame* (Où est-elle, Lâar ?)
Elle arrive… Par derrière. Légèrement à droite. Elle est sur le point de charger.
Roy : (En es-tu sûr ? Si tu te trompes, je risque de me faire hacher menu !)
Ne t’en fais pas. J’ai l’expérience du terrain qu’il te manque. Arrête de te méfier, je ne suis là que pour ton bien, pour te rendre meilleur que ce que tu es à présent…Et je te préviendrai, si elle se montre un peu trop audacieuse.
Roy : (Merci... Je ne sais rien de toi, mais depuis le début, tu m’assistes, sans rien demander en retour.)
Je suis sorti de la Pierre d'Obscurité qui t’a promu. On doit t’avoir appris que l'Escroc-Diable est la plus puissante unité jamais connue. Et tout cela grâce à moi. Je les ai tous accompagnés, les uns après les autres. Je suis un peu la mémoire de tous ces grands personnages de l’histoire, si tu veux.
Roy : (Pourtant, on m’a appris à Erliban que chaque chose a toujours un prix. Tu dis être totalement désintéressé, Lâar. Mais tes conseils ont certainement un coût que je finirai par découvrir. La question qui se pose est : Quel est donc ce prix à payer pour devenir l’unité la plus puissante du monde ? Il doit être lourd… Puis-je réellement te faire confiance ?)
Attention, la voilà !

Luxya : Meurs, fils des ténèbres ! è_é *projette un Ivaldi d’une grande puissance sur Roy*
Roy : *évite sans problème* … (Dois-je y aller, Lâar ?)
Il vaudrait mieux, en effet.
Roy : *encoche une flèche dans son Arc Héros* Adieu… Troubadour Divine…
Luxya : Non… Tu as survécu ? Oo Je t’ai manqué ?
Toi, tu ne la manqueras pas. Allez !

Roy a attaqué et a infligé 88 dégâts.
Roy a attaqué et a infligé 88 dégâts.
Sous les coups de son adversaire, Luxya tombe K.O.
Roy gagne 50 points d’expérience !
SUPER ! Roy monte au niveau 7 !

Luxya : X_X
Achève-la.
Roy : (Avec plaisir.) *décapite Luxya* (Et une de plus. Qui est le prochain ?)
Pas le sur-promu de Phenis, car il a perdu tous ses pouvoirs. Il ne reste plus que Lyarvas, Hokiseki et Khary. Ensuite, nous pourrons activer la Pierre d’Ohren et en finir une bonne fois pour toutes. Je te conseille de commencer par Lyarvas, tu pourras ainsi t’aider du Druide Obscur de Galnéa et permettre à notre armée de les décimer. Et il faut faire vite, car chaque contrée commence à mobiliser ses armées en vue d’une guerre.
Roy : * range son arc* (Tu as raison… Allons-y pour Lyarvas.)
Tu es le meilleur, Roy. Tu obtiendras encore plus de puissance, avec moi à tes côtés. Tu peux me faire confiance. C’est en accomplissant ton destin que tu deviendras plus fort.
Roy : (Et quel est donc ce fameux destin ? Non, ne dis rien… La Pierre d’Ohren ? C’est mon destin de l’activer ?)
En effet. Tu es très intelligent, Roy.
Roy : (Oh, ça va, tais-toi maintenant.)
Bon, très bien… Mais attention, tu ne devais pas entrer en contact avec l’un de tes amis à deux heures ? Il te reste tout juste dix minutes.
Roy : (Ah, oui, c’est vrai !) Oo (Merci de me l’avoir rappelé.)
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 16:17

Chapitre 8 : Les Messagers de la Nuit


Partie 2 : L’Ombre de Galnéa


[Note de l’auteur : En raison du taux de langage SMS présent dans cette partie, nous convertirons la totalité des dialogues en langage correct. Merci pour votre compréhension.]

-La séance est levée.

Ashanayr quitta prestement la salle du Conseil des Seize sans même prendre le temps de retirer son masque noir de président. Il avait enfin réalisé son rêve de se trouver dans les hautes sphères du pouvoir. Depuis maintenant un mois, il présidait le Conseil qui dirigeait Galnéa, comme son ascendance le prévoyait : fils de Faute d’Orthographe, la déesse du langage SMS, et Druide Obscur de son pays, il avait atteint en peu de temps les sommets de sa puissance.
Il jeta un œil à l’horloge du Temple du SMS et pressa aussitôt le pas. Il ne devait manquer la communication sous aucun prétexte. Un ami allait le contacter… Un très bon ami qui aurait bientôt besoin de son aide pour rester lui-même.
En chemin, il prit le temps de repenser à la réunion à laquelle il venait d’assister. Galnéa allait déclarer au grand jour son alliance avec Erliban et attaquer Lyarvas par le Nord, dans les plus brefs délais. Mages et autres sages ne résisteraient pas longtemps face à la puissance ténébreuse des druides Galnéans. Et au moment où le Théosage se montrerait, lui, Ashanayr, quitterait Tashar et lui règlerait son compte. A moins que l’Escroc-Diable ne l’ait déjà fait…
Ashanayr savait que sa fonction était de servir les intérêts du sur-promu d’Erliban, au même titre que l’empereur Zelphiar ou que la Templière qu’il avait croisée par hasard à Maj-thor. Il devait obéir à ses ordres sans discuter, mais ne se sacrifierait pas pour le préserver. Sa mère avait d’autres projets pour lui, et un échec signifiait bien pire que la mort…
Il arriva enfin dans ses appartements et fit face à un miroir dont le cadre était constellé de petites améthystes. Parmi son entourage, qu'il s'agisse du Conseil des Seize ou de ses serviteurs, ne pouvait deviner qu'il s'agissait de l'un des artéfacts les plus secrets de Webb : un Miroir du Chaos. Il retira son masque et regarda à l’intérieur. Il y vit un visage marqué par le langage SMS, la guerre et le poids des charges qui pesaient sur ses épaules. Traversant son visage de sa tempe gauche à son oreille droite, une cicatrice le défigurait, conséquence de son combat quotidien contre la magie interdite que ses grands pouvoirs lui donnaient à manipuler. Il savait qu’un jour, lorsqu’il lui faudrait utiliser une trop grande quantité de cette énergie, il en mourrait très certainement. Mais pour l’heure, il était en sécurité. Il avait tant changé depuis son départ d’Hokiseki, il y avait près de deux mois, qu’il ne se reconnaissait presque plus.
Il chassa ces pensées et concentra ses pouvoirs sur le miroir, tentant de capter l’énergie de son jumeau. Sa propre image disparut pour laisser place à une silhouette floue, se précisant peu à peu, laissant apparaître la figure sombre de…

-Roy ! Comment tu vas ?
-La Troubadour Divine n’est plus, les sceaux d’Amira sont détruits… Ça ne pourrait pas être mieux. Et toi ?
-La campagne contre Lyarvas va commencer d'ici quelques jouurs, voire quelques heures.
-Bien, bien. Je vais passer par Khary en venant. Juste le temps de semer la pagaille chez les lézards volants et de détruire les sceaux.

Suivit un court moment de silence où Roy eut le teint plus sombre que jamais avant qu’il ne poursuive :

-Je parie que tu as un plan pour te débarrasser du Théosage sans que j’intervienne, exact ?

Ashanayr n’en crut pas ses oreilles. Le changement dans son caractère se précisait. Il lui faudrait peut-être agir bien plus vite que prévu.

-Ouais.
-Alors, je te laisse faire. Je me chargerai des sceaux, mais ne tarde pas trop, Lex.
-Merci, Roy, je te revaudrai ça.

Celui-ci laissa échapper un petit rire ironique qui lui était habituel, ce qui rassura Ashanayr.

-T’as intérêt. Prochaine communication dans trois jours, à six heures du soir. Sois à l’heure.

Et il coupa la communication. La glace redevint ordinaire, renvoyant à Ashanayr sa propre image.
Ashanayr, alias Lex8557, l'ancien Gladiateur, se détourna du miroir en souriant. Il allait enfin participer concrètement au conflit, ce qu’il attendait depuis le début. Mais quelque chose avait changé. Roy commençait à succomber à son désir de puissance, et seul un Druide Obscur aurait le pouvoir de le raisonner. Lex caressa machinalement sa cicatrice : lui aussi avait un ennemi à combattre, qui lui prenait tout son temps. Mais Roy avait affaire à un adversaire bien plus redoutable car discret et insidieux, et, sans aide, il y succomberait tôt ou tard. Lex décida de ne pas y accorder d’importance pour l’instant.
Sa priorité était de détruire le Théosage. Pour le reste, il aurait tout son temps ensuite...
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Décalia
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MessageSujet: Re: L'Ere des Ombres - Chapitres   Mar 6 Déc - 16:17

Chapitre 8 : Les Messagers de la Nuit


Partie 3 : La dualité du Mal


Fumika désarma son adversaire avec une facilité déconcertante. Dans son dos, elle sentait le regard de l’empereur qui la surveillait. La Templière fit tournoyer son arme, prête à faire face à son prochain adversaire. Elle savait que l’excellence était nécessaire pour devenir Mercenaire Royale des troupes d’Erliban, et ainsi réaliser son rêve. Rencontrer l’empereur en face était son plus grand rêve, et aujourd’hui, il était en passe de se réaliser.
Après trois ans de travail acharné suite à son diplôme de Templière, elle avait créé une arme sur mesure, faite pour son style de combat offensif. C’était une lance dont la seconde extrémité était formée d’une double lame argentée. De plus, elle était incassable… Encore un objectif réalisé pour cette soldate-mage visant les plus hauts sommets.
De l’autre côté de l’arène, un homme au visage caché par un heaume s’avança. Son uniforme et ses armes ne laissaient aucun doute sur sa classe…
C’était un Templier. Zelphiar lui avait déniché un Templier.
Fumika hésita à engager le combat. Elle le connaissait certainement, au moins de réputation. Un instant, elle pensa avec horreur qu’elle l’avait reconnu, mais le geste qu’il fit pour saisir sa lance la rassura.
Ce n’était pas Near.
Si Near avait été en face d’elle, jamais elle n’aurait pu se résoudre à l’affronter. Evidemment, elle aurait échoué dans sa route vers la compagnie de mercenaires d’Erliban ; mais l’amitié qui la liait à lui était sans limites, même après trois longues années de séparation.
Ils étaient dans la même promotion au Temple, l’école de formation des Templiers. Dès le premier jour, une formidable amitié s’était créée entre eux. Ils s’entraînaient toujours ensemble, échangeant des techniques de combat ou simplement des souvenirs. Rapidement, ils devinrent les meilleurs élèves que le Temple n’ait jamais vus, et entretinrent une relation ambiguë, oscillant entre l'amour et l'amitié.
Et puis, il y avait trois ans de cela, ils avaient passé tous deux leur diplôme et étaient devenus Templiers ; en tout, seuls dix élèves avaient réussi l’examen sur une promotion de 157. Ils furent donc adoubés le même jour et quittèrent ensemble le Temple, ne pouvant se résoudre à se séparer si vite. Ils firent un bout de chemin ensemble, mais un jour, leurs routes se divisèrent. Fumika voulait devenir mercenaire dans une contrée du Nord, et ainsi voir du pays. Near avait l’ambition de devenir l’un des meilleurs stratèges que le monde n’ait jamais connu. Ils se séparèrent alors avec regrets, se promettant de s’écrire régulièrement. Et puis, le temps avait fait son œuvre, et, Fumika changeant sans cesse d’employeur, ils avaient fini par se perdre de vue. Malgré cela, elle ne l’avait jamais oublié, et tentait par tous les moyens de le retrouver. Malheureusement, aucune de ses recherches n’avait abouti…
Le Templier chargea, lance levée. Fumika chassa ses souvenirs et se concentra sur le combat. Dès le premier choc des lances, elle sut que la victoire serait facile. Les gestes de son adversaire étaient gauches et imprécis.

« Les étudiants devaient vraiment être mauvais cette année-là pour qu’un soldat aussi moyen soit adoubé », pensa-t-elle aussitôt.

Elle prit le temps de le tester, lui créant des occasions dont il ne sut pas profiter. Devant si peu de présence d’esprit, elle décida de placer sa feinte favorite. Son arme transperça l’armure blanche et or, arrachant un cri de douleur au Templier. Enfin, elle le désarma avec facilité et appuya avec douceur la pointe d’acier sur sa gorge.

-Ta promotion, demanda Fumika, quelle année ?
-Il y a quatre ans, répondit le Templier.
-Vos professeurs étaient-ils si mauvais, ou est-ce toi qui as eu de la chance ?

Il baissa honteusement le regard.

-A mon avis, reprit-elle d’un ton acerbe, tu étais un combattant exécrable bien avant ton entrée au Temple, sinon les professeurs auraient au moins réussi à t’imprimer correctement les figures les plus simples dans le crâne. Et tous les autres étaient comme toi ? Comme je plains les instructeurs… Tu aurais besoin d’une petite remise à niveau.
-Sa Majesté vous attend dans la loge, mercenaire, la coupa la voix d’un serviteur.
-J’arrive, dit-elle, puis elle se retourna vers le Templier. Quel est ton nom ?
-Dorûgan, Ma Dame, dit-il, la main posée sur sa plaie.
-Moi, c’est Fumika. Lady Fumika pour toi. Tâche de t’en souvenir.

La lueur qu'elle vit luire dans les yeux du jeune homme lui apprit que son nom avait atteint les sommets des légendes du Temple. Une place qu'elle se savait mériter et qu'elle accueillit avec sa froideur coutumière.

-Oh, vous êtes… Je vois.
-Tu veux un conseil ?
-Bien sûr ! Quel honneur pour moi de recevoir l’héritage de la meilleure des Templières !
-Non, ce n’est pas de moi qu’il s’agit… Je pourrais te permettre de parfaire tes techniques afin de te rendre un peu moins exécrable. Tu connais certainement des aspirants Templiers. Rassemble-les. L'heure est venue de transmettre à nouveau les enseignements du Temple.

Puis elle se détourna du dénommé Dorûgan et gravit l’escalier de pierre. Zelphiar l’attendait dans son trône ouvragé. Fumika s’inclina aussitôt.

-Votre Majesté.
-Fumika Mikawa. On m’a beaucoup parlé de toi, en termes très élogieux. Je suis ravi de constater que mes informateurs ne m’ont pas menti.
-Merci de vos compliments, Messire.
-J’ai pris la décision de te nommer mercenaire royale, en récompense de ta force et de ta bravoure. Si tu l’acceptes, tu partiras en mission dans quelques semaines.
-Il en sera fait selon votre volonté. Mais avant toute chose, quelle sera cette mission ? Et pourquoi avez-vous déclenché la guerre avec Lyarvas ?

Il y eut un instant de silence avant que l’empereur ne réponde :

-La mission te sera remise en temps voulu. Quant à mon but, cela va te sembler paradoxal, mais je veux une paix durable entre toutes les nations. Je désire la mise en place d’une paix durable, et je crois que la meilleure manière de l’établir est de faire passer les autres nations sous la bannière d’Erliban, qui est le plus grand pays par rapport aux autres. Mon but consiste à ce que, dans le futur, des souverains comme Félither, roi de Lyarvas, et moi-même puissions nous serrer la main sans arrière-pensées, sans avoir besoin de penser à l’intérêt de nos nations respectives. C’est ce que j’ai tenté de lui faire comprendre, mais il n’a pas saisi mon objectif. Mais j’éviterai le plus possible la mort d’innocents.
-Vous faites la guerre pour…la paix, en somme.
-Exact. Je veux un monde stable, et j’ai désormais les moyens de parvenir à mes fins.

Fumika savait qu’il avait parlé avec son cœur, et décida de lui faire entièrement confiance à partir de ce moment précis, mais elle ne s’attendait pas à ce qui suivit.

-Et toi, Fumika, quel est donc ton but ?
-En me nommant mercenaire royale, vous avez exaucé mon vœu le plus cher. Sinon, mon seul désir est de retrouver un ami très proche que j’ai perdu de vue, il y a trois ans. Aux dernières nouvelles, il se trouve dans les terres du Sud, mais elles datent…
-Son nom ?
-Near Fala.

L’empereur jubila intérieurement. Ses informateurs l’avaient bien renseigné. Il poussa un faux soupir de tristesse et répondit d’une voix qui se voulait la plus douce possible :

-Je sais qui il est, où il se trouve et quels sont ses…crimes.
-« Ses crimes » ? Que voulez-vous dire par là ?

Fumika ne pouvait pas imaginer Near en voleur ou en meurtrier, mais elle s’était jurée de croire l’empereur, quoi qu’il dise. Après tout, il était son employeur, et il venait de lui ouvrir ses pensées… Elle s’attendait à tout, sauf à la réponse de Zelphiar :

-Il a soif de pouvoir depuis le début. Quelque temps après votre promotion, il est retourné au Temple… Il n’en reste que des ruines.
-Je savais que le Temple avait été détruit. Mais il est incapable de faire une chose pareille !
-Pourtant, c’est la vérité. Il est aujourd’hui un personnage très influent en Hokiseki, et nourrit l’ambition de prendre la place du roi… Pour preuve de ce que j’avance, tu verras que les émissaires que j’ai envoyés dans cette contrée pour demander une alliance ne reviendront jamais. Et il n’a pas l’intention de s’en tenir là. Les trois autres lieux saints du continent, Umell, Tashar et Ushayr, seront ses prochaines victimes. Il volera les secrets contenus dans ces sanctuaires.
-C’est…monstrueux…

Les larmes roulaient sur les joues de la Templière, mais elle les essuya rapidement d’un revers de manche, ne voulant rien laisser paraître devant l’empereur. Celui-ci lui dit alors d’un ton compatissant :

-Je sais, c’est difficile d’apprendre la vérité après tant de mensonges.
-C’est impossible, souffla-t-elle d’une voix entrecoupée de sanglots. Pas Near ! Mais il semble que ce soit la vérité…
-Il a trahi l’Ordre du Temple. Quel châtiment serait à la mesure de ses actes ?
-Si tout cela est vrai…
-Je le jure sur le nom de Targalok.

Il réprima un petit sourire. Heureusement que les dieux étaient immortels, sinon le dieu des morts serait déjà décédé une bonne centaine de fois à la suite de ce genre de promesses.

-Alors il paiera pour ces trahisons !

La tristesse avait disparu des yeux de feu de Fumika. Il ne restait qu’une colère profonde, une rage si forte qu’elle semblait la rendre invincible. Zelphiar lui trouva un instant une ressemblance frappante avec Roy. Etait-ce la haine qui avait tant changé le comportement de son ami d’enfance ? Et, si c’était le cas, était-ce dû à sa sur-promotion ? Auquel cas, il ne cesserait jamais de se reprocher d’avoir pensé à lui pour devenir Escroc-Diable…

-Mais il me faut des preuves. Je refuse de croire quoi que ce soit sans preuve. Si, en effet, les émissaires sont tués en terre Hokisekienne, j’irai lui régler son compte… Si Votre Majesté le permet, bien sûr.
-Tu verras, je suis certain de ce que j’avance. Et tu en auras la preuve très bientôt.

Fumika s’inclina à nouveau, puis quitta la loge de l’empereur. Celui-ci sourit. Il était parvenu à ses fins plus facilement qu’il ne l’aurait cru. Elle était naïve, si naïve. Les troupes d’Erliban avaient détruit le Temple sur son ordre, quelques mois auparavant, et vu ce qu’il avait préparé pour le roi Arcanos, il était certain que jamais les émissaires ne remettraient le pied à Erliban… Ou Hokiseki s’allierait à lui, et Fumika se rendrait compte qu’elle avait été trompée… Mais il serait facile de la réduire au silence. Il espérait juste que, pendant ce temps, Roy faisait son travail.
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